‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 57 sur 155 · aii«*i:iii · texte numérisé non relu

aii«*i:iii

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V. i*ruieicM>>«' (lu \ico-ISoi: l'iaiiiiritl Oliicr: le <'4>ii>tiil «lo

Ti-t'iiqujsl.ve.

VI. Bf'a^itlit'lioii «It- !a d-liapi'llo «le Kanciaii : le?* SO Xes-

lors.

VU. Bii's pir ;»!<•<*: !«'>» iiKu'M «lo révêque sur 1«>m (^coles: son séiiiiiiaii'c : son <liro<-loir«'.

lS(i7 - \Si^'.l..

Il est ici-bas des lieux <iue l'homme ne peut sanctifier, car ce sont des cimes où di's créatures d'élection, en y exhalant leur Auie, n'ont rien laissé à })uritier.

Sancian est un de ces lieux.

C'est la Patmos de l'Extréme-Asie.

On y va pa][)er la blessure (pi'uu fossoyeur païen tit dans son roc, pour y abriter la <lépouille d'un au<>e qui mourut homnte en l.^ô'J.

<'liti|»ilr<' \ - A KsiiK'iiiii

Et (iiuind on tse i>euche sur cctt^' tombe où expire la vaille, il est'besoiu d'un j>rawd courage i)oui' résister à la i>ressi<ui qui y attire connue vers une beauté prenante.

("est un aimant, c'est un rayon, c'est un Tliabor.

lOt l'on y est suisi de ct^tte crainte <lu mystère (pii envahit toute créature sachuut prier près d'un ('alvaire.

Ce n'est pas un pèlerina<>'e (ju'oii y acu'omplit, mais une étai)c où l'on s'isole, où l'on jouit i^t où l'cm soutire.

L'on y jouit du sileiu'e de Dieu.

L'on y soutîre d'ennui, de l'ennui «l'être liomnu'.

Dieu y est grand |>armi k's ondes et les ro<'liers, siuis un ciel toujours bleu qui dit sa gloire et sa majesté.

L'homme y est ])etit devant ce eercucùl où gisait, il y a plus de trois siècles, notre frère Xavier, le i)lus grand parmi nous.

Et l'on se dit jimèrement: pour(|uoi ce cercueil au bord d'une île déserte, ])armi des roches affreuses; pour«iuoi c<'tte vie brisée, eu lace <l'uu rivage d'émeraude plein d'Anu^s?

Un gouffre sépare la réponse de la demande, comme il sél)ara l'apotre du continent.

\^)us restez ujuet comme une ombre devant votre verbe intérieur (]ui crie et réclame une solution à cette inconnue: la Rédemption

Vu homnu' s'est rencontré <pii a ])arcouru toute l'^Vsie, du Sud au Nord; (pii a démontré Dieu à ses semblables par k^s preuves de sa charité d'ascète et de sa Foi de thauniaturge; (pii a mis le ter rouge dans les plaies de l'iclolAtrie et courbé l)endant 10 ans des foules d'Orientaux sous le joug de la Croix; qui a relevé enfin le prestige abaissé des <-hoses humaiues.au niveau de celles de Dieu.

Et cet homme, prodigieux (Vv)mjt)e un César dans ses conquêtes, insinuant comme S* Paul, terrible comme Ezécliiel et doux comme le Christ, disparaît soudain, au moment où son c(eur, vaste comme la terre, s'ouvre à l'espérance d'une nouvelle conquête. . - .-; ■.- V " '>■■■.':■'

() mystère de la grâce de Dieu!

Il faut donc <|ue le phare dressé un instant sur ce rivage «le Chine, s'abînie ensuite pour ne })lus éclair<M!

Comme si son rayon trop vif eût fait mal aux yeux des Célestes!

Comme si ce peuple délicat (jui devait prêter 'M) ans ])lus tard une oreille attentive aux leçons du charmeur de la Marche d'Ancône, (1) ne fût ])as digne encore des miracles du Navarrais!

(1) Mathieu Kicci, S. J C1ÔÔ2-1(J10) .nti'i' an Kouaim-'l'ony vu IÔS8.

^l$ïr <î<iili«>>iii!i

Saucuin reste doue une énigme pour le clirctieu, uu rocher d'Apocalypse où il faut griiuper assez haut pour y voir' Dieu sans le comprendre!..

Il était réservé au petit Zéphyrin de Vuillafans, si dévot de l'apôtre des Indes, de relever uu jour la gloire de sou tombeau, en y consacrant autour, des édifices qui en font aujourd'hui un centre de vie chrétienne et un but assuré de pèlerinage.

Voici comment l'évêque de Cybistra parle de Sancian et du second voyage qu'il y lit le 8 janvier 1807, après l'échec de sa tentative du 3 décembre précédent:

« Revenu à Canton, dit-il, je voulus tenter la voie de terre, plus longue à la vérité, mais jiu.ssi plus sûre; et Dieu permit que ce voyage eût tout le succès possible.

« Parti de Canton, le 8 janvier, je parcourus, soit en barque, soit à pied, les 50 lieues qui nous séparaient de l'île de Sancitiu; et le samedi suivant 12, à deux heures de l'après-midi, j'arrivais en face du tombeau de S* François-Xavier.

« Il serait difficile de dire l'iuii)ression qu'on éprouve, lorsqu'on découvre le point désert où ce grand Saint, après avoir tant travaillé pour Dieu, parcouru tant de régions et converti tant d'âmes, venait terminer sa carrière, presque seul et adandonné.

« Une chose était plus pénible encore à son cœur; c'était de mourir en face de cette terre de Chine, objet de tant de v<eux, et dont ses yeux mourants découvraient les lointains rivages, sans qu'il lui fût permis d'y entrer.

« ]Mai.s là, comuie partout, soumis aux volontés de Dieu, l'apôtre ne sut qu'adorer humblemeut lies desseins de la Providence: et je ui sais si ce dernier acte de soumission, offert ayec tant de générosité et en de telles circonstances, n'esi pas en effet ce qu'il y a de plus beau, de plus admirable dans la vie du reste si extraordinnire de ce grand homme.

« L'on connaît les circonstances touchantes de ses derniers moments.

« Déjà, François-Xav^ier avait évangélisé les Indes, le ,Japon et d'autres royaumes, lorsque sa grande Ame, embrassant l'immense étendue de la Chine, conçut le projet d'y apporter aussi la lumière de TEvangile.

« Aidé des secours d'un ami riche et puissant, approuvé, encouragé par le Vice-Roi portugais des Indes, il avait préparé une ambassade ])0ur l'Emjjereur de Chine, lorsque le gouverneur de Malacca, piqué d'une secrète jalousie, s'o])j)osa a l'exécution <le ce i)rojet, et fit enlexer le gouvernail du navire sur le<iuel le Saint «levait partir.

<'ll»i»il.i'«' \ - A SaïK'itiil

« Pi'ivé de cet espoir, l'apôtre «e jeta ^sul• nii antre navire qui faisait voile pour Sauciaii, petite île située aux portes de la Cliiue, afin d'être plus à même de profiter de la première occasiou qui s'offrirait d'entrer dans l'intérieur.

« Là, en effet, se rendaient, chaque année, bon nombre de barques cliinoises (pii venaient y écliauger leurs marchandises avec celles des Portugais; et l'on pouvait espérer naturellenient que l'une d'elles consentirait à conduire le Saint dans le continent.

« Mais il n'en fut pas ainsi; à la première proposition (ju'on leur en fit, tous tomb'>reut d'épouvante, dans l'appréhension des dangers auxquels ils s'exposaient, en contrevenant à une dos lois les plus formelles de l'Etat.

«. Un interprète, plus courageux que les autres, vint s'offrir pour cette périlleuse expédition: l'on convint du prix, et il partit pour aller prendre quelques dispositions nécessaires au succès de son voyage; mais il revint quelques jours après, ])our dégager sa parole, déclarant qu'il ne pouvait, à aucun j)rix, se charger d'une semblable entrei)rise.

« Ce deuxième moyen ayant échoué, le Saint trouva un marchand qui, moyennant une forte somme d'argent, promit de le prendre et de le conduire jusqu'à Canton, mais à la condition toutefois qu'il le déposerait aux portes de la ville, et que là, le saint lui-même se laisserait saisir et conduire à Chao-King, auprès du Yice-Koi, pour lui exposer les motifs de sa <lémarche.

Et afin d'assurer davantage la parfaite sécurité du marchand, il fut décidé (]u'il prendrait une barque, où 11 n'y aurait qiu^ des enfants et des atfidés, et le marché conclu, il partit pour aller disposer des moyens d'exécuter son projet.

« Cependant, le Saint était descendu à terre, et les gens de l'équipage portugais lui ayant élevé sur le rivage de l'île une petite cabane en bambous, c'est là qu'il «lemeurait et que chaque jour il célébrait avec laruies, rauguste sacrifice de nos autels, demandant à Dieu de bénir son entre])rise.

« Oh! combien humble et ardente devait être sa juière?

« Combien de fois soucieux et pensif, il devait s'avancer sur la rive, pour voir s'il n'apercevrait ])()int enfin la barque tant désirée!

« Il nous reste plusieurs lettres du Saint, écrites de ce lieu même, et dans les<]uelles se révèlent tous les sentiments de sa tendre piété, de son jiarfait renoncement et de son entière confiance en Dieu: « Je ne saurais me cacher, écrit-il, Ips dangers qui me menacent, et le dur esclavage qui m'attend à Canton, si j'y suis introduit, mais je ne crains point

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