‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 59 sur 155 · Chapitre \ - A .Saiioiaii · texte numérisé non relu

Chapitre \ - A .Saiioiaii

« A peine ai-je pu trouver une mauvaise scie pour couper quelques bâtons que je voulais emporter à mon retour . . . . .

« L'occupation la plus ordinaire des liabitants est la culture (lu riz, la pêche et la coupe du bois dans les nioutagnes; mais, quand ils vont au travail, c'est toujours par groupes séparés: les hommes s'occupant d'une (euvre et les femmes d'une autre.

«Rencontrant un jour une longue iile <le femmes qui revenaient du bois, chargées de leurs fardeaux, je me détournai de quelques i)as, pour les laisser i)asser. Or, aucune d'elles ne leva les yeux pour me regarder, ce <pii pourtant eût été chose bien simple et naturelle à l'égard d'un étranger qu'elles n'avaient jamais vu ... .

« ]1 fallait donc favoriser les bonnes di.s]H)sitions de ces insulaires et nous présenter à eux de numière à gagner leur bienveillance et leur amitié.

« Tout en arrivant au milieu d'eux, nous leur annonçâmes que nous étions amenés i)ar le désir de vénérer la mémoire d'un de nos saints prêtres, mort depuis longtemps sur ce rivage et que nous désirions également réparer son tombeau; chose pour laquelle nous les priions de vouloir bien nous prêter leur concours, et qui parut leur faire grand i)laisir.

4 De là, prenant occasion de leur parler du Saint, nous leur expliquâmes les vertus de sa vie, les merveilles de son apostolat, le crédit dont il jouit aui)rès de Dieu et surtout la preuve de sa sainteté, attestée par la conservation de son corps, demeuré intact depuis plus de .300 ans.

« Et en même temps, je leur montrai une photographie du Saint, telle qu'elle a été prise à Goa, il y a quelques années, à la dernière ouverture de son cercueil.

« 11 n'en fallut pas davantage pour nous attirer toutes leurs synii)athies.

« Ils coujprirent qu'en effet, ce Saint devait être bien digne de respect, puisque nous venions de si loin pour l'honorer, et que nous comptions dépenser tant d'argent à son tombeau.

« La conservation de son corps surtout, les frappait, et ils espéraient bien eux-mêmes avoir quelque part à sa protection dans le Oiel, en nous aidant à l'honorer sur la terre.

« Un autre moyen que nous employâmes pour les attirer à nous, fut de leur proposer l'érection d'une école pour l'instruction de leurs entants. Jamais offre ne fut acceptée avec plus de i)laisir; et la promesse que nous leur en fîmes, devint aussitôt le pivot sur lequel roulaient toutes les interrogations des enfants et les espérances des parents.

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« Car. iiiilU' paît plus (prou (Miine, on ne lient à cette in.su'ucrion primaire si reeliereliée dans rEni])ire et si nécessaire dans le cours de la vie.

« Mais il fallait se mettre de suite à roiivra<ie, i»our ne jias laisser refroidir cette ju-emière ardeur, et nous fîmes les premières démarclies pour trouver un terrain comenable.

X Or, à LM) minutes à peu près du tombeau de S^ Fran(;ois, à l'extrémité <lu iiremier xilla.ue, se trouvait un bel emplacement, un peu éle\'e, toiu'ué du côté du tombeau et présentant le plus beau coup dNeil sur le bras de mer qui s'étend en avant.

« A coui> sûr, nous ne [K)uvions rencontrer un local plus proi)ice, et la divine Providence nous aida puissamment à en faire rac(iuisition.

« Nous étant adresscvs au prt>priotaire, il nous demanda d'abord un i)rix raisonnable; mais ensuite, rétiécliissant sans doute (lu'il aurait \n\ mii'ux profiter <le l'occasion, il n'indi- (pia (|U*une partie du terrain, i'spérant nous veiulre le reste ])lus tard; et enfin, au monu>nt de signer Tacte, il allégua dittérentes raisons, pour nous faire comprendre (lu'il ne pouvait pas vendre.

« De notre côté, nous savii)ns (ju'il avait besoin d'ari>ent, et nous le laissâmes partir sans lai témoi^uiier plus d'em})ressemeiît.

« Ce bonhomme comprit alors (juMl prenait une fausse voie et se fourvoyait.

« Deui; jours après, il nous fit savoir par un entremetteur (]iie les ditticidtés i)reinières étant le\ées, le terrain étuit à notre disposition et (pi'il nous le céderait (piand nous le voudrions.

« Xous le reçiune."* avec bonté, mais alors c'était à nous à poser nos coiulitions; et la première fut (ju'il nous livrerait son terrain non pas en i)artie, mais dans la totalité; la deuxième, que le jtrix resterait tel (lu'il avait été fixé la première fois, c'est-à-dire KM» piastres i)our le tout.

<^ Et, afin de lui ôter la tentation de revenir stir sa parole, je demandai (pie l'acte fût si i>né le soir même, ce (]ui fut exécuté à onze heures.

« Ainsi, pour la somme de (JOO francs de notre monnaie, nous voilà pr<^)priétaires dans l'île de Sancian d'un beau terrain de ir)0 pieds de long' sur 100 de large, et destiné à recevoir à la fois l'habitation du missionnaire, le point de réunion des clirétiens et l'école.

«Ce i)remier pas fait, il fallait songera l'érection du monument sur le tombeau du Saint, et c'était en eltét le principal but de mon vovage.

4'liit|>i(r4' .\ - A Suiiciaii

« jMîUts j\ quel clioîx, ù qno] dessin nous arrêter?

« kSi je n'avais consulté <|ue les faibles ressources de ma bourse, avec toutes les charges (jui pèsent sur moi, J'aurais dû nécessairement me borner à (juelque chose de simi»le et (le peu disi)endieux.

« Mais il s'agissait d'honorer l'apôtre des Indes et du Japon, le [)rotecteur de l'(euvre de la l*ropai»ation de la Foi, le patron des Missions en général, de la jNlission de Canton en particulier, le iSaint qui est venu mourir aux portes de cet Kni- ]»ire et au tombeau (hupu'l nous avons emprunté l'embh''nie (le nos armes et l'expression de notre devise:

Iii morte viia.

« Il fallait donc faire «juclque chose, sinon de som])tu<Mix, au moins de digne i»our le grand tliaumatiuge de l'Oricmt.

« ^Vprès en avoir conféré avec les l*ères présents, nous avons pensé (pie le })lan le plus convenable serait celui d'une petite cliai)elle gothique sur s()n tombeau.

« ]M. Hermitte notre architecte nous a donné Iti plan dont il a voulu faire présent à, 8/ François, et un de nos missionnair(;s, M. Braud est présentement sur les lieux iK)ur le faire exécuter,

« Quoique petite, la chaijelle sera belle, gracieuse, et sa flèche élancée, s'élèvera également du pic de ce rocher, comme l'âme du Saint s'est élevée de ce monde au (;iel !

« Oh ! (pi'il sera doux de venir quelquefois en ce lieu j)our y i)rier, s'y renouveler dans l'es])rit de sa vocation et ajjprendre du glorieux Fianyois-Xavier à devenir des apôtres et des Saints.

« Une autre i)ensée se présente à mon esprit: les navires (pii partent pour l'Europe ou (pii en reviennent, passent assez près de l'île de Sancian, et les insulaires nous disent (pi'ils en apercevaient souvent la vapeur formant une longue traînée sur la surface des eaux.

« De leur côté, les i)assagers s'inlbrment toujours de la position de Sancian; et je me ra[)pelle fort bien a\ oir vu, dans mon dernier voyage en Eîurope, des Anglais et des Américains denumder au capitaine l'indication de ce i)oint.

« Or, ne serait-il pas bon (pie sur une des sommités les plus apparentes de l'île, on pla(;rit une Croix (pii donnerait ce renseignement et qui serait vue et saluée avec joie par tous les passagers!

« Les uns lui demanderaient, par l'intercession de S.' Fran- (,'ois-Xavier, de bénir leur retour dans la mèie-i)atrie ; les autres la remercieraient de l'heureuse traversée jus(pi'en Chine; et à tous elle rappellerait que longtemi)s avant le progrès des arts et du commerce, un Saint était venu dans ces parages

IVl^r 4i>iiill«>iiiîii

pour y auuoiicer le vrai Dieu et «lu'il était mort sur un rocher pour le salut de ses frères: exemple trop beau et trop toucliaut, v)Our ne pas le rappeler à la mémoire des siècles à veuir.

« Mais, Je ue saurais accomplir toutes ces (vuvres de moimêiue, et je recevrai avec recou naissance ce (pi'on voudra bien me donner pour Texécution de ces entreprises

« L'île ne fournissant cpu' de la terre et <les rochers à demi calcinés, il nous faudra nécessairement transporter d'ailleurs, c'est-à-dire de Hon<;-Koni», les matériaux dont nous aurous besoin: la pierre, la brique, les bois, ainsi que des ouvriers experts; ce (pii présentera sans doute plus d'une difticulté et d'un ennui; mais n'importe, ce sera ma tache et la coopératioii que je donnerai à cette (cuvre, et je serai heureux eu cela de payer le tribut de mon honnnage et de ma gratitude à l'apôtre que nous honorons spécialement et à la protection duquel j'aime à reconnaître (lue je suis en grande partie redevable de ma vocation à l'apostolat.

« Telles sont les principales circonstances et les fruits de mon voyage dont je ne saurais assez remercier la sainte Providence; il a été aussi heureux (jue je pouvais le désirer.

Mais déjà, j'avais j)assé huit jours sur cette terre bénie; il était temps de regagner Canton où m'appelaient de nouvelles occupations.

« Je pris avec moi les (iuel<iues pauvres souvenirs que j'avais pu recueillir dans l'île et que je destine à mes amis: du riz, des bâtons coupés dans les bois, quelques co(]uilles ramassées sur le rivage; et, saluant une dernière fois la colline du tombeau, je montai sur la barque (iiii «levciif me transporter à Hong-Kong.

« Pour me rendre à Sancian, j'avais pris la route de terre parcourant cette belle ])r()vince de Canton si riche, si animée, si verdoyante; et, pour la ])remière fois, j'avais conservé ma soutane et une i)artie de mes insignes épiscopaux, voulant juger de l'ettét que ma présence produirait au milieu de cette population non encore habituée à nous voir.

« Or, je n'ai eu qu'à me féliciter, non seulement de la liberté que j'ai rencontrée, mais encore des égards qu'on m'a témoignés.

'< Voyageant assez souvent au milieu des soldats ou des gens du pays occupés à transporter des munitions de guerre, partout je voyais ces braves gens se ranger ])our me céder le pas.

C'iiapiiry A - A Wiiiiviaii

« Un soir, arrivé à l'entrée d'une [»etite ville murée, j'envoyai cliei'cher une eluiise pour n(^ [>as froisser les usages du [)ays qui ne permettent pas à un homme d'aller à pied avec les marques de la dignité.

« Dès que la sentinelle m'aper^'ut du haut de la porte, elle annou<;a mon arrivée an son du tam-tam, et aussitôt uiu; escouade de 10 houimes se trouva sous les armes i)our me recevoir.

« Descendu à riiôtellerie des mandarins voyageurs, j'envoyai ma carte an magistrat local pour le remercier de sa bienveillance; lui-mênie nie lit renouveler ses offres de servic(e, et c'est ainsi que i)armi les autorités chinoises s(^ font ces éclianges de courtoisie (ju'on aime à voir dans leurs rai)ports entre eux.

« Cependant (luehpie sûre et agréable <jue fût cette première route, je dus la laisser pour prendre la voie de mer plus rapide ».......:.. . ...... ,./.... .;j ... ..

Ce voyage du prélat à Sancian, tout heureux qu'il fût, ne laissait pas (pie de lui créer de nouvelles charges et de nouveaux soncis.

On tronver en eltét l'argent nécessaire aux constructions de 'île, alors (lu'il sonifrait déjà de pénurie pour celles de Canton?

Un instant, il eut bi pensée de s'adresser aux collèges des Jésuites, tout persuadé i\\w son appel y serait bien accueilli; mais les Pères Portugais de Macao lui ayant disputé l'éreeti(m de la chapelle, il y eut nu petit froissement (pii l'empêcha d'exploiter autant (pi'il l'aurait voulu, une si bonne veine.

« Il s'adressa donc à d'autres et aux siens, ce (jui lui offrit l'occasion (U* reprendre avec sa fidèle ,Ioséi>hiue une correspondance interrompue depuis longten)i>s:

« Je viens de recevoir, lui écrit-il le 'M) novembre 1867, fuii amicnle lettre du 13 oc.toJir'^; et, bien, qail soit plus de minait, Je ne veux pas tarder une minute à // répondre. Je tiens d'autant j)lus à le faire tmmédiateuient, <ju'à ma ifrayide liante^ il // a près de deux ans que Je ne fai pas écrit. Mon Dieu!; la. chose est-elle possible^ - ; ,

« Est-il possible partant, que, malgré un. oubli si im.2)ardonnable de ma part, ta sois toujours si bonne enaers nroif ...

« Hélas! mes occupations sont si nombreuses., mes sollicitudes si vives, mes peines quelquefois si amères que Je ne trouve plus ni temps, ni facilité pour écrire

« Cependant avant peu, il faudra bien, bon (/ré, mal gré, que Je mette <^e coté toute autre occupatio7i pour écrire quelques lettres au sujet de notre construction de Sancian qui a-

iHji;r («iiilleiiiiii

luuice. Dieu merci, main pour laquelle je nai pas les fondH fiujjisanls pour la cundtdre à -son entier achèvemeitf.

« Pent-être la dévotion qaon a à Besançon pour S^.^i' rançois- Xavier m ouvrir a-t- elle quelques bourses t

« -Et je frapperai à toutes les portes- et, comme la bonne Providence est toujours venue à mon secours, j'espjère que dans cette circonstance encore, Elle ne me fera p)oint défaut.

« JSotre église de Canton avance aussi.

« Elle a, été loncjtemps un problème pour ceux qui la voilaient commencer et qui qjeut-étre n'en étaient guère les partisans.

« Aujourd-hui, la solution est certaine; et on la voit s'élever si ré(julièrement et si rapidement à la fois, (pie la question ne peut )ie plus porter qu.e sur une durée de travaux de 2 ou trois ans au plus; et alors nous aurons un monument digne de la Religion, digne de Pieu, autant qu'on peut l'avoir ici-bas, aans les conditions oit nous nous trouvons, et tel qu'il ne s'en élèvera pas deux semblables en Chine.

« Pieu en soit béni!

« Et à Lui seul que j'ai tu en vue, en soit l'iionueur et la gloire!»

Il teraiiue sa lettre )).-ir ces lignes:

« Salue tous les parents et amis auxquels je n'ai qms répondu! Mon Pieu! je ne suis plus de ce monde, et mes amis doivent désormais tout me pardonner, persuadés qu' il ont toujours le}ir place au fond de mon cœur et dans mes souvenirs devant Pieu!

« L'arrivée à Canton, en cette tin d'année 18G7, des Sœurs de S' Joseph de Clnny remplit son cœur de joie:

« Elles vont, dit-il, dévelojJj'er désormais l'oeuvre des enfants trouvés, et se charger avec fruit aussi de l'éducation des filles. »

« Cet événement coïncide liéUis! avec le rappel à Paris comme directeur du kSéminaire, de sou cher Père Guerrin.

« L'évoque s'en console à la pensée que « ce nouveau protecteur à la capitale, lui facilitera la réalisation de ses projets auprès des bienfaiteurs dont il sera l'interprète autorisé.»

« Aussi, i)lein de contiance dans l'avenir, l'infatigable prélat médite encore de nouvelles œuvres.

« 11 annonce, dans une lettre à M. Voisin, du 25 janvier 18G8, « (ju'il va éditier un mausolée sur la tombe des soldats français, morts au siège de Canton.

* Et il montre en quelles circonstances il a été amené à

<'hai»ii»'e \ - >laiisol<^t' «les soldatx fraiiyaiw

cette entreprise qu'il juge avaulageuse et honorable pour la Mission: « Peu de tenîi)S après la i)rise de Canton, écrit-il, nos Commandants avaient choisi pour lieu de sépulture de nos soldats, un terrain situé à un quart d'heure envir<m des murailles.

« Mais qu'arrivait-il f

« Des Chinois, pendant la nuit, ne craignjiient i»as d'aller ouvrir les tombes; et, prenant les cadavres, ils les amputaient de la tête et allaient la i)orter aux mandarins, atin d'obtenir la récompense promise à (pii surprendrait et mettrait à mort un diable d'étranger.

« Force fut donc à nos Commandants de mettre le cimetière au bas des remparts, sous le feu même des sentinelles, atin d'ôter à tout Chinois l'envie d'en approcher.

« Il fut effectivement respecté, tant que nos soldats furent ici; mais Canton une fois évacuée, ce lieu devint chaque jour l'objet de la profanation et du pillage.

« A mesure que je faisais remettre de nouvelles croix sur les tombes de nos soldats, elles étaient enlevées.

« On enlevait également les briques du mur de clôture; un égoût passant près de là, y entretenait l'infection.

« Enfin, l'année dernière, un pan des murs de la ville venant à toniber, avait couvert tous nos morts et j'eus beaucoup de peine à les retrouver en déblayant le terrain.

« Chargé officiellement par nos Commandants, de la garde de ce lieu sacré, je voyais avec peine que la sépulture de nos soldats fût ainsi exposée ;i toutes sortes de profanations, tandis que la sépulture des soldats anglais, dans une position l)lus retirée et plus silencieuse, était respectée de tout le monde, ,

« Je crus devoir faire connaître cet état de choses à l'Amiral Eigault de Genouilly, lequel ayant dirigé la prise de Canton et étant présentement Ministre de la Marine, était plus à même que personne de comprendre la demande que je lui a- (Iressais. .., :■.,■."--, /':.-:,: :[y/;- y y

«Je lui proposai (le transporter les restes de nos soldats an Cimetière des chrétiens, situé à une demi-lieue de la ville, et là, d'élever à leur mémoire un monument dont j'avais préparé à la fois le plan et l'inscription, afin de faciliter autant que je le i)ouvais, la concession et l'exécution de cette merure.

« Or, 8. E. M. le Ministre de la Marine, après en avoir conféré avec 31. le Marquis de Moustier, des Affaires Etrangères, vient de me faire savoir par sa dépêche du P'' décembre 18(57, qu'Elle approuve tout ce que je lui demande et qu'EUe met à

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ma disposition la somme de 25 mille francs pour l'exécution de ce projet, ajoutant à cela les })ar(»les les plus gracieuses: « J'ai été, me dit le Ministre, i)rotondémeut touché de l'initiative qu'a bien voulu i)rendre Votre Grandeur dans cette occasion, et je la remercie de la i)ensée qu'Elle a eu de faire honorer la mémoire de nos marins et de nos soldats morts à Canton, en leur assurant une séi)ulture à l'abri de toute profanation. »

L'iuscriptioH est ainsi conçue:

Wapoleo III

Gallorum Imperator

Ad memoriam

Fortissimorum ducum et militum

Qui in expugnanda Cantonensi urbe

Anno 1857 Duce J. D. P. Eigault de Genouilly

Fortiter occubuerunt Hoc monumentum erigi curavit '

Anno 1867

« Dans le premier projet d'inscription, j'indiquais seulement le règne de Napoléon III, marquant que l'érection du monument était due aux soins et à la sollitude de l'Amiral Rigault de Genouilly, et n'osant pas l'attribuer à l'Empereur.

« L'Amiral aniieux fait.

« Content de voir tigurer son nom sur le monument, il en rapporte toute la gloire à 8a Majesté, et je le remercie de cette idée.

« C'est en etlét un nouveau sceau mis sur cette Mission et la plus belle garantie que nous puissions désirer, que de voir l'Empereur lui-même, par l'intermédiaire de sou jNIinistre, inscrire son nom sur un monument placé au milieu de notre Cimetière, et destiné autant à garder le souvenir de la conquête, qu'à nous protéger contre toute éventualité de l'avenir.

« Aussi, datte de tous ces avantages, et reruerciant bien sincèrement la Providence du concours visible qu'Elle veut bien nous donner, nous allons nous mettre à l'ouvrage et nous y ai)porterons tout le zèle et l'attention (pie mérite une œuvre si intéressante en elle-même et par ses conséquences. »

Dans la même relation qui mentionne le projet de ce mausolée, Mgr Gnillemin fait le récit d'une visite du Mce-Eoi des deux Kouang, d'autant i>lus signiticative et mémorable, qu'elle fut, à notre connaissance, une des dernières que les pré-

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