‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 74 sur 155 · SOI · texte numérisé non relu

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voyait, autant pour ce travail digne d'un savant, que pour les services nombreux que, déjà précédemment, il avait rendus aux Missions!

Cet ouvrage fini, M. Fontanier en avait entrepris un autre, également intéressant, la collection des cachets chinois comparables à nos blasons d'Euroi)e, et dont l'étude peut jeter un si grand jour sur l'histoire de la Chine.

Mais hélas ! il n'était pas destiné à l'tichever, et comme taut d'autres, il devait être arrêté au n»ilieu de sa course, et voir sa carrière brisée, lorsqu'il aurait pu rendre encore tant de services à l'Église, à la cause des Missions et à la science qu'il savait unir dans un même sentiment d'estime et de dévouement!

Ah! sans doute, il est triste de mourir si loin de son pays, d'une manière si inhumaine, de la main même de ceux au bien et au salut desquels on se dévoue; mais toutefois, il est une consolation bien capable d'adoucir un tel sacrifice, c'est de mourir pour son devoir et d'arroser de son sang le sillon qu'on a tracé, pouvant s'appliquer avec quelque proportion la parole par laquelle le Sauveur, snr la croix, annonçait le parfait achèvement de son holocauste: « Consummatum est, * ou cette autre parole du grand apôtre, parole si consolante et qui, à elle seule, dédommage de tous les sacrifices de la vie: « Bonum certamen certavi, cursnm consummavi, in reliquo reposita est mihi corona justitiœ ! Heureux qui peut, eu mourant, se les ai)pliquer et en voir les précieux eft'ets se réaliser pour lui! »

L'évêque de Cybistra rentre à Canton, le cœur allégé d'un grand poids, mais il y trouve de nouveaux sujets de tristesse comme en fait foi le billet qu'il adresse au Cardinal Barnabo, le 28 décembre 1869." Me voilà enfin, dit-il, revenu de mon voyage de Pékin ! A mon retour ici ^ foi pu voir le Vice- Roi et faire tomber les préventions qu'on avait cherché à lui inspirer contre nous et V œuvre des Missions.

Ainsi, mon voyage à Pékin n^aura pas servi seulement à la constriiction de notre église, que nous allons reprendre avec une nouvelle ardeur, mais il contribuera p>uissamment encore je Vespère, au bien de la M'^ssion en général et fen remercie bien sincèrement le bon Dieu.

Toutefois, comme nulle Joie n'est parfaite en ce monde

JNtgr Gnilleiiiiii

fai trouvé à mon arrivée ici bien des sujets d'affliction et d inquiétude.

Quelques Jours avant mon retour, un de nos ouvriers avait eu le malheur, dans une rixe qui s^est élevée entre eux et les satellites du mandarin, de tuer nu de ceux-ci, en lui enfonçant u)i baudnru daîis la. poitrine.

De là, (/rand émoi dans toute la ville, gronde exaspération de la part des autorités et de la population qui né demandaient qu\ï se venger: et, ce n'est qu\î force de démarches que nons avons pu étoufer ce commencement de sédition.

D'une autre part, notre architecte, grandement affaibli par ses travaux et son séjour à Saigon, vient de retourner en France, en nous laissant sur les bras toute la direction et le soin des travaux de notre église.

£Jn/in, M. Braud, revenait de Sancian atteint d'une phtysie très prononcée qui ne nous laisse aucun esp>oir pour la conservation de sa vie.

Surpris en mer par un gros temps, lorsqu'il allait visiter ses chrétientés voisines, nagant qu une simple barque, il a été, pendant deux nuits et un jour, rudonent ballotté sur les flots, mouillé et transi de froid, et c'est là qu'il a contracté sa maladie qui, sous peu, va l'enlever à sa Missioii.

Je le regrette d'autant plus, que c'est lui qui a surveillé nos constructions de Sancian, avec un soi)i et un dévouement dignes déloge, et qu'il avait su gag)ier la confiance des habitants de l'île dont il était devenu comme le chef et le conseiller. Aussi espérions-nous retirer des fruits abondants de son ministère, lorsque le bon Dien nous l'enlève et nous prive d'un instrument si utile au succès de nos œuvres.

Jlais que faire, sinon répéter pour cela comme pour tout le reste, le tint que JV. S. nous a enseigné et nous soumettre humblement aux décrets de sa divine Providence.

Je suis actuellement occupé à régler toutes ces affaires, et quand f g aurai mis l'ordre et l'arrangeinent convenable, je reprendrai la route de l'Europe, ce qui ne tardera pas, je V cfipère.

Non seulement je serai heureux d'aller prendre place parmi tous les évéques de l univers dans la plus auguste assemblée qu'on q)uisse voir, mais encore je sens le besoin de me reposer et de me retremper un peu."

« Avant de laisser embarquer le prélat pour l'Europe, il nous tant reprendre, à l'endroit oii nous l'avons interrompu,

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