Chapitre XI - Lh .flisNioii <lii Koiihiik-M
SÙii
le bref récit des expéditions évangéliques dans les deux Kouang.
« Depuis l'année 1801 jusqu'en 1800, arrivent à Canton, M. M. Braud, Genuevoise, Oluuisse, Mouroux, Houery, Canibier, V'erclière, Guerriu, Gérardin, Bazin, Déjean, Delavay, Oaillet, Houssac, Barrois, Durand: en tout 17 niissiounaires.
« La })lupart d'entre eux vont se former h la vie apostolique dans les postes déjà créés, sous la direction d'anciens missionnaires; méthode d'autant i)lus appréciable ipi'elle est ])lus logique et ])lus prati(iue.
« Quelques-uns, connue Chausse, Gennevoise, Verchère, Houery, sont employés à l'orphelinat des gar(;,ons, et, tout en étudiant la langue, prêtent à leur évê(ïue un utile concours au temps des fondations de l'église.
« La vie chrétienne s'iuHltre peu A peu dans les districts, gi'a«e à l'ardeur tout apostolique de i)rétres tels que Chousy, Foucard, Chagot, «Folly dont la earactéristi<iue est de catéchiser les populations par eux-mêmes, }>lus que par leurs subordonnés indigènes.
« On établit dans les vieilles chrétientés l'usage de la communion fré(iuente, on crée des confréries (U> la bonne mort, du scapulaire, de l'apostolat de la i)rière, on propage dans les familles, les dévotions du Rosaire, de l'p]ucharistie; on favorise chez les jeunes pcu'sonnes, les désirs de renoncenu'ut aux choses du siècle et chez les enfants, l'amour de l'étude et de l'état religieux.
« Pjt pendant que la Foi, un instant assoui)ie dans le cœur des anciens chrétiens, se réveille euHn, des milliers de néophytes qu'attire la grâce autant cpie l'intérêt, viennent çà et là, grossir le troupeau de Jésus-Christ.
« Il n'y a qu'à lire les relations de l'époque ayant trait à CBS conversions, pour se convaincre de l'importance du mouvement des âmes vers Dien. '
« Chagot à lui seul renuu; toute la presqu'île du Louïtcheou; Foucard crée de nouveaux ]>ostes, sur les deux rives du 8i-Kiang; Jolly ouvre à la Fai les régions de Tong-Koun et du lleuve de l'Est; Beruou el Jacquemin fortifient, dans la partie orientale, des centaines de créations récentes.
« La population catholique s'élèv^e déjà à 16 mille Tunes.
« Et ce résultat qui paraîtra bien minime hélas! en proportion des forces numériques du paganisme et des eftbrts tentés pour les ébranler, était cependant bien tangible et digne d'éloge.
« Mais il ne pouvait faire oublier à l'évêqne et à ses prê-
itlgr Cànillemiii
très, qu'à côté du champ Cautonais si bien détiiclié, il restait encore le désert du Kouan<>-Si.
« Nous avons dit précédemment qu'on avait soulevé la (luestion de former avec cette seule province, une Mission distincte de celle de Canton.
« Le G Juillet 1867, Mgr Faurie, du Kouy-tcliéou. avnit soumis ce projet au Cardinal Barnabo:
« La province du Kouang-Si, disait-il, qui dépend de la préfedare apostolique dn Konanij-tong, a été oiirerte à la J^'oi par les chrétiens de la Mission du Koau-tchéon- ils en ont eu soin avant et après le martyre de M. Ghapdelaine.
« Or, le qyréfet apostolique de Canton na pu s'occuper sufûsamment de cette partie de son trouqjeau, qui donne cependant beaucoup d'espoir pour la propar/alion de V Evanç/ile.
« Je Vai prié d'enrof/pr deu.r )nissionnaires zélés qui en prendraient un soin spécial.
« Enfin cette année, d'après les ro)iseils pressants des directeurs de notre Séminaire de Paris, il en a enrof/é deu.r, dont Vun, J£. G-enneiwise, est réceinineut <(rriré ici.
« Je le garderai pendant quelques mois, afin (péil apiprenne la lanijuc indigène, et pendant ce temps, je disposerai tontes choses, pour que à l'automne, il puisse se rendre au lie" qui lui aura été désigné.
« Mais, parce qu'il parait difficile à Mgr Guillemin de prendre soin de cette ptartie de sa juridiction, j'ose proposer à Votre Eininence, de démeml)rer la province du Kouang-Si et d'établir un préfet particulier pour elle seule.
« Cette province aura ainsi une meilleure administration, et les fruits pour le salut des âmes seront plus abondants ; Vexpiérience le démontre: en efet, plus il g a de p>astôurs, plus nombreuses sont les brebis (1).
Vers la même époque, le même Mgr F'aurie écrivit une demande analogue aux directeurs du Séminaire de Paris.
Mais à ses projets qui devenaient des injonctions, Mgr Guillemin opposa les siens.
(\) Milgré les pieuses intentions que renferme i;e billet, l'intervention de l'évèqiii d'Apollonie n ? nous paraît conforme ni à la pralanterie française ni à la discrétion chrétienne; car il s'occupait d'une chose qui ne le regardait pas.
Et les prévisions que renfermait l'adage de sa dernière phrase: " Plus il y a de pasteurs, plus niubreuses sont les brebis ", ne se sont hélas, pas même encore de nos jours, réalisées: " Que sont, s'é.rrie Mijr Ducœur, préfet apostolique du Kouan^- Si, nos 4.500 chrétiens entr.^ les 140.000 du Tonkin occidental et les 60.000 du Kouang-tonof ? Voilà le résultat de 40 années de travail!. Pour cela 3 évoques sont mjrts ; un noinbr» considérable de missionnaires ont usé leur vie dans des privations que la civilisation diminue à peine aujourd'hui ; plusieurs ont donné leur san^. (Compte rendu de 1911. p. 114;.