Chapitre XI - La Mission du Konaiis-Mi
« Revenu à Canfoti, il avait entrepris, toiijoiirs en vue de s'installer à Kouy4in, de longues négociations qui n'avaient pas abouti; enfin il mourait sans avoir même posé le pied sur la terre qu'il devait évangéliser.
En réalité, son Snpériorat n avait été qu'une succession de déboires, qui présageaient de nombreuses difficultés. »
Toutefois, disoDS-le vite, sa nomination de Supérieur motivera l'envoi au Kouang-Si de quelques collaborateurs de choix: Bazin, Foucard, Cliousy, Soucliières, Renaud, qui désormais s'établiront dans la province depuis si longtemps abandonnée.
A la mort de son premier Supérieur Miliières, le 10 Octobre 1871, la Mission du Konang-Si rentrait, de ce fait, sons l'autorité directe de Mgr Guillemin absent.
Et Jolly qui administrait la Mission de Canton en son nom, restant perplexe sur l'étendue des pouvoirs à communiquer, ne changea rien à la situation créée par le décès de Miliières; car la nomination de son successeur revenait de droit à Mgr Guillemin lui-m^me.
« Au milieu des labeurs et des soins que réclamait la construction de sa superbe cafhédrole, écrit Launay, Févéque avait bien pensé à donner un successeur à Mihières; mais, par suite de ses tournées en Eiirope et de l' entraînement des affaires, il n avait encore, en 1874, clioisi personne. ■ r
Pressé à plusieurs rejjrises, sur ce sujet, par les missionnaires du Kouang-Si et j^ar le Séminaire de Paris, il avait songé à. un de ses prêtres, homme de grande douceur et de vive piété, Chagot, qui travaillait au Kouang-tong depuis 1851; puis à un missionnaire du Yun-nan, Le Guilcher; enfin à son pro-préfet Jolly.
Après en avoir couféré avec les directeurs réunis en conseil le 80 sep)tembre 1874, l'évéque nomma M. Jolly Supérieur du Kouang-Si, par une lettre datée de Paris le 8 octobre, et .dont voici les princip)aux passages:
« Après avoir longuement réfléchi, /ai cherche un Supérieur qui fut agréé de tout le monde, et c'est sur vous, mon cher P. Jolly, que mon choix est tombé.
Cette détermination a été reçue avec Joie et satisfaction jMr fous ces Messieurs du Conseil, comme h moyen le plus propre à relever cette pauvre Mission du Kouang-Si.
A la vérité. Je le regrette, d'ahord pour moi personnellement, puis pour la Mission de Canton, dont vous avez si
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bien mérité, et enfin à rav.f^e rie vos chers "Ilak-ka", dont vous avez été jiisquici V appui et la consolation.
« Mais, du reste, je ne saurais vous regarder comme entièrement perdu pour la Mission de Canton; et d'autre part, il est assez naturel, qu'après avoir servi si longtemps en second, on soit appelé à porter au premier rang Vexpérience qu'on a j)U acquérir daus une position inférieure.
« Mais surtout, cette nomination venant bien du hou Dieu et sans aucune injluence de votre part, nous devons raccopter avec toute la cordiale soumission due à sa sainte volonté, et il saura bien lui-même vous donner les moj/ens d'en, remplir les obligations, à sa gloire et à Vavanfage de tout le monde.
« // est bien entendu q}ie vous conservez tous vos pouvoirs à Canton avec ceux tout particuliers que Je vous donîie comme Supérieur du Kouang-Si.
« J'en jn'éviens les confrères de cette dernière Mission, et les choses resteront ainsi Jusqu'il mon arrivée dont Je vous dirai l'époque précise p)ar la prochaine malle. »
Jolly accepta simplement. 11 réjmiKlit qu'il «se rendrait au plus tôt (laus sa nouvelle Mission et y travaillerait de son mieux. »
Le nouveau Supérieur tenait comme Miliières ses pouvoirs par délégation de l'évêqne de Canton.
C'était, au dire des missionnaires du Kouang-Si, une situation qui ott'rait plus d'un inconvénient; niais la Pro})agande avait décidé de maintenir ce statu qno, tant que «la séparation définitive de Canton d'avec Macao, ne serait i)as complètement effectuée. » (')
Cependant, de nouvelles instances ayant été faites, le Cardinal Barnabo voulut bien, en l.STà, procéder à la création d'une autonomie pour le Kouang-Si; et le G aofit de cette même année. Pie IX envoyait au P. Jolly le bref (pii érigeait cette province en préfecture apostolicpie.
Mgr Guillemin était donc, à sa grande satisfaction, déchargé de ce fardeau pour le moins inutile.
Il ne s'occupera donc plus du Kouang-Si.
Xous l'imiterons aussi eu fermant ce chapitre.
(1) Lavinay
<'ha|»ilr<> XII - Coup d'œil sur li auu^'es