Chapitre XII • L'évéqiie d'ApoUouio
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Pères du Concile, dont les réunions ne sont pas tellement suivies, qu'il ne puisse s'écarter aux environs de Rome.
Il visite Mentaua, atin d'offrir l'expression de sa sympathie à nos jeunes zouaves morts pour la cause du Pape.
Il prie sur leurs tombes; et, ayant remaniué que sur celle d'un de ses conpatriotes, il n'y avait qu'une petite Croix de bois que le temps aurait bientôt fait dis[)araître, il écrit à sa famille pour l'engager à lui élever un monument pins <lnrable; et il s'offre à en surveiller l'érection, et môme à fournir aux frais, si la famille ne le x>eut
C'est le 18 juillet (ju'on proclame le dogme <le l'infaillibilité du Pape, et il donne son placet de {ov\ cieur, sans ombre de restriction, malgré les efforts de quebiues (îallicans de ses amis, pour l'entraîner dans l'opj)ositi()n.
« Il est notoire, écrit l'ahhé Trénoret, (pie l'arclievêque (b> Besançon (1) tigurait parmi les i>rincipaux opposants de la détinition, parce qu'il jugeait cette définition inopportune, mais son influence n'a nullement intimidé mon oncle qui ne se f/cnait iiulleinent pour condamner sa manière de voir.
« Je me souviens même que lorsque le cardinal Mathieu eut fa?' t sa soumission, Mgr de C//histra rej/retta qu^il ne l'eut pas faite cm termes d'une sincérité plus entière.» ■ ^
Sou rôle au Concile se borna, croyons-nous, à cette simple mais capitale déclaration de principe.
Il aurait pu, comme le tirent plusieurs de ses collègues «va-nu-pieds, ignorants et valets du Pape», prendre la parole et solidement motiver ses raisons.
Il avait des lettres et de la théologie tout comme évoque de France; et on le savait.
Mais d'autres soucis, plus praticpies, prenaient son temi>s et ses facultés.
D'ailleurs, son joyeux collègue du Kouy - tchéou, Mgr Faurie, sorte iV « enfant terrible du Concile»., ne sutiisait-il pas tout seul, à ramener les Gallicans au catéchisme.^
« Le jour qu'on a annoncé l'introduction de la question de l'infaillibilité, raconte Faurie lui-même, il m'est échappé un T)eo gratias formidable.
« Toute l'assemblée s'est tournée vers moi, et l'on a bien retenu le profil de ma moustache.
(1) Cardinal Mathieu.
Hgr Ouillemiii
« Depuis ce jour, les bien pensants me serrent la main, et les Gallicans me font de gros yeux; même ils m'ont fait faire des remontrances.
« Après avoir dit Deo grattas, j'ai aperçu Mgr Dupanloup qui est sorti furieux de la salle du Concile, cherchant de l'œil ses partisans.
« Comme jx^^rsonne ne le suivait, je suis sorti peu après lui. 11 m'a pris pour un des siens et a couru vers moi. Je lui ai donné une poignée de main en disant de nouveau: Deo gratias, voici entin la grande (luestion, nous allons rétablir la paix dans les Ames troublées!..
« Puis, lui secouant le poignet à l'anglaise, j'ai ajouté : «Nous allons faire notre acte de Foi, n'est-ce [)as?
« 11 a paru frapi)é de la foudre ; son visage a passé par toutes les couleurs; il a répondu en balbutiant:
« Nous verrons!...» Puis il s'est échappé vers la porte pour s'en aller.
« Les Gallicans m'ont fait admonester par jMgr Callot évê- (jue d'Oran: « Vous olfensez les Gallicans par vos remarques de réprobation ; votre « Deo Gratias » sera historique et fera le plus grand tort à vos Missions. Nous aimions la Propagation de la Foi, mais. . .!
— « Halte-là, Mgr, répliquai-je, vous allez blasphémer, moi j'ai un avis tout pareil à donner aux Gallicans; ils ricanent d'aise quand on dit quelque chose contre le Pape, cela nous otîénse.
« Moi, je n'ottense qu'une faible minorité, vous otfensez la majorité. ]\rais n'entrons pas en compte, nous avons tous tort, puisque le règlement défend les démonstration, corrigeonsnous et soyons amis. »
Là-dessus ie lui donne une poignée de main et je rentre à la salle. » (')
Les questions dogmatiques n'absorbèrent pas toute l'attention des évêques des Glissions Etrangères; ils s'occupèrent aussi de re viser le règlement de leur congrégation.
L'accord fut loin d'être complet, si l'on en juge par l'exposé suivant que rédigea l'évêque Guillemin au nom de 7 de ses collègues.
Citons-le ici entièrement, tout eu protestant du respect que nous devons à la décision de la Propagande, qui, sur les ins-
(1) Vie de Mgr Faurie, év. d'Apollonie, par Castaing.