Chapitre XI 1 « L.e rèslemeiit «les Missions Ktransôrow ai
tances des opposants, contirnia leurs vues, contraires à celles (le l'évèque de Canton:
Borne le 22 Juillet 1871.
A N. N. S. 8. les vicaires apostolicpies de la Société des Missions Etrangères et à Messieurs les Directeurs.
Nosseigneurs et Messieurs,
Nos travaux préparatoires sur le Kèglenient se sont clos le 2 de ce mois. Lorsqu'on nous a i)roi)osé d'y npposer notre siguature, uous avons demandé, comme nous en étions convenus dans la réunion précédente, à ])résenter (jnelques observations que six d'entre nous avaient rédigées par écrit et d'un commun accord, sur ditt'érents points fort graves et qui nous paraissaient changer la forme constitutive de la Congrégation. Le Président nous répondit qu'il n'y avait plus moyen d'attendre, qu'un des membres du Conseil devant retourner procliaiuement à Paris, il fallait nécessairement clore les séances, que lui et ses vénérés collègues étaient très fatigués, et qu'il n'y avait i)lus lieu à des discussions devenues inutiles; qu'il allait donc signer le projet de règlement tel quel, et que ceux qui partageaient son sentiment en feraient autant.
Ce refus nous fut d'autant plus i)énil)le, que nous étions six évêques contre sept à faire cette demande, et qu'à bien prendre les choses, le nombre de sept pouvait fort bien se réduire à six, puisque M.' AVibeaiix, quoique Provicaire de la Cochinchine occidentale et muni d'une lettre d'introduction de son Evêque, ayant été éliminé du Conseil, i)ar cela seul qu'il n'était pas chef de Mission, INIg.' Croc, Coadjuteur du ïongking méridional, et sans délégation de son Evêque, n'avait pas plus de droits que lui d'y être admis. M.' Rousseille constituait donc à lui seul la nuijorité.
Alors, l'un d'entre nous lut au Conseil une proposition dans laquelle s'ofi'rant à signer les points sur lesquels on était d'accord, il demandait à ce que les autres points fussent soumis aux Evêques de la Société absents, nous engageant à nous ranger du côté de la majorité; (pie si ce moyen paraissait trop long, il proposait de les soumettre à la SS. Congrégation et de uous en tenir à sa décision. Ces dilterentes propositions ayant été rejetées, quelques-uns ont signé en eifet. Pour nous, ne croyant pas à propos de donner notre adhésion à une (TtMivre terminée si brusquement et qui semble changer la constitution de la Société, nous avons refusé notre signature, et nous venons aujourd'hui, Nosseigneurs et Messieurs, vous exposer avec contiance les principaux points sur lesquels nous croyons devoir appeler votre attention.
Mgr Ciiiillemiii
I. Abolition des anciens Procureurs. Choix des nouveaux Directeurs.
Et quelis sout donc, Nosseigneurs et Messieurs, les points que nous désirons plus spécialement soumettre à votre appréciation! Le premier et le plus im})ortant pour nous est celui qui nous enlève nos Procureurs pour ne mettre à Paris que des Directeurs.
Or, on comprend combien un tel clian<>ement est pénible et tâcheux pour nous. rlusipiMci chaque groupe de Mission avait le droit de se choisir un Procureur chargé de le représenter à Paris, ("était ])ar lui que nous faisions i)arvenir nos demandes, nos réclamations, nos plaintes mêmes, si nous en avions à faire, et nous étions sûrs de trouver en lui l'appui dont nous avions besoin, ("était aussi le lien qui nous rattachait au séminaire, tout en nous laissant notre action propre, et ce point était important et si bien établi (piMl était regardé à juste titre comme un des principes constitutifs de la 8ociété. Or, ce <lroit deux fois séculaire, consacré par un usage constant et si apprécié de tous les anciens, (car, disons-le eu passant, ce sont les anciens qui désirent sa conservation et qui ont refusé leur signature à tous ces changements), ce droit, dis-je, on nous l'enlève d'un trait de i)lume, et comment n'en serions-nous pas profondément attligés?
Il est vrai cpiVi la place de nt>s anciens Procureurs, nous aurons des Directeurs choisis par le Séminaire de Paris, et agréés des groupes de ^Lissions.
Mais pouvons-nous bien regarder comme nos représentants ceux que nous-mêmes nous n'aurons pas choisis? Ajipelés par le Séminaire de Paris et non par les JMissions, les nouveaux directeurs auront-ils la liberté, l'indéi)endauce nécessaire pour remplir (Unis toute leur étendue les devoirs de leur charge? Auront-ils le dévouement dont nous voudrions les voir animés envers nous? .Vurons-nous nous-mêmes envei's eux la confiance, Touverture de cœur que nous aurions, s'ils eussent été choisis par nous? Xon évidemment, et dès lors la représentation dont ils sont chargés n'est plus qu'une représentation fictive et illusoire, (pii ne remplit en aucun point le but qu'on s'était lu'o}>osé en établissant au Séminaire de Paris un Procureur chargé de représenter chaque Mission. Ajoutons que c'est une brèche taite à l'ancienne constitution de la Congrégation: chose toujours fâcheuse et dont on ne peut prévoir toutes les conséquences.
Il est donc nécessaire, si nous voulons conserver notre action proi)re et nos rapports d'autrefois, il est nécessaire que nous choisissions nous-mêmes nos Procureurs et qu'an Séminaire de Paris ils restent sous la dépendance des groupes de Missions