‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 87 sur 155 · Chapitre XII - li^ rèyleineiit · texte numérisé non relu

Chapitre XII - li^ rèyleineiit

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ce pas, an contraire, renverser l'ordre de la liiérarcliie ecclésiastique, en enlevant aux Vicaires apostoliques l'autorité dont ils ont toujours joui, jusqu'à ce moment, pour la remettre toute entière entre les mains des missionnaires?

On aura beau dire, que ce sont U's Vicaires apostoliques qui ont eu l'initiative du travail et des propositions: qu'importe! quand les missionnaires sont toujours libres d'accepter ou de rejeter ce premier travail et ces propositions. La dernière solution n'en reste pas moins en leur pouvoir, et ce sont eux, eu définitive, qui forment dans la Conurépition ce qu'on appelle chez nous la cour de cassation, qui est au-dessus de tout autre tribunal, et qui prononce ses sentences d'une manière définitive et sans appel, JS^on, évidemment, une telle manière de procéder n'est ni digne, ni convenable, et disons plus, elle n'est ni logique ni conséquente.

3°. Elle n'est ni logique ni conséquente; et il est facile" de prouver un point dont l'évidence se montre d'elle-même. Nous comiJtons, Dieu merci, de bons et saints missionnaires parmi les confrère de la Congrégation; mais nous pouvons le dire, sans craindre de les blesser, combien parmi eux, qui n'ont aucune ou presque aucune expérience des choses; qui, sortis du séminaire et arrivés en Mission, sans aucun contact préalable aiwc le monde, se trouvent évidemment au-dessous de la tache qui leur est imposée, cest-à-dire, qu'ils a ont ni rexpérience, ni la hauteur de vues nécessaires pour donner à une congrégation la constitution et le règlement qui lui conviennent. Et pourtant, c'est à eux, à leur appréciation, ou plutôt, disons-le^ à leur valeur numérique, qu^on remet un travail d'une si grande portée; tandis que les Vicaires Apostoliques, qui, par leurs antécédents, leur position actuelle, sont censés les plus expérimentés et les plus sages, auront moins d'autorité queux pour décider ces grandes questions! Tel est le point réel, où nous en sommes, c'est-à-dire, qit ici, c'est le système du nombre, de la force m.atérielle qui remporte sur celui de la raison et de la sagesse. Ce n'est plus le non numerandi, sed ponderandi de l'adage qui a eu lieu parmi nous, mais bien le contraire, c^ està-dire, non ponderandi sed numerandi! Et ainsi, tout en reconnaissant qu'il y a plus d'expérience et de sagesse d'un côté, on accorde néanmoins à l'autre le poids et l'autorité qui décideront des choses: ce qui, certes, il faut bien l'avouer,, est peu logique, peu conséquent, disons mieux, peu raisonnable!

4^ Et si le mode proposé pèche déjà d'une manière si évidente par la hase et les principes, que dirons-nous des difficultés et des embarras de son exécution! Pense-t/-on que les <litféreut8 points du règlement vont se discuter parmi les mis-

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sioiiiiaires d'un coiiinniii aeoord, sans trouble et sau*^ que la paix en soit altéi'ée? Tson, laisser ees choses à ra])i)réciation de chacun et à la ])luialité des voix, c'est évidemment ouvrir le champ le plus vaste aux contestations, et ])eut-être mpme jeter dans la Con,i»répition, les germes d'une division qui ne finira i)as de longtemps.

Si (juelqu'un en doutait, nous lui dirions: voyez ce qui vient de se passer à Paris et à Ivome, et juiicz ])ar là de ce (pii peut arriver ailleurs. A peine eut-on commencé à Paris la discussion des point du nouveau rèiilenient, que IMessieurs les Directeurs ne jiouvant ])as sVntendre, se sé])aièrent brusquement, les uns regardant les innovations qu'on voulait introduire, comme un bien et un ])rogros, les autres les repoussant comme un changement dangereux et luneste à INx'Uvre des Missions.

Et à Ivouie même, n'a-t-on i)as vu deux canii)s bien marqués s'établir i)aruii nos \"i('aires xVi)osh»iiques, et Uialliruveusement, on regrette d'être obligé de le dire ici, on ne s'est pas épargné les i)ropos aigres, ])i(juants, insultants même dans ces assemblées, où, certes, ou ne devait pas s'attendre à un tel langage. Le itlus souvent, on est sorti <les réunions, le cceur froissé et tellement aigri, (]u'on a entendu dire à des Vicaires A])ostoliques (pie, désormais, ils ne sauraient i)lus avoir de ra]>])orts d'intimité ou même (ramitio avec t'ertains autres.

Si ces traits de date si récente ne suitisent \rai-, qu'on se rappelle les interminables discussi<!ns (|ui, à une épo<iue plus éloignée, se sont élevées dans la ]Missioii de Siam, au sujet d'une simple discussion théologi(]ue sur les rites ou usages superstitieux du pays, discussions <)ui, à tort ou à raison, ont occasionné la sortie de plusieurs missionnaires de la Mission, et qui n't)nt ]>u être terminées (pi'en portant l'att'aire en cour de Kome.

Or, pense-t-on que les missionnaires ou Vicaires a])OStoliques seront jdus sages, plus circonsi)ects, plus réservés dans les cir constances actuelles? Le dire serait montrer (pi'on connaît peu le cœur humain, et qu'on ne se laisse guère instruire par les exemples qu'on a sans cesse sous les yeux. Non, bon gré, Dial gré, le règlement ainsi laissé à ra])préciation de chacun, suscitera nécessairement de \i\es contestations, soit parmi les Vicaires ai)OStoliques et leurs missionnaires, soit i)armi ceuxci entre eux, et Dieu sait jusqu'où le mal ira!

Ce (pi'il y a de certain, c'est que longtemps encore après, on se rai)i)ellera que tels sujets de la ^Mission étaient i)our tel sentiment, tandis (jue les autres en soutenaient un autre; et s'il arrive que les missionnaires l'emi)ortent sur leur Vicaire

<'hapiire Xll - Le rèsienn'iit

apostolique, ce qui arrivera évidenjmeDt, les i)reinievs l'euiportaiit toujours par le nombre, il eu restera daus la INIissiou un souvenir extrêmement fâclieux, qui ne pourra que nuire profondément à la concorde qui doit régner entre tous, et deveuir un embarras très grand pour l'administration du Vicaire apostolique. ?

Ainsi, voilà dans toutes les Missions des germes de divisions, qui se perpétueront d'âge en âge et qui entretiendront parmi les missionnaires anciens et nouveaux, cet esi>rit d'o})position et de discorde qu'on y introduit mallieureusemeiit aujourd'hui 1

5° Et d'une autre part, quelle force et quelle autorité peut avoir un règlement né d'un plébiscite, qui aura passé par tant de discussions et de débats, et (]|ui laissera dans les cœurs tant de froissements et peut-être de si inofondes blessures 1

Il est évident que, dans de seuiblables conditions, il ne saurait avoir ce caractère de grandeur et de dignité (jui lui est nécessaire pour s'iuiposer à ceux qiA doivent l'observer, et qu'il aurait eu etfèctivement, s'il fut venu d'En liaut, c'est-àdire eût été présenté aux missionnaires et à la ('ougrogation, comme l'expression de la volonté des Supérieurs de ceux-mêmes qui sont appelés de Dieu pour diriger notre Société-

Voilà ce qu'il nous eût fallu, avec l'apjtrobation de la Propagande, tandis que de la manière dont les clioses se font, ce n'est plus qu'une œuvre tronquée, insolite et qm portera sur chacun de ses traits, le caractère peu digne de sa piemière origine. Provenant du vote des missionnaires entièrement libres de l'accepter ou de le refuser, ils pourront toujours dire que c'est leur a^uvre, qu'ils auraient ]iu la faire d'une autre manière aussi bien que de celle-là, et dès lors ils n'y verront plus d'autre autorité que la leur.

Et, de même qu'ils se sont liés eux-mêmes, ils se croiront en droit de se délier, quand ils le voudront, ou au moins de demander telle moditication qu'ils jugeront à i)r()pos à des obligations qu'ils s'étaient d'abord imjjosées, mais qu'ils ne veulent plus porter. Et ainsi, ce règlement (jui devait faire la force de la Congrégation, devenir le soutien et la consolation du missionnaire au milieu de son isolement et de ses ennuis, n'a rien de grand, de digue, de stable, plus rien, en un mot, qui puisse lui faire obtenir les résultats qu'on se j>roposait en l'établissant.

G° Enfin, ce qui achève de le tuer, c'est qu'il est fait dans des conditions entièrement opposées à ce qui se pratique dans le S*^ Eglise et les ordres religieux. (^)uaiid l'Eglise

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