‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 88 sur 155 · SS · texte numérisé non relu

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Mgr <]inill«'t»iiii

vent cliauger quelque chose à sa discipline, ou imposer aux fidèles quelque loi ou pratique nouvelle, uiet-elle la chose aux voix, et fait-elle dépendre la décision d'un nombre plus ou njoius grand de votes?

Non, elle peut bien interroger le sentiment de ses enfants, nuiis la décision, en réalité, ne vient que de son Chef et des conciles généraux pour l'Eglise en général, et des Evoques pour le gouvernement de chaque Diocèse j^en particulier. Telle est la forme administrative qu'elle n'ji cessé de suivre depuis les temi)s de sa preniièie institution Jusqu'à nous!

Et i)our les Ordres et congrégations religieuses qui se rapprochent plus de notre position, qui est-ce qui eu a établi les constitutions et les règles! Xe sont-ce pas leurs saints fondateurs, tels S^ Benoit, S' François, S^ Dominique, S* Bernard, S"^ Ignace, S^ Vincent de Paul, JS' Liguori et tant d'autres, qui leur ont légué ce témoignage de leur autorité et de leur sagesse? Et lorsque, dans la suite des temi)8, on veut changer quelque chose à ces premières règles, de quelle manière ce changement se fait-il? Est-il remis à rap{>réciation et au vote des particuliers qui comjiosent l'ordre ou la congiégation?

Xon, car ils n'ont pas à intervenir dans ces (luestions majeures; mais seulement à l'appréciation et décision des chefs ou premiers Su[)éi'ieurs, qui se réunissent en assemblées ou chapitres et là, déterminent ce qu'ils Jugent plus convenable, sans (jne les sim[)les religieux soient admis à y prendre part: comme, du reste, dans toute administration civile ou militaire, les règlements se font par les chefs, et non par les subordonnés.

Et ce n'est en réalité que dans ces derniers temps, lorsqu'on était aux abois, qu'on a recouru à ce ridicule plébiscite, marque trop évidente d'un pouvoir qui tombe, et signe avant-coureur des désastres que nous avons é})r()uvés et qui sont dus, en grande partie, au défaut d'autorité et de soumission parmi nous.

Et, d'où vient donc que notre Congrégation seule, veuille entrer dans cette voie constitutionnelle, repoussée par la pratique générale de l'Eglise et de toutes les corporations religieuses? Parce que, dit-on, le premier règlement de la Congrégation portait que, si quchpies changements considérables devaient avoir lieu, ils ne pourraient se faire qu'avec l'assentiment des missionnaires à la pluralité des voix.

Mais, si dans le ])rinci|»e on (\st entré dans une fausse voie, tViut-il donc continuer à y marcher niain:enant? Peut-être aussi que quelque raison particulière qui nous échappe aujourd'hui, aura pu alors taire admettre cetre clause. Quoi qu'il en soit, il est évident que actuellement, elle est non seulement sans ob-

C^hapitrc 3tAl ■ Le règlement de» BHaaion» Etrangères 887

jet, mais encore qu'elle ouvre la porte à une foule de désordres et de fâcheuses conséquences, que nous ne saurions trop chercher à éviter.

Oui, je le comprends, s'il s'agissait de changer le but principal de la Congrégation, comme par exemple, de nous appliquer aux missions diocésaines et non plus aux missions étrangères, ou de nous imposer des obligations graves, qui n'existaient pas d'abord, comme des vœux perpétuels; oui, dans ce cas, il serait juste de consulter chaque missionnaire en particulier, parce qu'on ne saurait le soumettre à des charges auxquelles il n'a pas eu l'intention de s'obliger dans le commencement.

Mas, quand il s'agit de règles qui concernent l'administrar tion générale de la Congrégation, ou qui regardent quelques points secondaires de la conduite des missionnaires, il est clair que, dans ces conditions, ils n'ont aucun droit à donner leur vote; parce que 1°, en entrant dans la Congrégation, ils n'ont pu prétendre au rôle de la régir comme supérieurs majeurs; et 2®, qu'ils ont dû, au contraire, accepter d'avance tous les changements, modifications et améliorations, au moins secondaires, que ceux-ci, dans la suite des temps, jugeraient à propos d'y introduire pour le bien des Missions ou celui des missionnaires.

Aussi, iugeant ces raisons mal fondées, regardant le nouveau mode de votation qu'on propose, comme une pratique toute constitutionnelle et démocratique, qui renverse l'autorité des vicaires apostoliques pour substituer à sa place celle des missionnaires; qui, au lieu de nous donner un règlement sage et respectable, ne fait que porter le désordre et la confusion parmi nous; enfin, qui se trouve en opposition formelle avec la pratique constante de l'Eglise; ce nouveau mode de votation, disons-nous, renfermant tous ces fâcheux inconvénients, nous croyons qu'il est de notre devoir de le repousser de toute la force de notre âme, comme dangereux, mal choisi et inadmissible.

Quant au fond même des changements dont il est question, nous ferons une observation qui, déjà, se trouve consignée dans les remarques présentées par nos vicaires apostoliques. Il est toujours fâcheux de toucher aux points fondamentaux d'une société. Notre Congrégation, malgré ses défauts, depuis plus de 200 ans faisait l'œuvre de Dieu; et, en examinant bien toutes les corporations religieuses travaillant à l'œuvre des Missions, nous pouvons dire que c'est encore la nôtre, qui, par la simplicité de sa constitution, est la mieux adaptée à cette gran-

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Mgr Gnillemin

de entreprise et c'est bien aussi dans ce but unique qu'elle a été fondée.

Or, pense-t-on que les changements qu'on veut y introduire, lui apportent grand bénéfice 1* Xon, loin de là! il est bien à craindre, au contraire, comme nous le disions plus haut, qu'ils n'ouvrent la porte à bien des misères et qu'ils ne soient le commencement d'une ère qui fera regretter vivement les temps anciens.

Au lieu donc de toucher à cette constitution deux fois séculaire, ce qu'il y aurait à faire, serait de voir x>ar quels moyens on pourrait ranimer parmi les missionnaires l'esprit de piété, de zèle, de dévouement à notre sainte vocation, et surtout l'esprit de soumission à l'autorité.

Car, disons-le, c'est surtout ce dernier point, qui fait aujourd'hui défaut dans notre Congrégation, et qui est peut-être le plus grand obstacle au succès de nos Missions. Au moins, n'allons pas augmenter des dispositions déjà trop portées chez nous à l'indépendance, en favorisant un esprit constitutionnel, qui n'est malheureusement que trop l'esprit du monde et de l'époque, mais qui ne saurait être l'esprit de Jésus-Christ et de son Eglise, ni le moyen de i)ropager l'Evangile, qui se trouve avant tout, fondé sur les principes de l'autorité et de la subordination.

Aussi, pour résumer la question, nous croyons que les simples missionnaires ne sauraient être api^elés à voter dans les changements à faire au règlement; car, cela ne les regarde en aucune manière, mais seulement les vicaires apostoliques ou Supérieurs majeurs de la Congrégation, lesquels présenteront leur travail à la Propagande, qui l'examinera et le proposera ensuite à toute la Congrégation, si elle le juge digne de son approbation. Car, c'est là, en vérité, le seul moyen de faire un règlement convenable et de l'environner des conditions qui lui concilieront le respect et la soumission de tous.

Si cependant les missionnaires devaient être consultés, ce qui est toujours un antécédent fâcheux, au moins est-il dans le droit et les convenances qu'ils ne le soient qu'après que le projet de règlement aura été communiqué aux vicaires apostoliques non encore consultés, et quand ceux-ci auront donné leur appréciation. Il est également fort à souhaiter que les votes se recueillent, non par individu, mais par Mission, sous la direction de l'Evêque ou vicaire apostolique de chaque Mission.

C'est là, en effet, le seul moyen qui nous reste d'obvier aux inconvénients que nous signalons plus haut, et de sauvegarder la dignité et la prépondérance des vicaires apostoliques qui,

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