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Chapitre XII - Voyage» du prélat

« Deux lettres venues de Paris par halloji, quelle chance!!!. Je m'empresse de te les envoyer pour la bonne fête de la Toussaint: c'est à conserver cumme souvenir des malheureux temps que nous vivons!

Paris est toujours ferme, calme et Lien déterminé à une énergique défense. J'aurais pleine confiance dans sa tenue, si nous n avions pas \ine grosse dette à payer au Pon Dieu^ dette que nous ne nous pressons guère d'acquitter, tandis que nous causer vans ' à Paris celte infâme statue de Voltaire, qui est comme r apothéose du hiasphtme; et que nous mettons à la tête de nos troupes cet indigue Garihaldi, V ennemi le plus acJiarrié de VEglise et du, iN^ Péi-e.l

Certes, tandis (pie lu France sei-a aux jùeds cle ces ennemis jurés de Dieu, comjnenl r.eut-(,n <fue le Ciel hoii q/ovr Qious^

Non, je n'osa ri>n ena^rc atlciahe de hoii p(,'ur Paris.

Et puis, le peuple franrais n'est q as changé- et si les mallieurs qui nous arriveni, ■'■■■ont -une piuition de Dieu, comme tout le monde le reconnaît, ils n'auraient eu jusqu'ici, que Vacantage de nous frapjicr, tans innis corriger: ce (jui ne doit pas entrer dans les de^srins de la miséricorde de Dieu, s* Il veut sauver la France.

Ainsi, je crois qu il faut s'attejidre à d'autres misères p)Our

JL

l'avenir.

Le uoiiveaii Consul de France à Cnntoii, M. Dabry, lui ayant fait coimaître la lâcheuse impression que produit là-bas la nouvelle de nos désastres et lui ayant dit que l'appui de l'Angleterre serait bien désirable, il n'Lésite pas à se mettre immédiatement en route pour Londres et solliciter cet appui.

11 laisse son Obinois dans la famille; et, recommandant son voyage aux prières de ses parents, des amis et des i)etits enfants, il arrive à Londres dans les premiers jours de décembre.

« Voilà, éerit-il à son frère le 17 décembre, mes affaires arrangées à Londres, autant du moins que je pouvais l'espérer. J'ai vu les principaux personnages du gouvernement, et tous m'ont promis l'appui de l'Angleterre dans l'embarras où nous pouvons chaque jour, nous trouver en Chine.

« Il ne me reste plus qu'à retourner auprès de vous; mais, tout le monde me disant qu'il ne serait pas sûr de reprendre la même route que celle qui m'a ramené ici, je serai obligé de suivre la voie de l'Allemagne: ce qui, du reste, ne doit pas beaucoup vous inquiéter

« Bon nombre de Français, réfugiés à Londres, sont très contents d'avoir cette occasion d'envoyer des nouvelles ou des secours à leurs parents prisonniers en ce pays; et démon côté,

9igr Guillemiu

je rencontrerai sur mon chemin bien des couuaissauces qui s'empresseront de m'ofifrir l'hospitalité; ainsi tout sera pour le mieux.

« Je serai probablement à Cologne pour la fête de Noël et j'irai passer le jour de l'an chez vous.

« Nous pourrons déballer ce jour-là^ une belle pierre qui vient du tombeau de S* Thomas de Cantorbéry et que j'ai rapportée pour faire pendant à l'anneau que je possède déjà de ce saint évêque.

« Tu peux annoncer cette circonstance au cher Palmire qui verra une fois de plus en cela mon culte pour les pierres; et je vous apporterai également un petit souvenir des Eois Mages qui reposent à Cologne. »

Le même jour, il adressait à Sœur Colombe, du Mans, le billet suivant:

« Jusqu'ici, chère Sœur, j'avais conservé l'espoir de vous revoir à mon retour, et je m'en réjouissais, ayant encore beaucoup de choses à vous dire au sujet de nos Missions et en particulier de la Mission de Canton, à laquelle vous voulez bien vous intéresser.

« Malheureusement, sur le point d'assurer ma place pour le Havre ou Cherbourg, notre Consul vient de s'y oppser, en me disant que cette voie serait peu sûre, et en m'eiigageant à prendre celle de la Belgique et de l'Allemagne, pour laquelle, du reste, il me remet toutes les recommandations possibles.

« Il ne me sera donc pas donné de vous revoir cette foisci, très bonne et vénérée Sœur, et de vous remercier de tout ce que vous faites pour nous.

« Mais je compte bien, avant de retourner ù Canton, passer une fois encore par Le Mans, et comme ce sera probablement pour la dernière fois de la vie, nous nous arrangerons de manière à nous réserver tout le temps nécessaire pour dire et combiner tout ce qui doit être fait pour le bien de nos Missions.

« En attendant ce moment, laissez-moi aujourd'hui, chère Sœur, vous dire deux mots de mon voyage à Londres. . .

« Après avoir passé deux jours à l'hôtel, j'ai été introduit dans une bonne communauté, où j'avais peu à dépenser et où je trouvais cordialement tous les soins dont j'avais besoin.

« Ainsi Dieu prend-il sous sa protection spéciale ceux qui n'ont que le bâton et une seule tunique pour voyager.

« Les affaires que j'allais traiter, grâce à l'intervention du Cardinal Mauniug, n'ont pas eu un moindre succès; j'ai vu les principaux chefs du ministère des Affaires Etrangères, et tous m'ont promis qu'ils ne nous abandonneraient pas; que déjà des ordres avaient été donnés et qu'ils en donneraient

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