UNE JOURNÉE A LONDRES
J'avais passé la nuit au bal masqué , et rien n'est triste comme un lendemain de bal; je pris une détermination violente, et je résolus de traiter mon ennui à la manière homœopathique. Quelques heures après . ayant eu à peine le temps de me débarrasser de mes caftans , de mes poignards et de tout mon attirail turc , j'étais en route pour Londres , la ville natale du spleen.
La perfide Albion vint au-devant de moi
dans là diligence , sous la forme de quatre Anglais ,. entourés , bastionnés de toutes sortes d'ustensiles comfortables , et ne sachant pas un mot de français : mon voyage commençait tout de suite. A Boulogne , qui est une ville complètement anglaisée , je fus réduit à une pantomime touchante pour exprimer que j'avais faim et sommeil , et que je voulais un souper et un lit ; enfin Ton alla chercher un drogman qui traduisit mes demandes, et je parvins à manger et à dormir. On n'entend à Boulogne quelanglais; jenesais pas si le français, par compensation, est l'idiome dont se servent les habitans de Douvres, mais je n'en crois rien.— C'est une remarque que j'ai déjà faite s^ir plasieurs de nos frontières , que cet envahissem€ûi des coutumes et du langage des pays voisins»
L'espèce de demi-teinte qui sépare les peuples^ sur la carte et dans la réalité» est fondue plu*toi du oôté de la France que du royaume lioûtrophe. Ainsi, tout le littoral qui regarde la Manche est anglais ; l'Alsace est allemande paf les bords , la Flandre est bel^e « la Provence
italienae, la Gascogne espaguole. Qu^lqa unqni ne Sait que le parisien p^r estsQuveat emlwii;rassé dans ces provinces. Passez lafrontière.yous ne trouverez pas une seule nmaQce française^
A six heures du malin, j'étaî$ sur le pont du bateau à vapeur le Harlequinu — GeUe oriboh graphe t'aura t réjoui le cœur , mo^ cher Frite, et me fit penser à toi. Ne comptez pas sur uiie description de tempête, dans laquelle vous verrez apparaître Neptune eu barbe verte, aiguillonnant les coursiers de la mer; il faisait^ comme dit le père Malebrancjhe àms les deuK seuls vers qu'il ait jamais pu toornerr
... U faisait le plus beau temps du monde Four aflar à vapeter sur la tetre et sur Vonde.
(Ëxcuseji cette légère variante autorii^ée par les progrès de la civilisation], -^ La Mimche, que Ton prétend si capricieuse et si mauvaise , me fut aussi clémente qu'autrefois la Méditerranée, mm la Méditerranée n'est, à vm dire, qu'un eielv^r^versé tout aussi bleu et todt aussi lifiir pide que Fàutre. Le mal de mer me respecta «
et les poissons ne purent pas apprendre à mes dépens si la cuisine de Boulogne était bonne. Au bout de deux ou trois heures , une ligne blanche sortit de la mer comme un nuage ; c'était la côte d'Angleterre , qui doit à la couleur de ses rivages son nom d'Albion , sur lequel les raudevillistes ont fait tant de couplets. Regardez cette immense falaise à pic ^ taillée comme un mur de fortification , qui s'élève sur la gauche • c'est le rocher de Shakspeare ; ces deux petites taches noires, ce sont les gueules du viaduc d'un chemin de fer en construc- . tion ; au fond de la baie, voilà Douvres et sa tour , que l'on prétend être aperçue de Boulogne quand il ne fait pas de brouillard, — mais il fait toujours du brouillard. Le temps était très-beau , sans un seul nuage , et cependant un épais diadème de vapeurs couronnait le front de la vieille Angleterre ; la campagne qu'on entrevoyait, quoique dénudée par l'hiver, avait un aspect net, propre, soigné , peigné au râteau ; les falaises de craie , droites comme des murs , au bas desquelles la mer creuse des
cavernes i souhait pour les contrebandiers ^ ajoutaient encore à la régularité de la perspective. De loin en loin se montraient des châteaux et.d^ cottages d architectures bizarres, avec de grosses tours, des murs crénelés» couverts de lierre , ébréchés çà et là, et, de cette distance, jouant à s y méprendre la forteresse gothique en ruines. Toutes ces citadelles • tpus ces donjons à pont-levis, à mâchicoulis, à qui ne manquent même pas les canons et les couleuvrines de bois bronzé , donnent à la côte un air hérisse et rébarbatif, assez pittoresque , et n'en sont pas moins garnis à l'intérieur de toutes les recherches du luxe. On me fit remarquer au milieu d'un grand parc une maison blanche à aiguilles gothiques , mais de construction moderne, qui appartient à un juif colossalement riche, Mosé Montefiore, qui accompagna dernièrement monsieur Grémieux en Orient pour l'affaire des juifs de Damas, A partir de là , la côte décrit une courbe jusqu'à Ramsgate; dans cette courbe se trouve Deal, où les Romains abordèrent, à ce qu'oi^ dit, pour la pre*
mîfere fois, lors de leur descente en Angleterre. Je ne Tois à cela aucun obstacle. L'on aperçoit ensuite \e château de Walmer, résidence du lord-gardien des cinq ports; le duc de Wellington est aujourd'hui chargé de cette dignité; puis Sandwich , et un peu plus loin Ramsgate, vflle de plaisance de Londres , dont les rues tirées atf cordeau et les hautes maisons de brique semblent s'aTancer jusque dans l'eau.
Tout cela est charmant; mais lerraicoup d'œil, lé bjBau spectacle à n'en pas vouloir d'autre, ce tfesrt pas la terre , c'est la mer.
Dansîarade deDocons, devant Deal, plus de deux cents vaisseaux de toute forme et de toute grandeur attendent le vent favorable pour passer le détroit. Les uns vont , les autres viennent : c'est un mouvement perpétuel. De quelque côté qu'on se tourne , on voit fiimer aîa bord du ciel la cheminée des bateaux à vapeur , se découper en noir bu en clair l'élégante silhouette des navires. Tout vous indique rapproche de la Babylone des mers. Vers la France, la solitude tst complète ; pas une bar-
que, pas va bateaa à vapeur. Plus on avance, plus la txIhuB augmente. Vhimmn est encombré: les voiles s'arrondissent en dôme, les mâts s'allongent en aiguilles , les agrès s'entrelacent ; on dirait une immense ville gothique en dérive , une Venise ayant chassé sur ses ancres et venant à votre rencontre. Les ba* teanx-phares, le jour avec leur peinture écarlate, la nuit avec leur lumière rouge , indiquent la route à ces troupeaux de navires dont lesToiles sont ies toisons. Ceux-ci arrivent des bides, montés par leur équipage de Lascars , et répandent un pénétrant parfom oriental ; oeux^-là de la mer du Nord , et n'ont pas encore eu le temps de fondre leurs glaçons. Voici la Chine et TAmérique, qui apportent leur thé et leur sucre ; mais, dans cette foule, vous reconnaîtrez toujours les navires anglais : leurs voiles sont noires comme celles du vaisseau deThéiée partant pour Tile de Crète , sombre livrée de deuil dont les affuble le triste climat de Lonckes. La Tamise, ou plutôt le bras de mer dans lequel ses eaux se dégorgeât^ est d'tme telle
largeur, et ses rives sont si basses , que^ plaeé au milieu du fleuve, on ne les aperçait pas ; ce n*est qu'au bout de plusieurs milles qu'cm les découvre, minces* plates, linéaments nojrs entre le ciel gris et Teau jaune. Plv le fleuve se resserre, plus la foule des vaisseaux devient compacte : les palettes des bateaux à vapeur qui remontent et descendent fouettent Teau sans pitié et sans relâche ; les fumées qui sortent de leurs colonnes de tôle entrecroisent leurs noirs panaches et vont former au ciel, <]uî s'en passerait bien, de nouveaux bancs de nuage ; le soleil, s'il y avait un soleil à Londres, en serait obscurci. On entend de tous côtés râler et ^ffler les poumons des machines, dont les narines de fer laissent jaillir des fusées de vapeur bouillante.
Rien n'est plus pénible à entendre que cette respiration asthmatique et stridente , que ces gémissements de la matière aux abois et pous^ sée à bout, qui semble se plaindre et deman« der grâce comme un esclave épuisé qu'un maître inhumain surcharge de travail.
Je sais que les industriels se moqueront de moi, mais je ne suis pa» loin de partager l'avis de l'empereur de la Chine , qui proscrit les bateaux à vapeur eomme une invention obsicène, immorale et barbare : je trouve qu'il est impie de tourmenter ainsi la matière du bon Dieu , et je pense que la mère nature se vengera un jour des mauvais traitements que lui font subir ses enfants trop avides.
Outre les steamr-boats, les vaisseaux à voiles , bricks, goélettes, frégates, depuis le massif troismâts jusqu'au simple bateau de pécheur, jusqu'à la pirogue , où deux personnes peuvent à peine se tenir assises, se succèdent sans relâche et sans intervalle ; c'est une interminable procession navale , où toutes les nations du monde ont leurs représentants. — Tout cela va, vimt, descend, remonte, se croise, s'évite avec une confusion pleine d'ordre, et formé le plus prodigieux spectacle qu'il soit donné à un œil humain de contempler, surtout lors* qu'on a le bonheur rare de le voir, comme moi , vivifié et doré par un rayon de soleil.
Sur les bords du fleuve, déjà plus rapprochés , îf faottmeDçais à distinguer des ariM^es , éos nuîaiiis accroupies sur la rrre , un pied dans Teau et la nuan étendue pour saisôr ks jnarchandises au passage; des chantiers de construction avec leurs immenses han-
gars 6t leurs carcasses de navires ébauchés , paoreils à des stpieletles de cachalots j se desrinaient bizarrement dans le ciel. Une forêt de cheminées colossales , en forme de tours , de colonnes , de pylônes , d'obélisques, donnait à l'horizon un air ég]rptien, un vague proil de Th^s, de Babylone, de ville antédiluvienne, de capitale des énormités et des rébdlionsderor^eil, tout à fait extraordinaires. -~ UindiBtrie, à cette éehdle gigantesque, attiràit presque la poésie , poésie oii la nature n'eKt pcMir rien , et qui résulte de Timm^tise déve** loppement de k volonté humaine.
liOfsqu'oii a dépassé •&« avesend » limile în-fineuiB du port die Londres, les maganm, ks usines t les /chasatiers se resserrent, se i^afk prochmt« s'eutassmt avec une érrégularHé
tottte pittoresque ; k gaudhe s'ammdissent les deux coupoles de Vhôpital royal 4e la marine, GreeDwich, doot la cotonnade «entr'owerte \mise apercevoir irn fond de parc à grands arbres d'un effiBt charmant; assis snr les bancs dm péristyles, les invalides voient partir et rentrer les vaisseaux , sujets de leurs souvenirs et ée leurs conversations , et l'acre odeur de la mer vient encore réjouir leurs narines. Str Chn^phe Wren est l'architecte de ce bel édifice. Des bateaui à vapeup-omnibus partent à diique quart d'heure de Greenwidi pour Londres et réciproquement. — Greenwidh se trouve en face de l'tle ou^ pour mieux dire, de la presqu'île des Chiens , où la Tamise revient mv elle-même et fait un détour dont on a profité babflement. C'est M que sont creusés les docks de la compagnie des Indes Occidentales. Les docks des Indes Orientales , beaucoup moins c(»sidérables et moins fréquentés, se trouvent sur la droite, ^n peu avant et dans le fond de la oourbure que décrit le fteuvov •
Les docks des Indes Occidœtales sont quelque chose d'énorme , de gigantesque , de fabuleux, qui dépasse la proportion humaine. C'est une œuvre de cyclopes et de titans. Au-dessus des maisons, des magasins, des rampes, des esca*^ li^s et de toutes les constructions hybrides qui obstrua les abords du fleuve, vous dé<* couvrez une prodigieuse aUée de mâts de vaisseaux qui sç prolonge à Tinfini, un inextricable fouillis d'agrès , d'esparres, de cordages, à faire honte, pour la densité de l'enlacement , aux lianes les plus chevelues d'une forêt vierge d'Amérique ; c'est là que l'on construit, <pie l'on radoube , que l'on remise cette innombrable armée de navires qui vont chercher les richesses du monde , pour les verser ensuite dans ce gouffre sans fond de misère et de luxe que l'on nomme L(mdres. Les docks de la compi^nie des Indes Occidentales peuvent contenir trœs cents vaisseaux. Un canal, tracé parallèlement aux docks , qui coupe la presqu'île des Chiras, et qu'on appelle le canal de la Cité, raccourcit de b'ois ou quatre milles
le chemin que l'on est obligé de faire pour doubler la pointe.
Les docks du Commerce, sur la rive opposée, les docks de Londres, ceux de Sainte-Catherine, avant d'arriver à la Tour , ne sont pas moins surprenants. Au bassin du Commerce se trouvent les plus énorn^ caves qui existent au monde : c'est là que sont entreposés les vins d'Espagne et dé Portugal. Tout cela sans compter les bassins et les docks particuliers. A chaque instant , ab milieu d'un groupe de maisons, vous voyez se prélasser un vaisseau. Les vergues éborgnent les croisées , les antenne» pénètrent dans les chambres , et les guibres semblent battre en brèche les portes des ma* gasins , comme des béliers antiques. Les maiisons et les vaisseaux vivent dans Tintimité la plus touchante et la plus cordiale ; à Theure de la marée , les cours deviennent des bassins et reçoivent des barques. Des escaliers, des rampes, des cales de pierre, de granit, de briques , montent et descendent de la rivière aux maisons. Londres à les bras plongés ju^-
qu'aux coudes dans sou fleuve; un quai r^ulier gênerait la familiarité du fleuve ^ de la ville. Le pdltoresque y gdgne^ car rien n'est plus horrible à voir que ces éternelles ligiies droites prolongées en dépit de toi^t> dont s*est e^ugouée si bêtement k civilisati<»i pod^roe^ ^ L'Angleterre n'est qu'un qbantiei: ; LQpdr^ n'est qu'un port. La mer est la patriei naturelle des Anglais; ils s'y pkiseï^ teUemnt» qll^ bien des grands seigneurs passent leiur vie k j^aire les voyages les plus périUeux dans dç petits bâtiments équipés et.gouverjoés par eux. — Le club des yachts n'a pas d'autre but que d'encourager et défavoriser ce penchant. -rl# terre leur déplaît tellement , qu!ils ont un hôpital installé au milieu de la Tamise, dans un gros vaisseau rasé , qui sert aux marioes qui se trouvent malades dans le port de Londteb»
L'avis de Tom CofOn» dans le roman du PiioM^ de Gooper » à savoir que la terre n'est bonne que pour se ravitailler et prendra de Ywm iraiche, ne doit pas paraître ^ une eiagératioii en Angleterre. .-
La façade de toutes ces maisons e&t louroée vers le fil<^uye> car la Tamise est la grande rue de Londres , la veine artérielle d oii partent lés rameaux qui vont porter la vie et la circulation dans le corps de la ville. Aussi quel luie d'écri* teaux et d'enseignes ! Des lettres de toutes couleurs et de toutes dimensions chamarrent les édifices de haut en bas : les majuscules on| souvent la hauteur d'un éjtage. Il s'agit d aller chercher la yue d'un côté à l'autre d'une nappe d'eau qui est sept, ou huit fois larg?
comme la Seine. Votre œil s'arrête sur l'acrotère d'une maison bizarrement découpée à jour; vous cherchez à quel ordre d'architecture ap* partiQut ce genre d'ornement. En vous approchant , VOUA découvrez que ce sont des lettre» de cuivre doré, indiquant un magasin quelconque, et qui servent à la fois d'enseigne iA de balustrade. Iki fait de charlatanisme d'af* ûehe > les Anglais sont sans rivaux , et nous ^ageoQS nos industriels k faire un petit tour à Londxes pour sa cpaTainore qu'ils ne sontr <pie des enfants aiiprès de cela. Ces mai^oi^r
ainsi bariolées, placardées, zébrées d'inscrip* ttODS et de pancartes, vues du milieu de la Tamise, présentent l'aspect le plus bizarre.
Je ne fus pas peu surpris d'apercevoir intacte, du moins à l'extérieur , la Tour, que je croyais, d'après les descriptions des journaux, brûlée et réduite en cendre. La Tour n'a rien perdu de son antique physionomie; elle est encore là , avec $es hautes murailles , son attitude sinistre et son arcade basse (la porte des Traîtres), sous laquelle un bateau noir, plus sinistre que la barque des ondes, >apportait les coupables et venait reprendre les con»
damnés à mort. La Tour n'est pas , comme son nom semblerait l'indiquer, un donjon, un beffroi solitaire; c'est une bastille en règle, un pâté de tours reliées entre elles par des mu* railles, une forteresse entourée de fossés, alimratée parla Tamise, avec des canons, des ponts-leyis ; une forteresse du moyai Âge, aussi sérieuse pour le moins que notre Vinc^mes, oir se trouvent une chapelle , une messagerie, un trésor, un arsenal, ei mille ailres curiosités.—
Si je tenais à allonger celte letlre outre mesure, mon cher Frit2 , je pourrais te donner là-dessus une infinité de détails que tu sais mieux que moi> et que tout le monde peut apprendre bn ouvrant le premier livre yenu>
Je pourrais m'atlendrir sur le triste sort des enfantis d'Edouard, de Jane Grey , de Marie Sluart, et surtout de la pauvre Anne de Bolein, que j'ai toujours beaucoup aimée à cause du joli réseau de veines bleues qui s'enlrelacent sous la blonde transparence de ses tempes, dans le délicieux portrait caressé avec tant de patience et d amour par le précieux Hans Holbein. Il m'eût été facile de déployer une science qufe je n*ai point , et de remplir une page ou deux de noms propres et de dates, mais je laisse cette besogne à de plus érudits et de plus patients que moi.
Nous approchions du terme du voyage; encore quelques tours de roue , et le bateau à vapeur allait touchera la 6ale du Custom-Hotise ( la douane ) , oii nos malles ne devaient étire
mitées que le lendemaÎD, «car le dimanche
98t célébré à Lûndr«a aussi scxupuleuaeaieiH que la sabbat des jui& à làrusalem.
Jamais je n'oublierai le magnifique spei> tack qui s'offrit à mes yesx : les arches ^ gantesques du pont de Londres traversaient la fivike de leurs cinq enjambées colossales , et se détadiaient en sombre sur un fond de so* leil couehant Le disque de l'astre^ enflammé comme un bouclier rougi dans la laurnaise • descendàil précisémwt derrière rarche du mir lieu , qui traçait sur scm orbe un sèment noir d'une hardiesse et d'une vigueur incom-* parables.
Une longue trainée de feu scintillait ea tremblant sur le clapotis des vagues ; des filmées et des brumes violettes baignaient VeSpace jusqu'au pont de Southvrark, dont cm apercevait les arches vaguement ôhauebéeSé A droite » uu peu dans l'âoignement , on voyait briller les flammes de bronze doré qui surmon* tent la colonne gigantesque élevée en ménMHie de rîBcendie de 1666 ; à gauche jaillissait au* dessus^ des toits le clocher de Samt-Olave; dc^
(sbemmées monum^teles , quoa |K)urrait preoidre pour des coloxuQesyolives $i les ehapiteaux iouieBS pq^ dodriens étaiea| da^. Tusaga de vomir de la f usaée ; brisaient heureusement les lignes de rhorizon , et par ],eucs tços vigouleiu^ gisaient encore ressortir les tons orapge et cilroiv-clair du ciel.
£q se retournant. Ton avait derrière soi une vraie ville navale, avec. $le$ quartiers et des rues de vaisseaux , car c'est à ce pont, le premier de Londres , que s'arrêtent les navires : jusque là les deux rives de la ville ne communiquent que par des bateaux. Le tunnel, qui se trouve entre Rotkerhithe et Wajxpipg, remédiera à cet inconvénient lorsqu'il sera achevé , c'est-à-dire dans deux ou trois mois. La diffîculte consistait à pouvoir combiner des rampes de façon à faire descendre les voitures jusqu'à cette profondeur. JEÏle a été vaiQcue ^ moyen de chemins circulaires dont l'inclinaison n'est que de quatre pieds sur cent : ne pouvant faire un.pontsouslequdlesvaisseaux passeraient, on apris le ps^ti de faire passer Je pont sousjes vais-
seaux et sous la ri?ière. Gelteidée audacieuseest sortie de la léte d'un Français H. BruneL Les deax galeries qui forment le tunnel sont entièrement rondes, cette foriùe étant celle qui présente le plus de résistance. La portion inférieure du cercle aétécombléepour établir un plan horizontal sur lequel pussent rouler les voitures. Les parois dés murs latéraux sont concaves. Celui du milieu est percé de petites arcades qui permettent au piéton d'aller d'une galerie dans l'autre. Lalongueur du tunnel est de treize cehts pieds. Le lit du fleuve au-dessus de la voûte a quinze pieds d'épaisseur.
L'on débarqua.
Ne sachant pas un mot d'anglais , je ne laissais pas que d'être inquielsur la manière dont j'allais m'y prendre pour trouver lapersonne à laquelle j'étais adressé. J'avais écrit fort correctement
sur une carte le nom de la rue et le numéro
delà maison ; je montrai le tout à un cocher qui heureusement savait lire, et partit pour Fendroit indiqué avec la rapidité de l'éclair. Les plaisanteries, fort bonnes à Paris, sur la lenteur
des chevaux de fiacre et dé cabriolet, seraient fort mauvaises à Londres^ où lés Voitures de place vont aussi vile qu'ici les équipages les mieux attelés. La voiture dans laquelle j'étais assis, et qui répond à peu près à nos citadines, avait la forme la plus à la mode maintenant à Paris : des roues très-basses « une portière droite et carrée comme un battant d'armolte « toute la physionomie d'une chaise à porteurs montée sur roulettes. Ce genre de voitures , qui est le suprême, de l'élégance chez nous»
n'est afifecté à Londres qu'aux voitures de place. L'intérieur en est garni tout simplement de toile cirée. Le cocher donne un sol au pauvre diable qui ouvre la portière « ce qui n'a pas lieu en France, où c'est le voyageur qui paye le valet de place. La course se calcule sur le pied d'un schèlling par mille, et se rétribue selon la longueur. Pour en finir avec les voitures de place . ce que j'ai vu de plus singulier ce sont des cabriolets très-bas. où le conduo* teur n'est pas placé à côté de vous , comme dans nos cabriplets de régie , ni par devant ,
comme dans nos cabriolets à quatre roues, ttiaîs bien par derrière , ^ l'endroit oh sont assis ordinairement les domestiques : les guides passent sur la capote , et le cocher conduit par -dessus votre tête. Ces petits détails paraltrônt sans doute fort mesquins aux amateurs dé dissertations esthétiques , aux admirateufs jurés de ndonuments, aux commissairespriseùrs d'ahtïquifés; mais c'est tout cela^qui
constitue la diflférence d'un peuple à un autre, i(juî fait qu'on est à Londres et non pas à Paris. Pendant que là voiture parcourait avec vélocité les rues qui séparent la douane de Hîgh flolborn, je regardais par la vitre, et j'étais dans un profond étonnement de la solitude eft du silence profond qui régnaient dans les quartiers bù je passaîs.-^On eût dit une ville morte, Une de ces cités peuplées d'habitants pétrifiés dont parlent les contes orientaux. Tontes les boutiques étaient fermées , aucun visage humain ne paraissait aux carreaux des fenêtres, A peine quelque rare passant qui filait feomme une ombre en longeant les murs. Cet aspect
Qo^e et désert eonti'adtait si fdrt-titec Tidée d'animation et^ brait /pie je m'étais faite de Londres, que je ne revenais pas de raa stirpfriee ; enfin* fe me soniins que c*était diman^ die» ~ et Ton m'avait wnté les dimanches dé Londres commefidéal deTetinHi.— €e jotir-là, qni est chez ncros, du moins pour le j^euple, tin jonr de joie; de promenade, de toilette, defestins et dedanse, de Fantre côté de la Manche se passé dans une tristesse iïiconcevable. les tavernes ferment la veille à minuit, lesthéâtres ne jouent pas, les boutiques sont closes hermétiquement, et, pour qui n'aurait pas Mt ses provisions la veille , il serait très-difficile de trouver k man* ger; la vie semble être suspendue. Les rouages de Londres cessent de fonctionner , comme
eemc d'une pendule lorsqu'on met le doigt sur le balancier. De peur de profaner la solennité
dominicale, Londres n'os^ plus faire un mouvement, c'est tout au fjlus s'il se per* met de réspiirer.Ce jour-là. après avoir entendu le prêche du pasteur de la secte à laquelle 3 appariîeni, tout bon Anglais se claquemure
dans sa maison pour méditer la Bible . oflrïr son ennui à Dieu, et jouir devant up grand feu de charbon de terredu bonheur d'être chez lui et (le n'être ni Français ni papiste , source de yoluptés inépuisables. A minuit, le.diarme est rompu ; la circulation, figée un instant , reprend son niveau » les maisons se rouvrent, la/Vie revient à ce grand corps tombé ^n léthargie ;, le liazare doiQinical ressuscite à la voix de cuivre du lundi et 9e remet en marche^ Le lendemain , d'assez bonne heure , je me lançai à travers la ville , tout seul « comme c'est ma coutume en pays* étranger, ne haïssant rien commcd'avoir un guide qui me fait voir tout ce dont je ne me soucie pas et me fait passer à cÀté de ce qui m'intéresse. — Nous, professons tous les deux , mon cher Fritz , les mêmes théories sur les voyages; nous évitons les mo- Quments avec soin^ et en général tout ce qu'on appelle les 6eau{^ d'une ville. Les monuments sont ordinairement composés de colonne , de frontons, d'attiques et autres architectures que les gravures et les dessins représentent avec
beaucoup de fidélité. Je puis dire que je eau* nais tous les monuments dç l'Europe comme si je les avais vus , et même beaucoup mieux. Je, sais par cœur les. églises et les palais de Venise, où je n'ai jamais mis les pieds, et même j'ai écrit une description de cette dernière ville tellement ejiacté , qu'on ne veut pas croire que je n'y ai pas été. Les beaviés d'une ville consistent dans des rues ou des places trop larges bordées de maisons neuves et régulières : c'est toujours ce que l'on m'a fait voir en pareille occasion.,
Ce qui me frappa d'abord, c'est l'immense largeur des rues côtoyées de trottoirs où vingt personnes peuvent marcher de front. Le peu d'élévation des maisons rend encore cette lar< geur plus sensible. La rue de la Paix de Paris ne serait là-bas qu'use rue assez étroite; le pavé de bois, dont on a fait chez nous un essai de qudques toises, est généralement adopté à Londres , où il résiste parfaitement à une circulation de voitures trois fois plus nombreuse et plus, active que celle de Paris. Les roues
totirn^t snr ce parquet dé sapin , imieties et sourdes , comme sur un tapis , et épargnent aux habitants des rues fréquentées le tapage assourdissant que font les voitures sur des pavés de grès. Mais il est vrai de dire qu'à Londres le développement des trottoirs permet aux piétons d'abandonner la cbaussée aux chevaux et aux véhicules , ce qui prévient lés accidents nombreux que ne manquerait pas de causer Tabsence de bruit. Les rues qui ne sont pas parquetées en bois sont macadamisées.
Me voilà donc prenant au hasard les mes qui se présentaient devant moi , et marchant d'un pas délibéré comme un homme sûr de son themin. Les boutiques s'ouvraient à peiïie. Paris se lève plus tôt que Londres : ce n'est que vers les fit heures que Londres commence à s'éveiBér ; il eàt vrai qu'on s'y coudhe beaucoup plus tard. '" Lés servantes eti chapeau , car le chapeau ne quitte jamais la tète des femmes , lavaient et frottaient les marches des escaliers.
Puisque les habitants ne sont pas encore levés, occupons-nous des habitations; Aécrî-
tons le nîd avrat Toiseati. — ^les bmiisom aaglaises B'<»ît pafS d« portes <50chëres; presque toBtes soHt pméei ^e cow : «n fossé recoti' ¥ert de barreaux ou ^rni de griHes les sépare dw trottoir. C'est au fond de cette trandiée que «Bt placées les cuisines , Tofficé et les dépen* dahces. lîe charbon de terte, lepaîn, la viande, que Ton porte sur des espèces de planches CTOBsées, enfin toutes led provisions de boudié se descendent par là sans causer aucun dérangement a«x maîtres; les éeéries sont babituellemeni placées dans d'autres b&timents, qiïelqBefois assez éloignés; la brique est la base ordinaire des constructions. Les briques an- ^âises sont assez souvent d*une couleur d'ocre d-un ton jannàtre et faux qui ne vaut pas à mon avis les tons ronges et chauds des nôtres, les «raisons construites avec des briques de <5ette couleur ont une physionomie malade et malsaîne désagréable à Tcèil. Les étages ne dépassent guère le nombre de trois, et ne comportent que deux ou trois fenêtres de front , car une maison n'est ordiiiairèment haî>itée
que par une seule fiuadille. Les fmétres affec* tent cette forme connue chez nous sous ie nom de châssis à guillotine. Un perron de pierres blanches» jeté comme un pont-leris sur le fossé cil se trouT^t les offices , relie la maison k là rue , et la porte , peinte en chêne , est souvent oméç d'un écusson de cuivre ok sont écrits les noms et qualités des propriétaires; tels sont les traits caractéristiques d'une vraie maison anglaise.
Une (diose qui donne à Londres un aspect tout particulier, outre la largeur de ses fues et de ses trottoirs, et le peu de hauteur des maisons t c'est la couleur noire uniforme qui revêt tous les objefts. — Rien n'est plus triste et plus lugubre ; ce noir n'a rien des tçintes rembrunies et vigoureuses que le temps donne aux vieux édifices dans les contrées moins septen* trionales : c'est une poussière impalpable et subtile qui ^'attacheà tout, qui pénètre partout et dont on ne peut se défendre. On. dirait que tous les monuments sont saupoudrés de mine de plomb. L'imiQen$e quantité de
cb«rbûB de terre que Ton consomme à Londres pour le chauffage des usines et des maisons est une^ des principales causes de ce deuil général des édifices, dont les plus anciens ont littéralement rait d'avoir été peints avec du cirage. Cet ^et est particulièrement sensible sur les statues. Celles du duc de Bedford, du ducd'Torkauboutdesa colonne, de George m sur son cheval , ressemblent à des nègres ou à des ramoneurs, tellement elles sont enerassées et défigurées par cette funèbre poussière de charbon quintessencié qui tombe du del de Londres. — La prison de Newgate , avec ses bossages et ses pierres vermiculées , la vieille église de Saint-Sauveur , et quelques chapelles gothiques dont les noms ne me re* viennent pas, semblent avoir été bâties en granit noir plutôt qu'assombries par les années. — Je n'ai vu nulle part cette teiûte opaque et morne qui prête aux édifices , demi-voilés par la brume , l'apparence de grands catafalque» , et suffirait pour explique]? le spleen traditiour nd des Anglais. En regardant ces murailles
— ta» —
teintes par Ja aiûe du charboft. je songgehî&ii rAtedzar el à k ealhédraleAe ïiilède^ foe le soleil a revèUis d'une fobe da pouif re et de safran.
Le dôme de Saint-Paul» lourde contrefaçoa de Saint-Pierre de Bome^ édifiée de la fanâle du Panthéon et del'Escurial^» a^ee sa coupole bossue et ses deux cloclfeetôna âanrée, soufi&v cruellement de rinflaenee de latmo^hère de Londres. Malgré les efforts que Fco fait pouf le tenir blanc « il est tou|o«irs noir , au ndoias par un côté ; on a beau rempàter de peinture , l'imperceptible poussière de clMirboli que U& mise le brouillard va ]fdus vite que la l^rosse du badigeonneor. Saint-Paul est vn exemple de plus pour prouver que la forme de la ofnt pôle appartient è TC^ient et que le dèl du Nord demande à étire déchiqueté par lea aj^ guilles et les angles aigus de Tardiiteetiire g(^ thique.
Le ciel de Londres , mente lorsqu'il est dé* gagé de nuages» est d'un bieu hiteux oti Ift blandiàtre domiitô > son awr eaf plus p4le sen^
sQilemeat <)u& «celui du, ciel de France; les matms^etles soirs y sont toujours baigfliés. de brumes, noyés de Tapeurs. Londres fume an# sdeil eomme un ch&vaX en sœur ou comme une chaudière en ébuUition , ce qui produit dans les espaces libres de ces admirables effats de lumiète si bien rendus par les aquajrellistes et lea graveurs anglais. Souvent, par le plus beaja temps , il est difficile d'apercevoir nette^ ment le pont de Southwàrck du, port de Lon«* dres^qui, cep,endant sont assez rapprochés l'un de l'autre* Cette fumée, répandue partout^ estompe les angles trqp durs , voile les p«uvieté&des constructions, agrandit la perspec^ tive , donne du mystère et du vague aux objets les plus positife. Avec elle, une cheminée d'u« siiie, devient aisément un obélisque, un ma* g^sin4e pauvre ardiitecture prend des urs de terrasse babylonienne, une maussade rangée da colonnes se change en portiques de Palmyre. La sécheresse symétrique delà civilisation et la vul* garilé ttes formes qu'elle emploie s'adoucissent ou disparaissent ,. grftee à oe voile btenSsisank
Les marchands de yiûs, A communs à Paris, sont remplacés à Londres par les distillateurs •de gin et autres liqueurs fortes. Les boutiques de gin sont fort él^antes, ornées de oui- ¥res, de dorures, et forment un contraste pénible par leur luxe avec la misère et le délabrement de la classe qui les fréquente. Les portes sont creusées à hauteur d'homm€ par les mains calleuses qui sans relâche en poussent les battants. Je vis entrer dans une de ces boutiques une yieille pauvresse qui est «restée dans ma mémoire comme un souvenir de cauchemar.
J'ai étudié de près la gueuserie espagnole , et j'ai souvent été accosté par les sorcières qui ont posé pour les caprices de Goya. J'ai enjambé le soir les tas de mendiants qui dormaient à Grenade sur les marches du théâtre ; j'ai donné l'aumône à des Ribeira et à des Murillo sans cadre, enveloppés dans des guenilles où tout ce qui n'était pas trou était tache; j'ai erré dans les repaires de T Albaycin , et suivi le
chemin de Monte-Sagrado, où les gitanos creu-
sent leurs tanières dans k' roc sous les racines
des cactus el des figuiers d'Inde; mais je n'ai Jamais rien vu de plus inorDe, de plus triste et de plus aavrant que cette vieille eijtrant^ dajQs le gin-temple.
Elle avait lin chapeau, la malheureuse; mais quel chapeau I Jamais àae savaul n'en a porté entre ses oreilles velues un plus lamentable, plus éraillé, plus chiffonné, plus bossue, plus piteusement grotesque. La couleur depuis longtemps n'en était plus appréciable ; s'il avait été blanc ou noir, jaune ou violet, c'est ce que je ne saurais vous dire. A la voir ainsi coiffée , on eût dit qu'elle avait sur la tête une écope ou une pelle à charbon. Sur son pauvre vieux corps pendaient confusément de$ haillons que je ne saurais mieux comparer qu'aux guenilles accrochées au-dessus des noyés au porte-manteau de la Morgue ; seulç* ment, ce qui était bien plus triste, le cadavre était debout. Quelle différence de ces lambeaux terribles aux bonnes guenilles espagnoles, rousses, dorées, picaresques, qu'un grand peintre peut reproduire, et qui font l'honneur
d'une école et d'une littérature ; entre cette misère anglaise, froide, glacée comme la pluii^ d*hiver , et cette' insouciante et poétique misère castillanne , qui , à défaut de manteau , s'em^etoppe d'un rayota de soleil , et qui , si le pain lui manque, étend la main et ramasse par terre une orange ou une poignée de ces bons" glands doux qui faisaient les délices deSancho Pançaf Au bout d'une minute , la vieille sortit de la boutique; elle marchait droit comme un soldat suisse ; sa figure terreuse s'était ranimée , une rongeur fiévreuse couvrait ses pommettes: — Un sourire d'une béatitude idiote voltigeait sur ses lèvres ridées en passant près de moi. Elle leva les yeux' et me jeta un regard noir, profond , fixe et pourtant sans pensée, — Les morts sans doute regardent ainsi quand nn doigt impîerelève par curiosité leurs paupières, qui ne doivent plus s'ouvrir que pour contempler Dieu. — Puis ses prunelles se troublèrent et s'éteignirent dans leur orbite comme des charbons qu'on plonge dans l'eau ; la force dn gin agissait « et elle continua sa route en ba-^
lattçant la tdlê atm \m rkammeÉt tlw^ide.
Bé&i w»-ta, gin; malgré ks dédaiiurtîoitô é»
philanthropes et des socîélés de tempi^ante, pour la <[aart d'heare de joie et d'asSOd^iiBBêmmt que tu donnés aux misérables I Contre de tels maux , tout remède est légitime, et le peuple ne s*y trompe pas.Toyez comme il «ouirt boire à grands eoùps l'eau du Léthé som le nom degiiti. Etrange bdmanité, qui veut que les pauvres aient toujours toute leur raison pour sentir sans relâche l'étendue deleurs uMMieursl Anglais , TOUS feriez bien d'envoyer en friande les cargaisons d'opium dont vous voulez empoisonner la Chine.
A qudques pas de là, je vis un spectade du m^e genre et non moins triste : un vieillard à cheveux blancs et déjà ivre chantait je ne sais quelle dianson glapissante et ridicule , en faisant des gestes désordonnés; «on i^apeam aviôt roulé à terre sans qu'il eût la force de le reprendre , et il s'épaulait de son mieux contre EU miir de trois ou quatre pieds de haut surmonté d*ime grille de fer.
€emQr étair celui du cimetière d'une paroiqse « cttr ' à Landres les cimetières sont encore dans la ville ; aiie église de Taspect le plus lugubre, enfumée comme le tuyau de cheminée d'uneforge, s'élevait au milieude tombes noires, d<mt quelques-unes avaient cette vague forme humaine que les bandelettes et les bottes des momies conserventaucorpsqu'ellesrenferment»
Ce vieillard ivre, qui chantait k deux pas de ces tombes , faisait le contraste le plus pénible par sa dissonance.
Ces deux échantillons de la misère de Londres n'étaient rien en comparaison^ de ce que je devais voir plus tard dans Saint-Gilles , le quartier des Irlandais ; mais ils me firent uae forte impression, car cette vieille et ce vieillard furent les premiers êtres vivants que je rencontrai. Il est vrai que ceux qui n'ont pas de lit se lèvent de bonne heure.
Cependant les mes commençaient à s'animer; les ouvriers, leur tablier blanc retroussé k la ceinture, se rendaient à leur ouvrage ; les garçons bouchers portaient la viande d^ns
Ifes augies de bpis ; les yoitures filaient av^c la rapidité d€ Féclair; les omnibus, éclatante de couleurs et. de verais, chamarrée de lettres dor indiquant leurs destinations ^ se suocé* datent presque sans interyàlle, avec leurs vôyagèùrs €n outside , et leurs conducteurs qui se tiennent débout sur une planchette à côté de la portière ; ces omnibus vont fort vtte , car Londres est une yille si vaste , si démesurée . que le besoin de la rapidité s'y fait sentir bien {^us yiyement qu'à Paris. Cette activité de kcomotion contîraste bizarrement avec l'air impassible, la physionomie phlegmatique et froide, :pour ne pas dire plus, de tous ces marcheurs imperturbables. Les Anglais vont vite comme les morts de la ballade, et pourtant on ne lit dans leurs yeux aucun désir d'arriver. Ils courent et n'ont pas l'air pressé : ils filent toujours droit comme un boulet de canon ^ ne se retournant pas s'ils sont heurtés , ne s'excusant pas s'ils heurtent quelqu'un; les femmes elles*mémes marchent d'un pas accâéré qui ferait honneur à des grenadiers allant à l'assaut , de ce pas
géométriqiM et viril auquel on recaimalt ime AngliMsé sur te cootiaent e4 qui exoite te riie 4e la ParisMime trotte^mam : Imbcmibiiis vont lîte* même à l'écote; te flâneur est un être in- CQimii à Loùdro», quoique te badaud yieTiîe aoua te nom de eoAnajf.
Londres occupe une énormesuifaee : tes maiaons sont peu hautes, les rues très^arges, tes sqiiaresfrandsetiK)inbreux; tepareSaiiitJames» H][da^Park et RegentVPark couvrent d'immenses terra^: il fautdcnie presser te pasy aïK teemiont roan'aRiverait à sa destination que te IcndeoiaiQ.
Li^Tamiseest à Londresœ que teboulefard ait è tois, te princtpate ligne de dorcutetioiL SilJnifieDt^ sur te Tamise^ les omnibus sont awupteoâapardepettts bateaux à vapeur étraîta, «tttMDfés, tifant peu d'eau » dans te genre des itenwtei^ qui allaient du PoAt-Hoyak à Saiiiib- ClouA. Ckafos tarajeb se paye six ftanee. L'on va^ainmifireaniôdi, àCbateaa;deàoidksîaait étaldiaa puèndsa ponls où se psennnni et aB d^pMtel tesi passagersL Rten de jim^ a^rinbfe
que ees petit» voyages de duc mîimte^ ou d'un (piati d'heure qui font défi^lar devwt yow»
Mwnme nu paiiorainamobUe» to mes sipi^ toresquea du fleuve^Yous passes wm soua Uxm les ponts de Londrea. Vous pou¥e& admirer les trois ai;ehes de fer du pont de Southwark, d'un jet si hardi ,,d'we ouverture si mste; les çoloqnes ioniennea qui domient un as^^iect n élégant au pont de Blackfriais, les pâiefs dch riques d'une tournure si robuste et si solide de Waterloo-Bridget le plus beau du aKHade as«sûrement. £n descendant de WatertoO'^Bridge»
¥Ous apercevez», à trav^ les iirebes du, pont de Blaekfriars • la silhouette gigant^s(|u«, de Saint-P4i4, qui s'élève aurdessu» d'un océan de tQi(s>4 entre les aiguilles et les clochers de Sainte^arie-le^Bone, de Saint-BenoU et de Ssint'Matbîeu, avec une portion de quai encombrée de bateaux, de barques et de maj^Asius. Du pont de We^tininster tous* découvres L'antique abbaye d^ ce nom élevant âv», la bruine ses deu^ énorme» tours carrées qui mpt psUentlea tours^de liotra-Dame de Faris.- el
portent à chaque angle un clocheton oigu; les trois clochers bizarrement tailladés à jour de Saint- Jean -l'Évangélistè , ^ans compter les dents de scie formées par les aiguilles des chapelles lointaines, les cheminées de fabriques et les toits de maisons. Le pont du Y auxhall, qui est le dernier qu'on trouve de ce côté, clôt dignement la perspective. Tous ces ponts, qui sont en pierre de Portland ou en granit de Cornouailles, ont été construits par des sociétés particulières, car à Londres le gouvernement ne se mêle de rien, et les dépenses en $ont couvertes par un droit de péage. Ce péage, pour les piétons, est perçu d'une façon assez ingénieuse. On passe par un tourniquet qui, à chaque tour, fait avancer d'un cran une roue graduée placée dans le bureau de perception ; de cette manière on sait exactement le nombre de gens qui ont traversé le pont dans la journée, et la fraude est impossible de la part des employés. Pardonnez-moi si je vous parle toujours de la Tamise, mais le panorama mouvant qu'elle déroule sans cesse est^quelque chose de si neuf
et de si grandiose, qu'on ae saurait s'en détadier. — Une forêt de trois aàts au milieu d'une capitale est le plus beau spectacle que pu^e offrir aux yeux Findustarie de l'homme.
Nous allons, si tous voulez, pour être tout do suite au cœur des beaux quartiers, nous transporter , du pont de Waterloo , par Wellingtûn-Street, dans le Strand, que nous allons remonter dans sa longueur. A partir dfs la jolie petite église de &iinte^Marie, si singulièrement posée au milieu de la rue, lé Strand, qui est d'une énorme largeur, est garni de chaque côté de boutiques somptueuses et magnifiques qui ri'oni peut- être pas Télégahce coquette de celles de Paris, mais un air de richesse et d'àbondance fastueuses.^ Là se trouvent les étalages de marchands d'estampes où l'on peut admirer les chefs-^d'œuvre du burin anglais, si souple, si moelleux, si coloré, et par malheur appliqué aux plus mauvais dessins du monde ; car, si le graveur anglais est supérieur comme oatil, le gi^aveur français l'emporte de beaueoup sur lui pour la perfection du desstin.**^
Le portrait de la ceine Yictnia rajroiùie soh lootes les fenmes possiUes à toutes les àem^ tuies : tantôt elle est révolue de ses habits royattx, couroime de dianunts et mairtiaa de velours» . tantôt en simple jevne femme» une rose dans les eheveux» seule «m actiompegnés du prince iJbert ; unegrature les meiitie eète à oôte dans le môme iflbury» et se souriant de Vair le plus eonjugal duflMMide. Je neecets^pas eugérer en disant que le portrait de la reine¥ie> U»ria est au moins auesi Gommun en Angletene qa/Q le portrait de Napoléon en Frasice. Le pe» tit prince est aussi fréqueoimeuf portraituré» et diex les marcbandp de joueta d enfants il y a des espèces de pèches de cire (fu'oB af^tts fruits de Windsor, et qiû en a'aufrant laisasirit loîr couché dan» ses langm un maimot aJran*dammeat fardé (te laq^e» qui a la préleatÎMi assea mal fondée de rqprésenlsr te prisiœ de Galles. — Il IêxA direr mm que si les portnîÉi
sèment paa «nhurin eewlisaa^ sont en nufSH rité^ A ne nlamiiie fnsnom ph» de gee s sstoss
pondes crayùBttée» avec la verre humoristique des carieatures anglaises, qui traitent het majesté aussi cavalièremexit que possible. — A fiQ^^ de marchaïujy^ de jouets d'enfautSr je fis la remarq[ue que les joujoux .anglais étaient bien autrement sérieux que les nôtres. Peu de tambours, peu de trompettes, disette de polirdineUes et d» soldats, mais force bateaux à vapeur, fproe vaisseaux à voiles, force chemins deier avec leur locomotive et leurs wagons en miniature; les verres des lanternes magiques, au lieu de représenter les infortunes burlesques de Jocrisse ou tout autre sujet analogue, offrimt un cours d'astronomie, un système planétaire complet II y a aussi des jeux d'architecture avec lesquds on peut bâtir toutes sortes d'édifices au moyen de pièces détachées» et mille autres amusements géométriques et {^ysiquas qui réjlouiraient fort pe|i les bambins de Paris. Puisque je suis à parler de boulines, je vais ta laconter id^ mon chef Frits, une petite dr4r Ime induatrieUe que nos charlatans de Paicis r^ettaroni bien de ne pas avoir trouvée.*— H
s'agît de makinîoih, de water-froof imperméables. Pour démontrer victorieusement l'imperméabililé de ses étoffes, le marchand a eu Tidée triomphante de faire clouer sur un châssis le pan d'un watef-proof de manière à former une es][)èce de creux ; dans ce creux il a versé à peu près la contenance d'une cuvette (^'eau où nagent et frétillent une douzaine de poissons Touges. Faire un vivier d'un paletot et donner aux amateurs la facilité de pêcher à la ligne dans le pan de leîir redingote, n'est-ce pas l'idéal de l'annonce, le sublime du charlatanisme ?
En marchant du côté de Cbaring^Cross. vous trouvez, au coin de la place Trafalgar, la façade de l'hôtel du duc de Norihumberland , reconnaissable à un grand lion dont la queue relevée en l'air et toute droite produit un eflpF^t sculptural assez médiocre, quoique nouveau ; c'est le lion des Percy, et jamais lion héraldique n'a plus abusé du droit qu'il avait d'affedter des formes fabuleuses.— -On vante beaucoup l'escalier de marbre qui conduit aux apporte-
ments et la colleclion de tableaux^ qui se eom* pose, comme toutes, les collections possibles^ de Raphaël, de Titien, de Paul Véronèse. de Rubens, d'Albqrt/Durer, de Van-Dyck, sans compter les vieux Franck, les Falli, les Tempesta, les Salvator Rosa, etc. Je ne veux pas suspecter ici la galerie du dfxc de Northumberland, que je n'ai pas vue, mais je crois qu'il n y a pas beaucoup de certitude à fonder sur les tableaux anciens qui se trouvent en Angleteri;e. — Bien qu'ils aient été, pour la plupart, payés de$ sommes folles, ils n'en sont pas moins en général de simples copies. La (][uantité de Murillo que j'ai vu fabriquer à Séville pour le compte des Ângluis me met en garde sur leurs Raphaël : les Van-Dyck et les Holbein sont beaucoup plus authentiques ; ce sont des portraits de grands seigneurs, de grandes dames ou de hauts personnages peints dans le pays, qui ne sont pas sortis de la famille, et dont la filiation est parfaitement connue. Ceci soit dit sans affliger personne ; que ceux qui s'im^inent posséder un Raphaël ou un Titien,
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et qui en réalité n*t>nt autre chose qae sept ou huit coucîies de Ternis dans un ridie cadre, n*en soient pas moins heureux pour cela. Il n'y a que la foi qui sauTe.
Au milieu de la place de Trafalgar, Ton est en train d'élever un monument à )a mémoire de Nelson. En attendant, sur l'enceinte de planches qui entoure l'espace qu^occuperont les constructions, se prélassent des placards gigantesques, des afficheis monstres ayeâ des lettres de six pieds de haut des formes les plus bizarres ; c'est là que se placardent les phénomènes, les exhibitions extraordinaires et les représentations théâtrales.
Les Anglais abusent, en Térité, de Waterloo et de Trafalgar. le sais bien que nous ne sommes pas non plus exempts dé cette manie d'affubler nos rues et nos ponts du nom de nos Tictoii^es, mais au moins notre répertoire est un peu plus varié.
Regent-Street, qui a des arcades comme la rue de Rivoli, Piccâdilly, P^lî-lffâll, Hay-Market, ropéra italien, qu'oli ne saiirait mieux
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fxmapsÊnit qu'à l'Odéon de Fterm^Carlton-Palftoe •t Saiiit-4AiM8's4^rk, le palais de )a mne afee soa arc ée triomçhe imité de celui 4tt Catroiisel» toni de cette portidn de la ville une deg plus brillantes de Londres.
L'architecture des maisoDS, ou plutôt des palais qui formeut ce quartier, habité par les classes richfô, est tout à fait grandiose et monumentale, quoique d'une composition hybride rt souTent équivoque. Jamais l'on n a vu tant de colonnes et tant de frontons, mteiie dans une ville antique. Les Rondains et les Grecs li'étaieiit pas si Romains et si Grecs assurément que, les sujets de sa majesté britannique. Vous mardiec entre deux rangs de P» thénons ; c'est flatteur. Vous ne voyez que temples de Vesta et d<B Jtipiter-Stator, et l'illusion serait complète si dans les entre^colonnements vous ne lisiez des inscriptions du gmre de celles-ci : — Cmnfagnie da gaz. — Amurance^ mr la vie, — L' ordre ionique est bien vu, le dorique encore mieux ; mats la colonne piestunuiienne jouit, d'une Togue prodigieuse ; on en a mis partout»
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comme la mu^de dont parle Boileau. Ces colonnades et ces frontons ne manquent p«is, au premier coup A'mh d'un certain aspect splen* dide; mais toutes ces magnificetices sont pour la plupart en mastic ou en ciment romain, car la pierre est fort rare à Londres. — C'est surtout dans les églises de construction nouvelle que le génie architectural anglais a déployé le cosmopolitisme le plus bizarre et fait la plus étrange confusion de genres. Devant un pyl6ne ^yptien se déploie un ordre grec entremêlé de pleins cintres romains, le tout surmonté d'une flèche gothique. Cela ferait hausser les épaules de pitié au moindre paysan italien. A très peu d'exceptions, tous les monuments modernes sont de ce style.
Les Anglais sont riches, actifs, industrieux; ils peuvent forger le fer, dompter la vapeur^ tordre la matière &i tout sens, inventer des machines d'une puissance effrayante ; ils peuvent être de grands poètes ; mais Fart, à {ntoprement parler, leur £^a toujours défaut, la forme en elle-même leur échappe. Ils le sen^
lent et s'en irritent» leur oi^oeil hatlon.)! en est blessé; ils comprennent qu'au fond, malgré leur prodigieuse civilisation matérielle» ils ne sont que des barbares vernis. Lord Elgin» si violemment analhématisé par lord Byron, a commis un sacrilège inutile. Les bas-reKefs du Parthénon apportés à Londres n'y inspireront personne. Le don de la plastique est refusé aux r&cies du Nord; le soleil, qui met les objets en relief, assure les contours et rend à chaque chose sa véritable forme, éclaire ces pâles con^^ trées d'un rayon trop oblige que ne peut suppléer la clarté plombée du gaz. Et puis les An^* glais ne sont pas catholiques. ~ Le protestant tisme est une religion aussi funcsste aux arts que Tislamisme» et peut-être davantage.— Des ar-^ tistes ne peuvent être que païens ou tatholi«» ques. Dans un pays oii les temples ne sont que de grandes chambres eairrées, sans tableaux, sans statues, sans ornements» oh des messieurs eoHTés de perruques à trots rouleaux vêtis par**
lent sérieusementp et avec force allusions bibliques, des idoles papistes el de la gtanoe
it
pro9lit{iée d9 Babylcma, Tart w peut jamais atteindre à une grande bautei^r; ear le plus nobjlie but du statuaire et du peintre est de fixer dans le marbre et sur. la toile les symboles divins de la religion en usage à son époque et dans son pays, Phidias sculpte la Vénus. Raphaël pejixt la Madone, mais ni Tun ni Va^tce n'était anglican. Londres pourra devenir Rome, midis elle ne sera jamais Athènes,, h coup sûr. Cette dernière place semble réservée à Paris» Là-bas t Tor, la puissance» le déTeloppemejpf matériel au plus hant 4egré ; une eiuigéra^tion gig/B^ntesquis de tout ce qui peut se faire avec de Target, de la patience et de la volonté; rutile, le comiortable ; mais l'agréable et h beau, non.-:— Ici, Tintelligence, la grâce« h flexibilité, la finesse,, la compréhension. {»Qilf de l'harmc^a et de, la beauté, les qualités grecquesi en un mot. Les Anglais eacèU^ojit e^ fout ce qu'il Qst posi^le de t^fç. et surtout d^ins (^.q^i es| iuppossjble. Os établiront ^wo société bil)lique ^ Pékin, ils lurri^Qrçoti T^^ bouctou fia gant^ blancs, et çn «bojltes "^ei^ni^
teift nu état de riiyec(«Wify compleU Us in* v^Vlerc^des loaclûniBs qui prodiiîroiit ùt «eut imllB.ipakes de Im 4 ta jONnu^te, ^ aème ib découKrif dut de aoiiTellea ooatrées pMr écoii» les Imn p«rea de bte^ mais ils ne poacrMt )eiiiais Iako un jchi^paa» qu'une grisette finn» çaîe?^ voulût jnettije sur sa tète. — Si le gpâl |KWTai^«'acheier,ik,ie payeraîjent,faten cher. HeuveiKBtMnt, «Dieu s'est réser?é Ja distrib»* tiwi deidsttx 011 koia petites choses str ie»«
quelles ne peut rieii Ter des puissants de Ja
tenre t }6. fénio^ la beanlé et le banheiur «-
Cef^ndant^ jnalgré ces critiques de détaiU V^speet géttéfal ide Londits. a s<jud<pie' ebsse qui étonne e£ cause, une «spèoè. de stupeur.
C'est! bien i^Uemefati Ut une oaiulale . dans le sens <b via obâjfHdîsin.v Tout est grandf' splen<« dîde, diq^sé sekkfi le domipr perfQOlÉpipie»
wtml^Aihmtmf iH)n4.tfftp larges» trQ|)i¥astes^ trop éclairéea/^L» »èi des faeMîtés.pMÉ^ e8(ififirléii«aid«9Êéiefliis cytnftate.' Pan*» «dus
9Wia«».lit.j«s9iràittOaCi(rtakii|)oin «omttueè
lion s'oppose à ce qa'îl puisse jifmais^ égaler liOndres. Les matsoos anglaises sont bâties très-légèrement, car le terrain sar lequel on les construit n'appartient pas à celui qui \m hii éleVer. Tout ie terrain de la TiHe est possédé, comme au moyen âge, pat un fort petit nombre de grands seigneurs ou de rail-' lîonnaires qui permettent d'y bâtir moyennant une rederance. Cette permission s'achète pomr un oortain traips, et Ton s'arrange de manière à 00 que la maison ne dure pas plio que le bail. Cette raièon, jointe à la fragilité des mat^iaui employés, fait que Londres se reaourelle tous les trente ans, et permet, èomme on dit, de suivre les progrès de la civilisation, Ajoutes à cela que le ffanà incendie de 1666^ a fait place Mtte, ce que je r^^rette fort pour ma partt moi <pii ne suis pas très«engoué du génie «rebitectural moderne, et qw aime mieux le pttto#ssque que le comiortable.
L'esprit an^is est m^liodi<pi| de sa nalwe; dans les rues, etiaeun prasd natafeBemnt la 4roite« et il se iMme des tounurtf régdien de
gaas qui montent et d*auWe$ qui descendent.
— Une poignée de soldats suffit à Londres^ et encore ne s'occupent-ils pas de police.— Je ne me rappelle pas avoir m un seul corps^e-^ garde : les policemen, un chapeau numéroté sur la tête, un bracelet à la manche pour mon^ trer qu'ils sont en fonctions, se promènaat d'un air tranquille et philosophique, sans autres arme^ qu'un petit hAton long de deux [4eds à peine, et traversent ainsi les quartiers les plus populeux. En cas d'alerte, ilss'appdk lent entre eux au moyen d'une creceUe^de bois^ Cette circulation immense, ce mouTement ef* frayant qui donne le vertige, est pour ainsi dire livré à hii-mèoie, et, grâce au bon sens de la foule, il n'arrive aucun accident.
La population a l'apparence plua misérable que ceHe de Piiris. Chez nous, les ouvriers, les gens des basses classes, ont des habits £ûls pour eux, gros^ers il est vrai, mais d'une forme particulière, et qu'on voit bien leur avoir toujours appartenu . Si leur veste est déchirée aujourd'hui, on comprend qu'ib l'ont portée
HBUte catrefoiB. Les griselles et les oimièreg iont fiyehes et propres, malgré la simplièité de lew mise; à Londres, cen'est pas cela : tout le movie porte un habit noir à queae de moirae, nn pantalon à sous^ieds et un qm eàpit nie fouit, même le nûsàrable qui ou^re la per^ lîèare des voitures de plaee.
Les femmes ont toutes un chapeau et mie robe de dame, de sorte qu^am preoûer coup d^rnl on croit voir de» gens d^une classe supé* fiewe tombés dws la détresse, soit par inecm^ dnite, soit par ret«rs de fortune. Geia tient de ce que le peuple de Londres s'habille à la frn parie ; ^ de dégradation en dégriuiation, Tha* èit du gentleman finit par figurer rar le dos du récureur d'égout» et le diapeau de satin de la duchesse wxr h nuque d'une ignoble serpente; mtoie dans Saînt^illes, dans ce triste quartier des Irlandais, qui surpasse en pat»^ 'vreté terni ee^qu'on peut imaginer d'henrible et ée sût^ on toit des diapcNiux et des habifb Boins pJDrtési le pius sauvent sans chemise, cl JMDlonnés su» k pMsu qui apparaît à traifeiB
les déchirures : — Saint-GHIe^ est pourtant k deux pas d'Oxfôrd-stteet et de Piccadiîly . Ce contraste n'est ménagé par bitcilne nuance.
Vous passez sans transitioii de la plus flamboyante opulence à la pluk mfiiûe misère. Les Toitures ne pénètrent pas dans ces rùéllës défoncées, pleines de mares d'eâni où grouillent des enfants déguenillés', «^ êe grandies filles à la cheyelure épairse, pieds nus, jambes nues, un mautais haillon à peine croisé sur la poi^ trine, tous regardmt d'un air hagard et fa^ Touchë. Quelle souffrance, quelle famine se Ut sur des figures maigres; hAyes, terreuses, martelées, Tergetées par le froid f II y a là des pauvres diables qui ont toujours efu faimà pa^- Hi du jour où ils ont élé sevrés: tout cela vit de pommes de terre cuites à IdTapefur; et ne mange du pain que bien rarement. A ftyrcé de privations, le sang de ces malheureux s'tippat^ Trit, et de rotige devient jâuUe, (WUmme l'ont constaté les rapports d^s méded^.
Il y a dans SaintrÔiltes, Éar \ei ihaifons dés dogeurs, des inscriplioits ainsi eottçues : Cmb
— tt* —
garnie à icMier poicr im gentkmm ciltbatmre.
Cela doit tous donner une idée 8Qffi$anle de l'endroit. J*ai eu la curiosité d'entrer dans une de œs cayes, et je t'assure, mon cher Fritz, que je n'ai jamais rien tu de si dégÊmi. Il pa* rait invraisemblable que des êtres humains puissent vivre dans de pareilles tanières ; it est vrai qu'ils j meurent, et par milliers.
C'est là le revers de la médaille de toute civilisation ; les fortunes monstrueuses s'expliquent par des misères effroyables : pour que quelques-uns dévorent tant, il faut que beau* coup jeûnent ; plus le palais est élevé» plus la carrière est profonde, et nulle part cette disproportion n'est plus sensible qu'en Angleterre. — Être pauvre à Londres me payait une des tortures oubliées par Dante dans sa, spirale de douleurs. Avoir de l'or est si visiblement le seul mérite reconnu, que les Anglais pauvres \ se méprisent eux-mémest et acceptent humble-
ment l'arrogance et les dédains des classes aisées ou riches. Les Aurais, qui parlent tant des idoles des papistes, devraient bien ne pas^*
^blier que le veau d'or esl l'idole la plus iaiàme et qot exige le plus de sacrifices^
Les scpiares» qui sont en grand nombre, eôifigmit heurettsemrat la fétidité de ceg cloa* qaes. — La place Royale de Paris est ce qui peut donner la plus juste idée d'un square anglais ; — un square est une place bordée de maisons d'architecture unifofme, dont lé mi^ lieu est occupé par un jardin planté de grands «rlnres, œtouré de grilles, et dont le gazon d'un Tert d'émeraude repose doucement les yeux attristés pan les teintes sombres du ciel rt des édificesw — Les squares communiquent souvent les uns avec les autres, et occupent des * espaces imm^ses. — L'on vient d'en bâtir de magnifiques du côté de Hyde-Park, pour être habités par la noblesse ; aucune boutique, aucun magasin ne troublent la quiétude aristocratique de ces élégantes thébaïdes. ~ Il serait bien à désirer queVusage des squares se propa^ geAt à Paris, où les maisons tendent à se rapprodier de plus en plus, et d'pitla vé^tation et là verdure finiront par disparaître complètement.
% n'est phift charmâHt qae oes Tasies /les, tranquilles, vertes et fratehes; ~ fl i de dire que jamais je n*ai tu personne se promener dans ces jardins si attrayants, demt les locataires ont chacun une clef : il leur suffit d'empêcher les autres d*y entrer.
Les squares et les parias sont un des grands eharmes de Londres. SaintJames's-Park, tout près de PaU-Hall, est une délicieuse prome* nade. On j descend par un escalier énorme, digne de Babylone, qui se trouve au pied de la colonne du duc d'York. L'allée qui longe la terrasse égyptienne de Carlton-Palace est fort lai^e et fort belle. Mais ce qui m'en platt surtout, c'est la grande pièce d'eau peuplée de' hérons, de canards et d'oiseaux aquatiques.
Les ÂQglais excellent dans l'art de donn<^ aux jardins lictioes un air romantkiue et natiwel; Westminster, dont les fours s'élè?eiit par^0^ tus les tottfbs d'aribrs», termine admirable* ment la vuedn côté de la ri?iètB.
Hyde4^rk, oiiwnt pai»ter lés Toitures et les cbevsmt de la ftshvon, par f étendue de ses
eaux et de ses boulingrins, a quelcjue diose de tout à fait raral et ehampétre. Ce n*est pas un jardin^ c'est un paysage. La statue Yotée par les dames de Londreisr à lord Wellington se trouve dauB Hyde-Park. -^ le noble duc est idéalisé et divinisé sous la forme d'Achille. -^ le ne crois pas qu'il soit possible de pousser le grotesque et le ridicule plus loin ; mettre sur le torse robuste du vaillant fils de Pelée et le col musculettx du vainqueur d'Hector la tète britannique de l'bonorable duc avec son nez recourbé, sa bouche plate et son menton carré, est une des plus divertissantes idées qui paissent traverser un cerveau humain : c'est de la caricature naïve, involontaire, et par cela wème irrésistible. -— La statue, coulée en bronze par M.Westmacott avec les canons pris dans les batailles de Yittoria, de Salamanque, de Toulouse et de Waterloo, n'a pas moins de dii-huit piedâ de haut. Le correctif de cette apothéose un peu exagérée est placé tout i côté. Par une de ces antithèi^s ironiques du hasard, ce grand railleur des choses humaines.
Apsiey-House, Thôtel du noble duc, occupe le coin de Pîccadilly, et de sa fenéire ii peut se foir chaque matia sous la forme d'un iichillé de bronze» ce qui est un ré?eil fort agréable. Malheureusement lord Wellington jouit m Angleterre d'une popularité très-problématique. — La canaille ne connaît pas de jouissance plus Yiye que de casser à coups de pierre, et quelquefois à coups de fusil, les ?ilres d'Achille. Aussi toutes les fenêtres d'Apsley-House sont revêtues de lames de fer et garnies de volets doublés en tôle. Ce sont les gémonies à côté du Panthéon, la roche Tarpéienue tout près du Capitole. Hyde*Park est bordé de charmantes maisons de style tout à fait anglais, or^ nées de galeries vitrées, de jalousies vertes» et de pavillons en ronde-bosse sur les corps de logis, qui rappellent les tourelles gothiques et font le meilleur effet.
On s'étonne de voir de si grands espaces libres dans une ville comme Londres. R^ntV Park, oii se trouve enclavé le jardin zoologîque et que bordent des palais dans le goût du
Gardc-Menble et du Ministère de la Marine de Paris, est yéritablement énorme, on s'y perd. Une ondulation du terrain, dont l'on a très* habilement profité, y produit les effets les plus pittoresques.
' Voilà à peu près, mo;i cher ami, ce que j'ai vu en me promenant à travers la ville. Tout ceci est bien incomplet; si je voulais faire une description exacte et détaillée de Londres, une lettre ne suffirait pas, il faudrait des volumes. Hais quel est ton avis sur la cuisine de Lon« dres ? me diras-tu ; qu'y boit-on ? qu'y mangc^ t-on ? car les faiseurs de voyages, tout occupés de se quereller pour la mesure exacte d'u&e colonne ou d'un obélisque dont personne ne se soucie, passent ordinairement ces choses-li sous silence. Moi, qui n'appiartiens pas à cette classe sublime, je te répondrai : La question est grave, aussi grave pour le moin^ que la question d'Orient* — Lea Anglais prétendent qu'ils ont seuls le secret d'une nourriture saine* substantielle et abondante. — Cette nourriture se compose prindpalement de soupe de tortue,
de beefsteakj de rump-steak» de poissoBS, de légumes cuits à l'eau, de jambon de bœuf, de toi^rtes de rhubarbe^ et autres mets aussi primitifs. Il est bien vrai que toutes ces nourri* tures sont parfaitement naturelles ei cuites sans aucune sauce ou ragoût, mais on ne les mange pas comme on les sert. L'accommodement se fait sur la table» et chacun le gradue à sa guise. Six à huit petites buires posées sur un plateau d'argent, renfermant du beurre d'anchois, du poivre de GayennCi de l'Uarvey^auce, et je ne sais quels ingrédients hindous à vous faire Tenir des ampoules au palais» font de ces mets
si simplement apprêtés quelque chose de plus violent que les ragoûts les plus sublimés. — J'ai, mangé sans sourciller une friture de pi« Qients et des confitures de gingembre de la Çhine^ Ce n'était que miel et sucre à côt^ de cek|. Le porter, la vieille aie d'I^sse, qui meplait beaucoup, ne ressemblent en.rien à nos bîères de.Fr^pp,.ni k celles .cte Belgique; déjà si supérieures aux nôtr^* Le porter prend feu comme rç^\irde-Yie, l'aie d']^(u^sse ^grise comme du
— ift —
vîa de Cbâmpage^ Quant au vioi qu'on boit eu Angleterre, le elaret.le sherry et le porto, c'est du rhum plus ou nioîus déguisé. On y absorbe wssi, sous prétexte de yi& de Champagne, une grande quantité de poiré d'Exeter. Au dessw t, avec le ftûmage4e Chestar et les petite gâteaux Mçs, on . apporte du céleri fcort proprement dressé. dans une coupe de eristal. Les oranges, qui inennent de Portugal» sont excellentes et ne coûtent presque riœ. C'est la seule chose qui sOit à bon marché à Londres.
J'ai diné à l'hôteL de Brunswick, près des docks des Indes, tout am bord de la Tamise* Les vaisseaux passaient et repassaient devant les. fenêtres, et sombbdœt presque entrer dans la salle ; oa m'y servit, entre autres choses, un ramprstoak d'ujie tejile dimension, si flanqué dft pommes de ter^e, de tètes dp (ttoux-fleurs, ei arrosé d'ime si abondante sauce aux huitresà qu'il y aurait bien eu 4e quoi rassasier qua^e peiwnnes. On m% conduisit. aussi à une table d'hûte» dans iine. taverne, ^près du marché ai poisson à Billingsgate. J'y mangeai du tuibot.
des soles et du saaiaon d'uBe fratchenr exquise. Au commencement du repas, le lanA^ hrd dit les Grace$, et à la fin le BenedieUe, après a?oir frappé sur la table ayec le manche de son couteau pour commander Tatlenlion.
Les cafés» coffee^oom, ne ressemblent en rien aux cafés de France. Ce sont des chambres assez tristes, divisées en petits cabine ou cloîsons, comme les stalles des chevaux dans les écuries, et qui n'ont rien de l'éclat de nos ca-^ fés de Paris, étincelante de moulures^ de dorures et de glaces. Les glaces, du reslOt sont assez rares en Angleterre : je n'en ai vu que de fort petites.
Il y a aussi dans tous les quartiers de la ville des tavernes-poissonneries oit l'on Ta manger des huîtres, des crevettes» du homard» le soir à la sortie du théâtre. Comme ces tavernes ne payent pas patente de marchands de vin et d W prits, si vous voulez bcnre il faut donner de l'argent au garçon, qui va diercher, au far al k mesure, ce que vous lui draiandez à la bon* tique voisine.
Eq fait de théâtre, je n'ai vu que TOpéra- Ilalien et le Théâtre-Français. Te parler de j^iie Forgeot, de Perlet, Tamuserait médiocrement; je préfère le dire quelques mois de TOpéra-Italien.
La salle peut lutter de grandeur avec celle de la rue Lepellelier ; mais ses dimensions sont acquises un peu aux dépens de la scène, qui est fort petite. Les spectateurs empiètent sur le théàlre. Il y a trois loges d'avant-scène enire la rampe et le rideau, ce qui produit reffet le plus bizarre : les espaliers, ks chœurs, n'ont pas le droit de s'avancer plus loin que le manteau d'Arlequin, car alors ils empocheraient de voir les jeunes gentlemen placés dans les baignoires. Les premiers sujets seuls se postent sur le proscenium et jouent hors du cadre de la décoration, à peu près comme les figures d'un tableau qui seraient découpées et posées à cinq à six pieds en avani du fond sur lequel elles se meuvent. Quand, vers la fia d'un acte, par suite de quelque combinaison tragique, les héros sont poignardés et meurent près de
la rampe, il faut les prendre sous les bras et les traîner à reculons en reraonlanl vers le théâtre, pour que la chute du rideau ne les sépare pas de leur suite éplorée.
Les loges sont garnies de rideaux de damas rouge qui les rendent un peu sombres ; la salle elle-même n'est pas très-éclairée ; toute la masse de lumières est réservée pour la scène. Cette disposition et la puissance des rampes de gaz permettent d'exécuter des effets vraiment magiques. Le lever de soleil qui termine le ballet de Giselle produit une illusion complète, et fait honneur à l'habileté de M.Greave. —L'on donnait avec Giselle un opéra de Donizetti. Gemma de Vergy, imité, pour le poëme, du Charles VU chez ses grands vassaux, de Dumas, et pour la musique deDonizetti lui-même, sans préjudice de Bellini et de Rossini. — Le ténor Guasco et M"^ Adélaïde Mollini, de Milan, ont trouvé moyen de s'y faire applaudir ; mais les épaules de la Moltini sont pour moitié au moins dans les applaudissements.
Quoique le beau mo^pide ne fût pas encore
arrivé, je vis à ropéra-ltalien de charmantes physionomies féminines, encadrées admirablement dans le damas rouge des loges. Les keepsakes sont plus fidèles qu'on ne pense, el représentent très-bien la grâce maniérée, les formes élégantes et frêles des femmes de l'aristocratie. Ce sont bien là les yeux aux longs cils, aux regards noyés, les spirales de cheveux blonds faiblement contournées, et venant caresser de blanches épaules et de blanches poitrines généreusement livrées aux regards, mode qui nous paraît contraster un peu avec la pruderie anglaise. Quant aux toilettes, elles ont un caractère d'excentricité frappant. Les couleurs voyantes sont adoptées de préférence. Dans la même loge rayonnaient comme un spectre solaire trois dames habillées Tune en jonquille, l'autre en écarldte, et la dernière en bleu de ciel. Les coifTures ne sont pas d'un goût trèsheureux. On sait tout ce que les Anglaises se mettent sur la tête : franges d'or, buissons de corail, branches d'arbres, coquillages, bancs d'huîtres, leur fantaisie ne- recule devant rien,
surtout lorsqu'elles ont atteint cet âge que l'on appelle âge de retour, et auquel cependant personne ne voudrait arriver, loin d y vouloir retourner.
Voilà à peu près, mon chez Fritz, ce que peut voir, en allant à travers Londres tout droit devant lui, un honnôle rêveur qui ne sait pas un mot d'anglais, n'est pas grand admirateur de vieilles pierres noires, et trouve la première rue venue aussi curieuse que l'exhibition la plus atlraclive.