ACTE I
FATHMÉ, vivement.
Qu’est-ce que j’ai, docteur, qu’est-ce que j’ai? Parlez .. expliquez-vous!
. BABOUC, cherchant.
Eh! par le prophète... vous avez des... des...
'FATHMÉ, avec colère.
Des amoureux ?...
BABOUC.
Du tout... m’y voilà... des profits... des petits profits... Quant à moi, voisine, mon rêve ce serait d'être nommé...
FATRMtï, l'interrompant.
Médecin de notre grand calife Aroun-al-Raschid, vous me l’avez déjà dit...
(Ici un des deux derviches se relève un peu et écoute.)
BABOUC, vivement.
Croyez-vous qu’il ait entendu parler de moi?
FATHMÉ.
De vous? n’en doutez pas... notre calife est parfaitement informé de tout ce qui se passe à Bagdad.
BABOUC.
On dit mémo que... (il cherche.)
FATHMÉ, l’interrompant.
Je vous le certifie! On le dit!... et on ajoute qu’il sort souvent, sous un déguisement, et parcourt incognito la ville, avec Mesrour, le chef de ses eunuques...
(Le derviche qui s’était levé se recouche.)
BABOUC.
C’est un grand prince!... un prince qui a... tll
cherche.)
FATHMÉ, achevant.
Des sujets qui l'aiment...
ZILDA
BABOUC.
Non pas, qui a...
FATHMÉ, (le même.
De grandes qualités...'
BABOUC.
Non, non, qui a — j’ai trouvé... des revenus considérables et qui doit bien payer ses médecins...
(Un esclave de Fathmé sort de la maison et s'approche d’elle.]
l’esclave, à Fathmé.
Dame Fathmé, une femme, une étrangère, est là qui vous demande.
FATHMÉ.
Une étrangère?
BABOUC.
Quelque coquette qui vient se parfumer chez vous... Allah !... voisine, je vous quitte... et vais préparer...
FATHMÉ, achevant vivement.
Yotre baume universel... c’est connu... Que Mahomet vous protège, voisin !
BABOUC.
Et vous aussi, voisine Fathmé. (A part, en sortant.) Quelle femme!... impossible de placer un mot avec elle!...
FATHMÉ, à elle-même.
C’est un brave homme, le voisin, un très-brave homme... mais ses malades ont le temps de mourir avant qu’il ait dicté ses ordonnances...
(Le docteur rentre chez lui.)