SCÈNE III
FATHMÉ, LES DEUX DERVICHES sur le banc, ZILDA ZILDA , sortant de chez. Fathmé et se jetant dans ses bras.
Fathmé !... ma bonne Fathmé.
FATHMÉ.
Zilda! ma chère Zilda!... vous icil
ZILDA.
Enfin, me voilà près de vous !
• FATHMÉ, très- surprise.
Zilda ! la femme de mon frère... de mon cher Aboulfarisl... par quelle circonstance êtes-vous à Bagdad? Qui vous amène? Parlez... parlez... parlez... mais par- ■ lez donc!...
ZILDA.
La nécessité...
FATHMÉ, avec volubilité.
Quelle nécessité?... Dites vite... Il va bien au moins, ce bon iiboulfaris, ce cher Aboulfaris! Il est gros et gras... quel bonheur! J’en pleure dejoie!...
ZILDA.
Ne vous réjouissez pas si promptement.
FATHMÉ, tirant son mouchoir.
O ciel!... un accident peut-être... Ah ! je m’en dou- •tais!...
' ZILDA.
Mais non...
FATHMÉ, remettant son mouchoir dans la poche.
Il va bien 1... j’en étais sûre...
10 ZILDA
ZILDA.
Du tout!...
fathmé.
Expliquez-vous.
ZILDA.
Je no demande pas mieux... mais vous parlez toujours...
FATHMÉ.
Moi, je parle! ah! saint prophète! moi, dont on ne peut tirer quatre mots... J’ai horreur de tous ces gens qui causent à tort' et à travers, qui babillent sans cesse et avec lesquels on ne peut jamais s’expliquer. Oh ! vous ne me connaissez pas... vous ne me connaissez pas...
ZILDA, profitant d’un moment de répit.
Mon époux est ruiné !
FATHMÉ.
Ruiné!... Que dites-vous?
ZILDA.
Oui, ma chère Fathmé, Aboulfaris, le plus riche marchand de Mossoul, ne possède plus rien... Sa trop grande obligeance l’a conduit à sa perte!.,.
FaTUMÉ.
Ah ! je le lui ai toujours dit: Tu prêtes trop d’argent, tu...
ZILDA.
Il est tombé malade.
FATHMÉ, très-fort.
Malade!... saint prophète! malade!
ZILDA.
Rassurez-vous, sa maladie n’a rien de grave... J'ai encore une chance de salut, m’a-t-il dit hier matin, j’ai prêté mille sequins d’or au docteur Babouc... Va, cours