ACTE I
à Bagdad, et réclame-lui cette somme... S’il te la donne nous sommes sauvés!... Voilà pourquoi je suis partie de Mossoul avec une seule esclave, et pourquoi vous me voyez en ce moment devant vous.
(Pendant cette tirade, Fathmé a tenté plusieurs fois de l’interrompre.)
FATHMÉ.
Le docteur Babouc ?... C’est mon voisin, vous voyez sa boutique en face ; vous avez de la chance, c’est un honnête homme... peu de tète, pas de mémoire, mais il est probe... il vous paiera ..
ZILDA.
Tant mieux!... Je pourrai retourner tout de suite près de mon mari.
FATHMÉ.
Qui n’en sera pas fâché, car il est un peu jaloux !
ZILDA.
Vous voulez dire beaucoup.
FATHMÉ.
Cela se comprend; n’avez-vous pas révolutionné toute la ville de Mossoul ?... ne vous a-t-on pas surnommée la belle marchande?
ZILDA, riant.
Oh! Il y a comme cela des réputations...
Am.
1" couplet.
Malgré les regards d'un jaloux,
Les jeunes soigneurs da la ville,
Chez, nous se donnant rendez-vous,
Tous les jours venaient h la file !
Et près de moi chaque amoureux,
Tout bas en faisant sa commande,
Disait : Qu’ils sont jolis, les yeux De Zilda, la belle marchande!...
Ah! les jolis yeux!
Les doux yeux Que ceux
De Zilda, la belle marchande!...
ZILDA
2* couplet.
Mais moi, fidèle à mon époux,
Et peu sensible à ce langage,
De ces galants avec courroux .T’ai repoussé le tendre hommage.
Aussi bientôt chaque amoureux, Fuyant ma verte réprimande,
Disait : Qu’ils soient maudite, les yeux De Zilda, la belle marchande!
• Ah ! les méchants yeux,
Que les jolis yeux De Zilda, la belle marchande !...
LE DERVICHE, à son camarade.
Cette femme est vraiment charmante !
L ESCLAVE DE FATHMÉ, sortant de la boutique.
Dame Fathmé, la collation est servie.
FATHMÉ, à Zilda.
Vous déjeunez avec moi ?
Volontiers ! (Apercevant les deux derviches.) Quels sont ces pauvres gens?
FATHMÉ.
Deux derviches qui reviennent de la Mecque,
z TLD A.
Ah! comme il paraissent fatigués... Ils ont peut-être faim!... (Allant à eux.) Bons derviches, voulez-vous partager notre collation?
LE DERVICHE
Nous ne saurions accepter.
ZILDA.
Pourquoi ?
LE DERVICHE
Vous êtes pauvre vous-méme... et...
ZILDA, l’interrompant.
Qu importe, il n’est si petit morceau de pain dont on