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liant Kinilo ])elaber(îc par la main , s'avançait vers
madame Dolbcrt pour le lui présenter:.
« Ma chère amie, voulez -vous me permettre de
y> vous présenter monsieur Emile Delaberge , neveu
» de cette aimable madame Marvelle , que nous ai-
» mions tant, vous et moi. »
Madame Dolbert accueille fort bien le neveu de son ancienne amie. Les manières distinguées d'Emile prévenaient en sa faveur ; et lorsqu'il voulait être aimable , il était difiicile de ne point être séduit par le charme de sa conversation. Le jeune homme témoigne respectueusement à madame Dolbert combien il serait flatté de pouvoir cultiver la connaissance d'une ancienne amie de sa tante ; et la grand'maman de Stéphanie, qui trouve cette demande toute naturelle, répond à M. Emile Delaberge qu'elle le recevra toujours avec plaisir.
Emile remercie beaucoup madame Dolbert de la faveur qu'elle veut bien lui accorder , et , en ce moment , ses regards se sont fixés sur Stéphanie , qui rougit et baisse les yeux sans savoir pourquoi.
Emile a pris congé de ces dames. On danse encore; mais , au bout d'un moment , Stéphanie témoigne à madame Dolbert le désir de se retirer. Celle-ci , après tous les petits soins d'usage pour que sa petite-fille ne puisse prendre du froid , monte avec elle dans sa Yoiture, qui les ramène à leur demeure.
Le lendemain , la petite Zizine épiait le réveil de sa jeune protectrice ; l'enfant, })endant que l'on était sorti , avait habillé sa poupée exactement comme Stéphanie était parée pour aller au bal ; elle pensait
causer une agréable surprise à sa bonne amie , et assise tout près du lit , tenant la belle poupée sur ses genoux , elle attendait en silence que Stéphanie ouvrît les yeux.
Cet instant arrive eniln ; la jeune fdle a balbutié quelques mots ; Zizine court à elle et l'embrasse ; ensuite, elle lui montre la poupée, en lui disant : « Tiens, » voilà comme tu étais belle liier. »
Stéphanie sourit , mais elle n'éclate pas de rire , ainsi qu'elle le faisait ordinairement en jouant avec sa petite amie ; on dirait même qu'elle regarde la poupée avec indifférence.
Stéphanie, en se levant, raconte à Zizine tout ce qu'elle a fait la veille au bal ; et , pendant tout le courant de la journée, elle ne parle que de cela. Mais quand Zizine lui propose de jouer à la poupée, Stéphanie refuse et témoigne que cela ne l'amuserait pas ; et la petite Zizine , tout étonnée , lui dit : « Mais » elle t'amusait tant hier l. . .
» — Oui., hier... » balbutie Stéphanie d'un air rêveur.
Pour Tenfant , hier n'était que la distance d'un jour ; pour la jeune fille , ce n'était déjà plus que le souvenir vague d'une autre vie.