G ZIZI^E
» il me faut sans cesse mentir... car je veux loii- » jours cacher la faute de ma fille... Lorsqu'on me » demande de ses nouvelles, je dis qu'elle est mariée. . . » qu'elle habite loin de moi ! . . . Vous , docteur , vous » êtes le seul qui connaissiez sa faute ; vous ne la di- » vulguerez jamais... oh! jamais... entendez- vous !. . » Mais depuis huit ans... plus rien... plus un mot » sur son sort... Serait-elle morte?., morte... oh! » non ; non , elle n'est pas morte loin de son père , » sans que je l'aie revue... embrassée, sans m'a voir » entendu lui assurer que je lui pardonnais tout le » chagrin qu'elle m'a causé!... morte!., ô mon » Dieu!... ce serait trop affreux!... ô ma pauvre » fille ! si cela était , supplie donc le Ciel pour qu'il » me rappelle près de toi. »
En achevant ces mots , prononcés avec l'accent du désespoir , M. Guerreville a laissé retomber sa tète sur sa poitrine. Jeune val s'approche de lui , l'entoure de ses bras et lui dit , avec cet accent qui part du cœur :
« Du courage , mon ami ; ne perdez pas toute es- » péranceî... maintenant nous serons deux pour » chercher votre fille... pour découvrir les traces de » son lâche ravisseur ;' et le plus beau jour de ma » vie sera celui où je serai parvenu à sécher vos » larmes. »