CHAPITRE IV
DES ECRITEAUX.
Quelques jours après la conversation qu'il avait eue avec le docteur Jenneval , M. Guerreville avait dit à Georges de faire leurs malles , et le lendemain une chaise de poste le conduisait à Paris.
Chemin faisant, Georges, qui était dans la voiture avec son maître , avait bien laissé échapper quelques exclamations de joie, mais il les avait réprimées aussitôt , de crainte de déplaire à M. Guerreville. C'est que Georges n'avait jamais été à Paris. INé en Bretagne, enrôlé comme soldat, son régiment n'avait pas été une seule fois en garnison dans la capitale pendant tout le temps que Georges avait porté le fusil ; ensuite il était entré au service de M. Guerreville au moment où celui-ci , après avoir long-temps voyagé , était ^Ué demeurer à Château-Thierry, où Ton avait passé trois ans.
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Chaque fois que l'on s'arrêtait pour changer de chevaux, Georges jetait des regards autour de lui, pour tâcher d'apercevoir déjà quelque chose qui lui annonçât l'approche de la grande ville. Mais Paris ne se fait pas entendre de loin comme la mer, et souvent à une demi-lieue de la capitale tout est encore silence, solitude et pauvreté.
Heureusement pour Georges, le trajet de Château- Thierry à Paris n'es,t pas long. L'ex-soîdat se vit bientôt au milieu d'un monde nouveau : les boutiques , les voitures, les passans, tout i'étonnait , l'étourdissait; il se croyait ivre, lorsqu'il entra avec son maître dans un bel hôtel de la rue>de Richelieu.
M. Guerreville prit un appartement qui avait vue sm^ la rue, et Georges se dit : « Monsieur ne se trou- » vera pas bien ici , lui qui aimait tant le calme , la « solitude, il n'y pourra pas reposer. » Et le lendemain matin, en entrant chez son maître, il se permet de lui dire :
« Monsieur n'a pas dû bien dormir ici; on entend >) trop de briiit dans la rue?
» — Je suis au fait du bruit de Paris , » répond M. Guerreville en souriant : « ah ! mon pauvre » Georges... je suis né dans celte ville... son bruit, » son monde , ses plaisirs firent long-temps mes dé- » lices... Cela te surprend, Georges; parce que auto jourd'hui je suis triste et sédentaire, lu as jieine à » concevoir que j'aie pu être gai, étourdi, comme » les jeimes gens que tu vois passer là... sous nos » yeux , et dont la seule occupation semble être de » se faire voir, et de rire de ce qu'ils voient. Mais je
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» fus jeune aussi... et je ne valus pas mieux qu'un )) autre... peut-être même valais -je moins. Cepen- » dant je ne cherchais pas à me faire passer pour » meilleur que je n'étais... et c'est une qualité que » de ne point cacher ses défauts ; il y a tant de gens D qui , au contraire , veulent se donner des vertus » qu'ils n'ont pas î »
M. Gucrreville semblait plutôt se parler à luimême et faire des réflexions tout haut que dire cela à son domestique. Néanmoins Georges écoutait respectueusement, et attendait que son maître eût fini de parler pour lui demander s'il voulait déjeuner.
M. Guerreville se hâte d'achever sa toilette , et , à la grande surprise de Georges , après avoir déjeûné , il prend son chapeau et sort.
« Il paraîtrait que nous ne mènerons pas ici la )) même vie qu'à Chàteau-Thierrv, » se dit Georges en voyant son maître s'éloigner. « Nous ne vivrons 0 plus comme des loups... j'aime mieux ca... c'est )) plus agréable de fumer en société.
L'intention de M. Guerreville n'était point en effet de vivre à Paris dans la retraite ; en se déterminant à venir habiter cette ville, il voulait encore tenter de retrouver une personne dont , depuis long-temps , il attendait en vain des nouvelles : cette personne il Favait cherchée déjà à Paris, puis dans divers pays; il avait voyagé pendant trois ans dans l'espérance de la rencontrer, et, désespéré de ne pouvoir y parvenir, il s'était retiré à Gliàtcau-ïhierry, où , pendant trois ans aussi, livré à ses peines, à ses ennuis, il se flattait pourtant encore quelquefois qu'une heureuse nou^
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velle viciuhait nieltre un ternie à ses clia{>rius; mais, a|)rès une longue et inutile attente, il n'avait pu résister au désir de i^etourner à Paris; car tout lui faisait présumer que c'était là que devait être la personne qu'il cherchait. Il y a un vieux proverbe qui dit : Cliercliez, et vous trouverez. Le proverbe est essentiellement faux , car il y a mille choses que j'ai fort souvent cherchées sans jamais pouvoir les trouver; et cependant je vous prie de croire que ce n'est point la pierre pliilosophale , ni l'eau de Jouvence que je cherchais. M. Guerreville n'était pas plus heureux , et il se disait : « Comment trouver dans Paris quel- » qu'un qui s'y cache sous un nom que l'on ignore? » Comment s'orienter dans cette ville immense où » l'on peut , à chaque instant , passer sans le savoir » près de la demeure de la personne qu'on va cher- » cher bien loin?»
Il faisait ces réflexions en marchant au hasard dans Paris ; cependant ses yeux rencontrent à chaque instant des écriteaux affichés ou accrochés devant des maisons ; il songe qu'il ne veut pas rester dans un hôtel garni , que par conséquent il lui faut se chercher un logement ; puis il pense aussi que pour découvrir quelqu'un dans une grande ville , les écriteaux sont d'excellens auxiliaires , et il rend grâce à la Pi'ovidence qui vient de lui envoyer un moyen auquel il ne songeait pas. Et puis , d'ailleurs , visiter des appartemens à louer, c'est tout à la fois un passe-temps et une occasion de voir de singuliers tableaux : pour un observateur c'est un excellent moyen de s'instruire. Quand vous n'avez rien à faire, que
vous vous promenez sans but déterminé , que vous voudriez vous distraire , et ne vous sentez pas le courage de rien entreprendre pour cela , croyez-moi , lecteur , usez de ce moyen ; il n'a rien que d'innocent , n'est point coûteux et ne fatiguera que vos jambes ; à Paris, il y a toujours des logemens à voir : vous ne ferez point trente pas dans une rue ou sur les boulevarts , sans apercevoir des écriteaux , et il y en a dont la rédaction est fort drôle. Je ne parle pas ici de l'orthographe!... à Paris on ne s'arrête pas à cette bagatelle , les enseignes sont là pour le prouver. Peu importe aux badigeonneurs en lettres , l'opinion que les étrangers doivent avoir de notre ignorance ; ces messieurs , qui s'intitulent artistes , savent mouler des lettres en ronde ou en bâtarde sur la porte d'une boutique, mais ne se sont jamais occupés delà grammaire : après cela , comme il y en a beaucoup qui se font payer à tant la lettre , ceux-là veulent gagner le plus possible , et ils écrivent épicier avec deux p , deux s et un t à la fin.
Revenons aux appartemens à louer. Vous me direz peut-être : Je n'ai pas envie de déménager... niais qu'importe ? cela n'empêche pas d'aller voir des logemens. Vous verrez tant de choses, en n'ayant Fair de ne regarder que les localités! tableaux d'intérieurs, scènes de familles, dames en négligé, quelquefois mieux encore : puis , le monsieur qui a de Fliumcur d'être dérangé lorsqu'il travaille : la jeune fille qui en a bien plus, parce qu'elle prenait sa leçon de musique et que son jeune professeur lui chantait autre chose que la gamme, et la cuisinière qui mur-
mure de quitter son rôti qui va brûler ; et la rentière qui craint que les clicrclieurs de lo(5emens ne soient des filous ( ce qui arrive quelquefois) , et les suit dans toutes les chambres sans les perdre une minute de vue; puis, quand ils sont partis, court s'assurer si sa montre, son argenterie et son secrétaire sont encore à leur place; et les pauvres, honteux qui dînent avec un seul plat bien frugal , et se servent de couverts d'étain... Oh ! ceux-là , on est bien fâché de les avoir trouvés à table , on a soin de ne pas regarder leurs couverts, qiviis tâchent de cacher sous leurs assiettes; on passe , sans avoir Fair de remarquer leur plat de ponnnes de terre qu'ils se dépêchent de manger , en disant bien haut et avec affectation :
" Le poulet était lion ! il était excellent, le poulet ! » Voyez que de choses vous promettent les écriteaux, et je ne vous en ai pas cité la centième partie. Sans entrer , vous pouvez encore vous amuser aux bagatelles de la porte. Regardez ici , vous lisez : Bel appartement de garçon^ avec cave, orné de glaces; plus loin : Grand appariemcnt avec écurie et remise Jraîcliev.ient décore; et sur r.n autre : Beau cabinet garni sur le derrière, qui rient d'ctre irmis à neuf. Depuis plusieurs jours, Pfl. Guerrcville sortait ans itot après con déjeûner, et jusqu'à l'heure de son diner passait tout son temps à voir des logemens.
Arrêtons-nous avec lui devant une maison de la rue l^Jontmartre. Au-dessus de la porte coclière, se balancent des écriteaux, M. Guerreville entre, et aperçoit à gauche la loge du portier; il frappa à un carreau, on ne répond pas , mais on lui fait signe de tourner
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le bouton d'une vitre : il ouvre et passe sa tétc ; il est tente de la retirer aussitôt ; une forte odeur de choux, d'ail et de cuir , l'avait pris en même temps au ne/ et à la gor[je. îl y avait, dans un espace de cinq pieds carrés environ, deux enfans qui se roulaient à terre, une femme qui en allaitait un troisième , tout en écumant sa marmite; eniln , un liomme sale , jaune et hideux de figure, qui posait un talon à une botte, en fredonnant :
îlciKîez-moi ma patrie , Ou laissez-moi mourir !
M. Guerre ville se décide pourtant à humer les va peurs qui sortent de la loge , et , tout en se demandant à lui-même commiCnt il r»eut v avoir des enfans qui s'élèvent dans cette atmosphère , il fait au portier la question d'usage :
« Qu'avez-vous à louer dans cette maison ? » Le portier se retourne dessus une planche qui lui sert d'établi et commence , suivant l'habitude de ses pareils, par toiser la personne qui lui adresse cette question : après cela , il se décide à répondre :
« Nous avons plusieurs locals , des grands et des » molUiens ; ça dépend de ce que monsieur veut y » mettre... Mon épouse, prends garde au petit... il » va rouler dans la marmite. »
En effet , la portière se penchait tellement pour soigner sa soupe aux choux, que son nourrisson, qui s'était détaché du sein , menaçait ^'aller tenir
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com|)a[5nie à un énorme morceau de lard qui s'obstinait à remonter sur Feau.
c( Est-ce qu'on ne peut pas voir les logemens? » dit ]\ï. Guerreville.
« — Pardon , monsieur , on peut les voir tout de » même.. . . je vas alors vous conduire, parce que le pro- » prilliélaire exi^e que nous conduisions nous-mêmes » les personnes. . . c'est une faiblesse de sa part. . . pour » que no\i?> fissîo7îs voir les agrémens du local... Mon » épouse, prends garde au petit... il aimera le lard » ce gueurdin-là! »
Le portier quitte sa botte , tâclie de trouver un cliemin à travers ses marmots et les savates qui encombrent la loge , et parait enfin devant M, Guerreville , qui ne peut s'empêcher de sourire en le voyant debout ; assis , cet homme paraissait être d'une taille ordinaire ; mais debout , il n'était pas si grand qu'un balai : toute sa personne était dans son torse; ses jambes et ses cuisses s'apercevaient à peine ; ce qui n'empêchait pas le portier-savetier de se dandiner en marchant comme un tambour-major.
« Est-ce un local de ménage , que monsieur veut. . . j, — Mais peut-être... — Ah ! bon!... avec cuisine? )) — Sans doute. — Ah ! bon , mon épouse. . . veille au » petit... Monsieur a-t-il des enfans? » A cette question , M. Guerreville ne peut réprimer un brusque mouvement qui fait peur au portier *, il lui répond sèchement :
« Que vous importe si j'ai des enfans? aurez-vous » bientôt fini vos questions ? — Excusez , monsieur , » si je vous» demande ça , c'est que le proprilliéiaire
» n'aime pas les enfans , il a la faiblesse de dire que » cela fait des dégâts dans les maisons...
» — Comment se fait-il alors qu'il vous conserve » pour portier ? — Ali! c'est vrai, c'est juste... elle
» est bonne la remarque mais, voyez-vous, mes
» mioches ne sortent pas de ma loge ; ils y sont con- » signés... jamais hors de la loge... sinon en avant » le tirepied... aussi ces enfans-là sentiront le choux » comme les lapins de cabaret... Voulez-vous venir, » Monsieur.... Mon épouse, prends garde au petit! »
Monsieur Guerreville suit le portier , qui s'est enfin décidé à monter l'escalier. Ils arrivent au premier étage.
Le portier s'arrête en souriant d'un air malin et dit: « C'est pas ici... tenez, voyez la plaque sur » la porte... c'est un avoué qui demeure là... Parce » côté c'est l'étude... des commis qui travaillent... » oh î comme des chevaux. . . à ce que dit mon épouse, » qui vient quelquefois à l'étude porter de la tisane
» aux jeunes gens ils consomment beaucoup de
» tisane les jeunes clercs... ils sont souvent enrhu- » mes; mais le maître travaille également..,., oh! >^ ferme! c'est pourtant un jeune homme aussi; mais » il veut gagner de Fargent , il s'est butté à ça... il » vient de se marier... et il aura payéFétude avec la » dot de sa femme ; une petite qui est pas trop belle » et pas trop bonne... Je l'entends souvent de ma » loge crier après la cuisinière. . . Ah ! bon, que je dis,
» le temps est à l'orage histoire de rire! Du
D reste , l'avoué, son mari, n'a pas l'air plus gai qu'il » ne faut ; il y,en a qui prétendent qu'il s'ennuie de
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D sa feiîiine et de sa cliargc... Eli! eh!... il était si )) p^ai avant d'être avoué ! c'était le premier clerc de » rétudc , il cliantait toute la journée et faisait même » des brins de vaudeville pour le [jrand Opéra. A » c'tlieure il ne cliante plus ; mais il a unbeaufau- » teuil en cuir rouge et une robe de chambre en pure » perse , à ce que dit mon épouse. »
M. Guerreville écoute tout cela avec la patience la plus exemplaire , et comme quelqu'un qui , dans Fespoir d'entendre une nouvelle qui l'intéresse , se ri^sout à causer avec un bavard impitoyable.
Le portier s'est presque mis à cheval sur la rampe, et il va continuer son discours , lorsque la porte de l'étude s'ouvre : un jeune homme sort avec une liasse de papiers sous le bras; le concierge lui dit aussitôt :
« Monsieur Benjamin , je vous tiens par le taloil, » je n'ai plus que cinq ou six clous à vous enfoncçr » dedans. — Très-bien, monsieur Fourré , rappelez- » vous que vous me les avez promises pour demain » matin. — Oui, monsieur Benjamin, chose pro- » mise, chose ressemelée, je ne connais que ça. j»
M. Fourré , puisque nous savons maintenant que c'est le nom du portier, se penche vers M. Guerreville, en ajoutant :
« C'est un des clievaux de l'étude oh Dieu!
» trotte- t-il celui-là!... il en use de ces semelles!... » aussi je suis toujours sur ses talons!... mais il a la » faiblesse de vouloir que je lui mette des clous... » fi donc !... mauvais genre!... ça dure trop... Vou- )> lez-vous me suivre, s'il vous plnit... Ah, Dieu!
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» j'ai peur que mon épouse ne se néglige sur le » petit!... »
Et M. Fourré met la moitié de son corps en dehors de la rampe, en criant à tue-tête : « Athénaïs, prends » ben garde au petit ! »
On arrive au second étage ; là , le portier s'arrête devant une porte , et se dispose à sonner , lorsque , par réflexion , il se tourne vers M. Guerreville , en lui disant :
« A propos! avez- vous des chiens? — Non. — Ah » bon ! c'est que c'est encore une faiblesse du pro- » priUiétaire de prétendre que les chiens occasionnent » des choses désagréables dans les escaliers... il a
» infiniment de faiblesses , cet homme ! ça s'est
» enrichi en vendant du bois à brûler, et c'est plus
» susceptible qu'un marquis de pure noblesse!
» Mais vous me direz , nous sommes tous mortels ! » Je vais sonner.
^» — Un moment , » dit M. Guerreville, « quel est » le logement que vous allez me faire voir ? — C'est » le beau, le grand, six pièces et une cuisine... qui » tourne... deux entrées... avec des fourneaux à la » prussienne. Douze cents francs, et le sou par livre, » plus l'éclairage de l'escalier, qui est à part. — Cet D appartement est habité?... — Oui, par des gens » comme il faut : un mari , son épouse , une cuisi- « nière et une petite bonne pour agrafer les robes » de madame... qui a toujours Fair d'étouffer. Le » mari joiisse à la Bourse, d'après ce que j'ai entendu » rapporter ; mais , comme il a bien vingt-cinq ans » de plus que sa moitié, qui est jeune et jolie, ça lui
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» donne un peu de tintouin. Cet homme a de la ja- » lousie dans la tête I . . . il revient quelquefois énopé- » nément quand on le croit à jousser à la Bourse. Il » a même du vague dans le regard en me demandant » s'il est venu quelqu'un ; et moi , vous entendez » bien que je réponds toujours non, quand même » c'est oui... la petite femme est si généreuse!... elle » comble ma famille de cadeaux... de frugalités... » et puis, vous comprenez... nous sommes tous mor- » tels. Du reste, elle est fièrement fâchée de démé- » nager, la dame ! . . . mais c'est le mari qui l'a voulu, » parce qu'il a remarqué en face un nouveau voisin, » un jeune homme, beau brun, avec des moustaches » qui lui font tout le tour du cou; et ce jeune )) homme est toujours à la fenêtre quand madame » s'y met!... que voulez-vous!... histoire de rire. »
Le portier sonne; une jeune bonne ouvre; M. Fourré ôte sa casquette de loutre, et salue d'un air aimable :
« Bonjour, mamzelle Laide ; faites excuse , mam-
» zelle Laïde, c'est pour le logement peut -on
» voir?
)) — Oui , monsieur Fourré , vous pouvez entrer. )) — Je vous tiens le pied, mamzelle Laïde... vous » savez... ce petit point à votre joli soulier de pru- » nelle aile d'hanneton... Ah Dieu! queu petit pied » vous avez pour chausser ça !.. . c'est histoire de dire » qu'on a un pied , voilà tout. »
Mademoiselle Laïde répond à ce compliment par un éclat de rire , et M. Guerreville entre dans l'appartement.
On traverse une antichambre , une salle à manger,
puis un salon élégamment décoré , sans avoir encore aperçu personne. Cela semble contrarier le portier, qui dit à la jeune femme de chambre :
« Est-ce que vos bourgeois sont absens? je ne les » ai pourtant pas vus sortir. — Monsieur et madame
» sont dans la chambre à coucher. — Ah bon!
» et ça ne les dérangera pas qu'on y entre? —
t> Non certainement! je vous dis monsieur et ma-
» dame. — C'est juste! toujours espiègle, mam-
» zelle Laïde. »
M. Guerreville s'empresse de déclarer qu'il ne tient pas à voir la chambre à coucher ; mais déjà le portier a ouvert une porte à gauche, et quand il a vu le monsieur et la dame qu'il savait trouver là, il se retire , et frappe sur la porte en criant : « Peut-on en- » trer?... faites excuse... c'est pour le logement. »
Un monsieur d'un certain âge est assis à quelques pas d'une jeune et jolie femme qui n'a que le défaut d'avoir un peu trop d'embonpoint , mais dont la tête fine et les traits réguliers rappellent ces jolies figures , que Dubuffe met , peut-être un peu souvent , dans ses tableaux, que l'on est toujours bien aise de rencontrer, quand elles sont animées.
La dame répond d'un air agréable au profond salut de M. Guerreville , qui s'excuse de la déranger. Le mari ne peut réprimer un mouvement d'impatience, et à son air d'humeur on voit qu'il donne au diable les chercheurs de logemens. M. Fourré les regarde tous les deux , puis sourit à mademoiselle Laide.
« Il y a de grandes armoires , » dit le portier ,
pour retenir M. Giierreville qui salue et s'éloigne déjà.
« — C'est bien , je n'ai pas besoin de les voir. — » Mais vous n'avez pas vu par là , monsieur... c'est » un cabinet de toilette. Peut-on y entrer, made- » moiselle Laide?... — Je vous répète que c'est inu- » tile , » reprend M. Guerre ville , en quittant la chambre : M. Fourré est obligé de le suivre ce qu'il ne fait qu'à regret et en murmurant : « Ilom ! pauvre » cher homme!... t'auras beau déménager, va!... »
« La cuisine est en face , » s'écrie le portier, quand il se retrouve sur le carré avec M. Guerreville. « — C'est bon , je sais ce que c'est qu'une cuisine , » et je ne tiens pas à voir celle-ci. — Diable! vous
» n'êtes guère curieux moi, si je cherchais un
« logement, je voudrais voir jusque sous les lits... » eh ben, le local vous plaît-il? — Je verrai , je ré- » fléchirai... — La dame est gentille , n'est-ce pas? i> et généreuse ; si son mari n'avait pas été là , je » suis sûr qu'elle m'aurait donné queuque chose. » Entre nous, c'est un despotisme que cet homme- » là... Monsieur veut -il à c't'heure voir le petit lo- » gement? — Volontiers. — Adieu, mamzelle Laide. . . * ah! elle n'est pas là : c'est égal... elle est assez » chouette la femme de chambre ! »
On arrive au troisième étage , M. Fourré montre une porte en disant ; « Ce n'est pas là ; à cet étage » les locals sont entrecoupés. Ici reste un employé à la » ville , avec son épouse , des gens entre deux âges ; » le mari s'en va tous les matins à neuf heures , et » renti'e à quatre heures et demie : c'est recta ; depuis
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» quatre ans qu'il loge dans la maison , j'ai remarqué i> qu'il n'a pas varié de cinq minutes dans ses rentrées » et ses sorties : c'est là un homme réglé ! . . . Le soir, » il va au café , jusqu'à neuf heures : le dimanche » seulement , il se permet de ne rentrer qu'à dix. La » femme est tout le portrait de son mari... on dirait » sa jumelle... elle va chaque jour faire son marché » à onze heures , elle revient à midi ; ensuite , vous » ne la feriez pas sortir pour voir le Bœufe- gras. » Oh ! c'est ce qui peut s'appeler des gens bien esti- » niables!
» — Et en face? » demande M. Guerreville, qui paraît ne point se lasser d'écouter.
« — En face , c'est le logement que je vas vous » montrer : c'est une autre chanson ! . . . on tire le
» cordon avec ceux-là mettez-vous dans la tète
» une grosse veuve qui a deux filles, et qui donne des )) soirées dans lesquelles elle fait jouer de la musique » à ses demoiselles... un carillon d'enfer! ça tape sur » leur piano que je pourrais danser de ma loge ; ca » reçoit toute sorte de monde , et toute la soirée il faut » ouvrir la porte pour ces gens -là ; encore si c'était » généreux! je dirais : nous sommes tous mortels!... » mais je ne connais pas la couleur de sa monnaie , et j) quelquefois à minuit il y a encore soirée chez eux ; » on danse , on chante , une vie de possédés enfin : » c'est la mort des portiers que ces gens-là. On dit » que la mère reçoit tant de monde dans l'espoir de » marier ses filles ; mais qui est-ce qui en voudra ? Je » suis sûr que c'est pauvre comme Job ; ça n'a pas » seulement une femme de ménage : c'est ses filles
» qui font tout, la cuisine, les chambres, les sou- » liers... et puis ensuite ça se pavane... ça va taper » sur le piano j)our se donner un genre de vîrtulosc , » comme dit mon épouse. Oh! ça me fait suer, » moi... je vas sonner... Ah! j'oubliais, avez-vous » des chats?
» — Non. — Ah ! bon : c'est que le propiiUiétaire » a encore la faiblesse de détester les chats, vu qu'il » dit que cet animal n'est point inodore. »
M. Fourré se pend à la sonnette, et carillonne comme s'il voulait la casser ; une jeune personne d'une vingtaine d'années, vient ouvrir ; elle a les cheveux à moitié relevés avec un peigne qui n'a plus que trois dents ; elle tient d'une main un fer à papillottes , et de l'autre une tartine de pain et de beurre ; elle est en camisolle , quoiqu'il soit près de trois heures de l'après-midi.
« Nous venons voir le logement, » dit le portier , d'un air insolent , et sans mettre seulement la main à sa casquette.
« — Eh bien, voyez ! » répond la demoiselle, et , faisant une demi-pirouette, elle laisse là ceux qui qui ont sonné, et s'éloigne en mangeant.
« Ça n'a pas le moindre usage de la politesse, » dit M. Fourré, « heureusement je connais les plus petits » recoins de la maison. Venez, monsieur, et marchez » à votre aise... Oh ! vous pouvez faire du bruit , il » n'y a pas besoin de se gêner ici. »
M. Guerreville suit le poi-tier , tout en observant Fimpertinence de cet homme avec les locataires qui ne lui donnent point la pièce; mais, en voyant la ma^
nière dont est tenu l'appartement de la veuve et de ses filles, il est porté à croire qu'il y a quelque chose de vrai dans les propos de M. Fourré.
La salle à manger n'est pas encore balayée ; au milieu de la chambre sont des souliers et des croûtes de pain ; sur une table une grosse natte en cheveux traîne à côté d'une bouteille de cirage anglais.
M. Fourré repousse avec son pied les savates qui se trouvent sur son chemin , et regarde M. Guerre ville en murmurant: « Qu'est-ce que je vous avais dit... » c'est gentil !.. . en v'ià de la propreté!... si mon » épouse voyait ça, elle frémirait d'indignation ; elle » qui ne peut pas se sentir une puce sur le corps sans » se mettre aussitôt nue comme un verre , afin de chas- » ser l'insecte... Oh! mais c'est rien encore. .. nous » allons avoir la suite. »
Le portier ouvre une porte, c'est celle de la chambre à coucher de ces dames : les lits ne sont pas faits, des corsets et des bas sont restés sur des chaises ; enfin , certains meubles indispensables , qui devraient être cachés, sont placés comme en évidence sur le marbre des tables de nuit.
M. Fourré tire de sa poche une tabatière en ferblanc et prend plusieurs prises avec affectation en murmurant :
« Ah 1 Dieu de Dieu ! . . . on a bien raison de dire « que le tabac est le consolateur de l'homme... en » usez-vous, monsieur? »
M. Guerre ville repousse la tabatière qu'on lui présente , et le portier la remet dans sa poche, en di-
sant : « Faut que vous soyez enrhumé du cerveau , » alors. »
Une énorme dame , d'une cinquantaine d'années , coiffée d'un immense turban rouge, comme pour aller au bal, mais habillée, du reste, comme pour aller au marché, est en train de se fan^e lacer ses brodequins; la jeune personne qui a ouvert est à genoux devant la grosse dame ; elle a déposé sur le plancher ^a tartine de beurre et sue à grosses gouttes pour parvenir à faire une jambe fine à madame sa mère.
M. Guerreville prononce quelques mots d'excuse et veut se retirer ; la grosse maman s'v oppose, en s'écriant : « Restez donc, monsieur... l'appartement » n'est pas encore fait, mais vous savez ce que c'est » qu'un ménage. . . serre, ma bonne, serre toujours. . . » Nous avons eu une soirée lyrique, hier; mes filles » ont chanté... on est resté très-tard... La are, tu ne » serres pas assez, ma chère amie... Regardez, mon- » sieur, voyez, ne vous gênez pas. »
Et la grosse maman lève sa jambe un peu plus haut , de manière à laisser voir une masse qui n'a plus rien d'un mollet, puis s'adresse de nouveau à sa fille :
« Laure , ta sœur est-elle à son piano ? il faut » qu'elle répète son air de Beniousky : carellelechan- )> tera ce soir devant un professeur du Gonserva- » toire :
Quel nouveau jour pour moi ! Quollieureux chaugement !
)) Ah ! que c'est beau! Dieu , que c'est beau !... » ça ne yieillira jamais, cela... Serre donc, ma chère » amie! »
Pendant que la dame au turban parlait, on entendait le son d'un piano dans une pièce à côté. M. Guerreville ne veut pas s'arrêter dans la chambre à coucher, quoique la grosse maman lui dise encore: « llegardez à votre aise, monsieur, je vous en prie. » Il passe dans le salon.
Une jeune personne, coiffée à la ferronnière, était au piano et chantait en s'accompagnant ; l'arrivée d'un étranger ne la fait pas cesser; au contraire, elle semble vouloir déployer tous ses moyens : c'est à faire éclater les vitres. M. Fourré sourit d'un air moqueur, en disant à demi-voix : « Quand je vous affirmais que » je l'entends de ma loge!... »
M. Guerreville ne se soucie pas d'assister au concert, et il va s'éloigner, lorsque la grosse maman, qui semble décidée à le poursuivre, arrive chaussée d'un brodequin et d'une pantoufle , suivie de sa fille Laure qui a la bouche pleine , et un nouveau croûton à la main.
« Eh! bien, monsieur, comment trouvez -vous )) cela ? » demande cette dame en s'adressa nt à M. Guerreville. Celui-ci croit qu'elle veut parler du logement et lui répond :
« C'est un peu haut.
» — Comment haut monsieur ; mais c'est
» le ton de l'Opéra , ma fille est toujours d'accord » avec lui !
» — ■ Ah! pardon, madame; j'avais cru que vous
» parliez de cet appartement ; mademoiselle votre )) fille chante fort bien.
» — N'est-ce pas , monsieur ? elles sont toutes deux » excellentes musiciennes. L'aînée joue aussi des cas-
» tagnettes Cet hiver elle s'est déguisée en Anda-
» louse pour aller à un bal moyen-âge bal d'un
)» très-grand ton ; et toute la soirée , en dansant , elle » n'a pas cessé déjouer des castagnettes, et de faire » aller ses bras comme dans un boléro ; c'était ravis- » sant ! — Je le crois , madame', — Je donne très- » souvent des bals : quand on a des demoiselles , il » faut bien les répandre dans le monde ; on s'amuse » beaucoup chez moi ! . . . »
On voit que la grosse maman , séduite par la tournure et l'air distingué de M. Guerreville , brûle d'envie de l'inviter à ses soirées; mais celui-ci ne lui en laisse pas le temps , et , s'inclinant profondément , il sort suivi du portier, pendant que la fille cadette fait un point d'orgue , et que l'aînée se bourre de pain et de beurre.
« N'est-ce pas que ça fait du drôle de monde ? » dit le portier, quand on est sur le carré. M. Guerreville se contente de sourire , en répondant :
« Est-ce là tout ce que vous avez à me faire voir ? » — Dame. . . oui , car je suppose que vous ne voulez » pas loger au quatrième... où ça fait mansarde... à » côté de monsieur Fluttmann , un garçon tailleur. . . » un bon enfant, un Allemand : c'est dommage qu'il » ait la faiblesse de vouloir jouer de la flûte; dès » qu'il est rentré , il prend son instrument. H«u- » reusement il rentre tard et s'en va de bonne
» heure, sans quoi on n'aurait dans Toreille que
» Soyez sensibles à nos peines !...
» Il joue toujours la même air !.. . »
M. Guerre ville ne juge pas nécessaire de monter plus haut, il commence à redescendre l'escalier, et le [)ortier le suit en disant :
V A côté de Fluttmann , par exemple , nous avons
» un artïsse ; mais dans le bon style , un peintre
» Si monsieur avait queuque besoin d'un peintre, je » lui recommande celui-là ; je suis très-lié avec lui : » c'est ce qu'on peut dire un vrai ar tisse»
» — Dans quel genre?
» — Oh ! dans tous les genres , ça lui est égal. Il » fait des portraits avec de l'huile , des enseignes , » des paravens , tout ce qu'on veut : c'est un homme » qui aime son art comme j'aime un soulier de satin ! » c'est rempli de talent ! Il m'a fait le portrait de « mon petit dernier, suspendu au sein de sa mère : » c'est parlant ! ça donne envie de pleurer. »
On était presqu'au bas de l'escalier quand le portier se met à dire :
« Quand au petit logement à louer. .. oh ! c'est ha- » bité par une jolie femme. . . je dis femme ou fille. . . » quoiqu'on se fasse appeler madame. Mais nous » autres qui connaissons ce que c'est que le monde. . . » on ne nous en fait pas accroire... Il viqnt un beau » jeune homme la voir souvent . . c'est queuque hisn toire romanesque une femme séduite qui se
» cache peut-être sous un faux nom... c'est si com- » mun dans Paris!... »
Depuis quelques instans , M. Guerreville écoutait avec beaucoup plus d'attention. Enfin il s'arrête et se retourne vers le portier, en lui disant :
« Quel âge peut avoir cette femme ?
» — Quel âge ! ah ! dame , voyez-vous , c'est
» jeune encore... mais la figure est déjà fatiguée... » On a, je crois, des chagrins, parce que depuis » quelque temps le beau jeune homme vient moins
» souvent Moi, je remarque tout ça sans avoir
» l'air.
» — C'est une femme distinguée? — Distin-
0 guée? comment que vous entendez ça? — Je
» veux dire , ce n'est point une ouvrière , elle ne tra- » vaille pas... n'a point d'état? — Je ne lui en con- » nais aucune! — Conduisez - moi , je veux voir ce » logement. »
M. Guerreville a déjà remonté un étage; le portier le suit en murmurant : « Ah cà, mais dites donc... » c'est que ça commence à me fatiguer, de me pro-
» mener dans la maison Puis, vous dites qu'il
» vous faut un grand appartement , et à présent » vous voulez voir deux petites chambres de rien du » tout! »
M. Guerreville monte toujours sans faire attention aux réflexions du portier qui se décide cependant à le suivre, tout en criant : « Attendez -moi donc, au
» moins! Diable! il n'est point poussif ce mon-
» sieur! »
Arrivés au quatrième étage , M. Fourré veut re-
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commencer ses observations , ses bavardages , mais M. Guerreville ne lui en laisse pas le temps.
« Où demeure cette jeune femme? » dit-il d'une voix altérée et en secouant fortement le bras du portier.
« C'te jeune dame voilà sa porte là, c'est
» Fluttmann ; là, c'est...
» — Allons, monsieur, frappez , frappez donc î... »
Ces mots sont dits d'un ton qui ne permet pas au portier d'hésiter encore , il s'incline , ôte même sa casquette et va frapper à la porte qu'il a désignée sans oser souffler un mot.
Une espèce de femme de ménage ouvre la porte ; M. Guerreville voit bien que ce n'est pas la maîtresse du logis , il balbutie quelques mots sur le motif qui l'amène, et, sans attendre qu'on lui réponde, sans savoir si ce n'est pas indiscret d'entrer, il traverse ime chambre , un petit couloir et pénètre enfin dans une autre pièce, où une jeune dame est assise devant une cheminée.
A la brusque entrée de M. Guerreville , la jeune femme a tourné la tête vers lui : il a pu la contempler à son aise... mais déjà le feu qui animait ses regards a disparu pour faire place à une expression de tristesse et de découragement, il a laissé retomber sa tête sur sa poitrine, en balbutiant :
« Ce n'est pas elle !
» — Eh bien ! monsieur. . . vous allez, vous allez ! . . , « vous ne pouvez pas avoir le temps de rien voir » comme ça! »
C'était M. Fourré , qui arrivait après M. Guerre-
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ville , ne concevant rien à la manière brusque avec laquelle celui-ci était entré jusqu'au fond de l'appartement; mais après avoir fait quelques excuses à la jeune dame, M. Guerreville repousse le portier, et se hâte de quitter le petit logement.
« Il me semble, monsieur, » dit Fourré , « que ce » n'était pas la peine de me faire remonter quatre » étages, et d'entrer chez cette dame, pour en ressor-
» tir sans avoir rien regardé ! Je défie bien que
» vous sachiez s'il y a des armoires là-dedans. . . Vous » me direz : nous sommes tous mortels ! mais j'ai » ma soupe à manger, moi.
» — Encore une espérance détruite ! » dit tristement M. Guerreville en s'appuyant un moment contre la rampe du palier.
« Vous avez détruit queuque chose chez c'te jeune » dame?... vous avez cassé un carreau peut-être?... »
M. Guerreville se dirige vers l'escalier sans répondre au portier.