POURQUOI CE LIVRE SUR ZOLA
Chaque livre, comme son auteur, doit avoir sa raison d'être, son histoire: il est l'eflet qui justifie, qui honore ou qui condamne sa cause: par conséquent, il est bon ou mauvais. De là, la nécessité, pour apprécier loyalement un ouvrage, de l'étudier et de le juger, non seulement, par lui-même, mais par son auteur. Le livre fait le geste, le beau geste même parfois, mais l'auteur seul le provoque et le conduit. Nos pères, qui mettaient en première page, bien en vedette, le portrait de l'écrivain et, en frontispice, les principales reproductions ima g'ées du livre, avaient compris ce lien intime, qui enchaînait l'un à l'autre et qui établissait leur réciproque responsabilité. Le lecteur pouvait, avant de lire, se faire une idée des deux, et s'arrêter dès le début, ou continuer sur une impression favorable. C'était un usage naïf qui avait son excuse dans sa naïveté même. Les éilitcurs ne le font plus aujourd'hui, ou le font avec tellement de luxe et si peu de vérité, qu'on n'est que mieux trompé sur le genre du livre et sur le caractère de l'auteur.
En attendant une critique plus impartiale que celle
qui |i;in;Hlir Ir journalisme de toutes ses couleurs et une connnnnion plus franclic. onlro le livre, l'auteur et le lecteui". je tiens, pour e\pli(pier la (jualilé de h(ut toijuv, dont ma honoré Ihnile Zola, dans une interview, à donner la g^enèsc de ce dernier ouvrage sur lui.
Au lendemain de nos désastres, où ayant vu tomber, victimes de la guerre et de ses cruautés, les meilleurs des miens et les plus aimés, et où ayant perdu une situation laborieusement acquise, je recommençais péniblement mou métier de librairie, un elianoine et un journaliste m'accusèrent de vendre des ouvrages obscènes, ou plutôt me dénoncèrent, à grand fracas, dans un journal, très lu, VUnwers, comme démoralisateur de la société et surtout de la jeunesse. Du fait, d'avoir catalogué l'abbé de (îhoisy, habillé en femme, labbé Du Laurens, auteur de la Chandelle (VArras et du Balai, la Mœchialogie du chartreux Debrej'ne, ex-médecin, les Diaconales de Mgr Bouvier, etc., j'avais si atrocement émasculé, en 1873, les soldats de 1870, qu'avant d'écrire, j'étais l'éditeur responsable de toutes les lâchetés de l'Empire. Je fus tellement indigné de cette mauvaise foi et tellement éprouvé, par cette indélicatesse, dans mon commerce et dans mon honneur, que je me consacrai, dès ce moment, longuement, à l'étude des ouvrages obscènes et de linnuoralité littéraire. Deux ouvrages sortirent de ces recherches : La Bibliographie clérico-galante, description des livres immoraux, écrits par des
membres du clergé, et la Bibliographie jaune, étude rabelaisienne sur la littérature des accidents conjugaux.
Généralisant mes documents sur cette branche pourrie de la littérature, je me trouvais forcé d'adopter ce quasi-axiome littéraire: Les livres sont presque toujours la manifestation écrite de l'esprit et des mœurs de l'époque où ils paraissent. C'est facile à comprendre : un auteur qui vise à un succès probable, sinon certain, marche avec son siècle; il est, ou le flatteur, ou le complaisant, ou le correcteur de ses goûts. Dans cette étude de la littérature corruptrice, trois dates me frappèrent surtout : le xvi« siècle, époque de dissolution religieuse, où Luther, par le schisme, et l'Arétin, par le pamphlet obscène, attaquèrent, tout en les imitant, les mœurs dépravées de l'Église et de la noblesse; le xviiie siècle, 1789-92, ces années sanglantes qui virent tomber les têtes les plus hautes, sous le couteau de la guillotine, avec le sourire sceptique de Voltaire sur les lèvres, où le marquis de Sade écrivit ses obscénités sanguinaires, dans les pages souillées de boue et de sang, de Justine et de Juliette; et le xix*" siècle, 1873, où Zola, au lendemain de nos désastres patriotiques, donna en pâture aux vaincus découragés, les trompeuses et honteuses satisfactions d'une immoralité ordurière. Ces trois écrivains, aux fronts stigmatisés du timbre de lérotisme, sont les produits des hontes fangeuses de leurs siècles. Comme Vénus est sortie
lie récmiK! de la mer, ils sont sortis de légout des crimes et des voluptés ordurières.
L'Arétin, de Sade et Zola, ou Etude sur l'immoralité littéraire aux xvi", xviii* et xix*^ siècles, ouvrage (juejai annoncé dans le Collaborateur illustré, répondait à ces études sotadiques. Mais, comme on ne lit pas l'Arétin, enveloppé dans l'italien comme dans une triple cuirasse; très peu de Sade, que défendent sa rareté et l'élévation de son prix, mais qu'on lit beaucoup Zola, qui sollicite, à prix réduit, toutes les bourses et tous les apj^étits curieux, j'ai cru plus utile à nos mœurs, de le mettre, seul, à nu, en face de ses admirateurs et de ses amateurs. Quand les rues sont mal tenues et que les égouts mal nettoyés répandent leurs miasmes dans la ville, on se plaint de l'insalubrité publique, on crie contrôles négligeuces de l'administration, ne doit-on pas assainir, avec le même soin, la littérature malsaine? La santé morale a-t-elle droit à moins d'intérêt et de précautions que la santé physique? Les médecins signalent tous les jours les dangers de l'alcoolisme et des mauvaises odeurs ; pourquoi le psychologue et le philosophe hésiteraient-ils à percer, de leur plume sévère et impartiale, les bubons contagieux des érotomanes qui sacrifient les mœurs jinbliques à leur vanité et à leur avarice? Que d'écrivains ne doivent leur vogue et leur succès qu'à leurs livres spécialement et particulièrement épicés! Toute littérature erotique est dangereuse, mais, elle fera d'autant plus de victimes, (pielle sera ])lus répandue et (jue. par sa trivialité
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licencieuse, elle sera plus à la portée des masses. Non seulement, le peuple, peu familier avec les galanteries savantes, mais les gens du monde, afTriandés par les canailleries dune débauche crapuleuse, lisent, avec ardeur et fièvre, les romans naturalistes. C'est ainsi que s'explique le grand tirage de YAssomrjioîr, de la Terre, de Germinal, de Nana : ils sont beaucoup lus parce qu'ils sont plus crus que les autres. Dans tous les livres de Zola, en dehors dun langage excrémentiel et de nombreux passages scandaleux, qu'y a-t-il? sinon des descriptions et des citations extraites de Roret, de Joanne, de Claude Bernard, de Denis Poulot, de Boissier, de Pétrone, d'ouvrages scientifiques et spéciaux? Bien que Zola ait prétendu qu'il ne lisail pas, il n'existe pas une ligne, dans son œuvre, qui ne rappelle au souvenir d'un lettré ou d'un érudit. un auteur plus ou moins pillé par lui.
Mais, de même souvent qu on s'occupe plus du torrent, né d'un orage, qui emporte dans ses eaux fangeuses les maisons, les arbres, les troupeaux, les moissons et les hommes, que de ses victimes; ainsi, ne voyant que l'ensemble colossal de l'œuvre de Zola, on oublie tout ce (px'il a enlevé, dépouillé, arraché violemment, pour grossir son torrent littéraire, et on le félicite indirectement d'avoir fait l'honneur aux spoliés de leur prendre leur bien. Quand, la critique future aura fait, avec indépendance, la part de son succès de mauvais aloi, il ne restera à l'acquit de ce compatriote de l'Arétiu ([uc
- i4deux mauvaises actions : d'avoir, dans ce qu'il a de mieux, plagie ses contemporains, et, dans ce qu'il a de pis, peint et exagéré les mœurs honteuses les plus viles de notre époque. Les amis et les admirateurs d'Emile Zola s'extasient trop devant sa fortune, et ne lisent pas assez ses livres : ils mettent l'aulinn* à la place de son œuvre. Pauvre, il ne serait i)as lu; riche, on dévore ses livres. Mais, dit-on. il a été pauvre, très pauvre, et pourtant il n'y a, en littérature, de succès que pour lui. Aujourd'hui, oui. Mais, avant V Assommai?', qui l'a lancé (et qui est bien plus l'œuvre de Denis Poulot, l'auteur du Sublime, que la sienne), il avait écrit les Contes à Ninon. la Confession de Claude, Thérèse Raquin, les 3I)-sfères de Mcwseille, était-il connu, se vendaitil? Non. 11 avait essayé, pourtant, de la note galante; mais, comme elle n'était pas suffisamment épieée, qu'elle ne sentait pas encore assez l'odeur du ruisseau, rien ne se vendait; son éditeur, Lacroix, ne faisait pas même ses frais.
Un auteur arrive rarement au succès près de ses contemporains, par son talent et surtout son génie ; s'il réussit, il le devra à une cause accidentelle, à un scandale presque toujours. Voyez seulement ce xix" siècle, qui a produit plus d'écrivains, en tout genre, que n'en ont vu les quatre précédents, si riches en célébrités littéraires, historiques, etc. ; combien en reste-t-il de cette légion d'illustrations contemporaines? (hie sont devenues toutes ces renommées <pii soulevaient tant de bruit autour
d'elles? A part, cinq ou six figures qui domineront ce siècle, et quelques autres, presque effacées, qui s'éclaireront d'un rayon de leur gloire, où iront toutes ces réputations surfaites, emportées et disparues comme des feuilles légères?
Voilà, je ne veux pas étaldir de comparaison, je me contente d'un simple rapprochement ; qu'ètesvous, à côté de Charles Nodier, de Paul Lacroix, de Gérard de Nerval, d'Eugène Sue, de Frédéric Soulié, de Beyle, de Mérimée, de George Sand, de Jules Sandeau, d'Octave Feuillet, de Paul Féval, etc., je choisis, ceux-là de préférence à tous autres, parce qu'ils sont moins loin de vous, et néanmoins, qu'écrit d'eux la presse et qu'en pense le public?
Personne n'a été plus habile qu'Edmond de Concourt pour se faire une bonne publicité : vivant, tous les journaux le louaient; mort, tous le discutent; enterré, personne n'en parle plus. Comptezvous sur plus de partialité ? Si quelque chose vous sauve de l'oubli et vous mène au seuil de l'immortalité, ce sera ce qui perd les autres et vous perd vous-même : l'immoralité de vos livres.
Que pense Zola de lui-même et de ses écrits
Je ne peux toucher à Zola sans que ses amis et lui ne m'accusent d'envie, de partialité, de lèse-littérature, voire même de servilité complaisante: ils
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poussent rinipcrtinencc jusqu'à me représenter le valet à loul faire de l'Académie. C.omme si elle avait l)esoin de moi pour délondrc son honneur, ou (pic j'eusse besoin d'elle pour me <lévoiier à celui des lettres. Ce procédé est peu liltéraire : ou je dis fnu.\\ ou je dis vrai. Si je dis J'aiix, qu'ils relèvent mes erreurs, qu'ils réfutent mes allégations; mais si je dis ç>rai. qu'importe qui je suis et ce que je suis: pauvre, publiciste ou libraire? La vérité reste toujours la vérité, indépendante de celui qui l'écrit. L'essentiel est, en lui donnant toute sa force et tout son éclat, de la présenter comme elle le mérite.
Zola ne le comprend pas et ne l'entend pas ainsi ; du moins, l'article paru dans le Figaro, vendredi a8 février 1896, sous le titre : Le Crapaud, m'autorise à le penser. Il en ressort, en elfet, dans un style forcé et martelé à froid, avec une rage concentrée, deux faits : l'oulili de ses critiques acerbes, publiées contre ses confrères, et son désespoir bilieux et grossier contre les critiques, que lui administrent un peu vertement, chaque jour, les journalistes et les écrivains. Il était heureux de mordre, mais il est bien plus malheureux d'être mordu. Il crache toute sa colère naturaliste et toute sa haine orgueilleuse contre l'article hcte. contre l'article empoisonné et contre ï article fou. Il est riche, il est célèbre, il est le roi des écrivains du jour, et, l'article bote le déclare idiot, l'article empoisonné le signale comme impuissant el plagiaire, et l'article
fou le marque au Iront du stigmate d'immoralité. Ce crapaud d'hier, ce crapaud d'aujourd'hui, il déclare qu'il l'avale avec l'empressement d'un malade, qu'il le hume comme un remède nécessaire à sa vigueur, à sa santé et à sa joie, et qu'il attend avec impatience le crapaud tle demain.
Maître, en voilà un.... crapaud, choisi soigneusement dans votre laboratoire littéraire. Comme, personnellement, je ne vous veux que du bien, je souhaite qu'il vous entretienne en vigueur, en santé et en joie, et qu'il aide à prolonger longuement votre vie. « Car, dites-vous, le jour oîi mon crapaud me manquera, c'est que ma fin sera prochaine, et que ma dernière bonne page sera écrite. » Si, pour vivre longtemps et écrire de bonnes pages, il ne lui faut tous les jours qu'un nouveau crapaud, il peut être sûr, tant qu'il écrive, ([u'il vivra plus longtemps que ses livres. L'Académie, les journalistes et les critiques le fourniront copieusement de crapauds; il. n'aura que l'embarras du choix.
L'Académie, pour sa part, lui en doit une sérieuse provision, pour cet entrefilet, qu'il écrivait en i86g. dans la Tribune : « L'Académie est de nouveau en mal d'académicien. Les couches, dit-on, seront conduites par M. Guizot. Je désire qu'elles soient des plus laborieuses.
« On a tout dit contre cette vénérable Académie qui mourra un jour au milieu dune quinte de toux. Le mieux serait de se déclarer satisfait à chaque liomme médiocre qu'elle appelle à elle. Quand les
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quohiucs écrivains do mérite qu'elle renferme encore n"v seront plus, il deviendra aise de la tuer dune chiquenaude.
« MM. Miclielet et Littrc ont compris cela. Ils se gardent bien de se présenter. »
Pour cette couleuvre, d'autres diraient pour cette vipère, car c'était plus qu'un crapaud, croyez-vous que l'Académie vous doive un plat d'écrevisses.... en cabinet particulier? A cette pauvre \ieille maquillée, ridée et toussante, il faut l'infusion d'une autre littérature que la vôtre, corrompue et tarée, pour 1 allcrniir contre les chiquenaudes et les coups de pied au derrière.
Un passage pris dans le roman expérimental : l'Argent clans la littérature, page i88, accentue, par sa verve satirique, les droits que se réservait, dès cette époque, Zola, à l'indulgence complaisante de l'Académie : « L'Académie a cessé d'exister, j'entends connue force et comme influence dans les lettres. On se dispute toujours âprement les fauteuils, de même qu'on se dispute les croix, par ce besoin de vanité qui est en nous. Mais l'Académie ne fait plus loi. elle perd même toute autorité sur la langue. Les prix littéraires qu'elle distribue ne conqîtent pas pour le public; ils vont le plus ordinairement à des médiocrités, ils n'ont aucun sens, n'indiquent et n'encouragent aucun mouvement. L'insurrection romantique s'est produite malgré l'Académie, qui plus tard a dû l'accepter; aujourd'hui le même fait est en train de se produire pour l'évo-
lutioQ naturaliste : de sorte que l'Académie apparaît comme un obstacle mis s.ir la voie de notre littérature, que cha([uc génération doit écarter à coups de pied ; après quoi l'Académie se résigne. Non seulement, elle n'aide à rien, mais elle entrave, et elle est assez vaine et assez faible pour ouvrir les bras à ceux quelle a d^ abord voulu dévorer. Une institution pareille ne saurait donc compter dans le mouvement littéraire d'un peuple: elle n'a ni signification, ni action, ni résultat ([uelconque. »
Sur ce, Messieurs de lAcadémie, concluez! Si, non seulement il vous faut im régime suivi de cliiquenaudes. mais encore une gymnastique énergique de coups de pied.... quelque part, faites- vous servir, l'homme aux crapauds vous fera les honneurs de son remède.
Un écrivain, considéré comme arrivé, ne manquera jamais de publicité, mais si jamais, par impossible, les journalistes et les critiques faisaient silence autour de ses livres, ce dont il ragerait encore plus que d'être contesté, il n'aurait pour entretenir les nécessités de son hygiène, qui exige l'absorption joiuMialière d'un crapaud, qu'à s'avaler lui-même, je veux dire qu'à s'administrer sa littérature.... crapaudine.
Aucun crapaud si pustuleux, si verdâtre, si gluant qu'il puisse être, ne vaudra les pastilles d'ambroisie qui se dégagent de son naturalisme et qui lui donnent à r avance le divin ffoût de l'immortalité. Quel crapaud que ce crapaud dont il savoure si béate-
mont les (loiiconrs ! Avaler, humer, déguster avec tant (le joie un crapaud clia(|uc malin, et se sentir encore un estomac assez vigoureux pour digérer un fauteuil, quel appétit phénoménal!
Ces lignes et ces mots soulignés sont de Zola ; lui seul pouvait s'accorder ces fantaisies littéraires, (piil eût été injuste et inconvenant de lui prêter : eu i que suum.
Ses livres ne sont pas immoraux parce qu'il a du talent et qu'il écrit pour les siècles
liien cpie ses livres moralement, littérairement et linguisticpiement, ne sentent pas bon. il a la prétention, sous le prétexte d'écriture artiste, d'étude du document humain, de servir, avec l'étiquette de naturalisme, un genre de littérature qui est une insulte à la pudeur publique. Zola, est-il le produit des nuTPurs fangeuses de notre époque, ou nos mœurs sont-elles la résultante ordui'icre de ses o'uvres? (l'est une (jucslion psychologique dont j'ai cherché la solution dans le Naturalisme, ou r Immoralité liltéraire : Zola, Ihoniuie et l'œuvre. Mais pour ceux qui n'ont pas lu cette étude critique, je reproduis ce passage du Roman expérimental, page 366, qui les fixera sur ce que pense Zola de l'immoralité.
« Spéculation ignoble, école de perversion, disent les confrères indignés. Mon Dieu, je voudrais bien \ oii- un autcnr (pii refuse à ses clients ce que ceux-ci
lui demandent. Par ces temps (V aplatissement aux pieds du public, la littérature nest-elle pas une inimcnse Jl a g orner ie à l'adresse des lecteurs? En. politique, en littérature, en art, où est donc la feuille qui se i^lante au milieu de la route et qui résiste au grand courant de la sottise et de l'ordure humaines? Puisque toutes les folies, puisque tous les appétits ont des organes, pourquoi donc la polissonnerie nAUvait-ellc pas le sien? On croirait vraiment que la morale ne réside que dans notre pudenduni.... On maccuse carrément de faire mai tourner le siècle ; pourquoi ne dit-on pas aussi que j'ai inventé le vice? Les écrivains de race, qui ne se demandent pas une seconde si les femmes rougiront ou non, n'écrivent que pour une classe, //*> ont l'ambition d'écrire pour les siècles. Les convenances, les sentiments produits par l'éducation, le salut des petites filles et des femmes chancelantes ; les règlements de police et la morale patentée des bons esprits, disparaissent et ne comptent plus. Ils vont à la vérité, au chef-d'œuvre malgré tant, pardessus tout, sans s'inquiéter du scandale de leurs audaces. Les sots qui les accusent de calcul ne sentent pas qu'ils ont l'unique besoin du génie et de la gloire. Et lorsqu'ils ont mis debout leur monument, lafoule béante les accepte dans leuv nudité superbe. comprenant enfin. Je ne souhaite de la morale à personne ; mais je souhaite même à mes adversaires beaucoup de talent, ce qui serait beaucoup plus agréable pour nous.... On est très coupable quand