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ACROBATIE ACADÉMIQUE

Zola — Voyons, Rarahu ! laisse ça tranquille. Tu vois bien que c'est tropl fort pour toi.

Caricature de A. Vignola (te Triboulet, 17 avril 1892). I

J^arahu c'est Pierre Loti qui s'escrime à soulever les oeuvres de Zola, alors! que, allègrement, Zola tient en équilibre le mince bagage de celui qui devais pourtant réunir tous les suffrages de l'Académie.

en avant, faisant jouer ses biceps, retroussant ses manches, se préparant « à flanquer une gaffe à la gueuse », ou bien en pitre battant la grosse caisse devant l'hôtel du 26 de la rue Drouot — ce « g ros 26 »

si souvent violemment pris à partie par tant de gens qui ne désiraient, au fond, qu'une seule chose : y en-

Caricature de Maurice Marais, pour la Quinzaine humo- Iyqj* et Surtout V

ristique (Chronique amusante, 4 août 1892). ' ' "

rester (i). On s'ingéniait contre sa « papauté littéraire » ; contre son « césarisme politique » ; Carjat , l'inénarrable Etienne qui, sur

(1) « Au lieu d'aller au Gil Bios, Zola rentra au Figaro, quitté par lui en 1867. Il y a toujours eu en lui un peu du missionnaire, du convertisseur. Et il était décidé à passer par-dessus toute autre considération, pourvu que sa voix portât plus loin, parmi les couches d'un public qui ignorait encore ses idées ou qui ne les connaissait que par ouï-dire. D'autre part, sa vieille démangeaison critique le prenait devant la politique. Après la littérature — après l'art, après le théâtre — il croyait devoir porter sa méthode dans un nouveau champ d'observation. »

C'est ainsi que Paul Alexis explique la rentrée de Zola au Figaro en 1880, et j'estime que cette manière de voir répond admirablement à l'état d'âme du maître écrivain à cette époque.

Emile Zola préparant les matériaux de sa prochaine œuvre : Un Sacré roman/

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE l83

des corps d'Auvergnats ou de Savoyards, s'amusait à coller des têtes de Zola, allait répétant partout :

Et s'il vient un second Deux-Décembre, Polyte sera Empereur.

Au-dessous du portrait- charge dessiné par Hope et reproduit ici (voir page 99) se lisaient en tête de la biographie du caricaturé les lignes suivantes : « Depuis quelques années, il se fait grand tapage autour du nom d'Emile Zola; ce tapage réjouit fort l'écrivain tellement assoiffé de renommée qu'il n'a pas hésité à abandonner ses amis et à renier ses opinions pour entrer au Figaro, où il se livre à un perpétuel dénigrement de tous ceux que le public aime ou vénère ; tout cela pour attirer sur lui l'attention, car, en réalité, il a trop de talent et d'esprit pour ne pas se rendre compte, tout le premier, de la fausseté de ses appréciations. » Et on ne lui faisait pas seulement un grief de son amour du bruit et de la réclame; on l'accusait , encore , ouverte ment d'avoir un faible pour les gros sous. Et ça se dit républicain! lit-on audessous de la caricature de Hixqui le repré-

LE RÊVE, DE M. EMILE ZOLA Caricature de Caran d'Ache (le Figaro, janvier 1889),

lient à la tradition, Zola part valide et revient béquillard.

M. Zola s'entêtant à vouloir passer par une porte juste assez large pour laisser passer les malingres. (La Quinzaine humoristique, par Maurice Marais, la Chronique amusante, 19 janvier 1"

sente allant toucher son mois à la caisse du Figaro ; tandis que Gill, luimême, semblait vouloir se retourner contre celui qu il avait d'abord soutenu, le félicitant d'avoir si bien « scalpé le monde impérial » .

Les luttes littéraires d'écrivain à écrivain, les luttes du maître avec quelques-uns de ses anciens disciples, le

fameux Manifeste des Cinq (août 1887), les violents attràpages avec la censure et certains personnages politiques, tels Floquet et Goblet, n'intéressèrent pas tous au même degré l'imagerie caricaturale. Les crayons retinrent plus par-

LES HOMMES DU JOUR M. Emile Zola, par Georges Hem.

(La Chronique amusante, 5 octobre 1893.)

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