BUSTE DE ZOLA A MEDAN, PAR CHARMOY
Carte postale publiée parle Comptoir parisien d' Èdiiions photographiques.
Les mains ! Peut-on prononcer ce mot, sans voir aussitôt surgir devant soi l'œuvre incomparable d'Holbein, dans toute sa prodigieuse fécondité, et le fameux portrait d'Erasme, au Louvre, dans sa puissante individualité ?
Les mains! vous pouvez les voir apparaître sur la plupart des portraits de Zola ici reproduits, d'abord larges et petites, ce semble, telles celles du portrait de Manet, — puis plus affinées, comme dans la photographie où Zola passe son bras sur l'épaule de Mme Zola; d'abord grasses, grassouillettes comme des mains épiscopales, puis plus allongées comme des mains d'abbé galant. Cependant il ne faudrait point conclure à un Zola aux doigts minces et effilés, car la main, dans sa caractéristique générale, reste roturière, aux doigts gros, et, pour ainsi dire, emboudinés.
« Front de penseur, main d'ouvrier, » a dit Armand Silvestre en parlant de la pointe sèche de Desboutin (i).
(i) On ne lira pas sans intérêt les quelques appréciations qui ont été portées à différentes époques, de 1879 à 1894, sur le portrait physique d'Emile Zola. Ces appréciations complètent ce que j'ai pu dire ici moi-même.
De M. Edouard Rod, en 1879 (plaquette : A propos de l'Assommoir).
A propos du portrait de M. Zola par Manet :
« L'auteur des Rougon-Macquart a bien changé depuis ce tempslà : il a grossi, ses cheveux sont un peu tombés, mais il a conservé son bon regard, son sourire bienveillant, cet air tranquille et serein qui lui gagnent de suite (sic) la sympathie. » De M. Fernand Xau, en 1880 (plaquette : Émile Zola) : « Physiquement, tout le monde connaît M. Zola. Les photographies qu'on a de lui sont très ressemblantes. Quelqu'un a dit qu'il avait la tête d'un penseur et le corps d'un athlète. Rien de plus vrai. Il y a dans sa physionomie une, expression vague de sincère amertume ou de dédain profond qui serait plus appréciable si des lèvres épaisses, mais exemptes de sensualité, n'avaient quelque chose de cette raillerie brutale qui caractérise certains types italiens. D'ailleurs, il y a, à la fois, du Bavarois et du Napolitain chez lui.