Lanson. loc. cit
fondement documenté qu'une science sé- . rieuse inspire. Qu'est-il donc, et comment le caractériser? Il est jugé dans les lignes suivantes. « Malgré ses ambitions scientifiques, Zola, écrit Lansori, est avant tout un romantique. Il me fait penser à Victor Hugo. Il a un talent vulgaire et robuste, où domine l'imagination. Ses romans sont des poèmes, de lourds et grossiers poèmes. Les descriptions sont intenses, éclatantes, écrasantes, et tournent en visions hallucinatoires : l'œil de M. Zola, ou sa plume, déforme et agrandit tous les objets.
C'est un rêve monstrueux de la vie qu'il nous offre : ce n'en est pas la réalité simplement transcrite. Sa fantaisie effrénée anime toutes les formes inertes:
Paris, une mine, un grand magasin, une locomotive deviennent des êtres effrayants qui veulent, qui menacent, qui souffrent; tout cela danse devant vos yeux comme dans un cauchemar. La pauvreté et la raideur des caractères individuels les inclinent à devenir des ex-
pressions symboliques, et le roman tend à s'orgajiiser en vaste allégorie, où. plus ou moins confusément se déchiffre quelque conception philosophique, scientifique ou sociale, de mince valeur en général, et de nulle originalité. Tout cela est bien d'un romantique, et l'on a pu qualifier de réalisme épique le genre de M. Zola. Des épopées sociologiques, voilà bien en effet ce qu'il a donné, et j'y trouve à peu près autant de document humain que dans les épopées humanitaires delà Légende des siècles. »
Quand on a tant vanté son talent d'écrivain, on a donc exagéré: ses disciples ont fait autour de son œuvre plus de bruit qu'elle n'en méritait. C'est à son génie de la réclame plus qu'à son génie littéraire qu'il dut son étonnant succès. Oui, la réclame et l'obscénité de ses écrits, voilà ce qui lui a valu la gloire honteuse et mensongère dont il s'est naïvement enivré, et le profit plus solide de ses millions. Un Zola plus modeste, moins maquignon, un Zola plus
chaste, — si l'on peut désormais accoupler ces deux mots, — un Zola qui n'eût pas pimenté ses romans d'immondices et d'ordures, un tel Zola aurait été classé parmi les écrivains estimables dont on parle quelquefois, mais qu'on lit rarement.
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