CHAPITRE V
Dans le voisinage des Champs-Elysées, est une petite maison, vrai chef-d'œuvre erotique.
Figurez-vous d'abord un vaste et superbe bosquet où sont rassemblés les plus rares arbustes de toutes les parties du monde.
Des allées, qu'un heureux mais savant désordre a ménagées, n'ont rien ôté à la nature de ces formes originales qui flattent l'œil, émeuvent le sentiment.
Des monticules ont été exhaussés et forment les perspectives les plus pittoresques. Rien surtout n'est admirable comme l'ombrage que procure un massif d'un double rang de superbes hêtres, au milieu desquels est situé l'asile solidaire où vont s'abîmer dans des torrents dt; volupté les couples heureux que r\o<i, tendres kxxihd y rasseJrnblenti
On n'y arrrve qu'à travers un labyrinthe d'allées dont il faut avoir l'itinéraire pour saisir la véritable, qui conduit aux délices. C'est ainsi qu'on appelle le séjour enchanteur.
Un ruisseau limpide serpente avec mille sinuosités et va former un cordon bordé de lilas, de jasmins et de saules pleureurs autour de l'habitation. Un pont-levis, dernière précaution de sûreté, en défend l'accès aux profanes.
Au premier aspect, on s'imaginerait entrer dans une chartreuse. Rien n'y présente qu'un isolement prwfond. On y a même élevé une espèce de clocher. Le bâtiment qui le porte annonce un temple ; on y célèbre, il est vrai, les mystères d'un Dieu, mais ce ne sont pas les mystères du Dieu de la continence. Cet édifice n'est pourtant que l'avant-scène du palais enchanteur que nous essayons de décrire.
L'usage en est abandonné aux agents admis dans la confidence pour y introduire et y
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voir les favorisés personnages que l'on juge dignes d'y offrir l'encens à ]a divinité du lieu.
Plus loin est une rotonde magnifique, portée sur des colonnes de marbre jaspé. Des statues nues occupent les intervalles. Elles représentent tout ce que les imaginations les. plus licencieuses ont enfanté de plus propre à provoquer les amoureuses jouissances.
Les maîtres les plus habiles n'ont pas rougi de consacrer leur ciseau à ces chefs-d'omvre d'obscénité.
Les frontons sont, décorés de guirlandes travaillées avec un fini précieux.
Le dôme est surmonté d'un satyre qui regarde avec une complaisance infinie les prodigieuses marques de sa virilité.
Une jeune nymphe, debout sur la ceinture qui domine le portique, attache à la même partie des yeux enflammés.
Le pourtour est garni d'amants qui lan-
cent des flèches sur tous ceux qui se présentent.
Au milieu du cintre, on lit ces mots, gravés en lettres d'or :