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FRANCE ET BELGIQUE

Les dépôts arenacés qui affleurent presque partout au pourtour du plateau central de la France, au-dessous du calcaire à Gryphées, ont été dès longtemps rattachés au Lias par le plus grand nombre des géologues.

M. de Bonnard, dont les études font encore si justement autorité dans la matière, nous en a, dès 1825, fait connaître la constitution stratigraphique et minéralogique aux environs d’Avallon, de Semur et de Sombernon (1).

Sous le nom d’arkose, le savant géologue nous en montre les assises superposées au granite et recouvertes par les lumachelles à Cardinies qui servent elles-mêmes de base au calcaire à Gryphées.

Sur la rive droite du Serain, néanmoins, près de Toutry (Côte-d'Or), la lumachelle recouvre immédiatement le granite sans aucune trace d’arkose ; mais c’est là un cas isolé et dont on ne peut citer que très peu d'exemples.

Entre Aisy-sur-Serain et Vitteaux, l’arkose passe à un psammite quartzeux ayant toute l’apparence d’un grès homogène.

A Nan-sous-Thil, M. de Bonnard a pu observer dans les couches de ces psammites, quelques empreintes de Trigonies et quelques Peignes. À Marcigny-sous-Thil, des Limes, des Peignes, des Trigonies, des Huitres, etc., et au hameau de Les Davrées, les mêmes coquilles, avec des empreintes d’Astéries, des anneaux ronds et évidés au centre, des tu-

(1) Notice Et Rp js sur quelques parties de la pee (Annales des Mines, t. X, 1825),

bes cylindriques très minces, assez longs et accolés deux à

deux, etc.

A Mémont, près Sombernon, la stratigraphie de cet hori-

zon est plus compliquée. Les assises qui le constituent succèdent à des couches gypseuses avec lesquelles M. de Bonnard semble vouloir les associer.

« Sur le gypse, dit ce géologue, sont des couches d’ar- « giles et de marnes rougeâtres, sableuses et plus ou moins « calcaires, assez semblables à quelques grès bigarrés de « Thuringe, puis des marnes schisteuses, noires fissiles, et « friables, contenant des veinules et des cristaux de chaux « sulfatée et aussi des paillettes de mica. On y remarque « des impressions de petites coquilles peu distinctes, dont « beaucoup cependant paraissent être des Avicules, et une « grande quantité d’autres petites empreintes tout à fait « indéterminables. »

Dans ce terrain se succèdent de bas en haut :

1° De véritables lumachelles ;

2 Des marnes solides d’un gris-verdâtre ou d’un jauneisabelle-rougeâtre

3° Une roche à pâte dure, à cassure fine et d’un gris-verdâtre, renfermant des grains ou cristaux de feldspath et de quartz ;

4 Un grès ou psammite friable, d’un jaune D sale, avec quelques impressions de coquilles ;

D° Puis au-dessus de ces psammites qui ont trois ou quatre mètres de puissance, le calcaire à Gryphées.

Pour M. de Bonnard, les arkoses, les lumachelles et le calcaire à Gryphées sont les trois membres successifs d’une même formation, et cependant, dans ses conclusions, il donne comme probable l'opinion qui présenterait les terrains d’arkose ou psammite et de lumachelles comme représentant « en quelque sorte par extrait, » et le grès vosgien

OU ETAGE RHÆTIEN. 89

et les deux formations connues en Allemagne sous les noms de bunter sandstein (grès bigarré) et de Muschelkalk.

Dans un travail postérieur (1) le même savant signale ce gisement d’arkoses infra-liasiques, sur les bords de la Cure, aux environs de Pierre-Perthuis, à Pouilly-en-Auxois, à Nolay, aux environs d’Autun et de Charolles; à Château- - neuf, dans le Brionnais, dans le Nivernais, etc. Mais de nouvelles observations l'ont conduit à admettre comme possible l’existence d’arkoses de différents âges, et il a soin de prévenir que son mémoire ne s'applique qu’à « l’arkose « qui lie immédiatement les terrains primordiaux cristal- « lins aux terrains jurassiques inférieurs; » ajoutant plus loin que « si des observations ultérieures empêchaient d’ad- « mettre l’analogie géognostique de ces divers grès, il ne « faudrait regarder comme appartenant au terrain d’arkose « que ceux dont l’antériorité aux terrains de marnes et lu- « machelles resterait constatée. »

L'auteur termine en proposant le nom d’arkose du Lias pour les roches gréseuses qui se trouvent comprises entre les marnes irisées et le calcaire à Gryphées.

Cette manière de voir est bientôt partagée par MM. Brongniart, Vol, Élie de Beaumont et aussi par MM. Thirria et Engelhardt; mais, jusque-là et pour longtemps encore, il faut le dire, sans données paléontologiques certaines.

Les Ammonites, les Cardinies et autres espèces citées par ces auteurs dans les roches arkosiennes qui servent de base au calcaire à Gryphées, n’appartiennent pas en effet aux grès inférieurs proprement dits; mais aux zones à Ammonites planorbis ct à Am. angulatus, constituées très souvent aussi par des strates arenacées et des banes gré-

(1) Sur la constance des faits géognostiques qui accompagnent le gisement du terrain d’arkose à l’est du plateau central de la France (Annales des Mines, 2e série, t. IV, 1828).

seux faciles à confondre avec ceux des dépôts inférieurs,

Dans la Haute-Saône, d’après M. Thirria (1), les assises inférieures au calcaire à Gryphées sont généralement formées par une roche « composée de grains de quartz très fin agglutinés par un ciment argilo-siliceux peu abon- « dant. Elle est gris-blanchâtre, jaunâtre ou rougeûtre, « micacée ou rubannée. Les bancs séparés par des lits de « marne schisteuse noire ont de 0" 05 à 0® 70 d’épaisseur et se réduisent souvent en sable. Leur épaisseur totale « est d'environ 40 mètres. Dans le voisinage du calcaire à « Gryphées, le ciment cristallin fait passer la roche à ce « calcaire, et il empâte beaucoup de fossiles de cet étage « (Velmenfroy, Bougnon, Malvillers, Chavannes, etc.); « vers le bas, au contraire, le grès devient schisteux, le « ciment plus argileux, les lits de marne se multiplient et « le grès finit par disparaître au contact des marnes irisées « (Montigny-les-Cherlieux, Rosière-sur-Mance, Contre- « court, etc.) (2), »

M. Leymerie, dans son Mémoire sur la partie inférieure du système secondaire du département du Rhône (3), n’admet pas cette classification pour la région qu'il étudie.

Dans l'opinion de ce savant, les grès doivent être rapportés au Trias, tandis que le choin bâtard et le calcaire à grains de quartz qui viennent au-dessus, constituent un groupe à part, comparable à la lumachelle de la Bourgogne, au calcaire de Valognes et d’Osmanville, en Normandie, et au Lias blanc des géologues anglais, groupe auquel l’auteur propose de donner le nom d’Infra-Lias.

(1) Notice sur le terrain jurassique du département de la Haute- Saône (Mém. soc. d’hist. nat. de Strasbourg, t. 1, 1830).

(2) Extrait emprunté à M. d’Archiac (Histoire des progrès de la Géologie, t. VI, p. 692).

(3) Mém. soc. géol. de France, 1re série, t. II, p. 313. 1840,

FE E La à Lr :

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 91

Parmi les diverses coupes relevées aux environs du village de Limas, près de Villefranche, nous citerons la suivante comme étant l'expression la plus normale de la constitution dé ces dépôts dans le département du Rhône (1) :

4° Calcaire à Gryphées arquées, jaunâtre vers le bas et gris-bleuâtre vers le haut, où il est pétri de Gryphées. Les

- bancs les plus élevés, rougeûtres, sont remplis de Bélemnites (2) ; 25 à 30 mètres ;

2% Macigno et calcaire quartzifère ou calcaire jaunâtre, subgrenu, un peu cristallin, avec grains de quartz plus ou moins abondants (Macigno), passant à un silex grossier, en amendes parallèles à la stratification. Vers le bas la roche est plus friable et renferme des masses calcaires rouge foncé, compactes et cloisonnées ; vers le haut sont quelques fossiles de l’assise précédente, entre autres des Gryphées ; ù mètres ;

3° Choin bâtard ou calcaire gris-jaunâtre, assez cristallin, subgrenu ou compacte, et au-dessous, calcaire gris, un peu marneux, compacte, avec des lumachelles ; 6 mètres ;

4 Grès inférieur gris, quartzeux, grossier, plus ou moins feldspathique, à ciment calcaire de teintes variées, et plus Ou moins solide. Des calcaires rosâtres, magnésiens, en couches peu épaisses et en amas allongés, y sont subordonnés ; 17 à 20 mètres.

Cette série dont les termes se succèdent en conservant entre eux un parallélisme complet repose, en stratification discordante, sur des schistes amphiboliques d’âge indéterminé.

A Chessy, où l’on exploite, à ce niveau, une mine de cuivre très riche, ces grès inférieurs (n° 4) succèdent à des

(1) Mém. soc. géol. de France, p. 321, pl. xxun, fig. 5. (2) Ces bancs appartiennent probablement déjà au lias moyen.

schistes verts satinés ; au Mont-d’Or ils reposent sur le granite, et à la montagne de la Longe sur le granite et le gneiss.

M. Rozet, dans ses Recherches géologiques sur la masse de montagnes qui sépare le cours de la Loire de ceux du Rhône et de la Saône (4), ne nous apprend rien de nouveau en ce qui Concerne la constitution stratigraphique et minéralogique de notre horizon ; mais nous trouvons dans le mémoire de ce savant des données paléophytologiques d’un certain intérêt, et qu’il importe de rappeler ici.

On rencontre assez fréquemment, dit l’auteur, dans les grès du Lias des empreintes végétales qui, suivant M. Ad. Brongniart, appartiennent aux espèces suivantes : Equisetum columnare, Clathropteris meniscioides et Tenionteris vittata. Cette dernière espèce est très commune dans les argiles schisteuses d'Epogny, et le grès du Lias de la Selle, qui renferme une grande quantité de débris végétaux, si mal conservés qu’il est presque impossible de dire de quelles plantes ils proviennent (2).

Nous ne saurions affirmer, il est vrai, si ces schistes argileux et ces grès appartiennent bien réellement à la zone à Avicula contorta, attendu que M. Rozet donne le nom de grès inférieurs du Lias à toutes les strates arenacées comprises entre les marnes irisées et le calcaire à Gryphées.

Mais que ces plantes dépendent de l'horizon inférieur ou des zones à Am. planorbis et angulatus, la conséquence que nous avons à en tirer reste la même, puisque nous trouvons associés dans une même couche l’Equisetum columnare qui, en Allemagne, appartient à la zone du Bone-bed, avec les Clathropteris meniscioides et le Tæniopteris vittata caracté-

(1) Mém. soc. géol., t. IV, 1840.

(2) Loc. cit., p.109.

A hodinner liant de drétér

ristiques de l’Infra-Lias proprement dit, à Hettange, à Neuewelt, près de Bâle, à Cobourg, Blaireuth, Halberstadt, etc.

Nous savons d’ailleurs que le Clathropteris meniscioides a été rencontré jusque dans le calcaire à Gryphées de la Moselle (1).

M. Rozet, que nous ne suivrons pas dans les différentes localités qu’il décrit, classe les grès inférieurs au Lias dans le terrain vosgien, par cette seule considération que c’est une roche arenacée dont la formation annonce une époque de bouleversement dont le terrain vosgien nous offre de nombreuses traces.

Vers la même époque M. Guibal (2) distrait également du Lias inférieur de la Meurthe, les grès qui se trouvent partout compris dans cette région entre le calcaire à Gryphées et les marnes irisées.

M. Fournet va plus loin (3) et parait disposé à ranger dans le Trias, comme il l’a fait dès longtemps pour le choin bâtard, non seulement les grès inférieurs, mais encore les assises de calcaire compacte qui, dans l’Ardèche, sont reconnues aujourd’hui pour appartenir aux zones à Am. planorbis et Am. angulatus.

M. Boyé, au contraire, dans ses études sur le département du Doubs (4), classe ces divers dépôts dans le Lias dont ils constituent, à son sens, la partie la plus inférieure,

(1) Note sur le Lias de la Moselle et sur quelques gisements de végélaux fossiles, par A. Pomel (Bu. soc. géol., 2 série, t. III, p. 659). - (2) Mémoire sur le terrain jurassique du département de la Meurthe (Mém. soc. royale de Nancy, 1841).

(3) Etudes sur le terrain jurassique et les minerais de fer de l’Ardèche (Annales des Sciences phys. et nat. d’agric. et d’indust., Are série, t. VI,1843).

(4) ’Mém. el comptes rendus de la soc. d'Emul. du Doubs, t. WI. 1844,

M. le marquis de Roys, d’un autre côté (4), se fondant sur les caractères pétrographiques du groupe inférieur qu’il a étudié dans les Cévennes, ne lui trouve aucune liaison avec l’Infra-Lias de M. Leymerie, et le considère comme triasique.

Entre Le-Mas-Dieu et Portes, aux environs d’Alais, l’auteur a vu les assises inférieures du Lias venir s'appuyer à stratification un peu transgressive sur les grès inférieurs qui recouvrent, à stratification parfaitement concordante, le terrain houiller à peu de distance de la tuilerie.

M. Marcou (2), guidé par une autre considération, celle de l'absence de tout fossile jurassique au-dessous du calcaire à Gryphées, donne ce terrain comme reposant directement sur le Keuper, dans le département du Jura.

Ce géologue insiste tout particulièrement pour établir que les calcaires infra-liasiques n’ont pas de véritables représentants dans la partie du Jura qu’il a étudiée. Cependant, dans le détail qu’il donne un peu plus loin de la constitution du calcaire à Gryphées, nous voyons tout à fait à la base, au contact de ce que l’auteur appelle les marnes irisées, des assises fossilifères où n’apparaissent pas encore les Ammonites et où abondent les Limes, les Cardinies, les Pinnes et les Pleuromyes, puis, par-dessus, des couches à Am. psilonotus et angulatus, ete. ; puis enfin les Gryphées, les Nautiles et Ammonites de toutes sortes, le tout n’ayant pas plus de 6 à 7 mètres d'épaisseur.

Au seul aperçu de cette succession des espèces dans ce prétendu calcaire à Gryphées de M. Marcou, il devient notoire que si ce géologue n’a vu aucune trace d’Infra-Lias dans le Jura, c’est qu’il n’a pas su le distinguer du véritable

(1) Bul. soc. géol., 2e série, t. II, p. #4.

(2) Recherches géologiques sur le Jura salinois (Bu//. soc. géol., 9e série, t. IL, p. 502, et Mém.,t. III, 1848),

calcaire à Gryphées. Je m'étonne que M. d’Archiac, en analysant les travaux de cet auteur, ne s’en soit pas aperçu (1).

Au-dessous des assises à Am.psilonotus et des lumachelles à Cardinies, au contact des marnes irisées, se remarquent dans diverses localités, et notamment à Boisset, près de Salins, de légers feuillets gréseux avec dents de poissons et de sauriens, appartenant aux genres Hybodus, Thectodus, Acrodus, Gyrolepis, Saurichthys, etc.

C’est conséquemment le Bone-bed le mieux caractérisé, en sorte que, contrairement aux assertions de l’auteur, la série se trouve sur ce point au grand complet, bien qu’assez réduite en épaisseur.

Voici d’ailleurs la succession détaillée de cette série telle qu’elle se compose dans ce département :

Lias 1° Calcaire à gryphées arquées avec Am. Bucklandi. inférieur. ( 2° Calcaires à Am. psilonotus et à cardinies.

80 Macigno Quadersandstein et Schilfsand-

1er groupe.

Etage | 4° Calcaires cloisonnés fétides. . . . ... supérieur / 5° Schisteardoisier etcalcaire àCypricardes du 6 Grès de Boisset. . . . . . .. Press, Keuper. } 7° Marnes argileuses et calcaires, irisées, avec interposition de couches de dolo- | 3e groupe. LS EE SN denses .

2e groupe.

A l’époque où nous sommes arrivés, le classement dans le Trias, du groupe qui nous occupe, semble prendre faveur.

M. Fournet, comme nous venons de le voir, ne se contente plus d’y rattacher les grès inférieurs. Déterminé par certains caractères pétrographiques des calcaires qu'il a observés dans le département de l’Aveyron, à la base du Lias, le savant professeur pense qu’on doit les séparer du

(1) Histoire des progrès de la géologie, t. VI, p. 698,

terrain jurassique et les considérer comme les représentants du Muschelkalk dans le midi de la France (1).

Moins absolu dans sa manière de voir, M. E. Dumas (2) regarde ces assises comme synchroniques de l’Infra-Lias dont elles contiennent les fossiles les plus caractéristiques. Mais ce géologue en sépare les grès inférieurs dont la composition minéralogique lui semble se rapprocher plutôt de celle du Trias.

Ce groupe repose indistinctement sur les schistes talqueux, sur le granite ou sur les couches du terrain houiller, antérieurement disloquées. On l’observe tout autour du terrain ancien des Cévennes, où il forme une bande presque continue et souvent fort étroite, affleurant au-dessous du terrain jurassique.

Ce massif est assez variable dans son développement et sa constitution minéralogique. Cependant on peut dire qu’en général la base est formée par un conglomérat granitique, surtout lorsqu'elle repose sur le granite. Une sorte de poudingue quartzeux succède à ce premier dépôt et est surmonté par quelques assises de grès ou de sable à grains

moyens très quartzeux et feldspathiques. Des dolomies et :

des calcaires viennent ensuite, occupant la partie moyenne du massif ; au-dessus on trouve une alternance de marnes, de sable et de grès, et enfin cette série de couches est terminée, dans quelques points seulement, par des schistes gris-micacés et très onctueux. L'ensemble du dépôt, très inégal dans sa puissance, atteint 80 mètres dans certaines localités et se trouve réduit à 7 ou 8 mètres dans d'autres.

Les fossiles sont rares dans ce terrain et se bornent à quelques débris de tiges végétales et quelques empreintes

(1) Annales de la société d'Agriculture et d’Hist. nat. de Lyon, 1845. (2) Bull. soc. géol. de France, 2° série, t. III, p. 595 (Réunion extraordinaire à Alais, 1846).

és + a k à :

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 97

de petites bivalves indéterminées ; mais on rencontre assez souvent, à la partie moyenne, des amas de gypse plus ou "4 moins puissants et quelquefois, à la partie inférieure, du

minerai de fer, de zinc sulfuré, de plomb argentifère et de manganèse.

A Pompidou (Lozère), l’auteur signale en outre une cou-

che de lignite d'environ 0 30 cent. d'épaisseur, intercalée __ entre deux couches de grès ; mais sans indiquer à quel ni-

veau elle se trouve.

D’après ces détails, il est évident que M. E. Dumas à

. considéré l'ensemble de ces dépôts comme une même for-

mation, sans se douter qu’il pouvait y avoir, au sommet, un terme entièrement distinct des strates inférieures,

Cela est d’autant plus regrettable, que la confusion des diverses assises dans un même tout, enlève une partie de leur signification aux discordances signalées entre ce groupe et les formations supérieures. Rien n’indique en effet que la zone à Avicula contorta, qui constitue probablement la partie la plus élevée de ces assises dites triasiques, soit représentée au sommet des grès, là où l’auteur les trouve en discordance avec les terrains supérieurs.

Quoi qu’il en soit, aux environs de Saint-Hippolyte-le- Fort, sur la route de Lassale, et plus à l’est, vers le Cayla, on observe les marnes supra-liasiques venant butter directement contre ces grès disloqués, soulevés et ondulés. A Pierre-Morte, près Saint-Ambroix, ils sont directement recouverts par les marnes oxfordiennes. Mais ce ne sont là que des accidents très restreints, car l’Infra-Lias se rencontre dans les Cévennes, presque partout où existent les grès inférieurs sur lesquels il repose d’une manière concordante.

Les principaux points où l’auteur les a observés sont : dans la vallée de la Cèze, à Gammal, près Robiac et à Clet ; au-dessous de l’église de Meyrannes, dans la vallée du Gardond’Alais, aux Salles et au Pradel, près la Grand'-Combe.

On le retrouve également au Pradinas et à Major pris L

Mialet.

Dans le département de Saône-et-Loire où, sauf de. rares

"exceptions, la même concordance ne cesse de se produire, M. Manès (1) rattache également les grès inférieurs au

Trias, et il semble en être de même des lumachelles et autres couches inférieures au calcaire à gryphées, dont le

savant ingénieur ne fait aucune mention à la base de la sé-

rie jurassique.

A l'opinion de MM. Leymerie, Rozet, Guibal, de Roys, Em. Dumas et Manès, opinion presque exclusivement basée sur les caractères minéralogiques, nous allons opposer maintenant celle de MM. Dufrenoy et Élie de Beaumont, Jullien Ducos, Ruelle et de Billy, pour lesquels les grès inférieurs réunis au Lias constituent un horizon bien distinct des marnes irisées.

Si nous consultons l'explication de la carte géologique de France, nous voyons qu'aux environs de Moulins (Allier), ces grès sont peu puissants et quelquefois recouverts d’un

calcaire magnésien grossièrement schisteux qui, pour

M. Dufrenoy, est l'équivalent du Lias blanc anglais (2).

Ce calcaire schistoiïde est recouvert immédiatement par le calcaire à gryphées.

Dans les départements du Cher, de l’Indre, et aussi, parait-il, de la Vienne, les grès inférieurs cessent d’affleurer entre l’Infra-Lias proprement dit, et les terrains plus anciens; mais ils sont fréquemment remplacés par des alterhances de marnes et de calcaires de la nature de celles que l'on a rencontrées dans le forage du puits artésien de Sancoins et de Rimbé, dans le département du Cher.

(1) Statistique minéralogique, géologique, etc., du département de Saône-et-Loire. 1847.

(2) Explication de la carte géologique de France, t. WI, p. 259. 1848.

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 99

. Voïci, d'après M. Dufrenoy, le détail de ces couches réduites à l'horizon qui nous occupe, à Sancoins, sur les bords du canal du Berry :

4° Marnes à Gryphées arquées et calcaires

—. argiléux subordonnés. . . . . . . .. . .. . 75% 00 ec. 1% Calcaire argileux très résistant et calmn ion 5 ah 03 55 < 3 Marnés argileuses. . . . . it 28 | - 4e Couche de calcaire argileux très Hbk 18:84 obrMarne blanchätrés st 11 nue, 0 33 16° Calcaire argileux très dur. . . . . : . . 4 00 Dane noire mec] eu 4 uriorare 0 22 18e Calcaire argileux très dur. . . . . . . 4, 2 =19°Marne grise: argileuse. .. . . .:. 1. 0 33 - 40° Calcaire argileux gris clair très dur. . 41 34 11° Marnes grises avec petites huîtres. . .. Q 66 12 Calcaire argileux très dur. . . : .. 4 34 489 Calcaire argileux gris clair. . . . . . 10 90 -144ovCaleaire peu résistant. : . . . . . . . 0 50 15° Marnes noires bitumineuses. . . . . . 0 33 Lou le @ri (CCR TAN ANR AN RE RENE 4 33 17 Plaquettes, calcaires et marnes grises. 1 30 HO Oro tréSrdur 01. ie Sierre à. 0 4 19 Marnes grises et blanches. .. . . . . . 0 19 2 -Orés blanc très dur. : .. . . . . .. 1 33 21° Marne calcaire grise, blanche et jau- A Sepie pr rlotoanloun ture 0 67

22% Roche calcaire blanchâtre et grisâtre

très dure (dolomie liasique selon M. Dufrenoy,

mais friasique à notre sens). . . . . . . . . #'1 44 Alternance de calcaires et de marnes blan-

châtres, grisâtres, rarement verdâtres, for-

mant vingt-six couches, mesurant ensemble. 22 32 Marnes verdâtres, blanchâtres ou bleuâtres

avec calcaires blanchâtres ou jaunâtres subor-

donnés, treize couches, ensemble. . . . . .. 42 50 Argile verdâtre et sable blanc, représentant

pour l’auteur le grès infra-jurassique. . . . . 1 34 Marnes irisées et calcaire blanchâtre (do-

lomie triasique de l’auteur), ensemble. . . . 5 06

Il est difficile ici d’avoir une opinion bien arrêtée sur la division à faire de ces couches et sur le point où il convient de poser la limite entre l’Infra-Lias et le Keuper.Cependant, s’il était permis de hasarder une idée à cet égard, nous dirions que la couche n° 41 à petites huîtres (probablement Ostrea liassica, Strick.) et les couches 12, 43 et 14 nous paraissent représenter les lumachelles de Bourgogne (zone à Am. planorbis) ; que les couches 15 à 21 nous semblent correspondre à la zone à Avicula contorta, et que la dolomie inférieure à ces assises, comme tous les dépôts qui sui-. vent, sont pour nous triasiques.

En continuant de ce côté à longer les contours du plateau central, on voit les arkoses et les grès réapparaître avec le granite dans la Dordogne, où leur constitution stratigraphique et minéralogique est du plus grand intérêt.

A Nontron, la coupe relevée par M. Dufrenoy, présente de haut en bas la succession suivante (1) :

4° Dolomie et psammite altéré avec fossiles assez nombreux, tels que Bélemnites, Pentacrines et Gryphées arquées ;

2 Calcaire magnésien arénifère ;

“x Dolomie passant quelquefois au grès ;

4 Calcaire magnésien arénifère et quartzeux, gris de fumée, devenant jaunâtre ou blanchâtre par l’action prolongée de l’air ;

d° Arkose granitique et quartzeux de quelques mètres de puissance seulement.

(1) Explication, t. 1L, p. 658.

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 101

Granite.

La même série de couches se présente aux environs de Thiviers, puis dans le département de la Corrèze, où, près de Brives (montagnes du Poulx et d’Issandon), les dépôts arénacés inférieurs offrent avec le Trias des exemples de superposition transgressive qui ne laissent à l’auteur aucun doute sur l'indépendance de ces deux groupes (1).

Dans le Lot et l'Aveyron, de Figeac à Villefranche, le grès blanc qui recouvre les marnes irisées, doit également, d’après M. Dufrenoy, être rapporté au Lias (2). Près de Figeac ét à Combecave, où ce grès repose sans intermédiaire sur les roches cristallines, il contient de la baryte sulfatée et alterne dans ses parties supérieures avec des couches minces de calcaire jaunâtre magnésien.

Immédiatement au-dessus de ce grès, on trouve à la Maàdeleine et aux environs de Planiolles un calcaire compacte rempli de cavités et comme carié. Un calcaire jaunâtre terreux traversé de petites veines spathiques le recouvre, puis vient une assise épaisse de calcaire compacte gris de fumée, à cassure esquilleuse que surmontent des couches d’argiles schisteuses noires à Am. Walcotii (3).

Il en est encore de même de Villefranche à Veuzac.

A Saint-Affrique, les grès inférieurs forment une épaisseur considérable. Ils sont recouverts immédiatement par le Lias, dont les premières couches sont très dures et dolomitiques. On y trouve des Gryphées arquées à l’état siliceux (4). À

Entre Rhodez et Espalion, la série complète du Trias, se terminant par les marnes irisées, supporte aussi ces grès

(1) Explication, t. If, p. 135.

(2) Id., id., p. 672.

(3) Id., id., p. 672.

(4) Id., id., p. 692.

que couronne une assise dolomitique paraissant représenter dans toute cette région méridionale l’Infra-Lias PrABré ment dit et même le calcaire à gryphées. ty241

Enfin, il n’en est pas autrement aux environs de Mende,

d’Anduze, d’Alais, ete.

Si nous remontons maintenant, avec l’auteur, à l'est du plateau central, nous retrouvons, entre Villefranche et Lyon, l’Infra-Lias précédemment décrit par M. Leymerie.

M. Dufrenoy, bien entendu, n’admet pas que l’on puisse distraire de cette formation les grès inférieurs au choin bâtard, et il continue à les désigner, dans cette région aussi, sous le nom de grès infra-liasiques. Du reste, il ne nous apprend rien que nous ne connaissions déjà sur la constitution stratigraphique de ces dépôts; mais il en est autrement pour le département de Saône-et-Loire, où, au-dessous du Lias

inférieur de M. Manès, le savant auteur de la carte géologi-

que de France nous montre successivement (1) :

4° Une assise de marne et de calcaire argileux à chaux hydraulique ;

2 Une série de bancs calcaire lumachelle, de nie à cinq mètres de puissance, contenant sur certains points des couches dolomitiques ou du fer hydraté, en nids et en ei. nules, associé à un minerai oolithique ; )

3° Des grès blancs et micacés se retrouvant presque partout au contact des marnes irisées ou des terrains anciens.

Dans la Côte-d'Or la pétrographie est à peu près la même. À Pouilly, arrondissement de Beaune, la coupe reproduite par M. Dufrenoy, d’après M. Lacordaire, domne les renseignements les plus détaillés sur la succession:et la nature des couches depuis les marnes supérieures du Lias jusqu’au granite (2). à

(1 RAR Il, p. 749.

(2) Loc. cit., t. IL, p. 303. Voir aussi de Bonnard, Sur la Codtsfice des faits géognostiques, etc. (Annales des Mines, 2e série, t. IV, 1898).

les.

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