‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 11 sur 168 · C H E T O P T ERE · texte numérisé non relu

C H E T O P T ERE

La cupule dorsale est formée par les deux parties terminales des deux rames dorsales réunies et soudées sur la ligne médiane. Elle est arrondie extérieurement et creusée d’une cavité profonde. Elle fonctionne comme une ventouse et sert à l’animal à adhérer à la paroi interne de son tube. La chose est facile à vérifier en extrayant avec quelques précautions des Chétoptères de leurs tubes.

intestin,.

bande, musculaire

capsule,

dorsale.

rame

dorsale.

muscle .

ventral droit

art.de rame, venir.

lobes vitla, rame vent.

or g. segm. .

et Son or if-

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de la vent. vent.

'(idc de l'or g.

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XIIIe segment vu du cùté droit.

Fig. 332.

Bord latéral d’une des rames en palettes de la région moyenne XVe segment.

XIVe, XVe et XVIe segments (3e, 4° et 5e de la région moyenne (fig. 329). — Les deux derniers segments sont courts et à peu près de même longueur, le premier est beaucoup plus long surtout lorsque l’animal est étendu. 11 est compris entre la ventouse du XIIIe segment et le XVe.

Les appendices de ces trois segments sont semblables. 11 suffit de décrire ceux de l’un d’eux, du XVe par exemple.

La face ventrale porte les rames ventrales réunies et disposées sous forme d’écusson ou de ventouse rappelant celles des segments précédents, mais ici, le bord supérieur est simple et ne présente pas trace de plaques onciales, qui, par contre, sont bien développées sur le bord inférieur. Cette disposition est due à ce que l’écusson est formé uni-

ZOOLOGIE ü E S G U I P T 1 Y E

quement parles lobes internes des rames ventrales. Il est donc l'homologue, contrairement à ce que l’on pourrait penser à première vue, d’une partie seulement des ventouses ventrales des XII0 et XIIIe segments.

La palette dorsale a la forme d’un croissant embrassant le corps de l’animal.

Le bord en est aminci et séparé, sur chaque face, de la partie centrale par un sillon circulaire surtout bien accusé chez les individus traités par les liquides fixateurs.

Sur le bord se voit un bourrelet gaufré qui porte sur les parties latérales un petit mamelon (lig. 329 et 332) garni de plaques onciales qui rappellent par leur forme et leur disposition celles qui existent sur les bords des ventouses ventrales ; ce mamelon représente le lobe externe de la rame ventrale. Il en est l’homologue.

Sur la face inférieure de la palette, de chaque côté, près du bord, existe un petit orilice qui est l’orifice externe de l’organe segmentaire correspondant.

La palette présente dans son intérieur trois cavités : une centrale spacieuse qui correspond à la partie centrale circonscrite par les sillons extérieurs et deux latérales, plus petites, situées sur les côtés. Une cloison incomplète, formée par des brides musculaires, sépare la cavité centrale des cavités latérales (ûg. 336, b).

La cavité centrale n’est autre que la cavité générale fortement dilatée. Les cavités latérales sont les cavités des rames dorsales. Le bord de la palette est donc l’homologue des rames dorsales qui là se sont soudées aux parois du corps par leur face interne (fig. 339).

Région inférieure (lig. 329).

Elle s'étend du

A N X É L T I) E TUBICOLE. — G H É T O P T K R E

XVIe segment jusqu'à l'extrémité inférieure. Les segments au nombre de 27 à 40, le plus souvent d'une trentaine, sont volumineux à la partie supérieure et diminuent progressivement jusqu’au dernier qui porte l’anus. Dessillons transversaux indiquent sur le dos les limites des segments.

Ils sont tous semblables ; il suffit donc de décrire l’un d'eux (fig. 334 b et 339 b).

Chaque côté porte deux rames : une ventrale et une dorsale. La ventrale se compose de deux petits lobes aplatis séparés par une échancrure, le plus près de la ligne médiane est le lobe interne de la rame ventrale , l’autre le lobe externe de la rame ventrale. Le premier rectangulaire est réuni à la base sur la ligne médiane à celui du côté opposé; son bord est garni de plaques onciales à dents dirigées vers la partie supérieure. Le Chétoptère s'en sert pour reculer. Le second est plus large, plus épais et moins saillant que le précédent. Son bord est également garni de plaques onciales, mais les dents sont dirigées vers l’extrémité inférieure ; il sert à l’animal pour avancer. Sur le côté du lobe externe est situé un petit appendice conique qui est un cirrhe.

La rame dorsale, volumineuse, conique et allongée, se dirige sur la face dorsale. Sa face inférieure présente l’orifice de l'organe segmentaire. Elle renferme un faisceau

de soies allongées, flexibles, terminées en pointe qui jouent un rôle de soutien.

A l'état normal, le Chétoptère porte les rames dorsales recourbées au-dessus de son dos. Elles limitent ainsi un espace, sorte de gouttière située sur la face dorsale dans lequel circule le courant d’eau qui traverse le tube. La figure 339 permet de comprendre cette disposition.

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Orifices. — La bouche, l’anus et les orifices des organes segmentaires sont les seuls qui existent chez le Chétoptère, leur position vient d’être indiquée en décrivant l’extérieur.

Gouttières vibratiles (fig. 333, a). — Il existe tout un système de gouttières qui comprend une gouttière située sur la ligne médiane dorsale de la région supérieure,

a, région supérieure vue par la face dorsale, elle montre la disposition des gouttières vibratiles et les nerfs fournis par la bande nerveuse cérébrale. — /?, coupe de l’épiderme grossie environ 400 fois.

laquelle va du bord de l’entonnoir buccal, où elle commence par une petite cupule, à la base des deux grandes rames dorsales du XII0 segment. Là elle se bifurque et se continue de chaque côté en une profonde gouttière située dans la rame correspondante qu’elle parcourt jusqu’à son extrémité libre. Tout ce système de gouttières est garni de cils vibratiles qui déterminent un courant dirigé des extrémités des grands lobes dorsaux vers l’extrémité supérieure de la gouttière médiane dorsale.

Ce système de gouttière a pour fonctions de conduire

ANNÉLIDE TUBICOLE. — CHÉTOPTÈRE 65

à l’entonnoir buccal les fines particules alimentaires entraînées par le courant qui traverse le tube. Il remplit là, une fonction analogue à celle du raphé antérieur chez les Ascidies.

Il existe aussi une gouttière ciliée sur chaque antenne qui la parcourt dans toute sa longueur. Elle a aussi pour fonction de conduire les aliments à la bouche. Ces gouttières antennaires sont plus développées chez certaines annélides voisines, tels que les Phyllochœtoptères.

Téguments. Luminosité. Cavité générale. Musculature. — Les téguments (fîg. 333, 6), remarquables par leur transparence et leur grande délicatesse, sont formés de deux couches : l’épiderme et le derme.

L’épiderme est composé de cellules épithéliales et de glandes unicellulaires. Les cellules épithéliales allongées, souvent ciliées, ont un noyau -situé près de l’extrémité libre ; la cuticule est toujours très mince. Les glandes unicellulaires sont répandues sur toute la surface de l’animal.

Disséminées parmi les cellules épidermiques, elles sont en certains points presque aussi nombreuses que celles-ci. Elles s’en distinguent par leur volume plus considérable, leur contour réfringent et leur gros noyau qui peut occuper des positions variées. Elles abondent sur l’entonnoir buccal, la face dorsale de la région supérieure, le bord des rames en palettes de la région moyenne, et presque uniformément sur toute la région inférieure. Elles sécrètent le mucus parfois si abondant qui recouvre l'animal à l’état frais et qui, en se solidifiant, forme le tube qui lui sert d'abri.

Luminosité. — Le mucus abondant, transparent et filant, est lumineux. Celte luminosité est parfois si accusée que l’animal tout entier brille dans l’obscurité et projette des lueurs qui éclairent les objets environnants d’une vive lumière.

Cette propriété est encore plus accusée lorsqu’on plonge ces animaux dans un liquide irritant (liquides fixateurs). La lumière émise est alors plus considérable ; c’est un embrasement général, mais de courte durée. La lumière émise présente les mêmes propriétés que celle fournie par la plupart des autres animaux lumineux. Elle est identique en apparence à celle des Elathérides et des Pholades, bien étudiée par R. Dubois1. Tant qu’il reste renfermé dans l’enveloppe cellulaire, le mucus n’est pas lumineux, mais il le devient dès qu'il est rejeté à l’extérieur.

Au-dessous de l’épiderme est situé le derme, constitué par du tissu conjonctif et des fibres musculaires. C’est de la face profonde du derme que partent les nombreux tractus et les minces lames qui réunissent les viscères aux parois du corps.

Cavité générale. — Spacieuse, elle s’étend d'une extrémité à l’autre. Elle est divisée par des cloisons bien développées dans la région supérieure, minces dans la région inférieure et rudimentaires dans la région moyenne. Elle est tapissée par une couche endothéliale, à cellules aplaties et à bords irréguliers.

1 H. Dubois. Contribution à l'étude de la production de la lumière par les êtres vivants (Bull, de la Soc. zool. de France, 1886). — G. R. Acad. d. sc., t. GV, 1887, p. 690. — Monographie de la Phollade.

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