‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 122 sur 168 · DEÇA P 0 D E · texte numérisé non relu

DEÇA P 0 D E

LA SÈCHE

elle veut masquer sa fuite devant un ennemi qui se trouve ainsi aveuglé par le nuage noir au milieu duquel il ne peut plus s’orienter et derrière lequel la Sèche, devenue subitement incolore par la fermeture de ses chromatophores, s’échappe en faisant un habile crochet. C’est en mêlant quelques gouttes de son encre à l'eau qu’elle projette violemment par son siphon qu’elle utilise ce curieux moyen de défense.

Appareil circulatoire. — La description de cet appareil sera très succincte, car on trouvera de nombreux renseignements complémentaires à propos des divers organes.

Le cœur est formé d’un ventricule ovoïde allongé, recourbé en croissant, situé vers le milieu de la masse des viscères; il reçoit le sang de deux grosses oreillettes, ayant à peu près la même forme que lui (fîg. 583, Or.), qui ne sont que les dilatations des vaisseaux efférents des branchies. L’une débouche dans le ventricule un peu au-dessus de l’autre. Ces diverses poches sont musculaires et contractiles, et l'on trouve, à l’intérieur, des valvules au point d’entrée des oreillettes dans le ventricule.

Ce cœur est enveloppé par une portion de la poche péricardique dont il sera question plus loin. Il se continue directement en haut, après un léger rétrécissement contenant une valvule, par une grosse aorte (aorte céphalique, Ao. c., lig. 583) à parois épaisses qui monte vers la tête, sous la coquille dorsale. Elle donne en chemin des artères qui se rendent au foie (lig. 570), à l’intestin, à ses annexes et au manteau. Au niveau de la base du crâne cette aorte se divise en deux branches dont les rameaux principaux

se dirigent vers l'axe des dix bras, qu'ils parcourent dans toute leur longueur ; ils donnent en outre des branches (dont certaines traversent le cerveau entre les ganglions pédieux et viscéraux) qui vont aux organes des sens, au crâne, au bulbe buccal (fig. 580), etc.

De la partie inférieure du cœur sort une autre aorte

Ao.c.

A. a, aorte antérieure. — Ao. c., aorte céphalique. — Aor. post., aorte postérieure. art. fjén., artère génitale. — Or ., oreillettes.

plus petite (aorte abdominale ou postérieure) qui se ramifie dans les organes génitaux, la peau et les muscles de la région postérieure du corps.

•De la région médiane du ventricule partent deux artères plus petites, l’une supérieure (d. «.), l’autre inférieure allant aux organes génitaux (fig. 583, art. gén.).

Les contractions du cœur sont très énergiques ; elles chassent un sang coloré en bleu par de Yhémocyanine (homologue cuivrique de l’hémoglobine ferrique des Ver-

LA SECHE

tèbrés), contenant des globules nombreux, et pouvant, une fois extravasé, se prendre en un caillot transparent. Les organes contiennent enfin un riche réseau de capillaires et de lacunes veineuses.

Le système veineux est formé de veines et de sinus. L'organe veineux central est constitué par un gros vaisseau superficiel, sous-cutané, ventral, s’étendant depuis le siphon j usqu’au niveau du ventricule. C’est la grandeveine , veine céphalique, ou veine cave supérieure (fig. 589 el 590, V. c.). En bas elle se bifurque et dans la fourche vient aboutir la veine abdominale ou veine cave inférieure (fig. 590, V. ah.); chacune des deux branches de la grande veine reçoit d'autres vaisseaux provenant du manteau, de la région génitale et postérieure du corps. Tous ces gros troncs veineux fusionnés et pour la plupart contractiles se dirigent vers la base de la branchie correspondante, où ils pénètrent après avoir traversé une double masse glandulaire partiellement contractile, appelée cœur veineux. (Voy. aux chapitres spéciaux la description de ces organes.) En outre ces veines centrales se recouvrent de villosités (fig. 589 et 590) externes qui ne sont autre chose que les organes urinaires qui seront étudiés plus loin.

La grande veine médiane provient d’une sorte desinus annulaire péribulbaire dans lequel viennent se jeter les veines provenant des bras où elles collectent le sang sur la face ventrale. Les veines diverses provenant des organes céphaliques profonds ou superficiels ainsi que des viscères du voisinage se rendent également dans ce sinus.

D’autres lacunes veineuses, plus ou moins nettement délimitées, entourent les viscères abdominaux etcommu-

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niquent en haut avec le sinus annulaire, en bas avec les veines afférentes branchiales.

Appareil respiratoire. — Lorsque l’on ouvre la

Fig. 584.

Deux lames branchiales de Sèche écartées pour montrer

leurs insertions.

A[‘. , vaisseau afférent branchial. — Ef. , vaisseau efférent branchial. — La , vaisseau afférent de la lame branchiale. — Le, vaisseau efférent de la lame branchiale. — /,. B . , lame branchiale plissée. — PL v, vaisseaux afférents des plis pectinés. — Vn. vaisseaux nourriciers de la branchie. — H., glande branchiale. — Tr., trou branchial.

cavité palléale de la Sèche, on voit, de chaque coté, deux grands organes en forme de panache , insérés vers le

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