‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 88 sur 168 · G A S T E H 0 P 0 DES · texte numérisé non relu

G A S T E H 0 P 0 DES

LE TROQUE

blanc rosé chez le male : c’est du reste la seule différence apparente entre les deux sexes.

La glande est un vaste sac traversé par des trabécules et tapissé par l’épithélium génital. A la maturité sexuelle elle est remplie de spermatozoïdes ou d'oeufs à tous les états de développement. L'histologie détaillée de cet organe n’a pas été faite.

Lors de la reproduction, les produits génitaux tombent dans la cavité du rein droit b M. Pelseneer1 2 3 a annoncé avoir découvert un orifice permanent, faisant communiquer ces deux organes, et situé sur une papille du côté droit du rein en avant de l'extrémité antérieure du péricarde.

Nous avons figuré très schématiquement les rapports du rein, du péricarde et de la glande génitale dans la figure b()7, A.

M. Bêla Haller :{ conçoit tout autrement les rapports de ces organes (fig. 507, B) ; pour lui il n’existe qu’un seul rein (notre rein droit). Le sac papillaire (notre rein gauche) en est le canal excréteur : il décrit et figure une communication entre ces deux organes. Le canal réno-péricardique s’ouvrirait dans la cavité commune à ces deux organes dans une situation très différente de celle que nous avons retrouvée après v. Erlanger.

1 Pelseneer. Recherches sur clivera Opisthobranches (Mémoires couronnés Acad. roy. de Belgique, LUI, f. 4, 1 894, pl. XXV, fig. 224, X).

2 Pelseneer. Les reins , les glandes génitales et leurs conduits dans les Mollusques (Zool. Anzeiger, XIX, 1896, p. 141).

3 Bêla Haller. Untersuchungen über marine Rhipidoglossen , I (Morph. Jahrbuch. , IX, 1884, p. 28, note). — Beitrage zur Kenntnis der Niere der Prosobranchier (Morph. Jahrb., XI, 1886, p. 21 et 26, et fig. 26 et 28, pl. III, et Studien über lJocoglosse und Bhipidoglosse Prosobranchier nebst Bemerkungen über die phyletischen Beziehungen der Mollusken untereinander (Leipzig, 1894, notamment p. 121-122 et pl. X, fig. 113).

Enlin l’orifice que l’on décrit comme celui du rein droit serait

celui de la glande génitale qui ne communiquerait pas avec le

rein. Mais il est facile de se convaincre par des coupes transversales que l’orifice droit est indiscutablement celui du rein droit et le fait que l’on observe des produits génitaux dans ce rein démontre la communication de cet organe avec la glande génitale.

Développement. — Il n’y a pas d’accouplement ;

Développement. — p , pied. — Tous les stades à partir de la ligure G

sont vus par le côté gauche.

les spermatozoïdes sont émis directement dans l’eau ambiante ; les œufs sont pondus isolément chez certaines espèces, chez d’autres en chapelet, noyé dans une masse glaireuse.

GASTÉROPODES

LE TROQUE

Le fait le plus important du développement est qu’il permet de suivre sur le vivant la torsion si caractéristique dont le système nerveux et même le tube digestif et l’aorte nous ont montré des traces.

Après une segmentation et une gastrulation incomplètement étudiées, le voile, le pied, la glande coquillière apparaissent. Alors se produit une courbure exogastrique : l’extrémité postérieure de l’embryon (futur sac viscéral) commence à se courber vers le dos. Ce n’est que lorsque la coquille a déjà pris une forme légèrement nautiloïde, indiquant un commencement d’enroulement, que la torsion se produit de droite à gauche (lig. 508). Elle a lieu en quelques heures et l’opercule se montre avant qu’elle ne soit entièrement achevée. Ensuite le voile se réduit; les yeux, les tentacules apparaissent dans son champ. Les tentacules épipodiaux se forment d’avant en arrière et les papilles qui couvrent les tentacules apparaissent une à une.

Les deux systèmes de torsion que peut subir un Gastéropode apparaissent donc ici nettement et indépendamment l'un de l’autre : 1° enroulement du sac viscéral, 2° torsion de la partie postérieure du corps par rapport à la tête et au pied qui restent symétriques l.

Place dans la classification. — Les Troques présentent avec les liai io tides et les Fissurelles des rapports très étroits : un épipodium, ganglions pleuraux et pédieux, confondus et prolongés par des cordons palléo-pédieux, cœur traversé par le rectum, deux oreillettes, deux reins, etc. Quelques caractères les rapprochent aussi des Patellidés :

1 Ces faits n'ont pu être vérifiés chez T. turbinatus. Le développement est encore très peu connu : Salensky, Beitràge zur Enlwicklungsgeschichte (1er Prosobranchien (Zeit. wiss. Zool., XXII, 1872, p. 445;, en a décrit et figuré quelques stades. — A. Robert. Sur le développement des Troques (Compt. rend. Acad. Sciences, CXXVII, n« 20, p. 784, 14 novembre 1808).

la disposition générale du système nerveux, l’existence de deux reins, etc.

Pourtant Cuvier 1 faisait des Trochoïdes une famille de son ordre des P ectinibr anches , en éloignant complètement les Haliotides et les Fissurelles, pour lesquels il constituait un ordre différent, celui des S cutibr anches.

Milne-Edwards 2 réunit les trois ordres de Cuvier : Pectinibranches, Scutibranches et Cyclobranches (Patelles) en un ordre unique qu’il appela Prosobranches , parce que, chez tous ces animaux, les branchies ou les oreillettes sont situées en avant du ventricule ; il conserva les trois divisions de Cuvier comme sous-ordres. Les Troques durent prendre place parmi les Prosobranches Scutibranches.

On réunit le plus souvent aujourd'hui les Cyclobranches ou Docoglosses avec les vrais Scutibranches sous le nom de Scutibranches, Aspidobranches ou de Biotocardes (cœur à deux oreillettes).

M. Bouvier 3 divise ainsi les Diotocardes :

Dio tocardes.

I Azygobranches (une branchie) : (Troques, Né- \ rites, etc.).

Mais, de cette manière, les Troques ne seraient pas des

1 Cuvier. Le règne animal distribué d'après son organisation. Edition de 1830, t. 111, p. 72.

2 Milne-Edwards. Note sur la classification naturelle des Mollusques Gastéropodes (Ann. Sc. nat. Zoologie, 1848, 3° série, t. IX,

3 Bouvier. Système nerveux , etc., p. 459.

LE TROQUE

Rhi.pidoglosses, malgré leur radula typique ; et, de plus, ce groupement a l'inconvénient d’éloigner encore ces animaux des Haliotides et des Fissurelles avec lesquels sont toutes leurs affinités.

La classification suivante est aujourd’hui plus généralement adoptée :

/ Docoglosses (Patellidées).

Diotocardes \ Rhipidoglosses (Haliotidées, Fissurellidées, Tro- \ chidés, etc.).

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