LA LIMACE ROUGE
Arion empiricorum (Ferussac).
Place de P Arion dans la systématique. — Les
Limaces1 2 étaient connues depuis la plus haute antiquité; les Grecs et les Romains en avaient fait la panacée universelle et il n'y a pas encore bien longtemps que le bouillon de Limace était considéré comme un des remèdes de la phtisie pulmonaire. Bien des auteurs furent donc amenés à les étudier ; toutefois c’est à Férussac - que devait revenir l’honneur de séparer du genre Limace, Y Arion, qui ne possède pas de petite coquille ou limacelle à ï intérieur du manteau, dont le pneumostome s’ ouvre antérieurement sur le bord droit de ce même manteau , à orifice génital sous celui de la respiration et à glande caudale terminale, tandis que chez Umax, le pneurnos-
1 De Xstga-, lieu humide, d’où les Latins ont fait limus (limon) et Umax (limace).
2 Férussac et Deshayes. Ilist. nat. des Moll. terr. et flav., 1820- 1851, t. 11, p. 53 et suivantes.
tome est postérieur, l'orifice de la génération se trouve en arrière du tentacule droit, il existe une limacelle et pas de pore muqueux. Férussac donna au nouveau genre
le nom d 'Avion en l'honneur d'Ælien l, et à l’espèce que nous étudions celui de empiricorum pour conserver le souvenir de son succès dans la pharmacopée.
L’Arion se trouve placé à côté de Limax et d’ Hélix, parmi les Euthy neuves, dans le sous-ordre des Pulmonés terrestres ou Stylommatopliores. Les monographies à' Hélix étant nombreuses, nous prendrons X Avion comme type de Pulmonè.
Synonymie. — Limax ater (Muller). — Limax ruf-us (Razoumowsky). — Limax succineus (Muller). — Limax luteus (Razoumowsky). — Limax marginellus (Schranck). — Avion empiricorum (Férussac). — Arion rufus (Moqitin-Tandon). — Arion ater (Gray).
Vulgairement : Loche, Licoche , Grosse Limace rouge des jardins.
Nous conserverons le nom à.' Arion empiricorum qui lui fut donné par Férussac et nous admettrons deux variétés principales : la variété rufus et la variété ater qui ne diffèrent l'une de l'autre que par un simple changement de coloration, l’une étant rousse avec le bord du pied d'un jaune rougeâtre vif et l'autre étant uniformément noire.
Habitat, mœurs. — L’Arion est répandu presque partout
1 Ælien {De animalibus , lib. X, cap. v) distingua le premier une Limace particulière qu’il nomma Arion, mais ce n’était pour lui qu’un simple Hélix qui sortait de sa coquille pour aller paître, la laissant bien en vue pour tromper les Oiseaux de proie, habitués à se jeter sur lui quand il est en marche.
à la surface du globe et si l’on crut longtemps qu’il n’existait ni en Amérique, ni dans les régions chaudes de l’ancien continent, c’est qu’on ne sut pas l’y chercher durant la saison des pluies, époque dont il profite pour se montrer sans crainte
d’être promptement desséché par les ardeurs du soleil.
Il aime les lieux frais et humides. Il ne sort que le soir ou de grand matin, restant caché durant le jour, où il ne se montre qu’après les pluies douces et chaudes du printemps et de l'été. A l’approche de l'hiver il s'enfonce dans le sol, se cache dans les vieux murs ou les troncs d’arbres pourris, se contracte dans le sens de la longueur au point de prendre une forme presque hémisphérique (fîg. 509) et tombe dans un état complet d’engourdissement.
C’est un des animaux les plus voraces, mais surtout herbivore, il recherche de préférence les jeunes plantes, les fruits, les champignons, devenant ainsi la terreur des jardiniers parles dégâts qu’il cause dans les potagers r.
Fig. 509.
Arion contracté.
Extérieur. Principaux orifices. — Nous supposerons l’animal en état d’extension (fig. 510). Nous le placerons alors la tête en haut, le dos tourné vers l’observateur. Dès lors le côté droit est à droite, le côté gauche à gauche.
1 Un des moyens les plus sûrs pour se préserver des dégâts de ces animaux consiste à entourer le pied des jeunes plants, de cendre, de chaux, de sable fin, de paille hachée. Ces substances agissent mécaniquement sur l’animal qu’elles empêchent de marcher en s’attachant à son pied qui, couvert de matières pulvérulentes, ne peut plus glisser sur les surfaces et l'épuisent en le forçant d’augmenter sa sécrétion visqueuse. On peut encore établir des abris artificiels où l’on vient le chercher pour le donner à manger aux volailles.
GASTEROPODES P U LM O NES.