‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 90 sur 168 · LA LIMACE ROUGE · texte numérisé non relu

LA LIMACE ROUGE

tentacule, poster r

Le corps est allongé, limaciforme, long de 10 à 12 centimètres, large de 15 millimètres environ. La tête est à peine distincte du reste de l'animal. Elle est en général petite, séparée du pied par un sillon peu profond en avant duquel on remarque une ouverture transversale pneujrpsam^fr

o r*if. renais

qui est la bouche. La tête

durasse.

orif. anaL

sillon

pédleiun.

pied.

est surmontée de quatre tentacules ; deux antérieurs plus courts et deux postérieurs plus longs ; sur la face externe du rendement sphérique qui surmonte ces derniers se trouvent les yeux , noirs, petits et peu visibles.

Vers l’extrémité antérieure, on remarque sur le dos de l'animal une partie de la peau saillante, ovoïde, sous laquelle l'animal peut cacher sa tête lorsqu'il la contracte ; c’est la cuirasse ou manteau. Sur

le côté droit, et vers la partie antérieure, elle présente une grande ouverture très contractile, le pneumostome , qui donne accès à l'air de la respiration. Sur le bord

tentacule.

antérieur

bouche.

orif. génital.

. plancher du poumon.

glande.

caudale/

Fiff. 510.

Animal à l’état d’extension.

postéro-supérieur de cet orifice s’ouvre le cloaque rénoanal. Sous le bord de la cuirasse, et directement audessous du pneumostome, s’observe Y orifice génital.

La queue , longue et bombée, sé rétrécit insensiblement en arrière. Elle est couverte de tubercules allongés et saillants, orientés dans le sens longitudinal. Latéralement, et surtout sous la cuirasse, la peau est plus mince et moins colorée, les sillons moins marqués et obliques. A son extrémité postérieure et supérieure se trouve la glande caudale.

Le pied , arrondi antérieurement, commence immédiatement en arrière de la bouche ; il est au contraire effilé à son extrémité postérieure, qui déborde légèrement la queue en arrière de la glande caudale. Latéralement, il déborde également les côtés du corps dont il est séparé par un sillon profond.

On peut dire qu’en général la face dorsale est d’un roux chocolat et la face ventrale d’un gris noirâtre sale, mais cette coloration est éminemment sujette à variation. De là un grand nombre de variétés décrites par les auteurs ; mais en somme l’Arion peut prendre toutes les teintes, depuis le noir intense jusqu’au rouge vif, au jaune de rouille ou au jaune orangé. Ces teintes peuvent même varier chez un même animal selon l’âge, la lumière, la nourriture et l’état de santé. Les seuls caractères constants sont la couleur noire des tentacules et de la partie antérieure de la tête, ainsi que les petites lignes de même teinte qui ornent transversalement les bords du pied où elles font le plus charmant effet, surtout chez les variétés où ces bords sont d’un jaune vif et brillant.

Téguments et squelette. — L’Arion est ce que l'on peut appeler une forme nue. Toutefois, dans une cavité

GASTÉROPODES PULMONÉS. — • LA LIMAGE ROUGE 42 1

comprise dans l’épaisseur de la cuirasse, au-dessus du péricarde et du rein, on trouve une poussière graveleuse, composée de petites granulations calcaires (fîg. 511), variables en forme et en grosseur, cristalliformes, dures, blanchâtres, transparentes et brillantes ; c’est le représentant de la limacelle du genre Limax et de la coquille du genre Hélix. Comme autre production squelettique, on peut citer le cartilage lingual , relié aux téguments par de puissants muscles, et sur lequel nous aurons à revenir.

Fig-. 511.

Granulations calcaires du

Le tégument de l’Arion est fort épais très manteau, coriace, et d’apparence musculaire. Les fibres sont diversement entrelacées et dirigées dans tous les sens , toutefois celles du tégument dorsal sont surtout circulaires, tandis que celles de la sole pédieuse sont plutôt longitudinales et c’est au moyen de leur ondulation successive que l’animal peut ramper, phénomène que l’on observe avec facilité en faisant ramper une Limace à la surface d’un verre. La surface externe du tégument est sans cesse lubrifiée par une abondante sécrétion cutanée.

Celle-ci semble jouer un rôle de défense : 1° en formant autour de l’Arion une enveloppe muqueuse normale qui empêche l’évaporation, et par suite, la dessiccation de l’animal ; 2° en formant, en cas de danger, une épaisse enveloppe muqueuse à l’intérieur de laquelle l’animal se contracte pour échapper aux atteintes d'un milieu nuisible. La quantité de mucus sécrétée pourra, dans ce dernier cas, atteindre la moitié du propre poids de l’Arion. Il est à remarquer que ce mucus n’est sécrété que là même où l’irritant s’est trouvé en contact avec la peau. Mais que l’on place l’animal dans l’eau douce ; même avant la mort, aucune sécrétion muqueuse ne se produira. Il ne semble donc pas y avoir de centre sécrétoire ; l’excrétion du mucus se ferait par un simple phénomène réflexe.

Toutefois les glandes muqueuses pourront se localiser en certains points de la peau où elles acquerront des fonctions propres. Nous aurons alors de véritables organes glandulaires comme la glande pédieuse ou la glande caudale. La première, en agglutinant les particules solides, permet à l’animal de ramper à la surface du sol ; la seconde semble jouer un rôle important durant la période des amours et dans certaines circonstances elle permettrait également à l’animal de sécréter un long lil, à l’aide duquel il peut, d'un lieu élevé, gagner directement le sol.

Le tégument circonscrit deux cavités : l’une ventrale ou grande cavité viscérale, l’autre dorsale ou cavité pulmonaire ; elles sont séparées par le diaphragme.

Outre l’enveloppe générale charnue, l’appareil musculaire de l’Arion comprend encore les muscles réfracteurs du bulbe, des tentacules et du pénis. Tous viennent s'insérer sur le tégument dorsal, immédiatement en arrière de la cavité pulmonaire, le long du bord postérieur de la cuirasse.

Histologie. — Tout le corps est revêtu par un épithélium cylindrique à une seule couche, limité extérieurement par une cuticule (fig. 5L2). Cet épithélium n’est cilié qu’au niveau de la sole pédieuse et de la gouttière latérale. Au-dessous de l’épithélium, se trouvent des cellules pigmentaires irrégulièrement étoilées, formant une couche discontinue. Puis viennent deux sortes de glandes : les unes petites et sécrétant un pigment rouge sont les glandes chromogènes ; ce sont des glandes unicellulaires. Les autres, plus volumineuses, sécrètent une substance hyaline transparente; ce sont les glandes muqueuses. Ce sont elles qui vont sécréter le mucus dont l’animal pourra

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