‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 93 sur 168 · LA MOULE COMESTIBLE · texte numérisé non relu

LA MOULE COMESTIBLE

Mytilus Éclulis (Linné).

Place de la moule dans la systématique. — La

Moule comestible fait partie de la famille des Mytilidés à coquilles équivalves, cunéiformes, sans échancrures pour le passage du byssus, munies d’un ligament linéaire marginal et à glande génitale répandue dans les deux lobes du manteau.

Les Mytilidés sont dimyaires, c'est-à-dire pourvus d’un muscle adducteur supérieur et inférieur, et font partie des mollusques Acéphales ou Lamellibranches.

Beaucoup d'auteurs modernes désignent actuellement les Acéphales sous le nom de Pélécypodes, en invoquant sur la nécessité de la symétrie avec les termes de Gastéropodes et de Céphalopodes. Cette dénomination tirée de la forme du pied ne me parait pas suffisamment justifiée.

11 faut remarquer, en effet, que tous les Acéphales n’ont pas le pied en forme de hache, comme semble l’indiquer le terme Pélécypodes; la Moule, par exemple, dont le pied ressemble à la langue d’un Mammifère, l’Huître qui n'a

pas de pied du tout, le Pecten dont le pied a la forme d'une coupe, etc.

Le mot Pélécypode mérite d’autant moins d’être substitué au terme consacré d’ Acéphale, qu’il est relativement de création récente, puisqu’il a été imaginé par Goldfuss1 en 1 821 , tandis que le terme d’Acéphale était employé par Cuvier en 1798.

Si l’on tenait absolument à changer le nom des Acéphales, on devrait de préférence, lui substituer celui de Bivalve donné par Linné en 1767, ou celui de Ditome créé un peu avant par Tournefort.

Habitat. Mœurs. — Les Moules vivent fixées sur les rochers, soit au niveau de la marée, soit à une profondeur de quelques brasses. Elles sont répandues sur toutes les cotes de la Manche et de l’Océan.

Elles semblent préférer , à l’inverse du plus grand nombre des animaux marins, les terrains 'relativement récents et quoiqu’on en trouve, par exemple, sur les côtes de Bretagne (terrains anciens), elles paraissent vivre dans de meilleures conditions sur les cotes du nord de la Manche (terrains secondaires).

Aux environs de Boulogne par exemple, elles occupent de vastes étendues qui découvrent à marée basse et qu’on met en coupe réglée.

Si l’on drague devant le port de Boulogne par 8 à 10 mètres de fond, on les trouve en abondance extraordinaire, mais tous les échantillons recueillis ne sont alors que de petite taille.

i Manuel de Conchylioloyie , par Paul Fischer. Savy, 1887.

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