A C E P II A L E S
LA MOULE
Ou peut fournir deux explications de ce fait incomplètement éclairci :
1° Les Moules restent de petite taille dans les fonds vaseux et profonds ;
2° Les Moules émigrent et se transportent peu à peu au fur et à mesure de leur croissance vers la limite des marées.
Cette seconde hypothèse me paraît le plus plausible, les Moules sont fixées par l’intermédiaire d'une organe qu’on appelle le byssus, mais peuvent cependant se déplacer. Si l’on met, en effet, des animaux en expérience dans une cuvette, voici ce que l'on observe 1 :
Pour grimper le long des parois du verre , les jeunes animaux fixent aussi haut que possible un filament byssal ; puis, lorsque le filament est solidifié, ils se hissent le long de cette sorte de corde, après avoir rompu à V aide d'un mouvement brusque du pied le filament qui s'opposait à leur ascension.
Ce fait, qui a été signalé depuis longtemps par M. de Lacaze-Duthiers dans ses cours professés à la Sorbonne, explique la pratique des myticulteurs qui recueillent les Moules sur des pieux placés dans des endroits qui ne découvrent que dans les plus grandes marées. Les jeunes animaux sont ensuite disposés sur les claies et on les émerge progressivement, de manière à ce que les plus âgés soient plus exposés à l’air que les jeunes.
Description extérieure de l’animal. Principaux
1 Recherches sur le byssus des Lamellibranches , par L. Boutan- Archives de zool. exp. et génér. Reinwald. Paris, 3° série, t. Vlll.
orifices. Méthode pour l’orienter. — La Moule, comme tous les Acéphales typiques, est complètement enveloppée à l’état adulte par la coquille : cette dernière est recouverte d’un épiderme noir bleuâtre ou violacé.
Les deux valves de la coquille sont égales. Leur forme
générale est celle d’un coin arrondi en arrière.
Les crochets sont antérieurs et pointus.
Le ligament (linéaire et submarginal) est très long et se voit facilement à l’extérieur.
Grâce à ces deux points de repère (' crochets et ligaments ), il est facile de déterminer la position de l'animal dans l'intérieur de la coquille (voy. fig. 531).
Le ligament correspond à la face dorsale de l’animal. En disposant la coquille de manière à ce que les crochets soient placés au-dessus du ligament, la bouche se trouve en haut.
Le bord opposé au ligament correspond à la face ventrale, au bord libre des valves, entre lesquelles, on voit souvent les filaments du byssus faire saillie.
Lorsque l’on a enlevé la coquille, l’animal est complètement enveloppé du manteau, presque toujours encombré par les produits génitaux et libre sur ses bords, sauf en arrière, où l’on remarque un épithélium très pigmenté qu’on désigne sous le nom de membrane anale (fig. 54G).
Le manteau se replie au-dessus de la bouche en constituant un capuchon céphalique.
Si l'on écarte les bords du manteau, et si l’on fend le
Fig. 532.
Moule ouverte par la face ventrale et montrant les rapports des principaux organes.
capuchon céphalique, on peut rejeter les deux lobes du manteau à droite et à gauche (fi g. 532).
On distingue alors sur la ligne médiane :
La bouche, fente transversale courbe, à concavité supérieure, masquée par deux lèvres minces formées par le prolongement des palpes labiaux ;
ZOOLOGIE DESCRIPITVE
Le pied, qui a l'apparence d'une langue de Mammifère et qui porte un fort talon d’où sort le byssus.
Enfin, au-dessous du pied, on trouve également sur la ligne médiane une saillie (bosse de polichinelle très atténuée) qui représente la glande génitale.
Les branchies s'insèrent entre les palpes labiaux., de chaque côté, et descendent de part et d’autre, du corps, pour venir se réunir inférieurement sur la ligne médiane (voy. fi g. 532 et 549). '
Les quatre lames sont constituées par des filets unis entre eux par des cils vibratiles dont la réunion forme, par place, les renflements désignés, à tort, sous le nom de renflements musculoïdes.
En écartant les branchies, on distingue le rein coloré en brun et l'on distingue à la loupe son orifice externe.
Pour apercevoir le cœur, il faut renverser l’animal sur la face ventrale et regarder au-dessous de la charnière.
On le voit par transparence à travers la fine membrane péricardique (fig. 546).
Description des téguments et du squelette. Particularités les plus saillantes. — Les parois du manteau sont constituées par un épithélium à cellules cylindriques, sécrétant d'abord la conchyoline, puis la nacre, sur la surface externe du manteau. L'épithélium est cilié presque partout dans le reste du corps ; on aperçoit, de loin en loin, des glandes monocellulaires qui paraissent uniquement constituées par des éléments différenciés des cellules de revêtement.
Au-dessous de l’épithélium, particulièrement dans le manteau, il existe un tissu conjonctif de fibres lâches et