A C É P H A LES
peu serrées, entre lesquelles, on distingue de nombreux globules sanguins de forme irrégulière.
Les fibres musculaires disséminées dans toute les parois du corps forment par place des faisceaux volumineux dont l’ensemble constitue des muscles importants.
Ils ont été étudiés depuis longtemps 1 et nous suivrons dans leur étude le travail déjà ancien de M. Sabatier qui en a fourni une très bonne description.
Impressions musculaires de la coquille. — L’examen de la paroi interne de la coquille permet de reconnaître le point d’insertion des différents muscles (fig. 533).
On observe, en effet :
1° Une impression arrondie et souvent légèrement bilobée, relativement grande, obscure, placée non loin du bord inférieur; c’est l’insertion du muscle adducteur inférieur.
2° Une impression très petite, mais très marquée, située près du sommet et des crochets, dans le voisinage du bord supérieur; elle appartient au muscle adducteur supérieur.
3° Une impression placée en avant de celle de l’adducteur inférieur, et composée d’une série horizontale d’impressions elliptiques correspondant à l’insertion des faisceaux des muscles du byssus, et des muscles rétracteurs postérieurs du pied.
4° Une impression petite, linéaire, placée sous l’extrémité antérieure de la charnière et à laquelle vient s’insérer le muscle rétracteur antérieur du pied.
5° Lu arrière et au-dessous du muscle adducteur infé-
1 Eludes sur la Moule commune , par A. Sabatier. Delahaye. Paris,
rieur, une petite empreinte triangulaire, rudiment de sinus palléal, pour l’insertion des muscles de la membrane anale.
muscle add. sup.
— muscles du byssus.
muscle add. inf.
Fig. 533.
Moule vue par la valve droite et supposée transparente pour laisser voir l’impression des principaux muscles.
(La trace de l’insertion des muscles palléaux est représentée en pointillé.)
L’appareil musculaire lui -même se compose, de cinq groupes de muscles :
1° De muscles destinés à rapprocher les valves, muscles adducteurs des valves ;
2° De muscles agissant sur le pied, ou rétracteurs du
pied;
3° De muscles agissant sur le byssus, ou muscles du byssus , dont l’action est complexe;
4u Des muscles palléaux; b° Des muscles anaux.
ACÉPHALES
Les muscles adducteurs des valves sont au nombre de deux, l'un supérieur et l'autre inférieur. Leurs dimensions sont très inégales, l’inférieur étant un muscle volumineux, et le supérieur un muscle si petit et si rudimentaire qu'il est passé inaperçu pour quelques observateurs, qui ont placé la Moule parmi les bivalves monomyaires. L'adducteur inférieur est un muscle puissant, transversalement étendu d’une valve à l’autre, et présentant une coupe ovalaire, quelquefois légèrement bilobée.
Le muscle adducteur supérieur est très petit; il occupe transversalement le capuchon antérieur du manteau, et s'insère à la face interne de chaque valve, dans une fossette placée à l’extrémité antérieure du bord inférieur. La partie moyenne de ce muscle est comprise dans l’épaisseur même du manteau.
Le rôle de ces deux muscles est évidemment de rapprocher les valves et de fermer la coquille ; leur action, celle de l’inférieur surtout, est très puissante
Les muscles rétracteurs du pied sont, les uns antérieurs et les autres postérieurs. Il y a deux muscles antérieurs et deux postérieurs.
Les muscles antérieurs forment deux faisceaux très volumineux qui, partant du pied, se portent en avant et un peu en haut, et vont s’insérer dans une fossette allongée située un peu en arrière de l’extrémité antérieure de la charnière. Ces deux muscles forment deux faisceaux blancs nacrés parfaitement visibles au-devant du pied.
Les muscles rétracteurs postérieurs sont de petits muscles composés d’un ou deux petits faisceaux aplatis, qui s’insèrent sur la face interne de la coquille, audessous de la cavité péricardique, et pénètrent dans la
base du pied, qu’ils parcourent dans toute sa longueur.
Ces muscles sont rétracteurs du pied, sur lequel ils agissent bien plus directement ‘que les rétracteurs antérieurs. L’action de ces derniers ne porte, en effet, que sur la base du pied, les muscles rétracteurs postérieurs, au contraire, viennent s'insérer dans toute la longueur du pied, et influent non seulement par la situation du pied, mais encore sur la forme et la longueur de cet organe.
Les muscles du byssus sont constitués par une série de faisceaux musculaires volumineux qui, partant de la base du byssus, et s’écartent en un éventail composé de quatre ou cinq faisceaux qui s'insèrent au-dessus du muscle adducteur inférieur des valves et au niveau de la région péricardique.
Les muscles rétracteurs antérieurs du pied et les muscles du byssus forment dans leur ensemble un système qui, ainsi que le remarque très judicieusement M. Sabatier, vient converger indifféremment à la base du pied et du byssus, tandis que le rétracteur postérieur du pied appartient exclusivement à ce dernier organe.
Il résulte de cette disposition que la masse du corps de l’animal est comprise dans l’intervalle des branches d’un X musculaire, qui doit exercer sur elle une certaine compression.
On comprend quelle peut être l’action de ce groupe de muscles, soit pour rapprocher l’animal de l’extrémité du byssus qui se fixe à l’extérieur, et par conséquent pour diminuer sa mobilité, soit pour rapprocher les deux valves et venir en aide aux adducteurs.
Les muscles palléaux occupent tout le bord libre du manteau et le bord dorsal jusqu’à la charnière. Ils for-
ACEPHALES.
ment sur chaque lobe du manteau une bande qui se rétrécit en pointe à ses deux extrémités.
Cette bande est composée de petits faisceaux musculaires dont la direction est perpendiculaire aux bords du manteau.
Ces petits faisceaux nacrés s’anastomosent obliquement entre eux. Quand ces muscles sont relâchés, la lèvre festonnée et papillaire des bords du manteau proémine entre les valves; mais, dès que ces muscles se contractent, les bords du manteau et les festons papillaires sont tirés en dedans de la coquille, de manière à ce que l’animal puisse la fermer hermétiquement en appliquant les valves l'une contre l’autre. M. Sabatier pense qu’en s’accumulant ainsi les uns contre les autres, ces replis papillaires contribuent à fermer la cavité du manteau et à y retenir une certaine quantité d’eau nécessaire à la vie de l’animal.
Les muscles anaux s’insèrent au-dessous du muscle adducteur inférieur des valves, sur une petite impression triangulaire, représentée par la ligne courbe pointillée (fig- §33).
Ces muscles s’épanouissent dans la membrane anale, qu’ils tendent et retirent en dedans quand l’animal veut fermer sa coquille. Ils ferment ainsi l’orifice anal du manteau, et représentent d’après l’auteur que nous venons de citer les muscles des siphons des Bivalves siphonés.
Description du pied et de ses annexes. — Le pied est bien développé.
Il est mobile, rétractile et Susceptible de prendre des dimensions et des formes assez variées.
C’est un organe de locomotion, quoique l’animal soit fixé par son byssus, car il peut l’aider à changer de place.
Ce n’est certainement pas, comme on le croyait autrefois, un organe destiné à introduire à un moment donné, dans le système vasculaire, une certaine quantité d’eau1. 11 présente en arrière un fort talon d’où l’on voit sortir un paquet de fila-
ments, représentant l’organe fixateur, le byssus (fi g. 532).
Coupe transversale du pied d’une jeune Moule, passant au travers du byssus.
Byssus de la Moule. — Le byssus de la Moule est, en apparence, très compliqué . L’appareil fixateur de ce Mollusque se présente, en effet, tout d’abord comme un enchevêtrement de filaments sans nombre, tous terminés par une petite plaque adhésive ; mais une observation attentive permet de se rendre compte que cette complication n’est qu’apparente et qu'il existe deux parties nettement distinctes : l’axe et les lamelles du byssus (fig. 538).
L’axe se compose d’une masse verdâtre *ou jaunâtre, conique et terminée en pointe mousse dans sa partie la plus éloignée du pied. Dans la portion proximale, au con-
1 Cette opinion était basée sur la présence d’orifices que l’on considérait comme ceux de l’appareil aquifère et qui sont en réalité
ceux de glandes à mucus très nombreuses sur cet organe.