‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 101 sur 139 · LE G Y R A T O R · texte numérisé non relu

LE G Y R A T O R

4oo

Le venin que le Gyrator inocule ainsi est extrêmement actif, car le Cyclope cesse instantanément tout mouvement, comme s'il était foudroyé.

Alors notre Rhabdocœle applique son pharynx musculeux contre la face ventrale du Cyclope, au niveau des pattes antérieures, c’est-à-dire au point le moins résistant de la carapace, et suce à son aise sa victime dont il ne laisse que le squelette chitineux.

Les Gyrator se multiplient très aisément en aquarium.

L'accouplement est facile à observer sous le microscope. Deux individus à maturité sexuelle, venant à se rencontrer, commencent à se palper avec leur extrémité céphalique. Il se produit alors immédiatement chez eux une invagination de la partie du corps' correspondant à 1’orilice génital femelle, lequel se trouve ainsi porté au fond d'une invagination en forme de coupe. L’un des deux individus introduit son extrémité antérieure dans cette partie invaginée, puis exécutant une rotation de 180° en restant largement en contact avec l'autre individu (fîg. 202), il arrive à se mettre en ligne droite avec le premier, mais en sens inverse. L’extrémité postérieure de chaque individu pénètre dans l’invagination postérieure de l’autre, de telle sorte que le pore génital mâle de chaque individu se trouve en rapport avec le pore femelle de l’autre.

La fécondation est croisée. L’aiguillon ne joue aucun rôle dans l'accouplement.

A toutes les époques de l’année, le Gyrator pond des cocons d'un rouge brun. L’embryon se développe rapidement, mais il reste longtemps renfermé dans sa coque. Les éclosions ont lieu surtout dans le courant de février et de mars.

Les cocons se constituent en très peu de temps à l’intérieur des organes génitaux. Le cocon, aussi jeune qu’on peut l’observer, est recouvert cl’une membrane transparente, piriforme ou ovoïde, qui se prolonge inférieurement en un pédicelle terminé par une partie plus évasée. C’est par ce petit disque que l’on trouve toujours les cocons fixés sur les conferves. Cette membrane transparente et blanche au début ne tarde pas à devenir jaune, puis orangée, puis d’un rouge brun ; en même temps elle devient dure. Elle est de nature chitineuse.

Le cocon ne séjourne pas plus de trois à cinq jours dans les organes du Gyrator avant d’être pondu.

Description des téguments. — La couche la plus externe est un épithélium à cellules vibratiles (fîg. 203, ep.) qui revêt entièrement la surface du corps. Dans cet épithélium, on observe des vacuoles (fig. 203, v.) remplies d'un liquide clair. Le nombre de ces vacuoles s’accroît à mesure que l’observation se prolonge et que la pression, à laquelle est soumis l’animal sous le couvre-objet, augmente. Sous l’influence de la pression, ces gouttelettes liquides peuvent même crever à la surface. Elles proviennent des liquides de l’intérieur du corps qui, se trouvant comprimés, tendent à s’échapper latéralement, filtrent à tra-

Page 1