P I. A N AIRE HL A N C H E
granuleux: et renferme des spliérules réfringentes, des vacuoles et des grains variés qui sont des particules alimentaires absorbées par phagocytose. Chez la Planaire blanche, comme chez le Gyrator , les formes variées des extrémités libres des cellules épithéliales de l’intestin, qui présentent parfois des prolongements pseudopodiques,
Kl*?. 228.
Cellules épithéliales de l'appareil digestif. Ep . , épithélium . — A/., mésenchyme.
semblent, en effet, indiquer que ces extrémités sont douées de mouvements amœboïdes.
L’épithélium des branches gastriques et de leurs ramifications est entouré par le mésenchyme (fig. 228, M .).
La bouche est située sur la ligne médiane ventrale, à une distance de l’extrémité céphalique qui est à peu près égale aux neuf quatorzièmes de la longueur totale du corps, c'est-à-dire sensiblement au commencement du tiers postérieur du corps. C’est un pore bien visible qui est formé de cellules cylindriques semblables à -celles de la peau, mais dépourvues de rhabdites. Sous cet épithélium, les muscles cutanés forment un sphincter.
La gaine pharyngienne est une cavité qui communique
avec le dehors par la bouche, dans laquelle se trouve logé le pharynx et qui nous apparaît comme une invagination des téguments.
Elle est cylindrique, longitudinale et s’étend depuis la bouche jusqu’au point où le pharynx se réunit aux trois branches principales de l’appareil digestif.
La gaine pharyngienne est tapissée par un épithélium en continuité avec celui de la bouche, mais plus aplati et non cilié. Toutefois, il existe dans la partie antérieure de la gaine deux bandes latérales, une à droite et l’autre à gauche, qui, dans les coupes transversales, présentent une disposition en papilles (fig. 229, P.) et qui sont formées de cellules hautes et d’aspect glandulaire.
Ce sont également des cellules cylindriques élevées qui tapissent le fond de la gaine, dans sa partie antérieure, et la portion tout à fait antérieure du pharynx au point où l’épithélium extérieur de celui-ci se continue avec l’épithélium de la gaine.
La musculature de la gaine est très réduite. On observe cependant, à la partie antérieure, des fibres longitudinales et des libres circulaires qui se réfléchissent pour se continuer dans les couches musculaires externes du pharynx.
Des deux côtés de la gaine se trouvent des muscles dorso-ventraux.
Le pharynx est un tube cylindrique qui peut s’allonger, faire saillie en dehors de l’orifice buccal, se contracter et se contourner dans toutes les directions. Il est facile de se rendre compte de la façon dont fonctionne cet organe.
Il suffit de comprimer graduellement une Planaire blanche entre deux lames de verre. La peau se déchire bientôt ainsi que le mésenchyme, tandis que le pharynx,
TRICLADES. — PLANAIRE BLANCHE 501
plus résistant, se détache et serpente au milieu des débris du corps de la Planaire écrasée. On voit alors ce pharynx isolé et errant dilater, en forme de trompette, son orifice distal ou postérieur, aspirer une certaine quantité de débris organisés, puis refermer cet orifice et, par des contractions péristaltiques dirigées d’arrière en avant, chasser les débris avalés vers l’orifice antérieur ou proximal par lequel on les voit sortir. Le pharynx exécute donc des mouvements alternatifs d'aspiration et de refoulement.
Le pharynx est un cylindre musculeux dont 1a. lumière se continue avec celle de la branche intestinale antérieure et qui est rattaché, ainsi que sa gaine, par sa partie antérieure, au mésenchyme du corps.
L’étude des coupes sériées montre que le mésenchyme, entourant la branche principale antérieure, passe dans la base du pharynx et que de nombreuses fibres musculaires peu ramifiées, plongeant, d'une part, dans l'épaisseur des parois pharyngiennes et, d’autre part, dans le mésenchyme du corps, forment une attache solide et méritent le nom de suspenseurs du pharynx.
Le pharynx est constitué par les couches suivantes :
1° Un épithélium vibratile externe (fig. 229, Ep.) ;
2° Une zone mince de fibres musculaires longitudinales externes (fig. 229, /’. I. ext.) ;
3° Une zone de fibres musculaires circulaires externes (fig. 229, f. c. ext.) ;
4° Une épaisse couche formée par des fibres musculaires radiaires (fig. 229, C. r.). Ces fibres sont bifurquées à leurs deux extrémités et vont des fibres circulaires externes aux fibres circulaires internes. Dans cette
couche radiaire, on distingue des fibres longitudinales disséminées (fig. 229, f. I.) qui me paraissent être les prolongements des muscles que j’ai appelés suspenseurs du pharynx. Les fibres radiaires sont séparées les unes des
uUül^ilÜllll1IH)lli)Jiliiiiilimj
’Müuuiuuimiui
Fig. 229.
Portion d’une coupe transversale du pharynx, d’après une préparation faite suivant la méthode d’HEiDENHAiN.
Ep . , épithélium vibratile externe. — f. I ., ext. fibres musculaires longitudinales externes. — f. c. ext., fibres musculaires circulaires externes. — /‘.Z., fibres longitudinales disséminées dans la couche radiaire. — c., cellules du mésenchyme. — f. r ., fibres musculaires radiaires bifurquées à leurs extrémités. — f. l.int., fibres musculaires longitudinales internes. — f. c. int., fibres musculaires circulaires internes. — ép ., épithélium vibratile interne.— C. r., zone radiaire. — G., gaine pharyngienne. — E.. épithélium de la gaine. — P., papilles épithéliales de la gaine.
autres par un tissu conjonctif dense qui se continue en avant avec le mésenchyme du corps. Dans ce tissu conjonctif se trouvent, outre des fibres longitudinales disséminées, des cellules (fig. 229, c.) qui ne diffèrent pas sensiblement de celles du mésenchyme et ne semblent pas devoir être considérées comme glandulaires. On observe encore, dans ce tissu conjonctif des fibres nerveuses :
PLANAIRE PLANCHE
5° Une zone de fibres musculaires longitudinales internes (fig. 229, f. L int.);
6° Une zone de fibres musculaires circulaires internes (fig. 229 f. c. int.);
7° L’épithélium vibratile interne (fig. 229 ép.) qui, en avant, devient columnaire et passe insensiblement à l’épithélium de l’intestin.
Les fibres circulaires forment, avec les fibres radiaires, un véritable sphincter aux deux extrémités du pharynx.
Respiration et circulation. — La respiration se fait par toute la surface ciliée des téguments. Elle peut également se faire au niveau de la surface intestinale, surtout quand la Planaire lave son appareil digestif comme il a été dit plus haut.
Il n'y a aucun appareil circulatoire.
Description du système nerveux et des organes des sens. — Le système nerveux central est essentiellement constitué par le cerveau et deux nerfs longitudinaux.
Le cerveau , situé au niveau des yeux, comprend une large commissure (fig. 230 c.c.) transversale réunissant les deux lobes cérébraux (fig. 230, l. c.) qui apparaissent comme des élargissements latéraux de la commissure cérébrale.
En avant et latéralement les lobes cérébraux envoient de nombreux nerfs sensoriels , qui s’étendent principalement dans les tentacules (fig. 230, t.) où ils forment un plexus et qui vont se terminer sous la membrane basale.
Le cerveau est plongé dans le mésenchyme, mais il est
plus près de la face ventrale que de la face dorsale. Les coupes transversales montrent que la branche principale antérieure de l’appareil digestif est située dorsalement par rapport à la commissure cérébrale.
L’examen histologique de la substance nerveuse du cerveau décèle la présence de fibrilles, de cellules nerveuses et d’une substance finement ponctuée.
Les deux nerfs longitudinaux peuvent être distingués en nerfs longitudinaux antérieurs (fig. 230, n.
I. a.) qui se ramifient dans la ventouse céphalique, et en nerfs longitudinaux postérieurs qui s'étendent depuis le cerveau jusqu'à l'extrémité postérieure du corps.