OV
Fig. 230.
Système nerveux.
L. c., lobes cérébraux. — c. c., commissure cérébrale. — n. I. a., nerfs longitudinaux antérieurs. — n. L, nerfs latéraux. — co . , commissures transversales des nerfs longitudinaux. — n. p., plexus nerveux. — t., tentacules et leurs nerfs sensoriels. — Ou., ovaires (d’après Jijinia).
Ces nerfs sont, comme le cerveau, plongés dans le mésenchyme du côté ventral. Ils partent de la commissure transversale du cerveau.
Les deux nerfs longitudinaux postérieurs sont réunis l’un à l’autre par un certain nombre àe commissures transversales scalariformes (fig. 230, co.) que Jijima évalue à quarante-quatre.
Au niveau des commissures scalariformes, les nerfs longitudinaux émettent latéralement des nerfs latéraux (fig. 230, n. I.) qui se ramifient et s’anastomosent à la péri-
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phérie pour former un plexus nerveux (fîg. 230, n.p.) cutané sur lequel je reviendrai.
Les troncs longitudinaux donnent encore naissance à des filets nerveux qui se dirigent dorsalement dans le mésenchyme.
Entre le cerveau et le pharynx, les nerfs longitudinaux sont constitués par deux ou trois faisceaux nerveux qui sont parallèles les uns aux autres, mais séparés par du mésenchyme. Ces faisceaux parallèles se soudent entre eux aux points d’où naissent les commissures scalariformes et les nerfs latéraux. Ces points peuvent être considérés comme des ganglions , d’autant plus qu’on y observe des cellules nerveuses.
Au delà du pharynx, les nerfs longitudinaux ne se décomposent plus en faisceaux parallèles.
A peu près au niveau de l’extrémité proximale du pharynx, il existe, sur chaque nerf longitudinal, un centre ganglionnaire (fîg. 231, G.) formé de grosses cellules nerveuses, particulièrement bien visible chez les jeunes individus. Ce ganglion est peut-être chargé d’innerver le pharynx.
En tout cas, il existe, dans le pharynx, des filets nerveux anastomosés en un plexus qui est surtout important vers l’extrémité libre de cet organe.
Les nerfs sont formés par une substance finement ponctuée dans laquelle on observe, vers la périphérie, des cellules nerveuses généralement bipolaires (fig. 231 n. I.). Ces cellules s’observent principalement dans les ganglions, c'est-à-dire dans les points où les commissures scalariformes et les nerfs latéraux sortent des nerfs longitudi¬
naux.
Le plexus cutané est un réseau nerveux irrégulier qui s’étend en dessous et à l'intérieur de la couche des fibres
musculaires longitudinales. Il résulte, comme on l’a vu plus haut, de la ramification des nerfs latéraux. Il est bien développé sur toute la face dorsale et sur les parties latérales de la face ventrale du corps.
Fig. 231.
Coupe transversale d'un nerf longitudinal au niveau du point d’attache du pharynx, chez un jeune individu.
Ep ., épithélium cilié de la face ventrale du corps. — 7i. L, section du nerf longitudinal. — G., ganglion. — M., mésenchyme.
Fig. 232.
Cellules bipolaires et terminaisons nerveuses dans les téguments, d’après une préparation faite suivant la méthode de Golgi.
Ep., épithélium cutané. — f. c., couche des libres circulaires. — p. L, plexus nerveux cutané. — c., cellules nerveuses bipolaires.
Les coupes, faites suivant la méthode de Golgi, donnent de belles préparations qui permettent d'étudier la disposition du plexus nerveux et les terminaisons nerveuses. Le plexus delà couche des fibres longitudinales (fig. 232, p. I.) envoie, vers la surface épithéliale, de nombreux filets nerveux très sinueux et ramifiés qui traversent la couche des fibres musculaires circulaires (fig. 232, f. c.) et qui, arrivés à la base de l’épithélium, se ramifient abondamment. Toutes ces fines ramifications s’élèvent, dans l’épithélium, parallèlement au grand axe des cellules épithéliales et à
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peu près jusqu’à la moitié de la hauteur de ces cellules (fig. 232, Ep).
Sur le parcours des filets nerveux qui vont du plexus à la périphérie, on observe des cellules bipolaires (fig. 232, c).
Organes des sens. — Le corps tout entier est doué d’une grande sensibilité que justifie l’existence du riche plexus nerveux cutané que nous venons de voir. La sensibilité générale est peut-être accrue encore par la présence, dans l’épithélium, des rhabdites rigides qui doivent impressionner les terminaisons nerveuses.
Les tentacules présentent un plexus nerveux plus serré encore que celui de la face dorsale du corps, et dont les filets nerveux viennent directement des lobes cérébraux.
Si, comme l’expérience le démontre, la Planaire blanche possède un sens olfactif, on peut se demander si ce sens spécial n’est pas localisé dans les tentacules.
La ventouse, qui est innervée par les nombreuses ramifications des nerfs longitudinaux antérieurs, est un organe essentiellement contractile et, par suite, il est naturel d’admettre que ses nerfs sont surtout des nerfs moteurs.
Les yeux se composent de trois parties : la coupe pigmentaire, le globe oculaire et le ganglion optique.
La coupe pigmentaire (fig. 233 P.) a son orifice dirigé en dehors et en haut. Elle est constituée par des granulations pigmentaires noires et sphériques.
Le globe oculaire a la forme d'une lentille biconvexe, il comprend la substance qui remplit la coupe pigmentaire. Ce sont des bâtonnets (fig. 233 B.) convergeant vers le fond de la coupe pigmentaire où ils semblent se fusionner et s’implanter dans une masse homogène (fig. 233, s. h.). Ces
bâtonnets rétiniens sont séparés les uns des autres par une mince couche de substance finement ponctuée.
Le ganglion optique (fi g. 233 G.) est placé devant l'orifice de la coupe pigmentaire. 11 est formé de fibres, de cellules
bipolaires nombreuses et de substance ponctuée. Les fibres nerveuses du ganglion pénètrent dans le globe oculaire en un point (fig. 233 p.) qui est situé à la périphérie et en bas de l’orifice de la coupe pigmentaire et elles se dirigent vers le fond de la coupe. Ce sont peut-être ces fibres nerveuses (fig. 233 n.) qui forment la substance d’apparence homogène qui constitue la base commune des bâtonnets dans le fond de la coupe.
Quant au ganglion optique, il est relié au cerveau par des fibres nerveuses avec cellules bipolaires (fig. 233, N.).
Description des organes excréteurs. — Pour faire
l'étude des organes excréteurs, il est presque indispensable de choisir de jeunes individus âgés de moins de un mois et à jeun ; les animaux adultes, à cause de leur épaisseur et de leur opacité relative, sont impropres pour ce genre de recherches.
On comprime graduellement la jeune Planaire vivante
Fig. 233.
Coupe d’un œil.
C., coupe pigmentaire. — /?., bâtonnets du globe oculaire. — s. h ., substance homogène du fond du globe oculaire. — G., ganglion optique. — N., nerf allant au cerveau. — p point où les fibres nerveuses du ganglion pénètrent dans le globe oculaire. — n., fibres nerveuses se dirigeant vers le fond de la coupe. — d/., mésenchyme.
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entre la lame de verre et la lamelle en aspirant avec précaution une partie de l’eau ù l’aide d’un papier buvard, jusqu'à ce qu’on aperçoive le mouvement des cils des canaux.
Les fins canaux et leurs terminaisons ne sont bien visibles qu’avec un objectif à immersion.
Les organes excréteurs, désignés aussi par quelques auteurs sous le nom de système aquo-vasculaire, comprennent deux troncs collecteurs, des canaux capillaires, des flammes vibratiles terminales et des pores externes.
Les deux troncs collecteurs (fi g.
234, c.) sont deux vaisseaux situés dorsalement, au-dessus des rameaux digestifs, l’un à droite et l'autre à gauche, et s’étendant sur toute la longueur du corps. Ils sont très sinueux, tordus par places, se bifurquant parfois en deux branches qui se soudent un peu plus loin. Leur disposition varie d’ailleurs d’un in-
A, terminaison des ramifications de l’appareil excréteur. — B, canal excréteur.
— C, troncs principaux du système excréteur. — 0. orifices externes (d'après Jjjima).
dividu à un autre et, sur un même individu, la disposition n’est pas identique à dr^ute et à gauche.
Chaque tronc collecteur se divise, eu arrière de l’œil correspondant, en deux vaisseaux qui passent l’un à droite et l’autre à gauche de l'œil, pour se rejoindre en avant de celui-ci. Les deux troncs collecteurs sont réunis l'un à l’autre, en avant des yeux, par un canal transversal (fig. 234 C).
Les troncs collecteurs reçoivent un grand nombre de canaux sinueux qui deviennent de plus en plus étroits à mesure qu’ils se ramifient en s’enfonçant dans le mésenchyme.
Ces canaux capillaires ne peuvent être observés qu'avec une extrême difficulté, de sorte qu’il n’est pas possible de dire s'ils forment un réseau ou s'ils sont simplement clichotomes. Ces canaux sont pourvus, à certaines places, d’une ciliation qui établit un courant dans un sens déterminé.
D’après Jijima, les canaux excréteurs sont constitués par des cellules perforées. Ce qui est certain, c’est que la paroi finement granuleuse du canal est nette du coté de la lumière, tandis que du côté du mésenchyme elle est très floue et passe insensiblement au mésenchyme (fig. 234 B). Des noyaux se rencontrent, à des espaces assez éloignés, contre la paroi des canaux, sans qu'on puisse assurer si ces noyaux n’appartiennent pas au mésenchyme ambiant.
Les canaux capillaires sont fermés à leur extrémité par une cellule portant une flamme vibratile , quelquefois appelée entonnoir vibratile (fig. 234 A). Ces flammes terminales sont assez éloignées les unes des autres, mais se rencontrent depuis la région des yeux jusqu'à l’extrémité postérieure du corps.
Les pores externes de l’appareil excréteur s’ouvrent sur