ZOOLOGIE D E S G 1U P T 1 V E
se flétrit et finalement se détache au point p (fig. 23), où le sarcocyte marque la limite supérieure du protomérite. Cette couche s’oppose ainsi à l’écoulement de l’entocyte au moment de cette mutilation physiologique. La plaie est d’ailleurs vite cicatrisée et remplacée par une zone de sarcocyte réfringent quelque peu granuleux, et la grégarine est passée à l’état de sporadin.
En continuant à examiner l'épithélium dissocié, on pourra rencontrer les états très jeunes du parasite dans sa phase intracellulaire, sous forme de petites masses ovoïdes, granuleuses, pourvues d’un noyau et logées dans les cellules épithéliales (3, fig. 26). D’autres, déjà plus avancées et trop- grosses pour être encore contenues en entier dans la cellule, ont brisé le plateau cuticulaire et font hernie dans la lumière du tube digestif (4, fig. 26).
La portion qui reste dans la cellule va s’allonger et devenir l’épimérite, tandis que la portion extracellulaire, continuant à grossir, va bientôt se diviser en deux par un septum et constituer ainsi le proto et le deutomérite.
Fig. 23.
Céphalin de Stylorhynchus (gross. 100).
p, point où se fera la décapitation.
Reproduction. — Il n’est pas rare de rencontrer dans
GREGARINE
l’intestin, avec des grégarines libres, des individus conjugués, c’est-à-dire réunis par leur protomérite et sur le point de s’enkyster, et des kystes déjà tout formés ; mais il est préférable, si l’on veut suivre le développement de ces kystes, de les rechercher dans les excréments des Blaps où ils se voient facilement à l’œil nu, comme de petits grains sphériques d’un blanc mat. On les recueillera avec un fin pinceau et on les placera dans un milieu humide, autant que possible stérilisé.
Un moyen très simple et qui nous a toujours donné de bons résultats 4, consiste à placer les kystes sur de petites lames de charbon des cornues ou de fusain, dans un flacon bouché contenant un peu d’eau ; le tout ayant été préalablement stérilisé. Les baguettes de charbon trempent dans l’eau par la base et s’imbibent peu à peu. On dépose les kystes vers la partie supérieure et on bouche avec soin.
Les kystes sont ainsi dans un milieu humide et aseptique. De plus, ils sont faciles à distinguer, car ils se détachent en blanc mat sur le fond noir de la baguette de charbon-.
Au bout de quelques jours, ils commencent déjà à présenter les premiers phénomènes de la sporulation et montrent, à la surface de leur contenu, les masses sporigènes d'abord sphériques, puis fusiformes. Bientôt, cellesci se détachent plus ou moins de la réserve kystique centrale et on les voit exécuter des mouvements très vifs en arc ou en 8, dans la zone claire située entre la masse granuleuse centrale et la paroi (8, fig. 26). Ce curieux phé-
1 Louis Léger. Nouvelles recherches sur les Gréçjcirines des Arthropodes terrestres. Annales de la Fac. des Sc. de Marseille, t. VI,
fasc. III.
nomène, découvert par M. A. Schneider, a été appelé par lui « danse des sporoblastes ». Il dure environ une vingtaine d’heures pendant lesquelles les sporoblastes comparables à des corpuscules falciformes très actifs, ne cessent de s’agiter. Au bout de ce temps, tout mouvement s’arrête ; les sporoblastes redeviennent sphériques et granuleux, puis se revêtent d’une paroi résistante et se convertissent chacun en un sporocyste (9, fig. 26). Ce qui reste de la masse granuleuse centrale constitue alors un pseudokyste dont le rùle paraît être d’aider à la dissémination des sporocystes à leur maturité (10, fig. 26).
Fig. 24.
Sporocystes de Stylorhynchus.
Sporocystes. — Lorsque le kyste est mûr, sa couleur devient noirâtre à cause des sporocystes à tégument coloré
qu’il renferme. Ceux-ci, réunis en longs chapelets (s s’ 10, fig. 26), sont mis en liberté par rupture de la paroi du kyste qui est ornée de petites éminences régulièrement disposées (rn 10, fig. 26).
La forme de ces sporocystes est trigone (fig. 24) (spores en porte-monnaie), au lieu d’être régulièrement laconique ou naviculaire, comme c’est le cas le plus fréquent chez les Grégarines.
Cette forme spéciale des sporocystes des Stylorhynchides parait due, comme l’a remarqué M. IIagenmüller,àladisposition qu’ils affectent à l’intérieur du kyste, dans l’espace compris entre le pseudo-kyste et la paroi. Réunis bout à bout, ils forment en effet de longs chapelets eux-mêmes enroulés en hélice de petit rayon et à tours très serrés, de sorte qu’ils paraissent comme disposés en petits anneaux superposés ne comprenant guère plus de 7 à 9 sporocystes.
SPOROZO AIRES. — G R 15 G A R I N E
aspect sous lequel ou les observe fréquemment à la rupture cl u kyste (fig. 25). Cette disposition en cercle amène la compression mutuelle des parties latérales de chaque sporocyste et donne à celui-ci la forme trigone, en modifiant la symétrie primitive par rapport à un axe.
Au terme de leur évolution, les sporocystes renferment chacun huit gros sporozoïtes nucléés (11, lig. 20).
Ceux-ci sortent facilement lorsque les sporocystes sont mis en contact avec le suc gastrique de l’hôte, comme M. À. Schneider l’a montré le premier (I, fig. 20).
Cycle évolutif. — Le cycle évolutif de lagrégarinc est facile à concevoir 1 : Les sporocystes avalés par l’hôte avec sa nourriture s’ouvrent dans le tube digestif (1) et les sporozoïtes (2) pénètrent bientôt dans les cellules épithéliales (3). Là, ils grossissent et, dans cette phase d’accroissement, font hernie dans la lumière intestinale (4).
La portion herniée devient de beaucoup la plus importante (5) et se détache bientôt de la portion intra-cellulaire (épimérite) pour constituer la grégarine libre ou sporadin (6).
Le sporadin continue encore à s’accroître et, finalement, s’accole à un de ses semblables de telle façon que les protomérites des deux grégarines soient en contact direct. Cet acte marque le début de la conjugaison qui précède l’enkystement (7 et 8).
Fig. 25.
Chapelet annulaire de sporocystes (spores) de Stylorhynchus.
4 Les numéros qui suivent se rapportent à la fig. 26.
Fig. 26.
Figure demi-schématique représentant le cycle évolutif d’une grégarine du genre Stylorhynchus .
ep , épimérite. — G, jeune grégarine dans la cellule hospitalière. — m, paroi du kyste ornée d’éminences. — N, noyau de la grégarine intra-cellulaire. — n, noyau de la cellule hospitalière. — p, pseudo-kyste. — ss’, chapelets de sporocystes.
Finalement, le kyste renferme à sa maturité de nom-
SPOROZOAIRES . — ■ GRÉGARINE
breux sporocystes (10) abritant chacun huit sporozoïtes (il).
Ainsi s’effectue le cycle évolutif d’une grégarine polycystidée ; nous verrons bientôt qu’il n’est pas sans rapports avec celui des coccidies que nous allons maintenant étudier.
COCCIDIES
Type : Coccidium falci forme. Schneider.
Synonymie. — Eimeria falci for mis (p. p.) (Schneider).
Place du Coccidium falciforme dans la systématique. — Le genre Coccidium appartient à la tribu des Tétrasporocystées caractérisée par un ookyste renfermant quatre sporocystes à la maturité (11, fig. 29).
Habitat. — Cette coccidie se rencontre fréquemment dans l'intestin de la souris où elle a été découverte par Eimer 1 et étudiée depuis par M. Schuberg2.
Étude microscopique du parasite. — Si l'on examine, à un assez fort grossissement (oc. 3, obj . 7 , de Leitz, par exemple), une petite quantité du contenu intestinal de l’intestin grêle de la souris, après avoir râclé très légèrement la surface de l’épithélium, on pourra rencontrer le
1 Eimer. Ueber clie Ei-iind Kugelformigen Psorospermien dev Wirbelthiere , Würzburg, 1870.
- Schuberg. Verhandlungen des Naturhist. Med. Vereins zu Heidelberg. N. F. V. Bd. 4 Heft. 1895.
parasite à ses différentes phases d’évolution dans l’hôte.
Les formes qu’on trouve le plus souvent sont de petits corps légèrement incurvés, terminés en pointe aux deux extrémités, présentant des mouvements actifs, se recourbant et se redressant alternativement ou s’enroulant en hélice pour se redresser ensuite. Leur longueur ne dépasse guère 10 g. Ils sont formés d’un plasma clair, à peine granuleux, et montrent, dans la région médiane, un petit espace clair correspondant au noyau (fig. 27).
Fig. 28.
Fig. 27.
Souvent, ces corps en croissant ou macrozoospores (mérozoïtes de Simond, kystozoïtes) sont encore réunis en bouquets ou disposés suivant les méridiens d’une sphère d’où on les voit se détacher successivement (fig. 28). Dans les cellules épithéliales détachées par le léger raclage, on pourra de même rencontrer ces bouquets de zoospores et, en outre, des corps granuleux de grosseur variable, avec un ou plusieurs noyaux (N, 3 et 4, fig. 29) dont l’accroissement détruit peu à peu la cellule en comprimant son noyau n.
Quelquefois aussi, mais beaucoup plus rarement, on trouvera des corps coccidiens dont la masse centrale, granuleuse, est hérissée de petits corps fiagelliformes ou microzoospores, présentant des mouvements très actifs
SPOROZOAIRES.
Ces différents éléments étaient, il y a peu de temps encore, considérés comme constituant le cycle entier d’une espèce particulière de coccidie monosporée appelée Eimeria. De récentes recherches (Schuberg, Simond, Léger) confirmées par des expériences, sont venues démontrer qu’ils ne représentent qu’une partie du cycle total d’une coccidie du genre Coccidium dont les autres formes évolutives se trouvent également dans l’intestin et sont finalement évacuées, avec les fèces, dans le milieu extérieur où le kyste coccidien achève sa maturité.
Si l’on examine en effet, la région postérieure de l’intestin grêle, on apercevra, dans les cellules épithéliales, des corps 'granuleux nucléés, à peu près de même grosseur que les précédents, mais s’en distinguant par la présence d’une enveloppe protectrice épaisse, réfringente et à double contour (7 et 8, fig. 29). Ces corps encapsulés, qui sont des kystes durables de la coccidie, ou ookystes , deviennent libres dans l’intestin, après destruction de la cellule hospitalière et on les retrouve dans les excréments de la souris (9, fig. 29). Si on les recueille et si on les place dans un milieu humide stérilisé, sur éponge par exemple, dans une chambre humide, on voit le contenu de chacun de ces kystes, après s’être condensé en une masse sphérique, se diviser en quatre masses granuleuses qui se revêtent bientôt d’une paroi (10, fig. 29).
Au bout de quelques jours, il existe définitivement dans le kyste quatre sporocystes ovalaires (11, fig. 29), à paroi résistante et renfermant chacun, outre un reliquat granuleux, deux sporozoïtes.
Ces sporozoïtes sont de petits organismes nucléés, de forme allongée, constitués par un plasma transparent et rappelant, par leur forme les corps falciformes trouvés libres dans l’intestin. Toutefois, ils s’en distinguent géné-
râlement par une plus grande réfringence et une apparence plus robuste (2, fig. 29).
Telles sont les différentes formes sous lesquelles on peut observer le parasite chez les souris infestées.
Cycle évolutif. — Comment s’effectue le cycle évolutif du Coccidium? Voici comment on est conduit à l’interpréter aujourd’hui, d’après les observations les plus récentes1 :
Les sporocystes mûrs (1) sont absorbés par la souris, avec sa nourriture ; arrivés dans l’intestin, ils s’ouvrent sous l’influence des sucs digestifs et livrent passage aux sporozoïtes (2). Ceux-ci ne tardent pas à pénétrer dans les cellules épithéliales de l’intestin et là, grossissent aux dépens de la cellule hospitalière, en prenant une forme à peu près sphérique (3).
En même temps et de très bonne heure, le noyau a commencé à se diviser de sorte qu’au terme de la croissance, le corps parasitaire intra-cellulaire est parsemé de noyaux en nombre variable (4), dont chacun deviendra le point de départ d’une macrozoospore, en individualisant une portion du plasma coccidien.
Finalement, la coccidie est divisée en un certain nombre (de huit à vingt) de macrozoospores régulièrement disposées suivant les méridiens, comme les quartiers d’une orange (5). A ce moment, la cellule hospitalière détruite, livre passage aux macrozoospores qui se détachent les unes des autres et deviennent libres dans le contenu intestinal où, sous la forme de corps en croissant, elles présentent
1 Pour les numéros qui suivent, prière de se reporter à la ligure 29.
SPOROZO AIRES .
des mouvements actifs et où nous les avons trouvées au premier examen (6) et (fig. 27).
Dans certains cas moins fréquents, le noyau primitif de la coccidie intra-cellulaire, continue pour ainsi dire à se
8 Fig. 29.,*
Cycle évolutif d’une coccidie du genre Coccidium
c, cellule épithéliale renfermant une coccidie. — n, son noyau. — N, noyau de la coccidie. — r, reliquat granuleux à l’intérieur du sporocyste qui renferme deux sporozoïtes.
diviser indéfiniment, et au lieu de donner naissance à un nombre relativement restreint de macrozoospores comme dans le cas précédent, il aboutit à la formation d’un nombre considérable de microzoospores l, petits corps effilés, très
1 Ces microzoospores ou microgamètes sont munis de deux cils locomoteurs ainsique je l’ai observé chez les coccidies monozoïques (fig. 30). Une disposition analogue existe chez les microgamètes de
agiles, à noyau allongé (microsporozoïtes des auteurs, chromatozoïtes, pseudo-flagelles de Simond), qui occupent la surface d’une énorme sphère de reliquat (5’).
Ces microsporozoïtes, d’après l’opinion de Schuberg et de Simond pour les coccidies des vertébrés, les récentes recherches de Schaudinn et Siedlecki 1 et nos propres
observations pour celles des Arthropodes, sont destinés à jouer le rôle d’éléments mâles ou microgamètes (Schaudinn et Siedlecki), en se conjuguant avec les macrozoospores devenues macrogamètes après avoir préalablement acquis un certain développement.
Et en effet, les macrozoospores (6), après avoir erré quelque temps dans l’intestin, pénètrent de nouveau dans l’épithélium (7) et grossissent en accumulant des réserves (8) ; puis, à la suite de la conjugaison, elles donnent naissance à la forme encapsulée ou ookyste (9) , soit directement, soit après un certain nombre de générations semblables à celle qui les a produites.
De toute façon, le terme final est la formation de l’ookyste qui, une fois libéré des cellules épithéliales, est évacué à l’extérieur où il mûrit (9, 10 et 11), et donne ses quatre sporocystes à deux sporozoïtes que nous avons pris comme point de départ.
Coccidium (Wasielewski, Léger, Siedlecki) et, ainsi qu’il m’a semblé également, chez les Diplospora des oiseaux.
* Schaudinn et Siedlecki. Beitrage zur Kenntniss der Coccidiert. Verhand, Deut. Zool. Ges., 1897, p. 192.
Microgamètes ciliés d’une coccidie du genre Barroussi a.
vr-i: , • -
Ainsi se trouve fermé le cycle évolutif de la coccidie, qui présente, comme on le voit, des affinités étroites et d'intéressantes analogies avec celui des grégarines.
Technique. — La technique, pour l’étude des coccidies, ne diffère pas sensiblement de celle signalée plus haut pour l’étude des Grégarines. Après avoir examiné les différents éléments parasitaires sur le vivant, on les étudiera au moyen de dissociations, après fixation préalable, et surtout au moyen des coupes qui sont ici absolument nécessaires. Les pièces seront fixées, soit au Flemming. soit au sublimé, et les coupes colorées avec les différents colorants usités actuellement, safranine, violet de gentiane, thionine, ou encore bleu de méthylène, éosine, suivant la méthode de Labbé L
MYXOSPORIDIES
„ Type: Myxobolus ellipsoïdes (Thél.).
« De tous nos poissons d’eau douce, dit M. Balbiani dans ses Leçons sur les Sporozoaires , la Tanche est celui qui présente le plus de Myxosporidies et en toutes saisons » ; c’est donc un poisson tout indiqué pour l’étude de ces Sporozoaires et nous allons décrire, comme type de Myxosporidies, celle qui se rencontre, pour ainsi dire constamment chez la Tanche, le Myxobolus ellipsoïdes Thélohan, qui présente d'ailleurs cet avantage, d’avoir des spores assez grosses, montrant facilement leur constitution.
1 A. Labbé. Recherches cytologiques, biologiques, zoologiques sur les Coccidies. Arch. zool. exp., t. IV, 3e série, 1896.
Place du Myxobolus dans la systématique. —
Le Myxobolus représente le type de la famille des Myxobolidées , qui comprend des Myxosporidies polysporées presque toujours parasites des tissus, à spores renfermant deux capsules polaires et caractérisées par la présence, dans leur protoplasma, d’une vacuole à contenu colorable en rouge-brun par l’iode.
Vu pour la première fois par Remak en 1852, dans la rate et le rein de la Tanche, ce parasite, qu'on appelait autrefois Psorospermie 1 de la Tanche, a été surtout bien étudié par M. Balbiani 2, et plus récemment par P. Thélohan 3.
Recherche du parasite. — En examinant avec un peu d’attention les nageoires d’une Tanche, et plus parti-
Fig. 31.
Nageoire dorsale d’une tanche montrant des kystes de Myxobolus.
culièrement les nageoires dorsale ou pectorales, surtout vers leur base (fig. 31), on remarquera presque toujours
1 On réunissait alors sous le nom de Poorospermies toutes les Myxosporidies et même là plupart des autres Sporozoaires.
2 Balbiani. Leçons sur les Sporozoaires , 1884, O. Doin.
3 P. Thélohan. Recherches sur les Myxosporidies. Bull. sc. de la France et de la Belgique, t. XXVI, 1895.
SPOROZOAI RE S .
la présence, entre les rayons, de petits kystes blancs à peu près sphériques, de 1 à 2 millimètres de diamètre. Les mêmes kystes ne sont pas rares non plus sur les branchies de la Tanche, mais c’est à la surface du foie et surtout dans de tissu conjonctif du mésentère, que l’on en trouvera des quantités parfois considérables.
Etude microscopique du parasite. — Quel que soit le point où l’on ait aperçu le parasite, on devra le détacher délicatement, au moyen de fines aiguilles, du tissu dans
Fig1. 32.
Kyste de Myxobolus examiné à l’état frais.
lequel il est plongé. On le placera ensuite dans une goutte de liquide physiologique 1 sur un porte-objet, et on le recouvrira d’une mince lamelle afin de l’examiner d’abord à l’état frais.
La tumeur parasitaire montrera alors la constitution typique d’un kyste de Myxosporidie (fig. 32) :
A la limite externe, une zone mince, plus ou moins distincte, hyaline et homogène, constituant Y ectoplasme ; en dedans, Y endoplasme , formé de protoplasma granuleux à
‘ Eau, 1000 gr. ; chlorure de sodium, 7,5.
sa périphérie, et montrant, dans sa région centrale, de nombreuses spores et quelques globules graisseux.
En faisant éclater le kyste par une simple pression sur le couvre-objet, il sera facile de mettre quelques spores en liberté, afin d’étudier leur constitution sur le vivant.
Spores. — Les spores sont hyalines, à contour elliptique, lorsqu’elles sont vues de face (A, fîg. 33), et mesurent en moyenne 12 à 14 a dans leur plus grand axe. Si on les examine de profil, elles paraissent beaucoup moins larges (B, fîg. 33), et montrent nettement une ligne longitudinale de suture, ce qui indique que la spore est formée de deux valves accolées comme les deux coquilles d’une noix, suivant la juste comparaison de M. Balbiani. Ces valves sont parfaitement transparentes et formées d’une substance extrêmement résistante.
A l’intérieur de la spore, ce qui frappe tout d’abord, c'est la présence de deux petites vésicules très réfringentes, situées à l’un des pôles (le pôle antérieur), légèrement inclinées l’une vers l'autre, leur sommet étant rapproché du pôle de la spore. Ce sont les capsules polaires qui caractérisent les spores des myxosporidies (A, B, C, D, fig. 33); elles communiquent avec l'extérieur par un fin canal bien visible en D, et à leur intérieur se trouve un long filament enroulé en spirale, souvent difficile à voir à l’état frais.
Au moyen de certains réactifs, et en particulier de solutions de potasse ou de soude, il sera facile de mettre en évidence la présence de ces filaments qui s’évaginent, de telle sorte que la spore se présente alors sous l'aspect dessiné en C, fig. 33.
SP OROZOAIRES.