M Y X O S P O III I) I E
Avec les capsules polaires, la spore renferme le véritable élément reproducteur de l’organisme, constitué par une petite masse de protoplasma finement granuleux, occupant la partie de la cavité de la spore située en arrière des capsules polaires (A, G, D, fig. 33).
La masse protoplasmique renferme toujours deux
Fig. 33.
Spores du Myxobolus (gross. ÎOUO).
A. spore vue à l'état frais cl de face. — B, la même vue de profil. — (J, spore avec ses filaments sortis des capsules. — p , masse protoplasmique sporale. — 1), spore fixée et colorée à la safranine.
noyaux (D, fig. 33), comme c’est la règle dans les spores des Myxosporidies ; et, de plus, une vacuole (D, fig. 33), caractéristique des Myxobolidées, surtout visible après l’action de l’alcool et se colorant en brun rougeâtre par la teinture d’iode. C’est cette masse protoplasmique qui deviendra une nouvelle Myxosporidie, lorsqu'elle aura été mise en liberté sous l’action du suc gastrique de l'hôte qui détermine la sortie des filaments et la déhiscence delà spore en deux valves.
L’étude de la spore sera complétée sur des coupes de kystes préalablement fixés au liquide de Flemming et colorés à la safranine. On verra alors (D, fig. 33) les capsules polaires fortement colorées et montrant à leur extrémité les deux petits canaux qui livrent passage au filament spiral. La masse protoplasmique montrera également ses deux noyaux, uniformément colorés et on apercevra audessous de chaque capsule un petit noyau qui est le noyau persistant des cellules capsulogènes.
Kyste. — L’organisation du kyste myxosporidien pourra de même être étudiée sur des coupes fixées et colorées, soit à la safranine, soit au carmin.
Fig. 34.
Portion de coupe d’un kyste de Myxobolus (gross. 300 environ).
La figure 34 représente une portion d'une coupe de kyste de Myxobolus colorée au carmin. On voit, en haut, le tissu conjonctif de la nageoire qui s’est condensé autour du parasite. Le protoplasma du kyste paraît, à ce niveau, plus compact et plus dense, et se colore très faiblement par le réactif ; c’est la couche ectoplasmique qui n’est pas toujours indiquée d'une façon aussi nette, surtout dans les kystes qui se développent sur la vessie natatoire de la Tanche.
C’est surtout chez les Myxosporidies libres, en effet,
que l’ectoplasme est le plus différencié, souvent même sous forme d’organes de locomotion ou de fixation, qui deviennent inutiles chez les Myxosporidies parasites des tissus.
Au-dessous vient la couche endoplasmique ou endoplasme, dans laquelle on peut distinguer trois zones d’importance variable, suivant l’âge du kyste :
1° Une zone périphérique a. formée uniquement de protoplasma granuleux sans noyaux ni spores;
2° Une zone moyenne û, renfermant des noyaux et des sporoblastes ;
3° Une zone centrale c occupée surtout par les spores s et des débris protoplasmiques»
En résumé, on voit que la masse parasitaire myxosporidienne renferme à la fois dans son protoplasma des noyaux libres et des spores mûres.
C’est là un des caractères distinctifs les plus importants de ces protozoaires, chez lesquels la formation des corps reproducteurs ne marque point la fin du cycle évolutif et s’ accomplit au sein de V endoplasme sans que V organisme cesse de se mouvoir et de s'accroître l.
1 V. P. Thélohan. Loc. cit.