L A CO M A TULE
munies de trois cils raides à leur extrémité et renfermant une fibre musculaire centrale ; sur les téguments, surtout le long des sillons et sur la face orale, il y a de nombreuses terminaisons sensitives munies de cils raides.
Description de l’appareil digestif (fîg. 94). — La bouche, à laquelle aboutissent les cinq sillons radiaux, n’est pas exactement au centre de la face orale; elle est un peu déplacée vers le radius A, en raison du développement du tube anal. De la bouche part un œsophage qui s’élargit beaucoup et court obliquement à peu près dans le sens du radius C; il se continue avec un intestin très volumineux, bosselé et plissé, qui décrit un tour de spire complet dans le sens des aiguilles d’une montre, et revenu à son point de départ, se redresse verticalement pour constituer le rectum saillant au dehors. Dans son premier tiers, l’intestin émet des lobes volumineux, parmi lesquels je signalerai spécialement, au voisinage du radius E, deux longs diverticules finement ramifiés à leurs
extrémités, dans lesquels ne pénètrent pas les aliments.
A l’état normal, les bras de la Gomatule sont étalés et la bouche est ouverte ; les courants vibratiles des sillons ambulacraires transportent vers la bouche toutes les particules flottantes dans l’eau, Radiolaires, Péridiniens, Diatomées, etc. Le tube anal présente des contractions rythmiques en rapport sans doute avec le rejet de l’eau et des excréments.
HrsTOLOGiE. — La paroi du tube digestif est formée d’un haut épithélium de cellules étroites, mélangées de cellules caliciformes, reposant sur une mince couche de tissu
conjonctif : l’épithélium est vibratile dans toute son étendue, sauf a l’extrémité supérieure du tube anal où il est
Fig. 94.
Tube digestif d’une jeune Comatule, reconstitué d’après des coupes sériées ; les cinq radius ont été indiqués schématiquement par des lignes droites.
remplacé par l’épiderme. Des libres musculaires circulaires constituent un sphincter autour de l’oesophage et autour du tube anal.
CRTNOÏDES. — LA COMAT U LE 243
Globules sanguins. — Dans des coupes minces fixées au liquide de Flemming et colorées à la safranine et vertlumière, on distingue trois catégories de globules : 1° des amibocytes à courts pseudopodes, seuls doués du pouvoir phagocytaire ; 2° des amibocytes remplis de petits bâtonnets safranophiles, dont le corps cellulaire, arrondi lorsqu'ils sont libres, est extrêmement allongé lorsqu’ils émigrent dans les tissus; 3° des amibocytes muriformes peu mobiles (oil cells de Wyville-Thomson), bourrés de gros granules, jaune d’or sur le vivant, colorés électivement par le vert-lumière dans les coupes. Quelques-uns de ces globules sont libres dans les liquides internes, mais la grande majorité d’entre eux sont engagés dans les différents tissus de la Gomatule; il y en a des quantités dans l’épithélium intestinal, dans le tissu conjonctif banal etla trame organique des pièces calcaires, dans l’épiderme ; par places, l’épiderme est rempli d’amibocytes muriformes engagés entre ses cellules (fig. 93).
Excrétion. — Comme chez les autres Echinodermes, les cellules péritonéales paraissent jouer un rôle capital comme organe excréteur ; elles fabriquent de gros granules brunâtres, qui finissent par remplir le corps cellulaire ; les cellules se détachent alors et sont capturées par les phagocytes, qui les digèrent partiellement et les transportent un peu partout dans le tissu conjonctif; chez les vieux individus, la trame organique des pièces calcaires et les tractus mésentériques du disque sont souvent bourrés de ces produits de déchet, réunis en masses parfois volumineuses, fixées à demeure dans les tissus.
Dans les mésentères qui cloisonnent le disque, on trouve
Z 0 0 T, 0 (1 IE D E S G R l P T I V E
par places de nombreux petits corpuscules cristallins, incolores, qui sont disposés â plat sous (?) les cellules péritonéales; il est possible que ce soient aussi des produits d'excrétion.
Cœlome. — Chez la Gomatule, il n’y a pas une vaste cavité générale comme chez les autres Échinodermes ; elle est subdivisée (fig. 95) par un grand nombre de lames conjonctives recouvertes d'épithélium péritonéal, qui la transforment en une sorte d’éponge, dont les cavités compliquées communiquent toutes les unes avec les autres. La portion de cœlome comprise entre la masse intestinale et la peau est cloisonnée par des lames parallèles à la paroi du corps, de sorte qu’il y a des espaces pèriviscér aux assez bien limités, traversés de place en place par des lames transverses ; ces espaces se prolongent dans le tube anal, entre la peau et le rectum. Au centre du corps, les tractus laissent libre une volumineuse cavité axiale , qui s'étend du pôle aboral, où elle communique avec la cavité périviscérale, jusqu’à la face orale où elle entoure l’œsophage. Enfin tous les organes qui traversent le cœlome, tubes aquifères, lacunes sanguines, organe axial, tube digestif, sont accompagnés d'une gaine qui les suit à distance ; toutes les petites cavités enfermées par ces gaines communiquent d’ailleurs par places, de sorte qu’il doit y avoir souvent mélange de leur contenu (fig. 100 et 95).
Dans une coupe transverse de bras (fig. 96), on trouve quatre cavités cœlomiques : deux supérieures ou sousambulacraires, séparées par une cloison verticale, une inférieure ou dorsale, séparée des deux précédentes par une cloison horizontale, et enfin, dans l'épaisseur de cette
tentacule buccal'
ik-V,
Coupe sagittale passant par le radius B et le milieu de l'interradius DE; la coupe, à partir des points x, suit l’axe d'un bras, au lieu de continuer dans le plan sagittal interbrachial.
ci. cavité axiale du disque. — al, plexus lacunaire péri-œsophagien. — an, anneau nerveux oral. — c. une des cloisons inlerradiaircs de l'organe cloisonné. — co , coupe de la commissure qui relie entre eux les troncs nerveux radiaux. — t. tubes aquifères.
cloison, une petite cavité qui entoure une lacune allant aux organes génitaux ; dans toute la longueur du bras, ces quatre cavités communiquent entre elles (fîg.103), par
t^TLtCLCules'
Coupe transversale d’un bras, passant à peu près par le milieu
d’une pièce brachiale.
des fentes des cloisons verticale et horizontale. Si l’on suit une série de coupes passant par l'union du bras et du disque (tig. 95), on voit que la cavité dorsale se continue avec les cavités périviscérales, la gaine péri lacunaire se