‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 58 sur 139 · LA COM ATI! LE · texte numérisé non relu

LA COM ATI! LE

formées de tissu conjonctif lâche, recouvert sur ses faces libres de l’épithélium péritonéal ordinaire.

Organe axial. — L'organe axial (fig. 95) commence par un cordon cellulo-conjonctif qui occupe l’axe de l’organe cloisonné ; ce cordon sort par le trou médian de la

Fig. 98.

Fragment de coupe longitudinale de l'organe axial ; X 800.

rosette, devient un organe ovoïde qui traverse verticalement et obliquement le cœlome et se termine par une extrémité arrondie, à peu près en dessous de l’interradius AB (fi g. 94). Une coupe donne l’image représentée ligure 98 : cet organe renferme intérieurement une quantité de tubes creux tapissés d’un bel épithélium cubique et communiquant au moins en partie les uns avec les autres, ce qui peut faire supposer que c’est un simple sac clos à paroi plissée et ramifiée, comme le prouve d’ailleurs l’ontogénèse ; autour des tubes un tissu conjonctif lâche,

Z O O L O fl I E D E S c R I P T 1 V E

dans lequel se déverse peut-être une lacune, et qui est recouvert de l'épithélium péritonéal; tout autour de l’organe, une vaste cavité périphérique, dans laquelle il est suspendu par des cordons conjonctifs.

Le rôle de l’organe axial est jusqu’ici tout à fait inconnu ; il paraît être une formation spéciale aux Crinoïdes, sans homologue chez les autres Echinodermes.

Appareil ambulacraire. — L’appareil ambulacraire,

si caractéristique des Echinodermes, revêt chez les Cri-

Coupe transverse du radius 11, près de la bouche, montrant la communication des pores aquifères avec la cavité cœlomique ; x “2.

noïdes une forme tout à fait spéciale ; il a perdu son rôle locomoteur, par suite de la fixation au sol définitive ou temporaire de ces animaux.

En examinant à la loupe les téguments de la face orale, on aperçoit le long des sillons radiaux, dans les secteurs interbrachiaux et interradiaux (tig. 86), une grande quantité de petits pores aquifères (de 500 à 1.500 chez les adultes) ; ce sont des petits entonnoirs à épithélium très

vibratile qui débouchent largement à l’extérieur et se continuent d’autre part dans les téguments par des tubes plus ou moins longs et anastomosés ; les tubes collecteurs de tous les entonnoirs avoisinant les sillons radiaux vont

» saccuZe^

Fig. 100.

Coupe verticale du disque, perpendiculaire au radius B, pratiquée près de la bouche et entamant tangentiellement l’anneau lacunaire péri-œsophagien et l’extrémité des tubes aquifères ; la portion de zone interradiale représentée est celle qui se trouve immédiatement à gauche du radius B ; elle montre les communications qui existent entre les gaines cœlomiques, les tubes aquifères et un pore aquifère ; X 136.

déboucher à plein canal dans la cavité cœlomique ventrale (fig. 99) ; quelques-uns aboutissent à la gaine périlacunaire qui loge la lacune génitale ; ceux qui avoisinent la bouche s’ouvrentdans les intervalles des mésentères périœsophagiens (fig. 100).

Autour de l’œsophage se trouvent plusieurs centaines de

tubes aquifères revêtus d'un épithélium très vibratile, qui s’ouvrent, d'une part, dans les intervalles des mésentères péri-œsophagiens qui leur fournissent une gaine à distance, et, d’autre part, vont se jeter dans un anneau oral

tentacule^ buccaL

Fig. 101.

Coupe sagittale de la bouche, passant par l'interradius DE; x 130.

(tig. 101 et 102). L’anneau oral donne naissance à cinq troncs radiaux, qui se bifurquent et se divisent pour aller dans les bras et les pinnules. Entre le canal ambulacraire et le ruban épithélio-nerveux sus-jacent, il existe un petit écartement qui s’oblitère en arrivant vers la bouche; c'est un sinus sous-neural, vraisemblablement homologue aux sinus sous-neuraux très développés chez les autres Echinodermes (fig. 96).

L A G OMATULE

Tout le long de leur trajet, les canaux radiaux, brachiaux et pinnulaires émettent à droite et à gauche, en

pleCCLLS

IxLCUMxxire,

péricesovhxxgien.

coupede,

Vœsophxige,

carneau, nerveux/ irctra, -ép ithéliajy

ormeau/ ambulcLcrcur'e/ ax>ec- tubes agu,iferex

reseauc de- lacunes ,'sous - tég lane/itaires

Organe, spongieux.

artneau, nerveux orab

Fig. 102.

Disque vu par la face orale, dans lequel ont été figurés schématiquement les anneaux ambulacraire et lacunaire et les deux systèmes nerveux oraux, ainsi que le réseau lacunaire auquel aboutissent les lacunes génitales des bras, tels qu’ils se présentent dans des coupes horizontales.

alternant plus ou moins régulièrement, des branches qui aboutissent à une triade de tentacules, dont le médian est

plus grand que les deux autres (fig. 104 et 105). Ces tentacules, richement innervés et très mobiles, sont revêtus d’un épithélium muni de papilles sensitives, reposant sur une couche de tissu conjonctif, suivie elle-même d’une rangée de fibres musculaires longitudinales (cellules épithélio-musculaires ?), qui limitent la cavité interne du tentacule. L’anneau oral donne directement naissance à des tentacules buccaux (fig. 101), qui, chez les jeunes individus, sont bien nettement au nombre de quatre par interradius ; chez les adultes, rien ne les distingue des premiers tentacules des sillons radiaux.

La physiologie de cet appareil ambulacraire, si fortement modifié, est encore très obscure : comme toutes les petites cavités cœlomiques, gaines périlacunaires, etc., communiquent les unes avec les autres et que les pores aquifères débouchent dans ces cavités, il est certain anatomiquement que l’eau peut s’introduire dans tout le cœlome de la Gomatule ; Ludwig1 a d’ailleurs constaté que le courant excité par les cils des pores aquifères tend à faire marcher l’eau de dehors en dedans. Mais il est plus que douteux que l’eau s’introduise effectivement et d’une façon continue dans le cœlome, car on ne voit pas par où elle pourrait ressortir ; il est possible que les nombreux pores aquifères aient simplement pour effet de maintenir dans toute la cavité générale une certaine tension des liquides internes, de façon à assurer la turgescence maxima de cette sorte d’éponge.

Appareil lacunaire. — L’appareil lacunaire, non

1 Ludwig. Ùber die Function der Madreporenplatte und des Steincanals der Echinodevmen, Zool. Ànzeiger , n° 339, 1890, p. 377.

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moins caractéristique des Échinodermes que leur système ambulacraire, est très développé chez la Gomatule : c’est une sorte d’appareil lymphatique, qui ramène de l’intestin les substances absorbées et les dirige vers les téguments du disque et les bras ; il n'y a pas de cœur annexé à ce système, le liquide lacunaire circule lentement par la vis a ter go. Sur les coupes, on distingue facilement les lacunes à leur contenu riche en albuminoïdes, coagulés par le réactif fixateur ; elles sont entourées d'une cavité périphérique dépendant du cœlome, comme nous l'avons vu plus haut.

De la paroi de l’intestin sortent un grand nombre de lacunes absorbantes (fig. 95), abondantes surtout au bord interne de la première moitié de la spire ; ces lacunes, après un trajet compliqué, encore mal connu, aboutissent à un plexus annulaire qui entoure l’œsophage, et qui est formé par un lacis de grosses lacunes anastomosées (fig. 95, 101, 102); par places, les parois des lacunes présentent une épaisseur particulière et sont recouvertes intérieurement et extérieurement de nombreuses cellules qui comblent presque leur cavité ; cette différenciation lymphoïde ( organe spongieux , fig. 102) n’occupe pas une position fixe ; à cela près, elle rappelle tout à fait par sa structure la glande ovoïde des Astéries ou les vésicules spongieuses des Oursins; on ignore son rôle.

En dessous des téguments de la face orale, on trouve dans les coupes horizontales un riche réseau de lacunes (fig. 102), qui se rattachent sans doute aux lacunes absorbantes ou au plexus péri-œsophagien ; il s’en détache dix

branches [lacunes génitales ), qui se dirigent vers les bras, les parcourent dans toute leur longueur, en émettant au

niveau de chaque pinnule un rameau latéral qui se termine à l’organe génital.

Description des organes génitaux. — Les organes génitaux comprennent les ovaires ou testicules renfermés clans les pinnules, plus un système de cordons stériles [cordons génitaux ) qui parcourent les bras et le disque et relient entre elles les glandes pinnulaires.

Fig. 103.

Coupe transversale de la lacune génitale, passant par un point où sa gaine communique avec la cavité cœlomique ventrale gauche et la cavité cœlomique dorsale (coupe transverse de bras, peu après sa sortie du disque); X 514.

Dans une coupe de bras (fîg. 103), on trouve dans la cloison horizontale une petite cavité aplatie qui renferme un tube rattaché à sa paroi par des filaments ; la cavité est une cavité cœlomique, comme nous l’avons déjà vu, qui communique fréquemment avec ses deux voisines ; le tube est la lacune génitale, à l’intérieur de laquelle est logé un cordon de cellules à gros noyau nucléolé, identiques aux jeunes cellules sexuelles. Au niveau de chaque pinnule, le cordon génital émet une branche latérale qui prend un volume énorme et constitue un ovaire ou un testicule qui

G R I NO ï D E S

LA COMATULE

remplit toute la cavité cœlomique dorsale (fig. 104) ; ses cellules se multiplient et deviennent les cellules mères des œufs ou des spermatozoïdes. Il est très probable que les cellules des cordons génitaux se déplacent tout le long de ceux-ci et n’arrivent à maturité que dans les portions pinnulaires ; il est possible d’ailleurs, à titre d’anomalie,

Fig. 104.

Coupe transversale d’une pinnule ; X 92

que cette évolution ait lieu en un point quelconque : en effet, H. Carpenter 1 a trouvé une fois un ovaire développé dans le disque même, évidemment sur le trajet d’un cordon génital.

Du côté du disque, on ne sait pas trop comment se comportent les cordons génitaux; lorsque les lacunes génitales se jettent dans le réseau sous-tégumentaire, les cor-

1 II. Carpenter, Report on the Crinoidea of the Challenger, vol. XI, 1884, p. 109.

dons génitaux se prolongent à l’intérieur de ce réseau et en suivent presque tous les méandres ; il est possible qu'ils aboutissent au point central où les cellules sexuelles se

cetcfs pondus

Fig. 105.

Portion de bras, au moment de la ponte des œufs (alcool, glycérine) ; X 26.

sont différenciées au début du développement, mais il est impossible de les suivre. Toujours est-il qu'on ne trouve plus de cordons génitaux dans le plexus péri-œsophagien.

Les ovaires et les testicules sont des glandes en forme d’ovoïde allongé, qui gonflent considérablement les pin-

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