‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 59 sur 139 · LA COM A TU LE · texte numérisé non relu

LA COM A TU LE

nules au moment de la maturité sexuelle. Les œufs développés provoquent la rupture de la paroi pinnulaire en un ou plusieurs points de moindre résistance et sortent par ces orifices artificiels ; ils sont fécondés extérieurement et restent attachés par une sécrétion visqueuse sur la pinnule, jusqu’à la mise en liberté des larves (fig. 105). L’orifice mâle est Un petit orifice saillant perforé sur le côté de la pinnule.

Histologie. — Le testicule est limité par une mince paroi conjonctive avec fibres musculaires obliques ; du côté interne, la paroi porte de nombreux plis saillants, ce qui accroît considérablement la surface d’attache des spermatogonies. Les spermatozoïdes mûrs ont une tête conique et un segment moyen sur lequel s’attache la queue ; les œufs renferment une certaine quantité de vitellus et ont une membrane vitelline transparente ; le noyau des ovocytes renferme un gros nucléole réfringent.

La ponte a lieu pendant les mois chauds, à une époque un peu différente suivant les mers, de mars à avril dans la Méditerranée, de fin mai à fin juin à Trieste, dans les mois de juin et juillet sur les côtes d’Angleterre et de Bretagne. Les œufs sont rejetés en plusieurs fois, à quelques jours d'intervalle.

Forme larvaire. — Le développement de Y Antedon a été l'objet de nombreux travaux, dont le dernier en date, celui de Seeliger, est remarquablement complet. Dans les œufs encore attachés aux pinnules, se développe une larve allongée (fig. 106), munie de cinq bandes ciliées et d’une touffe de cils à l’un des pôles ; le lobe dit préoral se ter-

mine par une dépression qui servira à la fixation ; des pièces calcaires commencent à apparaître dans les tissus. Cinq jours après la ponte, la larve sort de l'œuf et nage librement pendant un ou plusieurs jours, puis se fixe sur un objet quelconque au moyen du lobe préoral ; les bandes

Fig. 106.

Larve libre, vue latéralement, le lobe préoral en haut (modifié d’après Seeeiger) ; X 145.

ciliées disparaissent rapidement ; la partie supérieure renflée deviendra le disque, la partie inférieure la tige.

Dans la phase dite cystidéenne , la surface orale présente une bouche centrale entourée de 15, puis de 25 tentacules et de 5 saccules identiques à ceux de l’adulte ; l’anneau ambulacraire ne porte qu’un seul tube aquifère qui s’ouvre au dehors dans l’interradius anal (CD).

Six semaines après la fixation, les bras se développent et marquent le commencement de la phase dite pentacrinoïde ; ce sont cinq prolongements creux du disque qui

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se bifurquent pour donner les bourgeons brachiaux ; ceuxci se divisent encore pour donner les pinnules, qui sont ainsi des ramifications avortées du bras. Il se développe des cirres sur la centro-dorsale et quatre autres tubes

A. Larve fixée depuis deux jours (d'après Seeliger) ; X 60. — B. Larve à 15 tentacules; x 10. — C. Larve au stade pentacrinoïde, avec 10 bras et 5 cirres ; x 10.

aquifères semblables au premier. Peu après ce stade, le jeune Antedon se sépare de sa tige et devient libre.

Régénération. — Les bras s’autotomisent très fréquemment, au niveau des syzygies ; il est facile de provoquer leur rupture en les touchant avec la pince électrique ou en plongeant la Comatule dans l'eau de mer chauffée à 37°-38° 1 ; les portions détachées se régénèrent très rapi-

* Preyer, liber die Ilewegungen der Seesterne, Mittheil. ans der Zool. Stat. zu Neapel, Bd 7, 1886-7, p. 27 et 191.

dement. Dans des circonstances mal connues, la Comatule se défait de tous les organes renfermés dans le disque (i éviscération ), de sorte qu’il ne reste que le squelette aboral portant les bras à son pourtour ; l’animal continue à se mouvoir comme si de rien n’était, et il se reforme un nouveau sac viscéral en trois ou quatre semaines b

Commensaux et parasites. — VAntedon bifida héberge un certain nombre de commensaux et de parasites, dont voici la liste :

Myzostoma glabrum F. -S. Leuckart. — Espèce sédentaire, toujours fixée au voisinage de la bouche (Méditerranée, Adriatique).

Myzostoma cirriferum F. -S. Leuckart. — Espèce vagabonde, individus souvent très nombreux, rampant librement sur le disque et les bras (Naples et Trieste) (Graff, Report Challenger , vol. X, 1884 ; vol. XX, 1887).

Stylina comalulicola Graff. — Petit Gastéropode fixé sur le tube anal ou aux pinnules, la trompe enfoncée dans la peau (Naples, sur 4 p. 100 environ des Comatules) (Graff, Zeitschrift fur iciss. Zool. , Bd 25, supplément, 1875, p. 124).

Collocheres gracilicauda Brady ( Ascomyzon comatulæ Rosoll). — Gopépode vivant à la surface du corps, signalé à Trieste par Rosoll ( Sitzber . d. hais. Akad. der Wiss. Wien, Bd 97, 1 Abth., 1888, p. 188).

Crustacé non décrit habitant fréquemment le tube diges-

1 Dendy, On the régénération of the viscéral mass in Antedon rosaceus, Stiid. Biol. Lab. Owens College, vol. I, 1886, p. 229.

LA COMATULE

CRINOÏDES. —

tif des Comatules de Plymouth (W. Carpenter, Phil. Trous . , 1866, p. 701). J'ai trouvé souvent un Copépode vivant dans le tube digestif des Comatules de Naples.

Copépode (?) perforant non décrit, enfoncé dans les tissus des Comatules de Naples (Vogt et Yung, Traité d' Anatomie comparée pratique , p. 669).

Infusoire holotriche non décrit, très abondant dans l'intestin et remplissant parfois entièrement ses diverticules (fig. 96) : corps arrondi à une extrémité et acuminé à l’autre, un macronucléus sphérique au milieu du corps et un petit micronucléus (Roscoff).

Hemispeiropsis antedonis Cuénot. — Infusoire péritriche vivant à la surface du corps (Roscoff, Saint-Vaast, Méditerranée) (Cuénot, Zool. Anzeiger , n° 466, 1894).

Différentes méthodes recommandées pour l’étude de la Comatule. — A part le squelette et l’examen externe, on ne peut étudier la Comatule que par le procédé des coupes sériées. Le sac viscéral, séparé du squelette, se fixe très bien par le liquide de Flemming seul ; pour les coupes totales de disque et de bras, le liquide de Flemming, puis l’acide chromique 1 p. 100, qui fixent et décalcifient en même temps, donnent les meilleurs résultats. Il importe de décalcifier très lentement, en raison de la facilité avec laquelle se creusent des cavités artificielles dans le squelette aboral. Laver soigneusement à l’eau, au besoin dans le vide, pour enlever les dernières bulles de gaz et les acides,, et colorer sur coupes. Le sublimé ou l’alcool à 70°, suivis d’un décalcifiant, peuvent aussi être employés, quand on veut colorer en masse avant de couper.

Bibliographie.

Outre les travaux cités, consulter :

Ludwig. — Beitràge zur Anatomie der Crinoideen. Zeit. fur wiss. Zool., Bd 28, 1877, p. 255.

Hamann. — Anatomie der Ophiuren und Crinoiden. Jen. Zeit. Naturw., Bd 23, 1889, p. 233.

Perrier (E.). — Mémoire sur V organisation et le développement de la Comatule de la Méditerranée . Nouv. Arch. Muséum Paris, 2e série, t. IX, 1886 ; 3° série, t. I, 1889, et t. II, 1890. Cuênot. — Etudes morphologiques sur les Echinodermes. Arch. Biol., t. XI, 1891, p. 313.

Seeliger. — Sludien zur Entwicklungsgeschichte der Crinoiden. Zool. Jahrb., Bd 6, 1892, p. 161.

Batiier. — Bibliographie très complète dans Zoological Record depuis 1893.

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