‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 60 sur 139 · OURSIN RÉGULIER · texte numérisé non relu

OURSIN RÉGULIER

Echinus esculentus L..

Place de l’Oursin dans la. systématique. — L’E-

chinus esculentus est un Oursin appartenant au groupe des Gnatliostomes homognathes , c’est-à-dire possédant un* appareil masticateur dont les cinq pyramides sont toutes égales et dressées ; c’est un type d'Oursin dit régulier, le corps hémisphérique étant partagé par les radius en cinq tranches égales, et l’anus se trouvant à l’intérieur des pièces calcaires de l’apex ( anus endocyclique) ; il appartient à la famille des Ecliinidæ , très développée à l’époque actuelle, qui renferme la plupart des Réguliers de nos mers ( Strongylocentrolus , Sphær echinus).

Synonymie1. — Cette espèce, bien reconnaissable par sa grande taille, a été signalée pour la première fois en 1678 par Lister, et décrite sous le nom d 'Echinus esculentus en

1 Voir Lovén, On the species of Ecliinoidea describecl b;/ Linnœus, Bih. Till K. Svenska Yet.-Akad. Handlingar, Bd 13, 1887.

1758 par Linné, dans la 10e édition du Systema naturæ ; il paraîtrait, d’après Linné, qu'on mange ses glandes génitales dans certaines localités, d’où le nom spécifique qu’il lui a attribué. En 1776, O. -F. Muller lui a donné le nom d '£. sphæra, qui doit être abandonné.

Habitat. Mœurs. — L ’Echinus esculentus est une espèce de l’Atlantique nord et est, commune sur les côtes Scandinaves, et atteignant au nord le Spitzberg et l’Islande; au sud, il descend le long des côtes de Danemark, Allemagne, Hollande et Grande-Bretagne, jusque sur la côte ouest de France (Roscoff, Concarneau, Belle-Isle).

Il vit sur des fonds de roches et sable mêlés, probablement par troupes, car le faubert en ramène généralement beaucoup d’individus à la fois, par des profondeurs de 10 à 200 mètres; à Roscoff, dans les grandes marées, on a même trouvé des individus à marée basse (Beclem, Rech’hier Doun).

Il est assez difficile de le conserver plus de cinq ou six jours dans les aquariums les mieux installés ; il exige une demi-obscurité et une eau courante extrêmement aérée. En captivité, il est souvent attaqué et dévoré, malgré sa carapace et ses piquants, par de gros Crabes et des Poissons carnassiers.

Description extérieure de l’animal. Principaux orifices. — Cet Oursin est le plus grand des Oursins connus, actuels ou fossiles ; il atteint jusqu’à 152 millimètres de diamètre et 120 millimètres de hauteur (spécimen de Roscoff). 11 peutêtrecomparé à une demi-sphère creuse ; la surface de section est la face orale(ï\%. 108), portant au centre

ECHINIDES. — L’OURSIN

la bouche dans laquelle se voient cinq fortes dents, entourée d'un espace membraneux parsemé de petites plaques calcaires, la membrane buccale , dont le bord externe limite 1 epéristo?ne. Au pôle opposé ( pôle aboral ou apex), se trouve un ensemble de grosses pièces calcaires, consti-

xorie- amLuZcLCT'ajtf'C'

Fig. 108.

Portion de la face orale débarrassée des appendices du test (à droite les branchies buccales ont été conservées; à gauche, elles ont été sectionnées).

tuant le calice ou appareil apical (fig. 109). Entre le calice et le péristome, le corps est un test solide, divisé en 10 zones, 5 ambulacraires étroites ou radius , reconnaissables aux petits trous géminés dont elles sont perforées, et 5 inter ambulacraires ou interradius plus larges. Le centre du calice est occupé par un périprocte , champ membraneux parsemé de petites plaques calcaires, dans lequel l’anus est perforé excentriquement; autour du périprocte se trouvent 10 grosses plaques, 5 radiaires, les

terminales (ocellaires ou radiales des auteurs) présentant un pore terminal, et o interradiaires, les basales (génitales des auteurs), portant chacune un pore génital; l’une des basales, plus grosse que les autres, est perforée d’une myriade de petits pores et prend le nom de madréporite.

Fig. 109.

Face aborale de l'Oursin, dépouillée de ses piquants. Grandeur naturelle.

Chacune des zones ambulacraires comprend deux rangées méridiennes de plaques alternes; elle commence près de la bouche par deux plaques séparées (fig. 108), qui sont les premières formées de la zone; celles qui sont venues ensuite n’ont pas rejoint ces deux plaques, et se sont arrêtées au bord du péristome; les plaques suivantes, qui se forment toujours au contact des terminales, exercent

ECHINIDES. — L’OURSIN

par leur croissance une pression sur les plaques anciennes, fixées au bord du périslome; il en résulte que les plaques, toutes égales au début, ne tardent pas à se fusionner en partie en formant de grandes plaques composées (fig. 110), constituées d'ordinaire par trois plaques simples, Tune occupant encore toute la largeur de la demi-zone (plaque

pores géminés

cL'iub ambuiaere/ nixxmelon.

demis plaques

plaque.

entière/

cuuc.

Fig. 110.

Plaque ambulacraire (région moyenne du corps), traitée par la potasse, et vue par sa face externe ; le côté droit correspond à la ligne médiane de la zone ambulacraire ; le côté gauche est en contact avec la zone interambulacraire voisine ; le bord supérieur regarde le pôle aboral ; X 5.

entière ), les deux autres ( demi-plaques ) étant réduites à un étroit triangle.

Chacune des zones interambulacraires est aussi formée par deux rangées méridiennes de grandes plaques, mais elles s’arrêtent au bord du péristome et ne passent pas sur la membrane buccale; dans chaque zone, les premières plaques sont entamées par deux échancrures, qui donnent passage aux branchies buccales (fig. 108).

Nomenclature des radius. Orientation. — L’Oursin reposant sur le pôle aboral, la bouche en haut, on convient d’appeler A le radius opposé à l’interradiusmadréporique ; puis, en marchant dans le sens des aiguilles d’une montre,

les autres radius recevront les lettres B, G, I), E; les interradius sont définis par les lettres des radius qui les circonscrivent : finterradius du madréporite sera CD, les autres DE, EA, AB, BG.

Pour faciliter la comparaison des Oursins réguliers avec ceux dits irréguliers, chez lesquels le test présente une symétrie bilatérale évidente, on est convenu d'orienter les Réguliers de la façon suivante : lorsque le test est vu par sa face aborale, on place le radius D en avant, de façon à ce que finterradius madréporique soit à droite et en avant. Le plan sagittal qui passe par le radius D et le milieu de finterradius AB est le plan de Lovén , sans importance pour les Réguliers, mais qui devient le plan de symétrie bilatérale chez les Irréguliers.

Dans toutes les descriptions anatomiques, l’Oursin est supposé avoir la bouche en haut et le pôle aboral en bas, à la manière d’un Crinoïde.

Téguments. — Les téguments comprennent de dehors en dedans : un épiderme vibratile, qui manque dans les points exposés aux frottements, une épaisse couche conjonctive, presque entièrement calcifiée, et un épithélium péritonéal, très plat et vibratile. Lacouche calcifiée (üg- 111) est formée d’un réseau calcaire, comprenant des aréoles où se loge un réseau organique, véritable moule des cavités du réseau minéral ; le réseau organique est constitué par une substance fondamentale, amorphe et fibrillaire, parsemée de nombreux noyaux, et assez lâche pour permettre à des globules migrants de se frayer une route à travers le test. L’épiderme est formé de hautes cellules tiliformes, très souvent vibratiles, entre les bases des-

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