‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 67 sur 139 · EU H IN IDES. — L’OURSIN · texte numérisé non relu

EU H IN IDES. — L’OURSIN

ticale par un mésentère qui l’attache à l’œsophage et à la glande génitale CD. Du côté aboral (fîg. 122), la glande ovoïde se termine par un prolongement terminal , logé dans une cavité absolument close, située juste au-dessus du madréporite. Intérieurement (fîg. 124), la glande ovoïde est creusée d’une cavité capricieusement ramifiée, qui de-

Fig. 124.

Coupe transverse de la glande ovoïde et du tube aquifère, à peu près en leur milieu. Fixation au liquide de Flemming : X 25.

vient de plus en plus grande en approchant de la face aborale; cette cavité se termine en cæcum du côté oral, tandis que du côté aboral, elle communique par un orifice avec le tube aquifère, de sorte qu'on peut injecter ce canal et le madréporite en poussant un liquide coloré à l’intérieur de la glande ovoïde.

Au point de vue histologique, la glande ovoïde a la structure d’un organe lymphoïde1 (fîg. 12o) : elle est constituée par un réticulum conjonctif délimitant des mailles

1 Cuénot. Les globules sanguins el les organes lymphoïdes chez les Invertébrés , Archives d’Ànat. microsc., t. I, 1897, p. 153.

assez régulières, dans lesquelles se trouvent de nombreuses cellules ressemblant beaucoup aux amibocytes incolores du liquide cœlomique, et des produits d’excrétion formant des amas de granules jaunes; extérieurement la glande

Coupe de glande ovoïde. Fixation au liquide de Flemming : x 1290.

est limitée par l’épithélium péritonéal, qui s’invagine à son intérieur en formant de fins canalicules ramifiés* terminés en cæcum.

Appareil lacunaire. — L’appareil lacunaire est aussi très caractéristique des Echinodermes; c’est une sorte, d’appareil lymphatique qui ramène de l’intestin les substances absorbées et les distribue aux organes importants de l’animal; il n’y a pas de cœur annexé à ce système, le liquide lacunaire circule lentement par la vis a tergo. Sur les coupes, on distingue facilement les lacunes à leur contenu riche en albuminoïdes, coagulés par les réactifs fixateurs.

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ECHINIDES.

l’oursin

Toute la première courbure de l’intestin (fi g. 126) est recouverte d’un riche réseau de lacunes absorbantes qui

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Moitié orale vue par la face interne, après injection de l'appareil ambulacraire et du système lacunaire (en partie d’après E. Periuer).

a. tube aquifère et glande ovoïde accolés. — b, confluent de la lacune collatérale et de la lacune marginale externe. — c, canal transverse de communication entre la lacune collatérale et la lacune marginale externe. — œ, œsophage longé par la lacune marginale interne allant se jeter dans l’anneau lacunaire. — vsp, vésicule spongieuse.

se rassemblent en deux grosses lacunes marginales , l’une interne, l’autre externe; cette dernière est reliée par des anastomoses à une grosse lacune collatérale , qui paraît

jouer le rôle de réservoir pour le trop-plein du liquide absorbé. La lacune marginale interne se continue seule le long de l’œsophage et va se jeter dans un anneau lacunaire oral , intimement accolé à l’anneau ambulacraire. De l’anneau oral partent : 1° cinq lacunes radiales qui remontent le long de l’œsophage [lacunes pharyngiennes, fig. 116) s’accolent aux canaux ambulacraires radiaux et les suivent jusqu’à leur extrémité, en émettant à droite et à gauche de petites branches qui se perdent à la base des ambulacres; 2° une grosse lacune qui se porte vers la glande ovoïde et y forme un réseau périphérique (la figure 124 montre ces lacunes en coupe transversale), qui parcourt celle-ci jusqu’à son extrémité aborale ; ces lacunes se continuent avec un autre réseau annulaire (fig. 127) placé dans la membrane limitante de l’anneau aboral, duquel réseau partent des ramifications pour chaque organe génital.

L’anneau lacunaire oral porte dans chaque interradius un amas glandulaire saillant ou vésicule spongieuse (vésicule de Poli des auteurs), qui a en petit la structure lymphoïde de la glande ovoïde. On a vu plus haut que l’anneau ambulacraire envoyait dans les vésicules spongieuses des prolongements ramifiés permettant les échanges osmotiques entre les contenus des deux systèmes.

Préparation anatomique. — Pour injecter le système lacunaire, il faut se servir de fines canules de verre étirées à la lampe et d’une masse pénétrante de couleur claire : blanc d’argent délayé dans l’eau, essence de térébenthine colorée en vert ou en blanc par une couleur

EC H INI DE S.

l’oursin

à l’huile. Le bleu soluble dissous dans l’eau distillée peut être employé quand on veut retrouver sur les coupes la matière injectée.

Le réseau absorbant de l'intestin, l’anneau oral et le réseau de la glande ovoïde se remplissent facilement en poussant l'injection dans la lacune marginale interne, très visible au bord du mésentère, ou encore en perforant avec la canule la superficie de la glande ovoïde. Le réseau aboral avec les lacunes génitales, de même que les lacunes radiales, sont surtout connus par le procédé des coupes et ne s'injectent que très difficilement ; les lacunes radiales sont d’ailleurs séparées de l’anneau oral par une mince cloison qui ne paraît pas permettre le passage direct des liquides (fig. 116).

Organes excréteurs. — L'Oursin possède au moins deux organes d’excrétion, qu’on peut mettre en évidence par la méthode des injections physiologiques : on injecte dans le cœlome, en perforant la membrane buccale avec une canule de Pravaz, une solution filtrée d’indigo-carmin et de carminate d’ammoniaque dans l’eau de mer, et on dissèque l’animal quelques jours après. L’élimination ne se fait convenablement que si l’animal reste tout à fait bien portant.

Quand on ouvre l’Oursin, on voit que le péritoine et la glande ovoïde ont pris une coloration rose très nette, tandis que la seconde courbure de l’intestin, y compris le rectum, est d’un bleu plus ou moins vif. L’indigo a été éliminé activement par l’épithélium interne de la seconde courbure, et on l’y retrouve en grains bleu verdâtre localisés dans la partie superficielle des cellules. Le carmi-

nate se retrouve sous forme de vacuoles roses ou de petits grains dans les amibocytes incolores, libres ou migrants, dans toutes les cellules vibratiles du revêtement péritonéal, et enfin dans les cellules propres de la glande ovoïde et des vésicules spongieuses ; les produits de désassimilation fabriqués normalement par ces cellules à carminate sont d’ailleurs faciles à voir : ce sont de petits granules jaunes, qui finissent par combler la cellule et se réunir en amas plus ou moins volumineux ; les amas péritonéaux tombent dans le cœlorne où ils sont capturés par les phagocytes flottants et transportés un peu partout, dans le mésentère, dans la trame organique du test, etc., où ils paraissent rester à demeure, encombrant littéralement le tissu conjonctif des vieux individus ; la glande ovoïde renferme une quantité considérable de ces granules jaunes, accumulés surtout à la périphérie de l’organe (fig. 124 et 125) ; enfin il est probable qu’une petite partie des granules, avalés par les amibocytes, peut s’échapper au dehors par diapédèse de ces derniers, soit à travers le test, soit à travers la paroi mince des bran-

chies buccales.

Description des organes génitaux. — Il y a cinq

grosses glandes génitales (fig. 127) qui occupent dans les interradius la place laissée libre entre le périprocte et la seconde courbure intestinale ; leur canal excréteur très court perfore la basale correspondante. Ovaires et testicules ont le même aspect et ne se distinguent que par leur contenu; très souvent, les glandes sont soudées entre elles par des prolongements qui passent au-dessus des vésicules ambulacraires.

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