ÉC H IN IDES. — L’OURSIN
Histologie. — Ce sont des glandes en grappe, tapissées intérieurement de cellules génitales et limitées par une épaisse couche conjonctive. Les spermatozoïdes mûrs
Desccuies a/nbu-lcicrcLir'ej'
Fig. 127.
Moitié aborale vue par la face interne; le réseau lacunaire aboral et les lacunes génitales sont supposés injectés.
(lig. 128) ont une tête conique, qui porte au sommet un petit granule (Spitzenknopf) mis en évidence par la coloration au dahlia des éléments frais, et à sa base un segment moyen (Mittelstiïck), qui représente, paraît-il, l’ar-
clioplasme qui fournira les asters dans l’œuf fécondé1. Les œufs sont peu chargés de vitellus, comme d’habitude chez les Échinodermes ; le noyau des ovocytes renferme
iim.+n-n. un gros nucléole réfringent.
Les produits génitaux mûrissent
'rr&'^Zies pendant l’hiver ; j’ai trouvé en décembre des spermatozoïdes mûrs dans les testicules. Il est probable que la ponte doit avoir lieu à la fin de l’hiver ou au début du printemps.
Après la ponte, le contenu des organes génitaux entre en régression, et se transforme en une sorte de bouillie renfermant beaucoup de cellules vacuolaires et de cristaux
radiés (en août par exemple) ; on ne
Fig. 128. v 1 r '
A, spermatide à la fin sait Pas d'ailleurs exactement ce qui
de sa transformation, se passe durant cette période2,
la tête encore recourbée contre la queue.
— B, spermatozoïde Forme larvaire. — Le dévelopmûr (eau de mer ad- , , . „ , . .
ditionnée de dahlia], Pement et la forme larvaire de
VEchinus esculentus ne sont pas
connus avec certitude ; il est certain a priori que l’évolution comporte une larve pélagique du type Pluteus , qui doit avoir sans doute les caractères généraux des Pluteus
1 Voir les travaux de Field, On tlie morphology and physiology of the Echinoderm spermatozoon. Journ. Morph., t. XI, 1895, p. 235. — Wilson et Mathews, Maturation, fertilisation and polarity in the Echinoderma egg. Jourh. Morph., t. X, 1895, p. 319.
Cette régression a été signalée par Giard, Sur une fonction nouvelle des glandes génitales des Oursins. Comptes rendus Acad. Sc. Paris, t. LXXXY, 1877.
l’oursin
connus d’Echinidés, à savoir huit bras et quatre épaulettes ciliées. Parmi les larves d’Oursins décrites par J. Muller, il y en a une, trouvée dans la mer du Nord1, qu’il rapporte avec doute à VEchinus esculentus L. ; bien que l’époque où il l’a rencontrée (août et septembre) ne corresponde pas trop à l’époque de la maturité sexuelle, cette attribution est très probable.
Commensaux et parasites. — L ’ Echinas esculentus héberge un certain nombre de commensaux et de parasites dont voici la liste :
Hermadion assimile M’Intosh (H. echini Giard) : Polynoïdien mesurant 30 millimètres de long, d'un blanc pur avec une ligne verte sur le milieu du dos ; il se loge sur le test, entre les piquants de la face orale, et quand on cherche à s'en emparer, il court rapidement entre les appendices sans vouloir quitter l’Oursin ; il est difficile à voir, malgré sa grande taille, en raison de son homochromie parfaite avec son hôte. Signalé sur les côtes d’Angleterre, d’Irlande, d’Espagne, à Concarneau et à Roscoff ; à Roscoff il y a presque toujours un Hermadion sur chaque Oursin (M’Intosh, On Rritish Annelida, 1874).
Siphonostoma Dujardini Quatrefages : Chlorémien abondant partout sur les Echinus miliaris : j'en ai trouvé un individu sur les piquants à' Echinus esculentus (Roscoff).
Montacuta substriata Montagu : Lamellibranche fixé par son byssus sur les piquants de la face orale (Angle-
1 Joli. Millier. Ueber die Gattungen der Seeigellarven. Archiv. für Anat., 1853, p. 472. — Mortensen, Die Echinodermenlar ven der P lankton-Exp édition, Kiel, 1898. (Voir p. 94.)
terre, d’après Jeffreys, BritishConchology,\ ol. II, p. 208).
Stilifer Turtoni Broderip : petit Gastéropode rampant sur les piquants aux environs de l’anus (côtes d’Angleterre et de Norvège, d’après Jeffreys, Ann. and Mag. Nat.
Ilist ., 1864). fl
Syndesmis echinorum François : Rliabdocèle de la famille des Yorticides, d’un rouge-brun, mesurant 2mm,5 de long ; il habite fréquemment dans le cœlome, rampant sur la paroi interne du corps ; on en trouve de i à 30 dans les Oursins infestés. Ce Rliabdocèle, remarquable par la présence d’hémoglobine dans ses lacunes mésodermiques, est assez commun à Roscoff (un Oursin sur cinq est infesté) ; François et Russo l’ont retrouvé dans la Méditerranée, habitant le tube digestif d’autres Echinides (voir Cuénot, Revue Riolog. du Nord , t. Y, 1892, p. 11). m
Deux Copépodes, probablement commensaux accidentels, ont été signalés sur le test d Echinus esculentus : Asterocheres echinicola Norman, aux îles Shetland (Norman, Brit. Assoc. Report , 1868, p. 300), et Lichornolgus maximus I. G. Thompson, dans le golfe de Fortli (Scott, Ann. Scott. Nat. Ilist., 1896, p. 62). Jf
Oikomonas echinorum Cuénot : Flagellé vivant dans le liquide cœlomique de presque tous les Oursins réguliers et irréguliers de nos mers ; il a été décrit par la plupart des auteurs comme appartenant à l’organisme de l’Oursin, sous le nom de globule vibratile (fig. 121). Corps arrondi renfermant un petit noyau, et une vacuole (?) au point d’attache du flagellum très long et très grêle.
Différentes méthodes recommandées pour l'étude
l’oursin
de l’Oursin. — Pour étudier les pièces calcaires seules, on les débarrasse de la matière organique par une solution de potasse chaude. — Les fixatifs, pour les pièces à débiter en coupes, varient suivant leur teneur en calcaire : le sublimé et le liquide de Flemming donnent de bons résultats pour les pièces qui n'en renferment pas ; le sublimé acétique ou l’acide chromique 1 p. 100 suffisent pour fixer et décalcifier les fragments renfermant peu de carbonate de chaux. Enfin, quand on veut couper des pièces volumineuses très calcaires, on peut fixer par l’alcool à 70° et décalcifier avec de l'alcool additionné de quelques gouttes d’acide azotique, que l’on renouvelle aussi souvent qu’il est nécessaire ; il est indispensable d’achever la décalcification dans le vide, afin qu’il ne reste pas la moindre bulle de gaz dans les tissus. Laver soigneusement à l’eau ou à l’alcool, suivant les cas, pour enlever les dernières traces d’acide et colorer en masse ou sur coupes.
Bibliographie.
Outre les travaux cités, consulter :
Lovén. — Etudes sur les Echinoïdées. Kongl. Sv. Vet.-Akad. Handlingar, Bd. 2, 1874.
Hamann. — Beitrage zur Histologie der Echinodermen. Jen.
Zeit. Naturw., Bd. 21, 1887, p. 87.
Prouho. — Recherches sur le Dorocidaris papillata et quelques autres Echinides de la Méditerranée. Arch. zool. exp. (2), t. Y, 1888, p. 213.
Cuénot. — Etudes morphologiques sur les Echinodermes. Arch . Biol., t. XI, 1891, p. 313.
Batiier. — Bibliographie très complète dans Zoological Record depuis 1893.