P H I U 11 IDES. — L ’ 0 P H I 0 T H R I X
Le disque, à son intérieur, est pourvu de plaques dorsales et traversé par des bandes qui portent des piquants. Le disque, regardé par la face supérieure, présente cinq plaques reposant sur les pièces fourchues ; sur l’une d'elles, est située la plaque madréporique.
Tissu musculaire. — Les intervalles des ossicules discoïdes, comme ceux qui existent entre les pièces four-r chues, sont occupés par du tissu musculaire, servant à l’ouverture et à la fermeture de la bouche. Aussi, toutes les cavités de l’animal sont traversées par du tissu conjonctif qui se présente toujours, comme chez tous les Echinodermes, sous la forme d’un tissu hyalin parsemé de granulations.
Une double membrane d’origine musculaire tapisse le cercle dentaire depuis l’ouverture de la bouche jusqu’à la muraille des ossicules.
Cette membrane à état frais paraît formée de tissu conjonctif rempli d’une matière jaunâtre. Traité par l’acide chromique, ce tissu montre des fibres circulaires.
Description de l’appareil digestif de l’Ophiure.
— L’ensemble de l’appareil digestif est logé dans le disque de l’animal ; dans les bras nous ne rencontrons pas de prolongements.
Cet appareil est composé de la bouche , de l'œsophage et de Y intestin :
Bouche. — L’armature buccale est composée de papilles dentaires, fixées horizontalement sur la plaque mâchoire qui recouvre l’extrémité des pièces fourchues.
Le mouvement de la mastication s’effectue par les muscles existant entre ces pièces.
En plongeant un instrument dans l’ouverture buccale, on voit que l’animal peut à volonté rapprocher toutes les papilles et fermer complètement la bouche. Mais quelquefois, on voit que les papilles proches à l’œsophage se serrent seulement. C’est ce qui prouve que les muscles de l’armature buccale sont en deux assises, une supérieure et une inférieure, qui agissent ou simultanément ou séparément.
Œsophage. — En regardant l’Ophiure vivante, on voit faisant saillie entre les papilles dentaires, un petit œsophage. Cet œsophage a la forme d’un entonnoir dont la grande ouverture s’attache sur l’intestin, et s’ouvre et se ferme à la volonté de l’animal, grâce à un sphincter musculaire qui pourra être séparé, si on traite l’animal par l’acide azotique.
Des brides longitudinales tapissent son intérieur. Coupé et porté immédiatement sous le microscope dans une goutte d’eau de mer, il se montre garni, dans sa paroi interne, de cils vibratiles.
Sa structure intime est semblable à celle de l’intestin qui lui fait suite.
Intestin. — Estomac et intestin ne font qu’un chez l’Ophiure.
L’ensemble n’est qu’un cul-de-sac à dix rayons, cinq plus longs et cinq plus courts, alternant entre eux.
En face d'un bras un court rayon et en face de l’intervalle de deux bras, un long. Les longs rayons s’enfoncent
OPHI TJ RIDES. — l’OPHIOTHRIX 307
entre les sacs respiratoires, tandis que les courts, un peu plus soulevés que les autres aboutissent, juste en face des bras (fig. 130).
Préparation anatomique. — On laisse mourir l’animal dans l’eau de mer, après quoi, on enlève la paroi extérieure du corps et on découvre l’intestin.
Les animaux vivants se contractent de telle manière qu’il est difficile de pouvoir séparer la paroi extérieure sans enlever en même temps le tube digestif lui-même. Le même fait se présente quelquesfois aussi chez les animaux conservés.
Le tube digestif, malgré ses insertions sur la paroi du corps, est facile à détacher, et à isoler en coupant avec attention, à l’aide de la pointe d'un scalpel, les fibres qu’on rencontre. 11 y a une paroi externe propre, complètement dépourvue de pièces calcaires.
Histologie. — Le tube enlevé, fixé par l’acide osmique et transféré dans l’alcool absolu, peut être coupé et examiné, dans sa totalité, sauf la couche interne, qui n’est visible qu’à l’état frais.
De dedans en dehors nous rencontrons quatre couches (lig. 131) :
1° Une couche épithéliale interne, composée d une couche de cellules cylindriques extrêmement serrées entre elles, possédant des cils vibratiles ;
2° Une couche brune, limitée entre la couche épithéliale interne et la couche cellulaire. Celte couche, a pour rôle de rapprocher, l’une de l’autre, les parois de l’intestin et la couche musculaire ;
3° Une couche cellulaire, composée de plusieurs assises cellulaires, disposées sur plusieurs plans ; les formes cellulaires sont extrêmement nettes et leur noyau très bien coloré par le picro-carminate. Les cellules ont une forme
ovalaire allongée, leurs contours sont nets; leur noyau, coloré plus fortement, a la même forme allongée. Cette couche n’est pas continue, et là où elle existe, elle se présente sous la forme d'un amas cellulaire, composé de plusieurs cellules accumulées et intercalées entre le tissu musculaire ;
4° Enfin, une couche externe complètement diaphane, remplie de' granulations.
Glandes annexes. — L’intestin extérieurement est dépourvu de glandes intestinales, mais la structure de la troisième couche que nous venons de décrire nous fait croire avec raison que c’est là qu’on doit rechercher le siège d’une sécrétion glandulaire qui sert à la digestion des o'iments.
Description de Uappareil circulatoire et respiratoire. — Appareil aquifère ou ambulacraire et sous-ambulacraire. — Si nous regardons une Ophiothrix fragilis du coté buccal, nous voyons une des cinq pièces buccales munie d’un petit tubercule.
Cette plaque, différente des autres, est la plaque ma-
Fi g. 131.
Coupe transversale de la paroi stomacale.
«, couche externe. — b, couche brune. — e, couche cellulaire. — d, couche épithéliale externe.
OPIIIURIDES. - L OPHIOTHRIX
dréporique ; c'est à elle qu’aboutit le commencement du canal aquifère , bien connu chez les Échinodermes.
Extérieurement, il est donc facile de reconnaître la plaque madréporique.
La saillie qu’elle forme n’est pas due exclusivement à son épaisseur, mais surtout à ce qu’elle est soulevée par la plaque buccale correspondante qui a chevauché près d’elle.
L'examen de sa partie supérieure montre qu’elle n’est pas criblée des trous qui caractérisent généralement les plaques madréporiques; c’est audessous que se trouve une mince plaque perforée, qui est la vraie plaque madréporique.
Si nous disséquons l'espace compris entre deux bras et limité en haut par la plaque madréporique, nous nous trouvons en présence d’un canal accolé aux muscles qui descendent vers la partie inférieure du disque, il est assez mince et beaucoup plus membraneux que calcaire. Ce canal, en raison de sa disposition, n’est qu’une enveloppe protectrice, X organe sacciforme (fi g. 132).
Il contient dans son intérieur le canal aquifère et la glande pyrif orme ou corps plastido gène.
Fig. 132.
Canal aquifère et corps plas-
tidogène.
c.a ., canal aquifère. — o./j., glande pyriforme ou corps plastidogène.
Organe sacciforme. — Certains auteurs ont cru que l’organe sacciforme représente une vésicule de Poli transformée, et cela, parce que la vésicule de Poli, dont nous parlerons plus bas, et qui correspond à cette région, manque. Cette opinion, ne paraît pas fondée, car cette enveloppe existe aussi chez les Ophiures qui ne possèdent pas de vésicules de Poli.
Cet organe sacciforme est donc une enveloppe protectrice du canal aquifère et de la glande plastidogène.
Préparation anatomique du système circulatoire. — En poussant une injection soit au bleu soluble, soit au bichromate de plomb, par le canal aquifère, nous voyons le liquide pénétrer dans un vaisseau annulaire faisant le tour de la bouche.
Cet anneau, connu sous le nom d’anneau aquifère, est situé sur le bord du seconcj cercle limité par les premiers ossicules discoïdes des bras (fig. 133).
En regardant la portion de l’anneau située sous l'ossicule discoïde, nous voyons qu’en son milieu pénètre un prolongement médian. Deux autres prolongements s'avancent de chaque côté dans le même ossicule discoïde.
Dans l’intervalle des bras, nous voyons des prolongements en forme de massue. Ces prolongements en cæcum sont les vésicules de Poli.
Si nous poursuivons les vaisseaux qui se prolongent dans le bras, nous pouvons voir que les deux prolongements latéraux se dirigent vers les tentacules buccaux. Celui du milieu, après s’être élevé de l’épaisseur de Possicule pour atteindre la plaque ventrale qui se trouve au
0 P H I U II I D E S . — l’oPHIOTHIIIX
même niveau que la plaque madréporique, se recourbe en devenant horizontal.
Dès lors, il poursuit sa marche dans l’espace creux existant entre la rainure ventrale de l’ossicule discoïde et les plaques ventrales, jusqu'à l'extrémité du bras, et
Fig. 133.
Anneau aquifère vu du côté dorsal.
anneau aquifère. — v.p vésicule de Poli. — tu, tentacules. — p.d ., papilles dentaires. — o.p ., glande pyriforme. — br.y bras.
donne à l'intérieur de chaque ossicule discoïde deux rameaux qui se rendent aux tentacules brachiaux (fig. 134). La même chose se répète sur les autres bras.
Telle est la distribution bien connue de tous les vaisseaux aquifères dont l’ensemble constitue Yappareil ambulacraire.
Cet appareil comprend quatre parties :
4° L’anneau et ses branches directes ;
2° Les vaisseaux secondaires de ces branches ;