O. CL
Physiologie. — Les dernières recherches tendent à démontrer que les tractus sont couverts de cellules qui, arrivées à maturité, se détachent et s’échappent dans la cavité générale. Là, ils deviennent amœboïdes et forment les corpuscules du liquide de la cavité générale ou cœlomique.
Fig. 139.
Glande piriforme et canal aquifère.
p.m., plaque madréporique. — c.a., canal aquifère. — o.p., glande piriforme. — o. s., paroi. — c.v. , cavité vasculaire.
Respiration. — M. Ludwig1 a démontré que les fentes brachiales, au lieu de conduire directement à l’intérieur, se prolongent intérieurement en une espèce d’invagination, constituant ainsi des organes en forme de sac entièrement clos. Sur leurs parois sont attachés les organes génitaux. Ces organes sont appelés par lui bourses (hg. 1, s.r.).
Quand on observe du côté dorsal une Ophiure vivante, on voit le corps de l’animal se gonfler et s’affaisser alternativement ; on distingue que le gonflement commence par la périphérie du disque qui entraîne le soulèvement du centre.
1 Ludwig (II.). Neue Beitràge zur Anatomie des Ophiuren (Zeit. I. wiss. Zool. Band XXXIV, p. 333).
La marche du premier phénomène est extrêmement lente; l’affaissement au contraire, est subit. Si on ajoute dans l’eau des particules colorées, ou simplement, de la fine sciure de bois, et si, en même temps, on renverse sur le dos un animal, après lui avoir coupé les bras pour l’empêcher de reprendre sa position naturelle, on reconnaît la présence d’un double courant autour des fentes génitales ; on constate également que l’eau entre du côté de la fente qui avoisine le bras et sort du côté opposé.
Ces mouvements alternatifs servent à la respiration. On le prouve en déchirant tous les sacs à la fois, le mouvement cesse aussitôt et l’animal ne survit que peu de temps à l’opération.
Histologie. — La structure de ces organes est de plus simple :
Elle consiste en une couche interne ciliée et extérieurement en tissu conjonctif.
Ces appareils possèdent des cils, qui aident à l'entrée de l’eau du côté de la fente, adossée au bras.
Note. — Les recherches de ces derniers temps ont démontré que ce ne sont pas seulement les bourses , qui représentent V organe unique de la respiration , mais que V oxygène pénètre à l'intérieur du ■ corps par le canal aquifère. Ce dernier communiquant arec l'extérieur pourrait être comparé à une trachée imparfaite d' Arthropode.
Description du système nerveux. — Préparation anatomique. — Le système nerveux central se distingue
OPHIURIDES. — L’OPHIOTHRIX
nettemenl des parois du corps. Il se compose d’un cercle péri-oral placé à l’intérieur de l’anneau labial et formé par une bandelette plate verticale.
Cet anneau donne naissance à cinq nerfs radiaires, qui
Anneau nerveux (la partie nerveuse est en noir).
a.»., anneau nerveux. — a. a., anneau aquifère. — glande piriforme.
sont logés dans la cavité sous-ambulacraire et envoient à chaque tube ambulacraire un rameau nerveux (fig. 140).
Préparation. — Quand on enlève la partie dorsale de l’Ophiure et le tube digestif tout entier, on tombe sur le plancher buccal. Là, on s’aperçoit que les pièces fourchues forment un cercle complet situé un peu au-dessus des ossicules discoïdes, qui aboutissent sur la périphérie de ce cercle.
Une membrane de tissu conjonctif fortement colorée tapisse ce cercle ; si on enlève cette membrane, on recon-
naît qu’elle est double, et c’est entre les deux parties, dans l’angle de l’espace appelé anneau labial , qu’on voit la bandelette nerveuse , entourant entièrement le cercle, et prenant chez l’Ophiothrix une forme décagonale.
Cet anneau est situé un peu plus à l'intérieur que l’anneau aquifère ; l’un est situé, en effet, sur l’ossicule dis-
Fig. 141.
Vue du côté dorsal, glandes génitales. — estomac.
coïde, l’autre est accolé contre la partie de sa surface qui regarde l’entrée de la bouche. De toute façon, les rameaux qui partent de ces deux anneaux passent par le même orifice.
Histologie. — D’après Kœhler, professeur à l’Université de Lyon , l’anneau aussi bien que les nerfs radiaires sont constitués par des fibrilles en connexion, sur la face interne, avec une couche très nette de cellules nerveuses.
Description des organes génitaux. — La séparation des sexes chez les Ophiures est la règle générale, un seul ensemble d’hermaphrodisme existe chez l’Amphiura squamata (Lyman) ( espèce vivipare).
La coloration des organes peut toujours servir comme caractère distinctif des sexes.
La coloration des glandes des mâles est généralement
l’ophiurides. — l’ophiothrix 321
blanche, ou à peine rose ; celle des femelles rouge intense ou orangée.
Préparation anatomique. — Pour se faire une idée juste de la position et des rapports des glandes, le meilleur moyen est de disséquer l’animal dans sa position naturelle, c’est-à-dire la bouche en bas.
Il faut, avec beaucoup de précautions, enlever les téguments dorsaux et le tube digestif.
L’ensemble apparaît alors comme composé de dix groupes glandulaires entiè-
& Glande génitale
rement indépendants, situés juste au-des- isolée.
sus de chaque fente brachiale. Chaque groupe se compose d'une seule glande chez l’espèce que nous étudions, située au-dessus de la fente. Les glandes font saillie dans les intervalles des bras, ce qui donne l’apparence pentagonale au disque de ces animaux.
La forme de chaque glande en particulier rappelle une
corne de bélier (fig. 142).
Histologie, — La structure intime des glandes est des plus simples. A première vue, on croirait que les produits génitaux naissent librement à l'intérieur.
Chaque glandule est composée de quatre ou cinq cellules mères, qui à leur tour, contiennent chacune quatre ou cinq œufs. Le tout est enveloppé par cette variété de tissu conjonctif propre aux Echinodermes ; on y distingue les granulations caractéristiques.
Si l’on étudie une glande mâle, on voit qu'elle est composée d’une couche extérieure de tissu conjonctif, et d’une
couche intérieure ciliée. Cette couche intérieure donne naissance aux spermatozoïdes.
Fécondation. — La fécondation est extérieure, l’évacuation des produits se fait par déhiscence directement à l’extérieur, par les fentes génitales. Les spermatozoïdes rencontrent les œufs, il y a pénétration et la fécondation s’effectue.
Développement. Observations personnelles. — Les œufs pondus à l’état mûr sont bien séparés les uns des autres. L’élément male ressemble à un liquide lacté qui se montre au microscope plein de spermatozoïdes.
La ponte a lieu à intervalles successifs, les produits s'évacuent en plusieurs fois ; jamais pourtant le contenu des ovaires ne se vide tout entier.
Les œufs dans l’ovaire, avant la ponte, présentent une grande vésicule germinative, renfermant une tache germinative qui occupe une place excentrique. Autour d’elle se trouve une couche de substance vitelline plus transparente que le reste de vitellus. La tache germinative repose au milieu de cette masse, réfractant fortement la lumière et contenant un ou deux vacuoles.
Après la ponte, l’œuf présente une enveloppe extérieure transparente ; l’intérieur est rempli d’une substance vitelline granuleuse, d’une couleur brunâtre.
L’Ophiothrix fragilis récemment pêchée et mise dans l’aquarium, après deux ou trois heures commence à pondre, surtout aux époques correspondant avec les grandes marées.
Les œufs pondus, enlevés immédiatement avec une pi-
OP III U RI DE S. — l’oPHIOTHRIX
pette sont mis dans un grand bocal plein d’eau fraîche. Dans un autre bocal on met les mâles, desquels on voit s’échapper le liquide séminal. En un instant l’eau prend une coloration lactée opaque.
Les premiers stades du développement.
proloplasma. — v.t, sphère vitelline. — v.p, globule polaire. — t.p.p.s, 1er plan de segmentation. — ach , formation de la gastrula. — cav , cavité de segmentation.
Une seule goutte de ce liquide suffit pour féconder les œufs mûrs.
Voici comment on doit opérer pour assurer la fécondation dans de bonnes conditions.
Les œufs qui ont séjourné dans le liquide séminal se présentent quelques instants après entourés d’innombrables spermatozoïdes, qui déterminent par le mouvement ciliaire de leur queue une espèce de rotation.
Les premiers stades qui suivent la fécondation sont
réguliers. Une partie du protoplasme cle l’œuf vient se condenser au centre de la sphère vitelline : et ainsi se forme une partie plus dense, qui bientôt se partage en deux. L’enveloppe extérieure ne se distingue bien qu’aux endroits qui séparent les deux masses.
Fig. 144.
Formation de la larve à partir du stade gastrula.
ncli. archenberen . — r/a , intestin primitif. — or, Louche primitive. — ril, rayon
calcaire.
Ensuite, il y a division en quatre et ainsi de suite, jusqu’à la formation de la blastosplière, alors les cellules de la division ont pris place à la périphérie, laissant au milieu un espace creux ; ils ont acquis des cils vibratiles, et l'œuf est transformé en un corps indépendant et libre.
Après ce stade, d’après les observations récentes de M. J. Walter Fewkes1, on observe Y invagination et la formation de la gastrula , qui par des métamorphoses suc-
4 Preliminary observations on the development of ophiopholis and Echinarachniny . Cambridge, 1886.
OPHIURIDES.
l’ophiothrix
cessives devient la larve si connue des Echinides et des Ophiurides, appelée Pluteus (fig. 15).
Le développement définitif de l’Ophiure s’effectue régulièrement, et, sauf les bras de la larve, tout le reste passe directement, comme chez les Echinides, dans l’animal adulte, en se transformant un peu.
11 est à noter ici que chez la larve Pluteus , le tube digestif se montre possédant une sortie ou un anus, qui
c, bras. — or, bouche. — cavité gastrale. — rd, bâtonnets calcaires.
manque, comme nous le savons, chez l'adulte des Ophiures. J’en avais fourni la preuve en 1880 et ce fait important a été confirmé depuis lors /par M. Metsclmikoff 1 et M. W. Fewkes 2.
Cette forme de Pluteus montre avec la plus grande évidence la proche parenté des Ophiures , avec les Echinides parmi les Echinodermes. On a l’habitude de ranger les Ophiures parmi les Astéries en les considérant comme Astéries transformés. On cite même des types, qui forment le passage entre les deux ordres. Il semble, cependant, que d’après les formes embryonnaires, c'est plutôt à côté des Echinides qu’il faut les ranger, et qu’on doit chercher
1 Zeit. /“. wiss. Zool., XXXVII, p. 307.
2 Loc. cit.
ZOOLOGIE DESCRI P TI V E
à déterminer à quel moment de la vie embryonnaire commence à s'accuser la forme qui est destinée à produire le jeune animal, si semblable au commencement à la larve d’un Echinus, et pourtant si différent à l'état adulte.
Différentes méthodes recommandées pour l’étude de l'Ophiure. — Pour les préparations anatomiques, les animaux doivent être tués dans l'eau de mer, autrement leur tissu se ratatine et on ne peut rien voir.
On peut dire d'une manière générale que l’étude sur le vivant est plus nécessaire encore pour ces animaux que pour tout autre.
VERMIDIENS
Le groupe , récemment établi sous ce nom par M. Y.Delage1, comprend , outre les Brachiopodes et les Bryozoaires ( anciens Molluscoïdes , puis Vermoïdes), les Rotifères , les Géphyriens , pte quelques groupes secondaires (Gastrotriches, Echinodères, Chœtognathes).
Les Géphyriens, dit M. Delage, dans l'ouvrage cité plus haut , constituent , à notre avis, le lien commun de toutes ces formes : non seulement par les Echiurides (Géphyriens armés) et le Slernaspis , ils forment le trait d'union avec les Vers proprement dits , en particulier avec les Annélides grâce à leur lobe céphalique et à leurs soies; mais par les Siponculides (Géphyriens inermes), ils peuvent même être considérés comme le point de départ de la série entière des Vers aberrants. Les Siponculides, de leur côté, font le passage à d'autres groupes plus lointains. En effet, avec leur couronne de tentacules, ils conduisent par l' intermédiaire de Phoronis, d'une part aux Brachiopodes qui ressemblent si fort aux Plylactolêmides ci un certain état de leur développement, de l'autre aux Rotifères qui nous conduisent parles Gastrotriches et les Echinodères aux Chœtognathes
1 Voir le Traité de Zoologie concrète, t. V, par Y. Delage et E. Ilérouard. Librairie Ileinwald. Paris, 1897.
et aux Nématodes , de Vautre enfin par Rhabdopleura et Céphalodiscus , au Balanoglossus et aux Chordata. Ces affinités diverses sont admises par la plupart des naturalistes et ont été en partie consacrées dans certaines classifications : Lang joint les Brachiopodes et les Rotifères aux Bryozoaires et aux Siponculides sous le nom de Prosopygiens, Prosopygia ; Ray Lankester groupe sous le nom de Podaxonia les Siponculides , les Brachiopodes et les Bryozoaires ; E. Perrier réunit les Rotifères, les Bryozoaires et les Brachiopodes sous la dénomination de Néphridiés Lophostomés . »
On trouvera plus loin la monographie du Géphyrien , et du Rôti f ère, malheureusement nous n'avons pu trouver de spécialistes pour l'étude du Bryozoaire et du Brachiopode.