‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 75 sur 139 · LA M E L I G E R T E · texte numérisé non relu

LA M E L I G E R T E

mastax, la grande lèvre et la fossette vibratiles, les organes des sens.

L’organe rotatoire en forme de fleur de pensée est une expansion horizontale de la région céphalique (fig. 146).

supT

lèvre inferieure, ou. menton.

- boulette.

antenne, ventrale.

fossette, dllee contenant une. boulette

Fig. 151.

Organe rotatoire, face ventrale.

Il est formé de quatre lobes arrondis, dont deux plus grands, antérieurs, deux postérieurs plus petits ; ces lobes sont soutenus par de fortes nervures répondant à des bandes musculaires (fig. 150 et 151).

Les bords de ces lobes sont garnis d’une rangée de larges cils vibratiles formant la couronne principale ou trochus qui battent régulièrement et déterminent un courant dans l'eau ambiante. Ce courant attire les particules vers une deuxième couronne , couronne secondaire ou

cingulum , concentrique à la première sur une partie de son étendue, qui forme un bourrelet également muni de cils vibratiles, mais plus fins et serrés que ceux de la première couronne.

Elle conduit les particules attirées par la première couronne extérieure vers la bouche et la lèvre inférieure (fig. 151). Il existe ainsi un sillon profond entre les deux

Schémas des couronnes ciliaires de l’organe rotatoire. — A. Vue de profil. — B. Vue de face (d’après Gosse et .Hudson).

couronnes, lequel s’enfonce en un entonnoir buccal sur la surface ventrale. Ce sillon intercoronaire est interrompu sur le côté dorsal (fig. 150).

Ces couronnes forment deux bandes ciliées écartées l’une de l’autre à la face ventrale et soudées l’une à l’autre à la face dorsale (fig. 152, a et b).

La deuxième couronne se fusionne donc avec la première du cô.té dorsal, tandis qu’en avant du côté ventral elle s’en écarte passablement, laissant un vide entre elles qui est l’entonnoir buccal et se prolonge ventralement sur les bords de la lèvre inférieure.

Chez notre Mélicerte nous avons la couronne ciliaire rhizotique.

ROTATEURS.

LA MELICERTE

On remarque de chaque côté de la rainure formée par les couronnes ciliaires à sa jonction avec l’entonnoir buccal une protubérance ciliée ou lèvre supérieure constamment en mouvement, réglant le courant (fig. 151).

Les bords ciliaires dû la rainure conduisent une partie des particules dans l’entonnoir buccal et une autre portion est poussée sur la lèvre inférieure (fig. 151).

Cette lèvre inférieure a la forme d’une pièce triangulaire et avance sur le côté ventral juste au-dessous de la bouche. Elle est également ciliée. Sa surface supérieure excavée limite la cavité buccale ; elle est en somme la continuation du bourrelet de la deuxième couronne (fig. 146 et 151).

Au-dessous de cette lèvre ou menton on voit une fossette en forme de coquille de noix toute tapissée de cils vibratiles fins et courts. Ces cils se continuent avec ceux de la lèvre inférieure. Elle est limitée sur les côtés par deux petits bourrelets, en haut par la lèvre, en bas par une languette qui sert de truelle pour la construction du tube (fig. 146 et 151).

Les particules en suspension dans l’eau, et qui ne sont pas utilisées pour la nourriture, sont acheminées dans la fossette ciliée par un courant déterminé par les cils de la lèvre et là, par un mouvement incessant des cils de la fossette, sont agglutinées et mêlées au mucussécrété par une glande spéciale située sous la fossette (fig. 146). C’est dans cette fossette que sont formées les boulettes qui servent à la construction du tube.

Lorsque la boulette a atteint la dimension voulue et qu’elle a été convenablement tournée en forme d’obus à l’aide de la languette inférieure et solidifiée par le mucus,

l’animal la porte sur sa languette et la place sur le bord du tube. Cette remarquable construction a été bien observée par Gosse \ Bedwell1 2 et Joliet3.

La glande de la fossette est triangulaire, transparente et présente dans sa masse une quantité de petits points brillants (fig. 146). Elle se trouve juste au-dessous de la fossette ; elle est probablement munie d’un court canal excréteur, mais ce dernier est très difficile à distinguer; il viendrait aboutir au fond de la fossette ciliée.

Au-dessous de la languette, la peau de la tête forme un léger renflement indiquant une légère différence de cuticulisation et séparant la tête du tronc.

Au-dessous de la fossette, sur les cotés de la Mélicerte, se trouvent les deux antennes ou tentacules sensitifs dont nous reparlerons en décrivant les organes sensitifs, de même que la petite cupule ciliée ou organe tactile impair qui se trouve sur la ligne médiane dorsale au-dessous des lobes postérieurs de l'organe rotatoire (fig. 146, 147 et 151).

On voit également à la base des deux lobes deux crochets ou dents en forme de corbin, chitineux et servant probablement à la confection du tube et aussi comme arme défensive quand l’animal est retiré dans son tube, le corps contracté. Ces deux dents se montrent telles que nous les avons figurées dans les figures 146, 147 et 150.

Appareil digestif, glandes annexes. — L’appareil digestif comprend : la bouche, l’entonnoir buccal, le pha-

1 Gosse (Ph.-H.). Loc. cil.

2 Bedwell. Loc. cil.

3 Joliet. Loc. cit.

ROTATEURS. — LA MÉLICERTE 345

rynx, le mastax, l'oesophage, l’estomac, l’intestin et le cloaque.

La bouche ou ouverture buccale est ventrale et comprise entre les deux couronnes ciliaires, entre la lèvre et la face inférieure des lobes rotatoires antérieurs (fîg. 146 et 151).

Elle est ovalaire et limitée à la partie supérieure par les deux proéminences ciliées dont nous avons parlé plus haut.

Elle se continue en un entonnoir buccal, large, incliné en bas, un peu dorsalement vers le mastax. Il conduit la nourriture vers le mastax. Il est tapissé d’un épithélium à cils longs et toujours en mouvement (fîg. 146).

En arrière, il se dilate légèrement en une poche qui se termine par un groupe de deux petites membranes ou lèvres, c’est la partie appelée pharynx par Joliet 1 . Ces lèvres s'ouvrent et se ferment à volonté pour laisser passer ou retenir la nourriture accumulée par le courant ciliaire dans l’entonnoir buccal (fîg. 154).

Faisant suite à ce pharynx, ainsi appelé par Joliet, nous trouvons le mastax. C’est un sac trilobé, large, disposé transversalement, transparent, fortement musculeux etcontenant les appareils masticateurs ou trophi (fig. 146, 153 et 154). Ses parois sont particulièrement épaisses, musculeuses, de consistance cliitineuse ; aux parois sont attachés des muscles qui contiennent les différentes parties des trophi ou mâchoires.

Les mâchoires de Mélicerte sont du type malléo-ramé (fig. 153). Les trophi se composent de deux marteaux ou mallei et d’une pièce en forme d’enclume ou incus.

* Joliet. Loc. cit.

Chaque marteau ou maliens se compose à son tour d’une tête ou uncus , sorte de peigne à dents chitineuses dont ' trois sont plus fortes que les autres, et d’un manche ou manubrium , en forme de barres aplaties.

L’incus est formé d'un fulcrum ou tige support, supportant deux cornes ou rami , pièces triangulaires séparées l’une de l’autre dans la partie médiane, au sommet et réunies à la partie large vers le fulcrum.

i meus et ses dents

Fig. 153.

Mastax (d’après Gosse et IIudson).

Fig. 154.

Portion antérieure et moyenne du tube digestif; glandes annexes.

Les mallei sont attachés par les unci aux rami ; les manubria formés de trois lobes étant soudés aux unci. Les unci ont trois dents ; les rami sont grands avec des stries parallèles aux dents, le fulcrum est mince.

La nourriture qui a dépassé les lèvres est déchirée par les dents des mallei, puis écrasée par les surfaces internes des rami et de là passe par un orifice étroit dans l’œsophage (fig. 146 et 154).

Sur le lobe médian du mastax, du côté ventral, se trouve une poche à parois résistantes, minces, contenant ordinairement un liquide rosé. Joliet ne sait quelle fonction

ROTATEURS.

LA MÉLICERTE

lui attribuer. Hudson1 décrit à la même place deux organes clairs, sphéroïdes pris par certains auteurs pour des glandes salivaires. Je regrette de n’avoir pu les découvrir. C’est un point qui reste à éclaircir dans l’anatomie de Mélicerte (fig. 154).

L 'œsophage est un court canal cilié, sinueux, à parois épaisses, se rendant obliquement d’avant en arrière vers * l’entrée de l’estomac et est en général masqué par les deux glandes stomacales qui occupent les deux angles latéraux supérieurs de l’estomac ; ces glandes sont ovales et sans conduit sécréteur apparent.

Elles contiennent une matière granuleuse dans laquelle on distingue de petits noyaux arrondis et réfringents (fig. 146 et 154).

L 'estomac est un long sac cylindrique s’étendant dorsalement jusqu’à l’extrémité inférieure de l’ovaire. Ses parois sont épaisses et formées extérieurement d’une mince membrane pellucide, sans structure particulière et intérieurement de grandes cellules glandulaires, ciliées, qui sont remplies de granules et de gouttes de graisse réfringentes, d’une couleur brunâtre (fig. 146).

Chez les jeunes et les adultes privées de nourriture les parois de l’estomac sont transparentes. Ces cellules ne sont ciliées que d’un côté ; les cils sont longs. Elles sont peu adhérentes, une petite pression suffit pour les détacher les unes des autres ; leurs cils sont constamment en mouvement.

] V intestin qui fait suite à l’estomac en est séparé par un

4 Hudson et Gosse. Loc. cil.

rétrécissement et ils ne communiquent entre eux que par un orifice étroit.

L’intestin a une forme plus arrondie, ses parois sont plus minces que celles de l’estomac ; les cellules qui composent les parois sont plus petites, se distinguent difficilement et leurs cils beaucoup plus longs et fins. Ces cel- - Iules ne sont pas glandulaires (fig. 146).

La masse de nourriture est mise constamment en mouvement par l’action des cils.

A l’angle inférieur et dorsal de l'intestin se trouve une branche courte ou rectum qui débouche dans le cloaque.

Le cloaque est un tube à parois minces et transparentes qui s’infléchit et remonte le long de la paroi dorsale du corps et s’ouvre sur la ligne médiane dorsale presque au niveau des glandes stomacales (fig. 146).

Il sert, en même temps qu’à l’expulsion des matières féfécales, à l’évacuation des œufs et des produits d’excrétion.

Les parois sont très contractiles et également revêtues de longs cils. Quand l’expulsion doit se produire, la partie supérieure du cloaque se dévagine et ainsi l’orifice de l’intestin dans le cloaque est amené près de l’orifice extérieur et le contenu de l’intestin est déversé au dehors.

Système excréteur. — Il se compose de deux canaux latéraux , placés latéralement, de chaque coté, sur les organes digestifs; ils commencent à la base de l'organe rotatoire et se terminent dans une expansion du cloaque à la base de l’oviducte. Chaque canal est muni de six flammes vibratiles (fig. 146).

La vessie contractile que l’on trouve ordinairement

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