‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 76 sur 139 · ROTATEURS. — LA M ELI G ER TE · texte numérisé non relu

ROTATEURS. — LA M ELI G ER TE

chez les Rotateurs est remplacée chez Mélicerte par une boursouflure du cloaque, transparente, de forme allongée, non ciliée, à parois sans structure définie. Cette boursouflure est située transversalement le long du cloaque.

Les deux canaux latéraux y débouchent séparément par un petit orifice circulaire. Chaque canal est un tube uni, présentant des épaississements à partir du niveau de l'estomac et formant un peu plus haut une pelote entortillée. A ce point, on voit trois flammes implantées directement sur le tube. Le canal se termine dans la partie supérieure céphalique par trois branches portant chacune à son extrémité une flamme vibratile. Ces trois flammes se trouvent juste au-dessous des lobes de l'organe rotatoire.

Ces ramifications du canal latéral sont entourées de masses glandulaires décrites par Joliet *, mais dont on ne peut déterminer ni la fonction, ni la nature.

Les flammes vibratiles ne sont que des expansions en forme de cornet évasé des canaux excréteurs. Elles possèdent à leur extrémité libre une petite ouverture communiquant avec la cavité viscérale. Ces flammes sont munies à l'intérieur de deux ou trois longs cils battant régulièrement et indiquant un mouvement ondulatoire continu.

Système nerveux. Organes des sens. — Le système nerveux de Mélicerte est très difficile à découvrir et jusqu’à présent il a été impossible de trouver un ganglion comme

1 Joliet. Loc. cit.

on le rencontre chez les autres Rotateurs. Joliet 1 indique comme système nerveux central un groupe de quatre cellules, situées sur la face dorsale du mastax. Elles sont transparentes, pourvues d’un noyau volumineux et deux d’entre elles envoient un filet nerveux à l’organe tactile impair ( f i g . 146).

Les organes des sens se composent : 1° de deux antennes ventrales ; 2° d’un bouton sétigère dorsal ou antenne impaire ; 3° de deux yeux rouges bien visibles chez les jeunes, mais disparaissant peu à peu après la fixation de la Mélicerte.

Les deux antennes tactiles ventrales sont implantées de chaque côté de la fossette ciliée (fig. 146, 147, 151 et 155). Ce sont deux baguettes tubulaires, cylindriques, transparentes, terminées par un bouquet de soies tactiles fines et rigides, formant un faisceau divergent lors de leur complète expansion, mais pouvant se retirer complètement dans leur fourreau.

L’antenne est parcourue intérieurement par une petite bande musculaire qui aboutit au bouton supportant les soies et en permet le retrait volontaire. Je n’ai pu découvrir le filet' nerveux allant aux antennes ventrales tel qu’on le trouve chez d’autres Rotateurs (fig. 155).

L 'antenne tactile impaire est un bouton sétigère placé au-dessous des lobes postérieurs, dorsalement, en avant des deux dents en crochets.

Fig. 155.

Antenne ventrale.

1 Joliet. Loc. cil.

ROTATEURS. - LA MÉLICERTE

C’est un petit bouton court, placé au fond d’une cupule, muni de soies rigides plus courtes que celles des organes tactiles ventraux. Joliet a vu un filet nerveux reliant cef organe tactile aux cellules nerveuses centrales (fig. 146, 147 et 150).

L 'œil est bien visible chez la jeune Mélicerte, c’est une forte tache pigmentaire rouge accompagnée d’un petit corps réfringent ou cristallin. Les deux yeux se trouvent à la base des deux lobes rotateurs postérieurs sur la ligne médiane dorsale et écartés l’un de l’autre. Chez l’adulte, il est presque impossible de les retrouver.

Organes génitaux: ovaire, oviducte, œufs. — Les

organes génitaux de la femelle se composent d’un ovaire et d’un oviducte.

L'ovaire qui comprend une masse protoplasmique granuleuse est enveloppé d’un sac membraneux, mince, à demi transparent, très extensible, de forme allongée (fig. 146). Il s’étend le long de la paroi ventrale du corps, parallèlement à l’estomac et à l’intestin. Sa partie supérieure est fermée, arrondie et sa partie inférieure se continue par un oviducte qui débouche dans le cloaque au même niveau que l’intestin.

L’ovaire présente vers son tiers supérieur, du côté droit, une échancrure par laquelle sortent toujours les œufs arrivés à maturité et prêts à être pondus. Ces derniers sont de plus grande taille et sont formés d’une masse protoplasmique ovalaire contenant des granules

foncés et présentant une tache circulaire plus claire, le

noyau .

L’ovaire renferme, en outre, des œufs en voie de for-

mation dont l’ensemble constitue une sorte de syncytium ou stroma de coloration grisâtre et finement granuleux. Les ovules sont reconnaissables à leur noyau volumineux ou vésicule germinative.

En général, l’ovaire examiné sans l’aide de réactifs apparaît uniformément granuleux, à l’exception de l’œuf en voie de maturation qui occupe l’échancrure ovarienne mentionnée plus haut.

Voviducte est un tube très extensible, transparent, qu’on ne voit bien que lors de la ponte de l’œuf. Il contourne l’intestin inférieur et vient déboucher dans le cloaque vers le rectum (fig. 146).

On constate, d’après Joliet 1 , dans l’acte de la ponte trois périodes : la période de descente de l’œuf, la période de mise en place et la période d’expulsion.

La première période comprend la descente de l’œuf dans l’oviducte. La deuxième répond à la pénétration de l’œuf dans la courbe de l’oviducte, pénétration qui s’accompagne du refoulement de la partie inférieure de l’intestin; la troisième est marquée par l'expulsion définitive de l’œuf, après de violentes contractions de l’animal et la dévagination du cloaque.

La Mélicerte pond deux sortes d 'œufs : 1° des œufs de plus petite taille transparents^ aux dépens desquels se constituent les mâles ; 2° des œufs de plus grande taille aux dépens desquels évoluent les femelles.

Les œufs producteurs de femelles se subdivisent à leur tour en œufs d’été qui subissent leur évolution pendant la belle saison alors que les conditions normales d’existence

1 Joliet. Loc. cit.

R 0 T A T E U HS. LA M É L I C E II T E 3o 3

do l’espèce sont réalisées, et en œufs d’hiver ou œufs durables. Ces derniers résistent à la dessiccation, au froid et n'achèvent leur développement que lorsque les conditions climatériques sont de nouveau favorables à la vie de l’espèce (fig. 156). Les œufs d’été sont ovalaires, transparents et entourés d’une mince membrane vitelline (fig. 158), tandis que les œufs durables plus opaques sont protégés par une enveloppe chitineuse résistante, jaune-brun, marqués de côtes concentriques plus ou moins accusées

(fig. 156).

Male. — Le mâle de Mélicerte a été très peu étudié et son anatomie est mal connue, cela provient de son extrême rareté, de sa petitesse et de la difficulté de le capturer.

Il est beaucoup plus petit que la femelle, atteignant à peine les deux tiers de cette dernière en longueur. Par ses caractères morphologiques il ressemble à une jeune larve de femelle ; son corps est presque cylindrique (fig. 157).

En avant, il est terminé par une couronne ciliaire bilobée mais mal définie, ce qui donne à la tête une forme

œil —

flammes oibraiils- -

canal - fi

excréteur-

pénis - '

organes ro tatoire.

- testicule/

--pieds

Fig. 157.

Mâle de Mélicerte (d’après Joli et).

arrondie. La tête est légèrement séparée du tronc par un petit étranglement.

Le mâle se termine postérieurement par un pied court, conique, tronqué, portant à son extrémité une couronne de cils vibratiles courts.

Sur le coté dorsal et au-dessous des lobes, on remarque un ganglion bilobé et au-dessus deux yeux rouges avec cristallin. Le tentacule impair paraît manquer.

Le système excréteur est difficile à observer, on voit seulement deux flammes vibratiles sur chaque canal latéral. Ces flammes sont placées en avant de chaque côté du ganglion. Les deux canaux latéraux débouchent de chaque côté du pénis de sorte que la vessie contractile fait défaut.

Le système musculaire est très réduit. C’est à peine si l’on peut apercevoir de fins muscles rétracteurs de l’organe rotatoire, du pied et quelques fines brides musculaires soutenant le testicule et le pénis.

Chez le mâle de Mélicerte comme chez beaucoup d’autres mâles de Rotateurs, on ne voit ni organes masticateurs, ni organes digestifs. Quelques traînées granuleuses sont seules encore visibles. Par contre, les organes génitaux sont très développés.

Le pénis forme une forte proéminence dorsale, près du pied, dans la région postérieure du corps. C’est un tube cylindrique, musculeux, terminé par une couronne de cils raides et courts.

Le testicule est énorme et occupe presque toute la cavité du corps. 11 est oblong, piriforme, de couleur foncée et se termine en pointe vers le pénis. Il est rempli d’une masse brillante, filamenteuse ; ce sont les zoospermes.

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