LE B R A C H I 0 N
L’enclume ou incus se compose aussi de deux pièces : les rami et d’une tige le fulcrum. Chaque ramus est une pièce épaisse triangulaire, arrondie extérieurement, concave à sa face supérieure et plate à sa face interne.
Le fulcrum est une tige de support, aplatie, au sommet de laquelle sont joints les rami et sur laquelle ils peuvent s’ouvrir et se fermer comme des ciseaux.
Des muscles spéciaux meuvent ces différentes parties des mâchoires; mais ces mouvements produits sont très complexes. Les mallei et les rami s’écartant et se rapprochant alternativement, la nourriture amenée par le tube buccal est lacérée par les lames et repoussée dans l’œsophage. Les parois du mastax sont très épaisses et sa ca“ vité interne est très étroite.
L 'œsophage est un tube court, cilié, unissant le mastax à l’estomac ; ses parois sont très épaisses et par conséquent le lumen très étroit. Il s’élargit légèrement à son entrée dans Y estomac (fîg. 159, 161).
Ce dernier est un sac allongé situé dorsalement le long de la carapace. Ses parois sont épaisses et munies d’un épithélium vibratile (fîg. 159).
Les cellules des parois de l’estomac sont grandes, polygonales, ciliées, pourvues d’une membrane distincte et d’un noyau rond. On y remarque également de nombreuses gouttelettes graisseuses très réfringentes.
Quand l’animal est bien nourri, l’estomac apparaît comme une masse boursouflée de couleur jaune-brun parsemée de bols verdâtres. Le mouvement vibratile de l’estomac est bien marqué, mais les cils sont courts.
La partie postérieure de l’estomac se rétrécit pour former une sorte de pylore et communique avec une
seconde poche en forme de poire, Y intestin(Ÿ\%. 159 et 160).
Ce dernier est souvent placé transversalement à l’estomac ou légèrement de côté. Les parois de l’intestin sont musculeuses, épaisses, très contractiles, mais on ne peut y reconnaître de cellules distinctes comme dans l’estomac.
Les cils vibratiles de l'intestin sont beaucoup plus longs que ceux de l’estomac.
L’intestin se déverse dans un cloaque , tube court, légèrement enllé, cilié, qui s’ouvre dorsalement en un am^ssur la ligne médiane, à la partie postérieure de la carapace.
Du cloaque aboutissent également les produits d’excrétion et les œufs. Tout le canal alimentaire de l’entonnoir buccal à l’anus, à l’exception du mastax,est cilié (fîg. 159 et 160).
Gomme annexes du tractus intestinal nous trouvons deux sortes de glandes : 1° les glandes salivaires , qui sont formées de trois lobes arrondis situés au-dessus du mastax, de chaque côté de l’entonnoir buccal et ventralement. On n’est pas encore fixé sur leur structure (fîg.161) ; 2° les glandes stomacales ou gastriques , placées de chaque côté de l’estomac à son extrémité antérieure (fig. 159, 160, 161). Elles sont en forme de massues et s’étendent jusque sur les canaux latéraux de l’organe excréteur, paraissant parfois se confondre avec l’enveloppe granuleuse de ces derniers. Ces glandes sont reliées à l'estomac par des conduits longs et larges.
Elles remplissent probablement la fonction d'un foie rudimentaire.
Dans la masse protoplasmique granuleuse qui constitue ces glandes et dans laquelle on voit de nombreux noyaux, on ne peut découvrir aucune différenciation en cellules.
ROTATEURS. — LE BRACHION 377
Système excréteur; vessie. — Ce système est composé de deux canaux serpentant latéralement le long des parois du corps et aboutissant à une vessie contractile placée à côté de l'intestin, vessie qui déverse son contenu dans le cloaque (fîg. 159, 160,161).
Chaque canal latéral prend naissance dans les lobes latéraux de l’organe rotatoire où il est divisé en deux branches courtes portant chacune une flamme vibratile et se rejoignant au niveau du mastax (fig. 159,1 61).
Le canal suit le contour interne de la lorica jusqu’au niveau de la dépression dorsale de celle-ci et là fait un coude brusque intérieur pour se diriger transversalement vers la vessie. Chaque canal porte cinq flammes vibratiles et forme en différents points de son trajet des circonvolutions ayant l’aspect de pelotes entortillées.
Tout le long de leur parcours ces canaux sont entourés d'une masse granuleuse et spécialement dans les points où existent les entortillements ou pelotes (fig. 161).
Dans ces pelotes on remarque quelques noyaux serrés les uns contre les autres ; il en est de même dans leur paroi finement granulée, mais ces noyaux sont plus clairsemés.
Les flammes vibratiles dépendant des canaux latéraux sont de courts canalicules cylindriques droits dont f extrémité est légèrement évasée. On n’est pas encore fixé sur leur structure.
La vessie est un sac large, piriforme, rempli d’un liquide . clair, transparent. Ses parois contiennent de fines fibres musculaires, qui par leur contraction servent à l’expulsion de son contenu dans le cloaque (fig. 159, 160, 161).
cils tactiles
tentacule la ter air
Système nerveux ; organes des sens. — Le système nerveux est représenté par un ganglion cérébroïde dorsalement placé au-dessus du pharynx, un peu en arrière de l’échancrure formée par les deux épines centrales de la carapace. Ce ganglion a une forme ovoïde, bilobée. Son contenu est granuleux avec de nombreux noyaux distribués régulièrement. Il paraît divisé dorsalement et postérieurement en deux moitiés par un cumule court sillon médian dans lequel se trouve l’œil (fîg. 159, 160).
Sur le bord antérieur du cerveau est attaché un tube allongé, légèrement conique, dont la base large repose sur le cerveau et dont l’extrémité libre passe entre les deux épines médianes, c'est le tentacule dorsal (Fig. 159, 160).
Il est terminé à son extrémité libre par un mamelon annelé surmonté d’une touffe de soies tactiles. On distingue à l’intérieur du tentacule un filet nerveux et de fines fibres musculaires.
L'œil est formé d’une couche pigmentaire carminée reposant sur les côtés du sillon médian du cerveau ; il a la forme d’un X et paraît avec un fort grossissement être composé de deux masses pigmentaires distinctes (fig.159).
Au tiers postérieur de la carapace on voit de chaque côté de la face dorsale les deux tentacules latéraux. Ils ont une forme cylindrique allongée.
Leur extrémité arrondie porte une touffe de cils sensitifs qui seule dépasse la carapace. Ces tentacules paraissent réunis au cerveau par un Filet nerveux, mais
Tentacule latéral (d’après Plate).