ANIMAUX VERTÉBRÉS
r CLASSE. HAIUrtRES.
Nous n’avons pas à nous occuper ici do l'espèce humaine. Nous rappellerons seulement qu’elle ne forme sur
le globe qu’un genre (homo), divisé en de très-nombreuses races , les unes blanches , cuivrées , rougeâtres ou jaunâtres , les autres noires, subdivisées en beaucoup d’autres races qui se distinguent encore par la forme du crâne.
Ainsi les tribus les plus grossières, composées de chasseurs ou d’habitants des forêts et parmi lesquelles il faut ranger les nations les plus dégradées de l’Afrique et les sauvages de l’Australie, ont pour caractère l’allongement ou la proéminence des mâchoires.
Les races nomades qui promènent leurs troupeaux dans de vastes plaines, comme les Mongols, les Tungouses, les Cafres, ou qui vivent misérablement sur les bords de la mer glaciale, tels que les Esquimaux, les Lapons, les Samoièdes , les Kamtschadales , se distinguent par une face large et un crâne pyramidal. Enfin , les races les plus cultivées et qui sont le plus avancées sous le rapport intellectuel, soit en Europe , soit dans l’Asie méridionale, ont le crâne elliptique ou ovale.
Ces tribus diffèrent encore par la couleur des cheveux , passant du noir foncé au blond très-clair ; par l’aspect de la chevelure , tantôt ondulée , ou aplatie , ou frisée et laineuse comme chez les nègres de Madagascar, de l’ile de Luçon et de plusieurs parties de l’Afrique méridionale ; tantôt retroussée et nattée comme chez les Indiens des Montagnes rocheuses et du Missouri , ou chez les Coréens ; tantôt retombant en crinière comme chez les Patagons et les Samoiédes ; tantôt retroussée et nouée comme chez les nouveaux -Zélandais; tantôt enfin formant une monstrueuse perruque hérissée, crépue et en boule énorme comme chez les Cafusos et les Papouas.
Georges Cuvier a développé un système, plus ingénieux que vrai, qui rattache les différentes races humaines à autant de chaînes de hautes montagnes qui en sont en quelque sorte le berceau, et il crée ainsi la race caucasique, la race mongole et la race éthiopienne.
Tout le monde sait que la zone torride est le siège principal des races noires, que les zones tempérées sont celui des races blanches, et que dans les climats en dehors des tropiques, mais qui en sont encore assez voisins, se trouvent des nations dont la couleur est intermédiaire entre la teinte foncée et la teinte la plus claire.
L’homme , dans le département de la Moselle , étant l’objet d’un chapitre spécial de cet ouvrage , nous nous bornerons à dire ici que les habitants de celte contrée sont de taille moyenne et que la chevelure blonde prédomine.
Selon Georges Cuvier, les mammifères composent neuf ordres qui sont: 1° l’homme, dont nous ne parlerons pas, 2° les quadrumanes; 3° les carnassiers; 4° les marsupiaux ou animaux à bourse; 5° les rongeurs; 6° les édentés; 7° les pachydermes; 8° les ruminants; 9° les cétacés.
Adoptant la classification suivie par les naturalistes modernes , nous diviserons les mammifères en onze ordres qui sont : 1° les primates ; 2° les carnassiers ; 3° les gravigrades ; 4° les pachydermes ; 5° les ruminants ; 6° les cétacés ; 7° les chéiroptères ou chauve-souris ; 8° les insectivores ; 9° les rongeurs ; 10° les didelphes; 1 1° les édentés.
Ainsi l’on distingue aujourd’hui les insectivores et les chéiroptères, que Cuvier confondait avec les carnassiers, et l’on sépare les gravigrades (éléphant, etc.) des pachydermes.
Je dois ajouter ici que le célèbre anatomiste anglais, M. Richard Owen, revenant aux idées de Ray, contraires à celles de Linnée et de Cuvier, réunit en un seul groupe les ruminants et les pachydermes, opinion soutenue par plusieurs naturalistes français; et que l’ensemble des ongulés a été subdivisé par M. Owen en trois ordres, qu’il appelle proboscidiens , périssodactyles et artiodactyles. Par suite des nouvelles découvertes paléontologiques, ce savant a établi récemment, sous le nom de toxodontia, une quatrième coupe principale qui se rapproche bien plus des vrais périssodaclyles que des artiodactyles.
Le premier, le troisième , le sixième , le dixième et le onzième des ordres qne nous avons adoptés n’ont pas de représentants à l’état sauvage dans le département de la Moselle. Quant aux autres ordres, voici le nombre des espèces dont se compose chacun d’eux dans le département :
ORDRES
NOMBRE Di à
l'état sauvage.
J ESPÈCES en
domesticité.
Pachydermes
Ruminants
Chéiroptères
Insectivores
Rongeurs
Totaux.
Total général
Ordre des Carnassiers.
Le Blaireau, tnelcs vulqaris , (Desm.) — Longueur totale: de 0 m 70 e à l m ; habite les forêts dans les divers arrondissements du département. Le mâle et la femelle vivent solitairement , chacun de son côté. L’été , la femelle met bas trois ou quatre petits dans un terrier qu’elle entretient avec une grande propreté et dont elle ne sort que la nuit. La graisse du blaireau passait autrefois pour avoir de grandes vertus médicales; aujourd’hui on n’en recherche plus que les poils pour faire des pinceaux et des brosses. Les naturalistes n’ont rien trouvé pour caractériser les deux espèces admises par les chasseurs. Le blaireau ne se trouve qu’en petit nombre dans le département. On en a récemment pris plusieurs aux environs de Soigne.
La Marte ordinaire, mustela martes, (Linn.) — Longueur: 0 m 487 mm , non compris la queue qui a 0 m 271 mm . La marte habite les grands bois. Selon Bufl'on, elle ne ferait que deux ou trois petits par portée ; mais il paraît qu’elle en fait jusqu’à cinq et six. Elle se nourrit d’œufs , de perdrix, de lièvres, d’écureuils qu’elle surprend au nid, de petits rongeurs , au besoin , et même de lézards et de couleuvres. La marte a beaucoup d’analogie avec la fouine, mais elle s’en distingue au premier coup-d’œil par sa gorge , qui est jaune ou jaunâtre , tandis que la fouine a la gorge et le dessous du cou blancs. On tue des martes tous les ans dans le département ; dans le canton de Bitche on en a tué dix , en 1851 , dans les seuls bois de l’État.
La Fouine, mustela foina, (Linn.) — Longueur du corps et de la tête : 0 m 45 e ; longueur de la queue sans les poils : 0“ 22 e . Elle est très-commune et habite près des fermes et des demeures rurales ; on en tue même souvent dans la ville de Metz. Elle fait de grands dégâts dans les poulaillers. Elle a plusieurs portées par an ; les plus jeunes fouines ne font que trois ou quatre petits ; les plus âgées en font jusqu’à sept. La fouine vit de huit à dix ans.
Le Putois commun, putorius communie, (Less.) — Longueur: de 0 m 335 mm à 0 m 470 mm , non compris la queue qui a environ 0® 162 mro . Très-commun , répandu dans nos campagnes dans la belle saison , et l’hiver quelquefois dans les granges , les greniers à foin , les vieux bâtiments ; chasse la nuit et dort le jour ; s’introduit souvent dans nos poulaillers et nos colombiers où il fait un grand carnage ; trèsfriand de miel ; attaque les ruches et les pille lorsque les abeilles sont engourdies ; détruit les œufs et les jeunes des perdrix , des cailles et des adoucîtes ; la femelle met bas trois ou quatre petits, quelquefois cinq. Cette espèce, qui est commune dans le département, paraît plus nombreuse dans l’arrondissement de Briey.
L’Hermine , putorius erminea , (Less.) — Atteint jusqu’à 0® 258 mm du bout du museau à l’origine de la queue , et celle-ci a jusqu’à 0 m 112 œm . Son pelage d’été est, en dessus, d’un beau marron plus ou moins pâle, et en dessous, d’un blanc quelquefois jaunâtre. Mâchoire inférieure blanche , queue brune , avec l’extrémité noire ; s’appelle alors le roselet ; en hiver, pelage entièrement blanc , si ce n’est le bout de la queue qui reste noir.
La Belette, putorius muslela, (Boit.) — Longueur du corps et de la tète : 0 m 1 7G mm ; de la queue : 0 m OSS®" 1 ; vit près des habitations où elle fait la guerre aux volailles, aux rats et aux souris; est très-carnassière ; chasse de nuit et de jour les oiseaux, les œufs, etc. ; met bas au printemps, dans un tronc d’arbre ou un terrier qu’elle garnit de paille , de feuilles et de mousse ; fait trois à cinq petits.
On rencontre fréquemment des belettes entièrement jaunâtres, d’autres parfaitement blanches, surtout en hiver. L’herminette est une de ces variétés.
La Loutre, luira vulgaris, (Erxl.) — Longueur: environ 0 m 70 e , du museau à l’origine de la queue, et longueur de la queue : 0 m 38 e ; animal essentiellement aquatique qui détruit un grand nombre de poissons; en mars, la loutre met bas trois ou quatre petits ; elle vit au bord des étangs, des rivières et des ruisseaux ; se pratique , entre les rochers ou sous quelques racines, une retraite garnie d’herbes sèches où elle passe presque tout le jour; ne sort que le soir pour chercher sa nourriture. On en trouve quelquefois le long de la Seille et de la Moselle , mais dont la taille est inférieure à celle des loutres qui habitent le Rhin.
Le Chien, canis familiaris , (Linn.) — Notre chien domestique vient-il originairement d’une espèce perdue ou du loup, ou du jackal, ou bien d’un type unique, comme le croit Buffon , ou enfin de plusieurs espèces qui se seraient croisées entre elles, ainsi que le pense Pallas? Cette dernière opinion me parait assez fondée.
Le chien domestique ne se distingue du loup , du jackal et d’autres chiens sauvages , que par la queue qui chez lui est plus ou moins recourbée , tandis que chez les autres elle est constamment droite. Les chiens naissent les yeux fermés ; ils les ouvrent le dixième ou le douzième jour ; leurs dents commencent à changer au quatrième mois, et à deux ans ces animaux ont terminé toute leur croissance. La femelle porte soixante-trois jours et fait de six à douze petits. Enfin , ces animaux sont vieux à quinze ans et n’en dépassent guère vingt.
Buiïon avait pris le chien de berger pour type de l’espèce et il en faisait provenir un grand nombre de variétés suivant les climats. Cette méthode était évidemment erronée. Les différentes variétés de chiens qu’on rencontre dans le département sont: les Mâtins, qui comprennent le mâtin ordinaire, le grand danois, le danois moucheté et le petit danois, le lévrier et le grand lévrier, le chien de berger et le chien des Alpes , les Epagneuls, qui comprennent le chien-loup, l’épagneul français, le petit épagneul, le bichon , le gredin , le petit barbet, le basset à jambes droites et le basset à jambes torses, le caniche, le grillon, le chien de Terre-Neuve, le chien courant, le chien d’arrêt, le braque à nez fendu ; les Dogues, qui comprennent le grand dogue, le doguin, le boule-dogue, le carlin ou mopse , le roquet, le chien turc, le chien de rue.
Presque tous les étés, l’autorité municipale prend des arrêtés afin de prévenir les dangers de l’hydrophobie ou de la rage; plusieurs auteurs assurent, néanmoins, que celte maladie n’est pas plus fréquente pendant l’été que dans toute autre saison.
Le Loup ordinaire , canis lupus, (Linn.) — Il ne peut être séparé du chien par des caractères zoologiques, mais on peut l’en dislinguer par sa vie constamment sauvage et par son pelage. Comme celui des lièvres , des renards et d’autres
animaux, son pelage devient blanc en hiver dans le nord; d’autres loups , qui ne sont que des variétés , restent toujours blancs. Le loup ne se trouve plus dans les lies britanniques. D’habitude il n’attaque pas l’homme , mais il est le fléau des bergeries. L’hiver, il arrive jusqu'à l’entrée des villes et des villages. Pris jeune, il s’apprivoise aisément et s’attache à son maitre comme le ferait un chien. La femelle porte deux mois et quelques jours, et met bas, du mois de décembre au mois de mars, de six à neuf petits, jamais moins de trois ; ils naissent les yeux fermés. Le loup , qui met deux ou trois ans à terminer sa croissance , vit de quinze à vingt ans. Longueur totale du corps et delà tête: l m 18 e ; longueur de la queue: 0 m 44 e . 11 devient d’autant plus grand qu’il habite plus avant dans le nord , et on assure que dans les forêts de la Lithuanie il atteint jusqu’à l m 65 e de long, sans la queue. Le loup ordinaire est très-répandu dans le département de la Moselle.
Le Renard ordinaire, vulpes vulgaris. — Cette espèce peut former un genre distinct des deux espèces précédentes, car elle en diflére non -seulement par ses formes, mais aussi quelque peu par son système dentaire. Les chiens et les loups ont d’ailleurs la pupille diurne , tandis que les renards l’ont nocturne ; la queue des renards est plus longue, plus touffue; leur museau est plus conique et plus pointu; ils exhalent en outre une odeur fétide. Fréquemment on présente dans les bureaux des préfectures de très-jeunes renards que l’on assure être des louveteaux et pour lesquels on essaie d’obtenir la prime accordée aux personnes qui détruisent ces derniers. L’espèce ordinaire , si commune dans la Moselle, a le pelage d’un fauve plus ou moins foncé en dessus et mêlé de blanc et de noir; elle a du blanc à la tête , sur les cuisses et au bout de la queue qui est très-touffue.
La variété appelée le Renard charbonnier se distingue par
une fourrure d’un roux plus foncé , par le bout de la queue , qui est noir ainsi que quelques poils du dos , du poitrail ou de la partie antérieure des pattes de devant. Elle est plus rare. Nos chasseurs distinguent encore une autre variété du renard ordinaire, qu’ils appellent renard argenté.
Le Chat sauvage, felis catus , (Linn.) — Longueur de la tête et du corps: 0™ 58 e ; de la queue: 0 m 305 mm . De cette espèce et peut-être de son croisement avec le chat ganté du nord de l’Afrique , sont provenues les nombreuses variétés de chats domestiques qu’on connaît et qui forment sept races principales. Nous ne possédons dans le département que le chat domestique tigré, le chat des chartreux, le chat d’ Angora. On retrouve dans le chat sauvage toutes les habitudes des grandes espèces ; il vit isolé dans les bois , fait une chasse active aux lièvres, aux perdrix et à tous les oiseaux , grimpe avec agilité sur les arbres et dépiste les chiens. Une singularité inexplicable , c’est que tous les chats domestiques marqués des trois couleurs, jaune, noir et blanc , sont des femelles.
Les chats sauvages sont un peu plus grands que les chats domestiques ; j’en ai vu , en Allemagne , qui étaient inférieurs par la taille à ceux de notre département.
La chatte fait deux portées par an, de quatre à six petits chacune; elle porte cinquante-cinq à cinquante-six jours. Elle vit ordinairement de dix à quinze ans.
Le chat d’Angora est une belle variété que l’on trouve assez répandue dans notre département , et en domesticité seulement.
Ordre des Pachydermes.
Le Sanglier et le Cochon. Famille des suilliens de M. Isid. Geoffroy St-Hilaire. Sus scrofa, (Linn.) — Longueur du corps: 1“ 64 e environ; de la queue : 0 m 27 c . La femelle
ou laie est moins grande que le mâle ; les petits , nommés marcassins, sont rayés longitudinalement de blanc et de brun. Les sangliers sont très-répandus dans nos forêts, et on en a même vu s’égarer jusque dans les fossés de la ville de Metz.
Le sanglier d’Europe est le type de notre cochon domestique, dont une antique servitude a modifié jusqu’à un certain point le physique et les instincts. Mais tous les cochons domestiques de l’Asie et de l’Afrique, seules parties du monde où l’on en ait trouvé, descendent-ils du sanglier d’Europe? A cet égard les naturalistes sont divisés.
La laie n’a qu’une portée ; sa gestation est de quatre mois et elle met bas de quatre à dix petits qu’elle cache dans les fourrés les plus épais ; elle les allaite trois ou quatre mois et ne cesse jamais de les protéger. Quant à la truie , elle fait deux et même trois portées par an , et quoiqu’elle n’ait que douze mamelles , elle fait parfois seize ou dix-scpt petits , et celle de la Chine ou de Tonquin , jusqu’à vingt ; on compte , terme moyen , sur six petits pour la première et la seconde portée , et sur huit pour la troisième et la quatrième. Le temps de la gestation varie de cent neuf à cent quarante-trois jours, et selon quelques auteurs, il ne dépasse pas cent quatorze ou cent quinze jours. Le cochon mange également de la chair et des végétaux, et ce qui lui est particulier, c’est que les plantes vénéneuses , telles que la ciguë , la jusquiame noire , etc. , qui feraient périr presque tous les autres animaux, sont avalées par lui avec gloutonnerie, sans jamais lui faire aucun mal.
Le cochon de la Lorraine a une certaine renommée pour sa qualité et à cause de la bonne préparation que les habitants savent donner au jambon et au lard. A la foire qui se lient annuellement à Paris, au temps de Pâques, les jambons de Longwy sont très-recherchés.
11 y a quelques années, l’Académie impériale de Metz, en qualité de Société centrale d’agriculture, a importé
dans le département la petite race asiatique du cochon de Tonquin , appelé aussi cochon de la Chine ; celle espèce , croisée avec nos codions, a fourni de bonnes variétés que nos cultivateurs recherchent peu néanmoins , parce que , si elles s’engraissent rapidement , elles n’oITrenl jamais les avantages de la race ordinaire sous le rapport du poids.
Le Cheval, equus cabaUus (Linn.) — La race des chevaux du département est abâtardie et laisse singulièrement à désirer, malgré les eftorts que fait le gouvernement pour l’améliorer. En général, on livre les chevaux trop tôt au travail et on les fatigue dès l’âge de deux ans.
On a introduit dans le département la race percheronne et la race mecklembourgeoise qui ont donné, par le croisement, de forts bons produits.
Le cheval ne vit plus à l’état sauvage qu’en Tartarie et en Amérique. Les plus sveltes et les plus rapides coursiers viennent de l’Arabie; les plus gros et les plus forts, des côtes de la mer du Nord ; les plus petits , du nord de la Suède et de la Corse.
La jument ne met bas qu’un petit appelé poulain.
L’Ane, equus asinus (Linn. ) — L’âne est petit, rabougri, dans notre département, où il est bien moins employé que dans beaucoup d’autres parties de la France. 11 ne vit plus à l’état sauvage que dans les grands déserts de l’Asie.
Le Mulet, hybride, provenant de l’âne et de la jument, est encore beaucoup moins commun que l’âne, et enlin, on voit très-rarement dans le département le barileau ou petit mulet provenant du cheval et de l’ânesse.
Ordre des Ruminants.
Le Cerf d’Europe, ceims elaphus (Linn.) — Longueur: 1“ 98 e environ; longueur de la queue: 0 m 17 e . Ce bel
animal, si répandu dans les forêts voisines des bords du Rhin et que l’on trouve encore dans quelques grandes forêts en France, devient chaque jour plus rare, et on ne le rencontre plus dans notre département que très-accidentellement, lorsqu’il sort des forêts de la Meurthe, où il n’est pas rare. C’est sans doute de là que venait le cerf qui a été tué très-récemment dans l’arrondissement de Metz.
L’on sait que le premier bois du cerf n’est qu’une dague , que le second n’a le plus fréquemment qu’un andouiller, que le troisième en a trois ou quatre , etc. ; enfin que , passé la septième année , le nombre des andouillers croit sans règle fixe. Cependant les plus vieux cerfs n’en ont d’ordinaire que dix ou douze en totalité.
Les bois du cerf tombent au printemps et se refont en août.
La biche n’a point de bois. Elle porte huit mois et quelques jours et met bas , à la fin de mai , un seul jeune que l’on nomme faon. Le faon est fauve et tacheté de blanc à la partie supérieure du corps.
On a trouvé dans plusieurs localités du département des bois fossiles et des bois peu anciens du cerf; cela démontre que cet animal a été répandu dans tout notre département. Sa longévité est une fiction des anciens , car il ne vit guère plus de vingt ans.
Le Chevreuil, cervus capreolus, (Linn.) — Longueur du corps: 1 m environ. Le chevreuil est répandu dans tout le département de la Moselle et même aux environs de Metz; néanmoins, depuis vingt ans, il devient moins commun, et par suite des défrichements partiels, des coupes trop rapprochées ou des grandes tranchées exécutées successivement , il a même disparu complètement de beaucoup de bois dans lesquels on le chassait autrefois tous les ans.
Le chevreuil a les bois courts , fourchus à leur extrémité , avec une seule branche ou andouiller en avant; il perd
son bois à la fin de l’automne et le refait en hiver. Il est monogame; sa femelle, la chevrette , porte cinq mois et demi et met bas, au mois d’avril, deux petits, toujours mâle et femelle , qui vivent toujours ensemble et ne quittent leurs parents qu’au bout de huit à neuf mois.
Nous possédons , au Muséum d’histoire naturelle de la ville de Metz, une variété complètement albine de cette espèce , tuée près de Bitche , dans l’arrondissement de Sarreguemines, et donnée par M. Creutzer.
Parmi les ruminants domestiques, je citerai :
La Chèvre commune, capra hircus , (Linn.) — La variété qui existe dans notre département est abâtardie depuis tant de siècles , qu’on ne sait plus aujourd’hui quelle en est la souche première. Néanmoins on croit, avec Pallas, que nos chèvres communes tirent leur origine principale de YÆgagre de Perse.
Le bouc , ou le mâle , a quelquefois des cornes d’une longueur remarquable. Le jeune ou chevreau a une chair assez agréable. La chèvre porte cinq mois et met bas un ou deux petits, rarement davantage. Elle mange impunément certaines plantes vénéneuses , telles que la ciguë , les euphorbes, etc. C’est un animal sobre et très-utile ; il est à regretter de ne pas le voir élever en plus grand nombre.
Le Mouton domestique, avis ânes, (Linn.) — C’est du mouflon de la Corse et de la Sardaigne que l’on croit dérivées nos races de bêtes à laine européennes qui ont toutefois dégénéré pour la taille et pour l’aspect extérieur, au point de paraître appartenir à un genre tout différent.
Les produits que l’on tire du mouton sont sa chair et son lait ; sa peau et surtout sa laine , qui fournissent à l’homme des vêtements ; sa graisse , dure et solide , désignée sous le nom de suif, et qui est employée pour l’éclairage, et enfin ses excréments qui sont un engrais très-chaud.
Les brebis ou femelles ne font qu’un petit par an , quel-
quefois deux et très-rarement trois. La gestation est de vingttrois semaines. Les cornes du mouton entier ou bélier paraissent dès la première année. Les jeunes ou agneaux sont un mets assez délicat lorsqu’ils ont trois semaines à deux mois. Le nombre des mâles qui naissent est aussi considérable que celui des femelles , et comme il n’est pas nécessaire de les garder tous, beaucoup d’entre eux sont destinés à la boucherie ou châtrés. Ceux-ci portent le nom spécial de moutons; on les conserve pendant plusieurs années pour en recueillir la laine. La durée de la vie du mouton est ordinairement de douze à quinze ans.
Nous avons possédé dans notre département plusieurs troupeaux composés d’individus de la variété dite mérinos ou mouton d’Espagne, croisés avec les races propres à la France , et qui donnent ainsi la race dite demi-mérinos dont la laine est très-belle et très-fine.
Le Boeuf, bos laurus, (Linn.) — La domestication du bœuf remonte à la plus haute antiquité, et celte précieuse espèce se trouve aujourd’hui répandue chez presque tous les peuples; mais quelle est la patrie primitive du bœuf et la souche sauvage dont il provient? Les naturalistes ne sont pas d’accord sur ce point. BufTon , après avoir dit expressément qu’il ne faut pas confondre l’espèce de nos bœufs avec celle de l’aurochs , du buffle et du bison , abandonne cette opinion dans un supplément à l’histoire du bœuf, et pense que tous les bœufs des diverses parties du monde, l’aurochs , le bison, etc, sont d’une seule et même espèce qui, selon les climats, la nourriture et les traitements différents, a donné toutes les variétés que nous venons d’exposer. G. Cuvier, au contraire , admet qu’il a existé deux espèces sauvages en Europe, dont une seule, l’aurochs, vivrait aujourd’hui toujours à l’état sauvage.
M. Joly, de Toulouse , dans une savante dissertation récemment publiée , prouve que l’Inde est la patrie primitive
du bœuf; que de là il s’est répandu en Afrique et en Europe, où, redevenu sauvage, il a donné naissance au taureau et, par suite, à nos bœufs domestiques transportés depuis jusque sur le sol américain; que le bison européen, plus tard appelé à tort aurochs , n’a jamais été le bœuf primitif , souche du nôtre.
11 est à remarquer que l’aurochs était autrefois très-répandu dans toute la Pologne, en Prusse, même dans les Vosges, dans les Ardennes et dans les Pyrénées , tandis qu’aujourd'iiui il est à peu près exclusivement confiné en Lithuanie , dans la forêt de Bialovvicza où il vit sous la protection spéciale de l’empereur de Russie. En 1830 , on avait compté 772 aurochs dans celte forêt; en novembre 1831 , après l’insurrection de Lithuanie, on n’eu trouvait plus que 057, elle nombre en a encore diminué. Peut-être le temps n'esl-il pas bien éloigné où celte espèce s’éteindra.
La vache porte neuf mois et met bas un seul petit. On trouve dans le département, notamment à Gorze, une race de vaches dépourvues de cornes.
Ordre des Chéiroptères ou Chauvessouris.
Ces animaux restent, pendant le jour, cachés dans des lieux sombres, dans les trous des murailles ou des arbres, ou se cramponnent par les pieds aux voûtes des magasins et des vieux bâtiments , et ne sortent qu’à l’approche de la nuit pour faire la chasse aux papillons et aux autres insectes volants dont ils se nourrissent.
Le Riiinolopiik umfer ou grand fer a cheval, rhinobphus uniliastatus , (Geoffr.) — 11 a le nez garni de crêtes et d’une membrane en forme de fer à cheval. Longueur du corps: près de 0 ,n 09 e ; de la queue: 0 m 06 e ; envergure: 0 m 36 e .
On le trouve très-souvent dans les souterrains des fortifi-
— lo-
cations, aux voûtes desquels il se cramponne par les pieds. Pendant l’hiver il s’enveloppe de ses ailes comme d’un manteau. 11 passe cette saison engourdi et reste alors ou dans ces mêmes lieux, ou dans les vieux édifices, ou dans les carrières. La femelle ne produit habituellement que deux petits par portée et souvent même elle n’en a qu’un ; elle a deux mamelles pectorales.
Le Vespertilion murin, vespertilio murinus (Linn.) — Cette espèce, l’une des plus grandes de France, est un peu supérieure par la taille à la sérotine et à la noctule, et, quoique très-commune en France, elle est assez rare dans notre département. Longueur totale: 0 m ,15 e ; envergure: de 0 m ,41 e à 0 m ,43 e .
Le Vespertilion de Bechstein, vespertilio Bechsteinii (Leisler.) — Longueur totale: 0 m , 1 0 e ; envergure: 0 m ,30 c ; oreilles ovales et longues de 0 n, ,022 mm . Il est rare et habite les arbres creux des vergers voisins des bois. 11 en existe dans mon cabinet un exemplaire priç aux environs de Metz.
Le Vespertilion de Natterer, vespertilio Naltereri (Kuhl.)
— Longueur totale: 0 ,n ,09 c ; envergure: 0 ra ,25; oreilles ovales. Celle espèce rare est plus petite que le vespertilion de Bechstein. J’en possède un exemplaire provenant aussi des vergers voisins des bois à une lieue de Metz.
Le Vespertilion éciiancré, vespertilio emarginatus (Geotlr.)
— Longueur totale : 0 m ,O9 c ; envergure : O* 11 , 25 e ; oreilles oblongues fortement échancrées. Habite les souterrains et les voûtes des environs de Metz.
Le Vespertilion a moustaches, vespertilio mystacinus (Leisler.) — Longueur totale : 0 m ,09 c ; envergure : O"", 22 e ; oreilles étroites et arquées, longues de près de 0 m ,013 m “. J’en possède deux exemplaires provenant des souterrains des fortifications de Metz, où il parait très-rare.
Le Vespertilion noctule, vespertilio noctula (Linn.) —
Longueur totale: ()' n ,11 c , envergure : 0“,36 c ; oreilles noirâtres, triangulaires. Parait rare à .Metz où il habite les vieilles tours et les combles des maisons.
Le Vespertilion sérotink , vespertilio serotinm (Linn.) — Longueur totale : 0 m , 12 e ; envergure: 0 in ,33 c . Ressemble à la noclule ; il est assez rare et habite les troncs des arbres.
Le Ykspertilion pipistrelle, vespertilio pipislrellus (Linn.) — Longueur totale: 0 m ,07 c ; envergure : 0 œ ,22 c . C’est la plus petite des chauves-souris du département. Elle est répandue dans tout le département et habite les vieux édifices.
Le Vespertilion barbastelle, vespertilio barbastellus (Linn.) — Longueur totale: 0 m ,10 c ; envergure: 0 m ,28 c . Espèce assez commune qui habite les souterrains.
L’Oreillard, plecotus aurilus (Linn.) — Longueur totale: Q m ,09 c ; envergure : 0 m ,26 c . 11 est remarquable par le grand développement de ses oreilles, qui sont presque aussi longues que le corps. Très-répandu dans les villes et dans les campagnes du département.
Ordre des Insectivores.
Le Hérisson d’Europe, erimeeus Europæus (Linn.) — Longueur du corps , sans la queue : environ 0 ,n ,22 c ; de la queue: 0 n, ,013 mm . 11 est commun et vit dans les bois, dans des trous sous la mousse, dans les haies qui bordent les vergers; retraites d’où il ne sort que la nuit pour se nourrir, Sa vie paraît se partager entre le sommeil et la recherche de sa nourriture. Tout le monde connaît la faculté que possède cet animal de se pelotonner en une boule hérissée de piquants entrecroisés en tout sens, pour résister ainsi à ses ennemis. Il se place aussi dans l’altitude de la défense pendant son sommeil ; néanmoins le renard et quelques chiens bien dressés finissent quelquefois par le forcer
à se développer. Le hérisson nage très-bien et il a la singulière faculté de résister sous l’eau à l'asphyxie bien plus longtemps que les autres animaux à sang chaud. On élève quelquefois ces animaux dans les jardins , et ils y détruisent les limaçons, les insectes et les crapauds sans commettre de dégâts. Pendant l’hiver , le hérisson se retire dans quelque trou et y reste plongé dans un profond engourdissement léthargique , surchargé d’une graisse épaisse qui se manifeste déjà au mois de septembre. Il tombe dans le sommeil hivernal quand le thermomètre est encore à six et même à sept degrés au-dessus de zéro.
La femelle met bas de trois à sept petits à la fin de mai.
Quelques naturalistes ont distingué deux races dans le hérisson de France : le hérisson à museau de chien et celui à museau de cochon. Nous n’avons jamais été à môme d'observer ces deux races dans notre département.
Quoique la chair du hérisson ne soit pas bonne, nos paysans la mangent et la vantent même. Les anciens, dit Pline , se servaient de la peau du hérisson comme de-cardes pour peigner les laines.
Le hérisson de l’Algérie ayant été distingué comme une espèce différente de celle d’Europe, nous invitons nos concitoyens qui se rendent en Afrique à doter notre Muséum de l’espèce algérienne.
La Musaraigne ordinaire ou musette, sorex araneus, (Linn.) — Longueur du corps : O" 1 08 e ; de la queue : 0 m 04 e . Commune à la campagne, dans nos jardins et nos vergers.
La Musaraigne leucodg , sorex leucodon, (Hermann.) — Longueur: 0™ 08 e ; de la queue: 0 m 03 e . Moins répandue dans nos campagnes que la précédente.
La Musaraigne d’eau, sorex fodiens, (Linn.) — Longueur: 0 m 09 e ; de la queue: O" 1 06 e ; pelage noir en dessus, blanc en dessous. Habite le bord des ruisseaux et des étangs.
La Musaraigne carrelet, sorex tetragonurus, (Hei*m.) — Longueur: U m 08 e ; de la queue: 0™ 04 e . Se trouve dans les haies et les vergers.
La Taupe commune, talpa europœa, (Linn.) Est très commune dans les prés et dans les jardins à la campagne, où elle creuse , avec un art admirable aux yeux du naturaliste et détestable aux yeux des jardiniers, de longues galeries ayant de nombreuses issues autour du gîte principal où elle se tient. De distance en distance , l’animal s’ouvre une espèce de soupirail connu sous le nom de taupinière et servant à rejeter les déblais au dehors. Si les taupes rendent habituellement des services en détruisant beaucoup de larves d’insectes dans le sol, elles causent aussi quelquefois de graves préjudices, et l’homme leur fait partout la guerre.
La taupe a toujours un appétit extraordinaire ; elle a l’œil si petit qu’on a pu prétendre qu’elle était aveugle. La femelle a huit mamelles et ne fait guère que deux ou trois petits par portée , souvent même un seul.
On en rencontre , dans le département , des variétés blanches et d’autres, couleur nankin. La fourrure de la taupe est courte, mais serrée et d'un beau noir velouté; elle pourrait, ce me semble, être utilisée.
Ordre des Rongeurs.
Le Campagnol ordinaire ou petit Hat des champs, arvicola vulgaris, mus arvalis, (Linn.) — Longueur du corps: 0 m 09 e ; de la queue: 0™ 03 e ; plus grand que la souris; pelage jaune brun , ventre blanc. Le Muséum de Metz en possède plusieurs variétés presque noires et d’autres albines. La femelle se creuse une retraite composée de plusieurs galeries et y dispose un lit d’herbes sèches sur lequel elle met bas, deux fois par an, de huit à douze petits; fécon-
dite vraiment effrayante , lorsqu’on songe au dommage qui en résulte parfois pour nos moissons. Ainsi, en 1 81 Û et en 1817 , on estima à près de trois millions de francs les perles causées par cet animal dans le seul département de la Vendée. Il n’est que trop commun dans notre département.
Le Campagnol rat d’eau, arvicola ampliibius, (Linn.) — Taille un peu plus forte que celle du rat. Longueur du corps : Ü m '19 e ; de la queue : 0 m 42 e ; pelage gris brun foncé. Habite le long des rivières et des fossés et nage avec assez de facilité.
Le Campagnol roussatre, arvicola rubidus, (Bâillon.) — Peu commun dans nos champs. Longueur ducoqis: 0 m 09 c ; de la queue : 0 m 05 e .
Le Campagnol souterrain, arvicola sublerraneus , (de Selys.) — D’un gris presque noir au-dessus. Il a été découvert, en 1842, dans le département, et il y est assez rare. 11 habite les prairies humides et les jardins potagers, où il se nourrit de racines, de céleri, de carottes et d’artichauts. Il en existe des exemplaires au Muséum do la ville de Metz, dans mon cabinet et dans celui de M. Ilolandre.
Le Rat noir, mus rallus , (Linn.) — Tout le monde pense connaître le rat, mais beaucoup de personnes prennent le surmulot pour le rat. Le rat est noirâtre en dessus, sans mélange de roussâtre, et cendré foncé en dessous.
On suppose qu’il est originaire de l’Asie mineure et qu'il a été introduit en France au retour des croisades. Depuis un siècle, le rat noir a considérablement diminué, et aujourd’hui il est plus commun dans les campagnes que dans les villes. Les rats font plusieurs portées par an et ont jusqu’à neuf petits et quelquefois plus par portée. Longueur du corps: 0 m 19 e ; de la queue: 0 m 20 e . On en voit au Muséum de Metz une variété entièrement albine.
Le Rat surmulot, mus dccumanns, (l’allas.) — R est le
plus destructeur et le plus grand des rats d’Europe. Il parait avoir été apporté de l’Inde par la navigation vers le milieu du dix-huitiérae siècle. Il habite par milliers dans les boucheries , dans les clos d’équarrissage, dans les tanneries, dans les égoûls, près des eaux et des moulins; il pullule dans la ville de Metz, et il est assez fort pour lutter contre le chat. Son pelage est d’un brun roussàtre en dessus. On en voit une variété albine au Muséum de la ville de Metz. Longueur du corps: 0 m 25 e ; de la queue: 0 ra 20 r .
Le Rat souris, vulgairement la Souris, mus musculus, — La souris est originaire d’Europe; elle n’est que trop répandue dans nos maisons. Elle multiplie très-rapidement ; elle porte vingt-cinq jours et fait plusieurs portées de quatr e à six petits chacune. On en voit des variétés albines avec les yeux rouges.
Le Rat mulot, mus sylvaticus, (Linn.) — Sa taille dépasse celle de la souris; pelage d’un fauve jaunâtre en dessus et blanc en dessous ; habile les bois ou les champs voisins des bois, et comme il est très-abondant dans de certaines années, il cause de grands ravages en rongeant l’écorce des jeunes arbres. L’hiver il se retire souvent dans les meules de blé. Longueur du corps : 0 m 1 0 e ; de la queue : 0™ 10 e .
Le Rat champêtre ou Mulot nain , mus campestris , (Fr. Cuvier.) — Espèce trés-voisinc de la précédente , mais plus petite ; habite aussi , quelquefois en grand nombre , les champs voisins des bois. Longueur du corps: 0 m 06 e ; de la queue : 0 m 07 e .
Le Rat des moissons, mus messorius , (Shaw.) — Plus petit que la souris, il est d’un beau roux fauve en dessus. C’est le plus petit de nos rongeurs; il habite les champs, les prairies ; niche l’été au centre d’une touffe d’herbe ou de céréales. Rare dans le département.
Le Lom , myoxus glis, (Schreber. — Gm.) — Longueur du corps : 0 m 16 e ; de la queue : 0“ 13 e ; pelage gris cendré en dessus. Les loirs, de la grande division des rats, se rapprochent également des écureuils sous plusieurs rapports; notamment par leur queue entièrement velue et touffue , ainsi que par leur genre de vie. Ils habitent les forêts et font des ravages dans nos vergers , où ils mangent les plus beaux fruits. Leur chair est bonne à manger; les Romains les élevaient et les engraissaient pour leur table. Les loirs se font un nid de mousse dans le tronc de quelque arbre creux ou dans une fente de rocher , et la femelle y dépose , en été, quatre ou cinq petits par portée. A l’approche de l’hiver, ces animaux font provision de fruits, de noix et de noisettes qu’ils amassent dans leur retraite pour leur nourriture jusqu’au moment de l’engourdissement qui a lieu quand la température tombe à environ sept degrés au dessous de zéro. Cet engourdissement cesse avec le froid.
Le loir a été , dans certaines années , très-commun dans les vergers et les bois de Vaux, d’Ars, de Moyeu vre et de plusieurs autres villages du département , mais en général il est assez rare.
Le Lérot, myoxus nilela , (Gm.) — Moins grand que le loir; son pelage est en dessus d’un gris-roux vineux, en dessous d’un blanc jaunâtre ; il a une large bande noire sur la joue. Sa chair n’est pas bonne à manger, quoiqu’il se nourrisse de fruits principalement. Cette espèce est assez répandue dans le département; j’en ai obtenu un individu tué dans un jardin de la ville de Metz. Longueur du corps: 0 m 13 e ; de la queue: 0 m •H e .
Le Mcscardin, myoxus avclianarius, (Gm.) — I)c la grandeur d’une souris ; à pelage d’un blond fauve en dessus , blanchâtre en dessous ; habite la lisière des bois et les taillis; sa chair est désagréable au goût. L’espèce est peu nombreuse.
L’Ecureuil commun, sciurus vulgaris ; (Linn.) — Il est peu d’animaux qui varient autant dans leur pelage. Dans le nord , on trouve des écureuils roux piquetés de gris , on en trouve de gris cendré, de gris ardoisé foncé, de gris blanc , d’entièrement blancs et de noirs. Le véritable petit-gris des fourreurs est, mais seulement en hiver, d’un gris ardoisé piqueté de blanchâtre. On rencontre dans notre département l’écureuil dans la livrée rousse, quelquefois piqueté de gris, et quelquefois ayant le corps en partie roux , en partie noirâtre, avec la queue d’un beau noir; j’en ai tué notamment , dans cette dernière livrée , dans les bois de Vaux 1 , et c’est à peu près la robe de la race dont Frédéric Cuvier fait une espèce sous le nom d’écureuil des montagnes (sciurus alpinus.)
La chair de l’écureuil est délicate; sa nourriture ordinaire ne se compose guère que de fruits, de noisettes, de foin et de glands. Il habite les bois et préfère les vieux arbres des plus belles futaies ; il ne s’engourdit pas comme le loir, et il loge sur l’enfourchure d’un arbre, dans un nid bien préparé avec des bûchettes et de la mousse entrelacée avec soin, de façon à n’avoir qu’une ouverture par le haut; mais au-dessus de cette ouverture, il construit une sortcjde couverture en cime pour que la pluie ne puisse pénétrer. C’est là qu’il met bas ; scs portées sont de trois ou quatre petits: la parturition a lieu au mois de mai ou au commencement de juin.
La fourrure des écureuils , connue sous le nom de petitgris, sert à faire des manchons, des garnitures, etc. , et le poil de leur queue sert à confectionner des pinceaux. L’écureuil est assez répandu dans notre département.
Le Likvrf. commun, lepus timidus, (Linn.) — Les chasseurs nomment le mâle bouquin et la femelle hase. Dans cette
' Canton de Gorze.
espèce , la gestation est de trente à quarante jours , et la portée ne se compose que de trois ou quatre petits appelés levrauts; la femelle les met bas en rase campagne, sous une touffe d’herbe ou dans un buisson. L’allaitement est de vingt jours après lesquels les levrauts quittent le gîte et se séparent. Le lièvre se nourrit d’herbes, de racines, de fruits et de grains.
La peau des lièvres était souvent employée autrefois dans l’art du fourreur ; on s’en sert moins de nos jours. La chair du lièvre est un mets savoureux; mais, dans les pays chauds, elle est coriace, très-noire et d’un goût désagréable; elle y est aussi très-excitante. C’est pour ce motif, sans doute, qu’elle était défendue au peuple juif et aux mahométans. L’ancienne médecine se servait du sang du lièvre pour la guérison des érysipèles et d’autres maladies, et de sa graisse pour guérir les taies sur les yeux.
On a pris quelquefois, dans le département de la Moselle , des lièvres variés de blanc et de gris. Dans les pays septentrionaux et en Suisse , on trouve une espèce très-voisine, le lièvre variable, qui devient l’hiver d’un blanc neigeux.
Le lièvre de l’Algérie est une espèce distincte de celle de France.
Le Lapin, lepus cuniculus, (Linn.) — Celte espèce, qui vit à l’état sauvage dans plusieurs départements peu éloignés de celui-ci , n’existe chez nous qu’en domesticité ; elle est très-répandue. A l’état sauvage, les portées, composées de quatre à huit petits , sont assez fréquentes , car chaque femelle peut en avoir sept ou huit chaque année. La mère allaite les jeunes ou laperaux vingt jours au plus; leur vie est de huit à neuf ans.
En domesticité, les lapins deviennent encore plus féconds et sont d’une grande et double utilité; on les mange, et leur pelage sert à fabriquer le feutre. Leur chair est blanche mais n’a jamais le fumet de celle des lapins sauvages. Les lapins
el les lièvres ne peuvent reproduire ensemble , quoiqu’il y ait entre eux les plus grands rapports.
Le Cobaye ou Cochon d’Inde, cavia cobaya , (Linn.) — Je ne parle de ce petit rongeur, originaire de l’Amérique méridionale, que parce qu’il est très-répandu dans le département; beaucoup de personnes l’élèvent en domesticité comme le lapin , parce qu’il multiplie prodigieusement. Les jeunes peuvent reproduire dès qu’ils ont atteint cinq ou six semaines, et les portées fournissent jusqu’à dix et orr/e petits, quoique le nombre ordinaire soit de cinq ou six et que la première portée des jeunes individus dépasse rarement deux.
Le grand froid et l’humidité leur sont défavorables ; on n’a pu jusqu’ici les tenir en liberté comme le lapin. Leur chair est fade et inférieure à celle de ce dernier rongeur.
AKlHm VERTÉBRÉS.
r CLASSE. - LES OISEAUX.
L’ornithologie du département de la Moselle , on le conçoit, doit être, à peu de différence près, celle de toute la Lorraine. Néanmoins , il est utile d’indiquer toutes les espèces qui ont été observées, qu’elles soient ou sédentaires, ou de passage habituel , ou enfin de passage accidentel dans le département. Cela est d’autant plus utile qu’un semblable travail n’existe pas pour le reste de la Lorraine, ni même pour la plupart des autres departements de l’Est.
En suivant les méthodes nouvelles et en initiant ainsi nos lecteurs au progrès de la science, nous avons cru indispensable, afin d’éviter toute confusion, de citer la synonymie de Linnée , de Cuvier ou de M. Temminck , ainsi que les noms vulgaires adoptés dans le département.
L’ornithologie de la Moselle compte 260 espèces, grâce
à la découverte récente de plusieurs oiseaux qui ne figurent encore dans aucun catalogue. Ces espèces sont réparties en sept ordres.