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EXAMEN EXTÉRIEUR DE L'ÉTOILE DE MER

L'animal, d'un rouge plus ou moins violacé, brunâtre ou presque orangé, sur la face dorsale, blanc-jaunâtre, sur la face ventrale, est composé d'une partie médiane, le disque y et de cinq rayons ou bras divergents, un peu renflés à leur origine. La bouche occupe le centre ' de la face ventrale.

Comme il y a cinq rayons, il y a aussi cinq espaces interradiauœt, représentés seulement chez notre type par les angles rentrants compris entre les bases des rayons ; mais ces espaces peuvent être aussi larges ou plus larges que les bases chez des formes assez voisines : les Ophiures.

A la face dorsale, on observe, dans un des espaces interradiaux, une plaque circulaire un peu convexe, semblable à un petit bouton d'ivoire orné de sillons délicats ondes et rayonnants : la plaque madréporique dont nous reparlerons plus loin (fig. 58, A, p).

Le plan vertical qui passe par Taxe du rayon situé vis-à-vis de la plaque madréporique et par cette plaque elle-même, est celui qui divise l'animal en deux moitiés égales et symétriques. L'espace interradial occupé par la plaque madréporique est Yespace interradial impair et postérieur; le rayon répondant au plan médian est le rayon impair et antérieur (flg. 58, mm).

Presque toute la surface du corps est couverte de piquants calcaires courts, garnis eux-mêmes à leur

sommet de petites épines formant des brosses dures. Ces piquants rendent les téguments âpres au toucher et justifient parfaitement le terme d'Échinoderme; mais ceux de YAsteracanthion ne sont rien en comparaison des piquants beaucoup plus considérables et mobiles des Oursins * .

Entre les piquants, on observera aussi des tentacules coniques blancs, mous, flexibles et contractiles, les branchies dermiques, organes creux, tapissés par un épithélium vibratile , communiquant , par des pores cutanés, avec la cavité périviscérale (fig. 58, D, br).

Si nous examinons spécialement la face ventrale de rÉtoile de mer, nous trouvons chaque rayon creusé d'une gouttière large et profonde, la gouttière ambulacraire, occupée par quatre rangées de tentacules charnus, terminés chacun par une ventouse aplatie (fig. 58, B, D, pa).

Lorsque l'animal ramassé sur la plage est vivant, on lui voit étendre et courber les tentacules en question comme pour chercher des points d appui. Ces organes sont, en eflet, des espèces de pieds multiples, à Taide desquels l'Astérie se fixe et rampe sur les corps solides des fonds marins. Présents chez tous les Échinodermes. mais avec des formes et des dimensions variables d'un type à l'autre, ils portent les noms de tentacules

l. Chez certains Oarsing ils deviennent énormes et même dans quelques genres, comme FhyUaeofHhua, Centrostephanut, ffeterocentrotus, ils ont une longueur supérieure au diamètre du corps globuleux de l'animal.

Figure 58.

A, AiUraeënihim rubenê, Ta du o6té donal.

p, plaqae madréporiqae,

mm, ligne indiquant U position da pUn médian.

(Figure réduite.)

B, Un DBS BiLTOVB ST pouBTouB DE LA BoucHB, face Ventrale.

b, bouche.

H, pentagone nenreux.

m', troncs nenreux radiaux.

pa, pieds ambulacraires.

C, PiQUAKTB POBTAlfT DBS PÈDICBLLAIBBS.

D, Coupe d'un bayov.

plaques ambulacraires.

ia,

plaques interambulaoraires.

ea.

canal ambulacraire.

tronc nerveux.

pieds ambulacraires.

va.

vésicules ambulacraires.

glandes digestives.

br,

branchies dermiques.

£, Position de l'qbil au bout d*un bâton.

(Toutes ces figures sont dessinées d'après nature.)

Figure 58.

ABTBBikCANTHION BUBBN8.

ambulacraire, tubes ambulacraires, pieds ambulacraires, cin^es ambulacr aires, etc. (ambulacmim, galerie, promenade, de ambulare, se promener)*.

Comme les pieds ambulacraires font, en même temps, partie intégrante du système aquifère des Échinodermes, nous reviendrons sur leur structure à propos de Tôrganisation intérieure.

A la face inférieure de la pointe de chacun des bras, par conséquent, au bout de la gouttière qui loge les pieds ambulacraires, s'observe une tache d'un rouge vif. C'est un œil composé, ou tout au moins, une terminaison nerveuse ayant les caractères d'un organe sensoriel et en continuité avec l'extrémité du tronc nerveux axial du rayon (fig. 58, E).

L'Astérie vivante tenant, en général, les bouts de ses rayons recourbés vers le haut, les yeux, bien que portés par la face ventrale, sont, en réalité, tournés vers la lumière.

Chez l'animal mort, chez les individus conservés dans l'alcool, etc., l'œil semble porté par une éminence. Celle-ci n'est que la base d'un organe rétracté, le palpe. A l'état d'activité et lorsque l'Astérie relève la pointe des rayons-, le palpe s'étend et prend la forme d'un assez long cylindre flexible. Organe probablement tactile, le

1. Pour les fonctions des tentaenles ou pieds ambulacraires, des piquants et des pcdicellaires des Échinodermes, Toir le curieux travail de G. Romanes et CoNAB EwABT : Obiervaltons on the îocomotor syittm of Eekiuodtrmata^ (Pljilosophical transactions of the Royal Society, Vol. 172, part, ui, 1882.)

^alpe est, comme Tœil, riche en éléments nerveux et en connexion avec l'extrémité du tronc nerveux radial.

Le revêtement cutané de l'Étoile de mer nous réserve encore une autre surprise. Examinons, à la loupe, le pourtour de la bouche et les bords de la gouttière ambulacraire : des piquants cylindriques mobiles portant vers leur extrémité de petites lames foliacées, blanches, ressemblant vaguement, à première vue, à un groupe de pétales floraux minuscules, se rencontrent en abondance. Arrachons quelques-uns de ces piquants et observons-^les au microscope (fig. 58, C).

Chacun de ces piquants est enveloppé par une couche tégumentaire molle qui se prolonge en certains points, surtout au bout du cylindre, pour former les pédoncules charnus de petites tenailles calcaires à deux mords, les unes ouvertes, les autres fermées. Ces tenailles sont les pédicellaires ou pédicelles.

Les pédicellaires, tantôt à deux branches, comme dans le cas que nous avons choisi , tantôt à trois branches (oursins), répandus sur la presque totalité des téguments, ou localisés dans quelque région, à peu près sessiles ou longuement pédicules , suivant les Échinodermes qui les portent, fonctionnent comme de véritables mains.

M. Alexandre Agassiz, qui a longuement examiné leurs allures chez les Oursins d'Amérique, nous les décrit, comme excessivement actifs et se passant constamment, comme les personnes qui font la chaîne lors d'un incendie se passent les sçaux d'eaa, les petits corps

étrangers, excréments de Téchinoderme , débris d'animaux morts, petits animaux vivants, etc., qui se déposent sur le test et qui, en s'accumulant entre les piquants, finiraient par souiller le revêtement extérieur de ranimai. Les pédicellaires amènent ces objets jusqu*à un point de la surface du corps d'où ils peuvent être facilement entraînés par les courants d'eau '.

MM. G. Romanes et Conar Ewart, auteurs d'un travail remarquable sur la locomotion des Échinodermes*, n'admettent cependant pas le rôle que M. Agassiz attribue aux pédicellaires. Chez les Oursins, au moins, où les pédicellaires sont très développés, ces petits organes permettraient à l'animal de grimper le long des parois verticales ou obliques des roches submergées et couvertes daignes. Les pédicellaires saisiraient les algues avec force chaque fois que les tentacules ambulacraires se détachent pour chercher un nouveau point d'appui. Les pédicellaires des Oursins seraient donc des organes de locomotion. Le fait est possible; mais on ne voit plus nettement alors à quoi servent les pédicellaires plus faibles et plus courts des Étoiles de mer.

Beaucoup de naturalistes supposent que les petites pinces en question portent vers la bouche les matières alimentaires. Leur abondance' au voisinage de l'orifice

1. A0A88IZ. BevisioH of the Echini, Partie ui, page 662. Cambridge,

2. Cité dans la note de la page 426. (Pages 860 et 880 dn Mémoire.)

3. Chez la plapart des Echinides (Onrsins), les téguments portent, outre

buccal de X Asteracanthion milite en faveur de cette opinion.

Avant d'aborder Fétude des organes internes, il nous reste à dire quelques mots de la texture des téguments. Ceux-ci se composent d'un derme conjonctif, revêtu extérieurement par une couche cellulaire épithéliale (épiderme).L'épiderme produit une cuticule superficielle mince, garnie qà et là, dans des régions plus ou moins étendues, de cils vibratiles.

Un épithélium vibratile revêt également la face interne de la cavité du corps et de divers organes.

Un caractère général aux Échinodermes est la présence de dépôts calcaires dans la couche moyenne ou dermique des téguments. Chez les Holothuries , la substance calcaire y est disséminée à l'état de petites plaques treillissées affectant des formes caractéristiques, des ancres, des rosettes, etc. Chez les autres, la substance calcaire, au contraire, très abondante, constitue un véritable squelette, composé, ou bien de pièces calcaires mobiles réunies entre elles par des espaces tégumentaires restés mous (Étoile de mer), ou bien de plaques beaucoup plus étendues, immobiles, unies entre elles par des sutures (Oursins).

Ce squelette offre une foule d'appendices externes, les piquants, etc., et des saillies internes, telles que les

les piquants et les pédicelUdres , de petits organes sensoriels tactiles, les tphéridiês. Ce sont de petits boutons sphériqaes, transparents, couTerts d'un epithéliom ciliaire et portéf par de courts pédoncules mobiles.

plaques ambulacraires des Astéries que nous décrirons un peu plus tard.

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