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Ou animaux des infusions

introduit dans la science par Ledermiiller et ne désignant plus, aujourd'hui, qu'une division des Protozoaires nucléés, a pour origine les découvertes d'Antony van Leeuwenhoek* qui, en 1675, observa les premiers animaux microscopiques dans des infusions végétales.

Les Protozoaires sont, le plus souvent, des êtres excessivement petits, parasites chez d'autres animaux, ou nageant librement soit dans l'eau douce, soit dans l'eau de mer, visibles individuellement à la loupe ou au microscope et dont la présence ne nous est ordinairement révélée, à l'œil nu, que lorsqu'ils sont réunis en quantité suffisante pour donner aux liquides qu'ils habitent un aspect trouble ou des teintes particulières.

Ce serait cependant une erreur grave que de s'imaginer que la petitesse de la taille constitue un véritable caractère du groupe. Les recherches modernes ont montré qu'il existe des Protozoaires de dimensions relativement grandes, atteignant, par exemple, plusieurs centimètres de longueur ou de diamètre. Ainsi, un Cycloclypeus foraminifère vivant à de grandes profondeurs dans la portion de l'océan qui avoîsine les Indes néerlandaises et une Parkéria appartenant aux Foraminifères fossiles ont jusqu'à trois centimètres de diamètre*.

1. Antony van Leeuwenhoek, né à Deift en 1632, mort en 1723, observait k Vaide de microscopes qn'il construisait lui-même. Il a décou?ert les InAisoires et s*eêt rendu célèbre par de nombreuses recherches microscopiques remarquables pour Tépoque.

2. Habckbl, Ia règne det ProtitUs, page 43, fig. 22 et 23. Paris, 1880,

Rien ne peut mieux faire comprendre Torganisation de ces animaux que Tétude de quelques formes communes. Préoccupé surtout de la façon graduée dont il faut faire pénétrer les idées premières dans l'esprit du lecteur, nous laissons , pour le moment, de côté Tordre zoologique et nous abordons les Protozoaires par les Grégarines.

LES GRÉGARINES.

Les Grégarines sont des Protozoaires parasites se rencontrant dans le tube digestif ou dans différentes cavités du corps d'autres animaux, principalement des Arthropodes et des Annélides.

Cherchons d abord à voir un de ces êtres à l'état de développement complet. A cet effet, ouvrons un Homard récemment tué; enlevons l'intestin moyen*; déposons celui-ci, divisé en tronçons, dans un grand verre de montre renfermant quelques gouttes d'eau; fendons les tronçons longitudinalement; raclons l'intérieur avec la lame d'un scalpel et examinons, d'abord à un grossissement faible, l'ensemble des matières visqueuses ainsi extraites.

Il n'est pas certain, mais il est au moins très probable, que l'observateur y trouvera des organismes vermi-

1. Il est indispensabie de procéder pendant les mois de printemps on d*été. L*anatomie du Homard est h très peu près celle de l'ÉcreTisse (voir chapitre VIII, } 4, page 344).

formes, plats, pouvant atteindre 10 à 15 millimètres de longueur. Ce sont des Grégarines géantes, Gregarina giganiea , forme découverte en 1869 par M. Ed. Van Beneden et dont la taille remarquable , pour des animaux de ce groupe, rend les observations assez faciles.

Au microscope, la Grégarine présente tous les caractères d'une énorme cellule indépendante. C est un être plat , allongé , oflrant à son extrémité antérieure une sorte de lobe distinct, ressemblant vaguement à une tète séparée du reste du corps par une constriction et une cloison transversale (fig. 65, A).

Une cuticule mince, que Ton peut comparer à une membrane cellulaire, limite tout le corps extérieurement. On n'y observe ni bouche, ni pores, ni canalicules. Les liquides nutritifs ne peuvent donc être absorbés que par endosmose.

Le contenu ou parenchyme de cet animal uni-cellulaire se montre difiérencié en une colonne centrale moins transparente, granuleuse, Vendosarque, et une zone périphérique claire, Yectosarque. Enfin, caractérisant la cellule, on observe, à peu près vers le premier tiers de la longueur et occupant toute la largeur de Tendosarque, un grand noyau net et clair renfermant un ou plusieurs nucléoles (fig. 65, A, n).

De plus, en employant un grossissement suffisant, on peut distinguer, sous la membrane cuticulaire , une couche très mince , oflrant des stries transversales , perpendiculaires à Taxe du corps. Cette couche striée

et contractile est une couche musculaire * semblable à celle que Ion connaît chez les Infusoires (fig. 65, B).

Voilà donc un organisme formé par une seule cellule. Il est bien simple, car il ne possède même ni les cils, ni les flagelles, ni les pseudopodes, ni les suçoirs qui se rencontrent chez tant d'autres Protozoaires.

Décrivons brièvement le mode de reproduction des Grégarines : A un moment donné, la Grégarine se raccourcit, se contracte, son noyau disparaît; elle prend l'aspect d'une sphère granuleuse et s'entoure de plusieurs couches sécrétées d'une matière résistante et transparente (fig. 65, C). C'est la période d'enkystement.

Des kystes de Grégarine géante peuvent s'obser\er dans l'intestin terminal du Homard; mais il est bien plus facile de s'adresser, dans ce but, à la Grégarine du Ver de terre, le Monocysiis agilis. En ouvrant un de ces Vers, on constatera, neuf fois sur dix, que les vésicules séminales (fig. 56, A, vs) sont parsemées de taches rousses ou noirâtres. Ces taches ne sont, la plupart du temps, que des amas de kystes de Grégarines.

1. La couche est dite musculaire à cause de sa contractilité caractéristique et d'une certaine différenciation en zones alternatives à propriétés optiques et probablement physiologiques différentes sur lesquelles nous ne pouYons insister ici ; mais ce n'est pas un lissu musculaire.

Un tissu est toujours, soit le résultat direct de l'association de masses nuclées de protoplasme, c'est-à-dire de cellules, soit le résultat de la transformation de ceUules associées. Or, rien de semblable n'existe ni chez les Grégarines, ni chez les autres Protozoaires. — On a proi)osé le nom de myoplasmt pour la couche striée contractile des Protozoaires.

Durant la période d'enkystement, la Grégarine se multiplie d'abord par division. Un sillon apparaît à la surface de la sphère, pénètre de plus en plus profondément et divise bientôt celle-ci en deux masses distinctes. La paroi du kyste se désagrège; chacune des masses dérivées prend une forme sphérique , acquiert un aspect semblable à celui de la masse primitive et s'enveloppe, à son tour, d'une couche résistante propre. Ces deux nouveaux individus enkystés vont se diviser de leur côté et ainsi de suite, pendant un certain temps (fig. 65, D, E, F.)

La production des kystes secondaires terminée, le contenu de chacun d'eux subirait une transformation que plusieurs naturalistes , M. Giard entre autres , regardent, aujourd'hui, comme fort douteuse.

D'après l'ancienne opinion reçue, le contenu des kystes se résoudrait, par division, en un très grand nombre de petits corps fusiformes ou losangiques, à contours très nets, possédant chacun leur enveloppe propre. Ces petits corps que le débutant prend aisément pour des formations cristallines, portent le nom de psorospermies* . Les psorospermies seraient mises en liberté par la rupture des parois des kystes (fig. 65, G, H).

Enfin, les circonstances étant favorables, les psorospermies laisseraient échapper leur contenu protoplasmique, à l'état de petites masses de protoplasme

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